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        <title>2yeux2oreilles - souvenirs</title>
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        <lastBuildDate>Fri, 18 Jul 2008 14:59:34 +0200</lastBuildDate>
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                <title>Marthe</title>
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                <author>noreply@ (Fiso)</author>
                                                <category>Souvenirs</category>
                                                <pubDate>Tue, 13 May 2008 16:14:00 +0200</pubDate>
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                     &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;A peine franchie la jolie porte en bois habillée de fer forgé, le salon-salle à manger. Sombre, confiné, jamais aéré. On n’ouvrait jamais la fenêtre, donnant sur la rue, par peur que les passants puissent jeter un coup d’œil à l’intérieur.&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Au mur, déco façon seventies&amp;nbsp;: de grosses fleurs dans des tons orange et marron.&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Au centre de la pièce, occupant tout l’espace, une grande table en bois recouverte d’une toile cirée. Sur le buffet énorme, le casque de pompier et le portrait du grand-père.&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;La cuisine, illuminée par une verrière.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Au fond du couloir, les toilettes. On les devine sitôt passé la salle de bains, à cause de la fosse sceptique. Une curiosité, lorsque j’étais enfant, que cette drôle de trappe, sur le côté, qu’on actionne.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Le jardin, abandonné et triste.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;De la cuisine, une porte qui mène aux étages. Un escalier escarpé, bas de plafond, qu’on emprunte avec prudence. Une première chambre, minuscule, monacale. Effigie de Sainte-Rita accrochée au mur et crucifix au-dessus du lit. Ces signes religieux, disséminés dans toute la maison, me foutaient la trouille.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Au fond du couloir, LA chambre. Tout aussi sombre et sobre.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Au 2&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt; étage, l’ancienne chambre de ma tante, claire, sous les toits. Son vieux tourne-disques y est encore, et même un 45 tours de Sheila qui chante les rois mages.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Pendant les 6 mois où j’y ai vécu, à l’aube de l’adolescence, la maison a connu un véritable chambardement. Elle a résonné de ces mélodies d’une autre époque, que je chantais à tue-tête. Dans le jardin abandonné, j’ai entrepris le dressage d’Ophélie, la douce femelle caniche noire, qui pensait vieillir peinarde au bout de sa laisse.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Pas facile d’hériter d’une gamine de 12 ans quand on a dépassé la soixantaine. Mamie Marthe a essuyé mes premiers actes de rébellion. C’est chez elle que j’ai commencé à me maquiller, profitant du fait qu’elle n’y voyait pas bien. Je fardais mes paupières de ses ombres vert pâle. Et c’est aussi sur le chemin de l’école que j’ai crapoté mes premières et uniques cigarettes, avec ma copine Annick.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Mamie Marthe avait entrepris de me faire porter les vêtements de sa fille. Devant mon refus d’enfiler les gilets Phildar, elle avait confectionné une robe bleue à fleurs tout droit sortie de «&amp;nbsp;La petite maison dans la prairie&amp;nbsp;». J’avais constaté qu’elle était plus autoritaire que je ne le pensais. Elle avait compris que j’étais la digne fille de mon père. Elle ne s’énervait jamais, mamie Marthe. Elle s’asseyait sur une chaise, dans un coin, et elle écrasait ses larmes.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Le dimanche, elle calait mon bras sous le sien et on allait à la messe. Et ensuite, souvent, elle m’emmenait chez ses copines, ou dans une salle où avait lieu un thé dansant. Après avoir sacrifié au rituel de la bise sur les joues flasques de dizaines de vieux, je pouvais m’empiffrer de gâteaux à la crème, avant de valser contre les seins généreux de ma mamie et de ses copines endimanchées qui sentaient bon la poudre. C’est elle qui m’a appris à danser la valse. Elle était fière de présenter «&amp;nbsp;la fille de Claude&amp;nbsp;», celui que personne ne connaissait puisqu’il avait fui le Nord à 18 ans. Tout le monde s’extasiait sur mon calme et ma douceur. Elle savait bien, elle, que ma docilité n’était qu’apparente.&amp;nbsp;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;J'aimais l'accompagner à la&amp;nbsp;boucherie chevaline de la Justice, où je recevais invariablement une rondelle de saucisson de cheval.&amp;nbsp;Me faire à manger était un casse-tête pour elle. Elle n’avait plus l’habitude, pourtant, je mangeais de tout. Elle était fière de son gratin dauphinois, que j’engloutissais. Le dimanche, parfois, elle me faisait du pain perdu saupoudré de vergeoise. Et aussi un plat au nom exotique, que mon père aime encore manger aujourd’hui. Des restes de pot au feu, carottes, pommes de terre, poireaux, grossièrement écrasés et réchauffés à la poêle: le ratafia.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Parfois aussi, elle arrêtait la camionnette du boulanger dans la rue, et m’achetait une couque.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Samedi, à la faveur d’une escapade dans le Ch’Nord, je suis retournée dans la ville de mon père,&amp;nbsp;rue Kléber, à Lys Lez Lannoy. Une petite fille a rendu la balade moins triste.&amp;nbsp;Je n’étais pas venue là depuis la mort de ma mamie, en 1991.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;La jolie porte en bois a été remplacée par un volet roulant, laid et quelconque.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Je l’ai imaginée ouvrant la porte, Ophélie aboyant sur ses talons. Sa poitrine si imposante, ses yeux bleus derrière les lunettes cerclées d’or, les cheveux blonds et ondulés, si fins. Ses robes austères et fleuries de mémé. Je l’ai toujours connue vieille, ma Mamie.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Elle m’aurait fait quatre bises, du bout des lèvres, avec son accent chti&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Te vas bien, ma poule&amp;nbsp;?&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;J’ai raconté un peu de son histoire aux amis qui m’accompagnaient. Pudeur extrême et résignation en faisaient une femme mystérieuse. Quels avaient été ses rêves et ses chagrins, je ne le saurai jamais. J’aimais ses exclamations si drôles, les «&amp;nbsp;Misère&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» et les «&amp;nbsp;Hé bé bé bé&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Je ne crois pas qu’à l’exception des dix dernières années de sa vie, elle ait été une femme heureuse. Devenue veuve, elle avait chipé le compagnon de sa copine Gisèle, un colosse au nez gigantesque et violacé. Ancien tailleur pour dames, André avait relooké notre mamie et lui avait donné une nouvelle jeunesse. Robes bigarrées, maquillage, voyages, son regard bleu s’était fait malicieux.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Le géant veillait tendrement sur sa demoiselle aux 60 printemps.&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Quand elle s’est éteinte, quelques jours avant Noël, sur son gros nez violacé, les larmes étaient intarissables. &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
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                <title>Münsingen (2)</title>
                <link>http://2yeux2oreilles.hautetfort.com/archive/2008/03/07/munsingen-2.html</link>
                <author>noreply@ (Fiso)</author>
                                                <category>Souvenirs</category>
                                                <pubDate>Fri, 07 Mar 2008 16:16:00 +0100</pubDate>
                <description>
                     &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://2yeux2oreilles.hautetfort.com/media/01/01/837909938.jpg&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; &lt;div style=&quot;text-align: left&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://2yeux2oreilles.hautetfort.com/media/00/00/837909938.2.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-895258&quot; src=&quot;http://2yeux2oreilles.hautetfort.com/media/00/00/837909938.2.jpg&quot; alt=&quot;837909938.2.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-895258&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Il y a 2 jours, je dînais chez mon amie Esperanza, momentanément célibataire et sans enfants. Après avoir évoqué la soirée de samedi dernier et le concert des Starloozes, je lui racontai mes récentes retrouvailles, sur un site internet, avec d’anciens camarades de classe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Après un garçon dont je ne suis même pas sûre que nous ayons partagé la même classe à Châteaudun, tranche de ma vie que j’ai raconté &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://2yeux2oreilles.hautetfort.com/archive/2007/07/13/6-ans.html&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#FF6600&quot;&gt;&lt;strong&gt;là&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;, ce sont mes amis d’Allemagne qui réapparaissent soudain.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://2yeux2oreilles.hautetfort.com/archive/2006/05/25/mon-enfance-en-allemagne.html&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#FF6600&quot;&gt;&lt;strong&gt;Mon enfance dans le camp militaire de Münsingen&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;, au cœur d'une forêt du Jura souabe, est une des plus belles périodes de ma vie, surtout en raison du cadre exceptionnel dans lequel je grandissais et de mon immersion, après la Nouvelle-Calédonie, en pays étranger, ce qui allait constituer le terreau de mon goût pour la différence. Difficile aussi parce que c’est là, entre 7 et 13 ans, que ma personnalité s’est construite.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;En lisant &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://boatonthesea.hautetfort.com/archive/2008/03/03/histoires-du-petit-garcon.html&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#FF6600&quot;&gt;&lt;strong&gt;une note de Lancelot&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;, je me suis souvenue aussi de la cruauté des enfants entre eux. Des blessures que j'ai infligées plus que de celles que j’aurais subie, parce qu’étant gamine, j’étais assez meneuse et rarement chahutée. Sauf pendant la courte période où j’ai porté des lunettes et qu’on m’appelait «serpent à sonnettes&amp;nbsp;». Je reparlerai dans un prochain billet de ces mots et gestes qu’on regrette encore,&amp;nbsp;des années après.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;A Münsingen, ma suprématie résidait dans le fait que j’avais réussi à faire gober aux gosses de la cité-cadres que je n’étais pas la fille de mes parents mais un être venu d’ailleurs aux supers pouvoirs. Comment&amp;nbsp;? Il faudrait le leur demander mais je crois me souvenir que la raison principale de cette adoration venait de mes bras. Figurez-vous que depuis toujours, j’ai un super pouvoir&amp;nbsp;que je dois à ma très grande souplesse : j’arrive à passer mes bras joints au-dessus de ma tête et jusqu’aux fesses sans plier les coudes. Vous suivez&amp;nbsp;? Sinon, c’est pas grave, je fais des démo sur demande&amp;nbsp;;)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Ma souplesse me permettait donc de m’enrouler et me contorsionner comme personne, et quand il fallait se faufiler dans une ouverture étroite ou aller explorer un bunker au fin fond de la forêt, j’étais toujours volontaire. Je me la pétais grave, quoi. Sur ce plan-là, je n’ai pas beaucoup changé.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Téméraire, casse-cou, souvent perchée dans les arbres ou à me battre avec les garçons qui nous fouettaient les fesses à coups de branches (les salauds&amp;nbsp;!), je rendais le mythe de Super Sophie plus crédible en courant au ralenti avec le bruit de fond, comme Super Jaimie. Trop marrant quand j’y repense&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Notre occupation favorite était la construction de cabanes et les bagarres avec les petits allemands auxquels je dois une partie de mon vocabulaire. Je sais au moins dire «&amp;nbsp;grosse merde&amp;nbsp;» et «&amp;nbsp;trou du cul&amp;nbsp;» dans cette langue.&amp;nbsp;Pour les cabanes, on avait de quoi faire, en pleine forêt.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Notre cité-cadres avait la forme d’un U et se trouvait sur une petite butte. Nous étions des FFA (Forces Françaises en Allemagne) et à ce titre, les voitures de nos parents avaient des plaques bleues.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;D’un côté de la cité, en contrebas, le camp militaire, son foyer, son cinéma, l’économat, l’école primaire où allait mon petit frère, le mess des «&amp;nbsp;souzoff’&amp;nbsp;», le vaguemestre, la chapelle et les baraquements dans lesquels s’entassaient les bidasses. Une ville dans la ville où langue et argent étaient français. De l’autre côté, dans un bois qui nous paraissait immense, se dressait le château du colonel, lieu hautement mystérieux que nous n’étions autorisés à investir qu’à Pâques pour y chercher des œufs. Et puis, en contrebas, la caserne de gendarmerie et l’école primaire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;J’ai eu 2 maîtres d’école qui faisait la classe dans la même salle aux CE1, CE2, CM1 et CM2. L’un d’eux, M. Masson, un moustachu tonitruant qui fumait la pipe, était adepte du coup de pied au cul. Il en mettait de violents à sa fille, G., j’en garde un souvenir horrifié, et nous on se prenait souvent des claques. &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Ensuite, il y eut M. Gonin qui fut beaucoup moins impulsif.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;L’hiver était ma saison préférée. Je descendais en luge à travers le bois et sous un mètre de neige, le toit de notre école se chargeait de stalactites. A la récré, on faisait des glissades sur la glace de la cour et on se battait à coups de boules de neige. Le soir, après l’école, on se laissait tomber en arrière dans la neige et on restait là de longues minutes à regarder le ciel blanc résonnant du coassement de nombreux corbeaux noirs. On n’avait pas froid dans nos combinaisons et bottes fourrées. Moi, j’avais une paire de bottes en poil de vache dont j’étais très fière. Les flocons de neige glacée fondaient doucement sur nos visages. Aujourd’hui, ces oiseaux que d’autres trouvent laids et lugubres m’évoquent immanquablement d’heureux souvenirs. Je me souviens aussi qu’on avait construit un igloo avec des boîtes en bois, à l’arrière de l’école. L’odeur associée à cette époque est, outre celle de la pipe, celle de l’encre qu’utilisait les maîtres pour imprimer des feuilles.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;La première à m’avoir contactée, c’est Nathalie Je ne sais pas quels souvenirs elle a de cette période. Moi je me souviens que même si on était copines, notre groupe d’enfants n’était pas gentil avec elle. Nathalie était un peu «&amp;nbsp;bouboule&amp;nbsp;» comme on dit et elle était la proie de moqueries cruelles. C’était une gamine réservée qui par moments entrait dans des accès de violence dont j’ai fait les frais, un soir après l’école. Elle m’a mis un coup de rondin et je suis rentrée chez moi avec un bel œuf sur le front. J’ai failli m’en reprendre une quand ma mère m’a traînée chez la sienne pour lui faire constater l’étendue des dégâts et qu’elle a appris que Nathalie m’avait castagnée parce que je me moquais d’elle, avec d’autres. C’est peut-être cet épisode qui a fait qu’aujourd’hui, je supporte mal qu’on se moque du physique de quelqu’un.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Nathalie se souvient, comme moi, de cette anecdote. Il y en a une autre qu’elle a peut-être oubliée. Elle avait trouvé dans la poubelle familiale une BD porno appartenant à son père. Format livre de poche, c’était une Gulliver au féminin, avec tout ce qu’il faut là où&amp;nbsp;il faut - comme dirait &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://tonnegrande973.blogspot.com/&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#FF6600&quot;&gt;&lt;strong&gt;Tonnegrande&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt; -, qui se faisait attraper et ligoter au sol par une bande de lilliputiens pervers. Un de mes premiers grands émois sexuels, on devait avoir 10 ans.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Après Nathalie, la «&amp;nbsp;mafia de Münsingen&amp;nbsp;» se recompose lentement.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Catherine, dont le nom m’est bien connu mais le visage oublié, m’envoie un mail où elle reparle de nos parties de saut à l’élastique et de marelle et aussi d’un petit blond dont nous aurions toutes les 2 été amoureuses. Le petit blond, je m’en souviens très bien, il avait un nom exotique venu de l’Est, mais pas de souvenir d’avoir été amoureuse de lui. Tiens, justement, je retrouve le petit blond en question, qui habite dans mon département et confirme «&amp;nbsp;Non, non, à M&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;ünsingen, c’est moi qui étais amoureux de toi&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Ah bon&amp;nbsp;? Faut croire que mon incapacité à voir qu’un garçon s’intéresse à moi ne date pas d’hier …&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;A suivre …&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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                <title>Jump around</title>
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                <author>noreply@ (Fiso)</author>
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                                                <pubDate>Sat, 02 Feb 2008 17:40:00 +0100</pubDate>
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                    &lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Hier soir, après un dîner délicieux dans leur nouveau nid, à deux pas de la porte de la Chapelle, j'ai accompagné ma copine C. et son homme (très bien, son nouvel homme, j'en veux un comme ça) à une soirée Revival 90's qui se faisait au ... Bobino.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Le Bobino, pfff ... ça devait faire 15 ans que je n'y avais pas mis les pieds ! &amp;nbsp;A l'époque, fin 80's -début 90's,&amp;nbsp;j'y étais tous les vendredis soirs pour des soirées hip hop, avec ma copine Nathalie qui vit maintenant au Bénin. Une boule à facettes a remplacé l'avion qui surplombait la piste et à ma grande déception, pas de vétérans du hip hop, mais des petits&amp;nbsp;bourgeois qui étaient encore dans leurs couches quand je me déhanchais sur &quot;I've got the power&quot;.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Alors, hier soir, quand après avoir posé mes affaires au vestiaire, je suis entrée dans l'immense salle, j'ai pensé à Nathalie, aujourd'hui maman, et à notre jeunesse. Je suis montée au premier étage et me suis penchée sur la foule qui bougeait sans conviction&amp;nbsp;sur des chansons dont elle ne connaissait pas les paroles. Je me suis revue, là, en bas et je me suis souvenue&amp;nbsp;des promesses non tenues, des garçons croisés et presque oubliés, Lucien, Doudou, Joël, Tex, des petits matins à attendre, dans le froid, que les grilles du métro ouvrent. Et hier soir,&amp;nbsp;comme il y a 15 ans, mais avec Séb et Claire, cette fois, j'ai bondi&amp;nbsp;sur OPP, &quot;Insane in the brain&quot; de Cypress et ça&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &amp;nbsp; &lt;object classid=&quot;clsid:D27CDB6E-AE6D-11cf-96B8-444553540000&quot; codebase=&quot;http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,29,0&quot; width=&quot;425&quot; height=&quot;355&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/ZZZADbubu0Y&amp;amp;rel=1&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;quality&quot; value=&quot;high&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;menu&quot; value=&quot;false&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;&quot; /&gt; &lt;embed src=&quot;http://www.youtube.com/v/ZZZADbubu0Y&amp;amp;rel=1&quot; wmode=&quot;&quot; quality=&quot;high&quot; menu=&quot;false&quot; pluginspage=&quot;http://www.macromedia.com/go/getflashplayer&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; width=&quot;425&quot; height=&quot;355&quot; /&gt;&lt;/object&gt;
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                <title>On va aux champignons ?</title>
                <link>http://2yeux2oreilles.hautetfort.com/archive/2008/02/01/on-va-aux-champignons.html</link>
                <author>noreply@ (Fiso)</author>
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                                                <pubDate>Fri, 01 Feb 2008 16:10:00 +0100</pubDate>
                <description>
                    &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-813736&quot; src=&quot;http://2yeux2oreilles.hautetfort.com/media/02/02/97e0e841ad71a04133d375a98b905287.jpg&quot; alt=&quot;c2d89cac4241f52dea9550d1e8bd3e1b.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-813736&quot; /&gt;Ce matin, remplissant mes poumons d’autant d’oxygène que je pouvais en trouver sur le boulevard des Maréchaux, avant d’attaquer la côte de la poterne des Peupliers, je fus titillée par une odeur familière. Une odeur de feuilles mortes mouillées et de sous-bois moussu.&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Je me souviens.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Sur une route de Charente, quelque part aux alentours de la Chapelle des Pots, par une belle journée d’automne. Mon grand-père gare sa voiture sur le bas-côté de la route, le long du fossé.&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;On sort les paniers en osier du coffre et on s’enfonce dans le sous-bois. Il y a ma mère et &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;mon frère.&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;«&amp;nbsp;On va aux champignons&amp;nbsp;? », c’était son expression, une question ressemblant à un ordre. Les jours de pluie, la question variait de peu&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;On va aux escargots&amp;nbsp;?&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Bon gré, mal gré, encouragés par ma mère «&amp;nbsp;Allez, ça lui fait plaisir …&amp;nbsp;», mon frère et moi montions dans la voiture, n’osant lui refuser le plaisir de nous montrer la beauté de la nature. J’étais rarement enthousiaste, je me sentais cruche, ne sachant pas distinguer les bons champignons des mauvais. Je crois aussi que ma réticence venait du fait que les bois, sombres et touffus, peuplés de bêtes imaginaires ou réelles, me foutaient la trouille. J’imaginais quelque dangereux psychopathe, tapi derrière un arbre, prêt à bondir, ou une main en décomposition dépassant d’un tapis de feuilles. Le moindre craquement d’une branche me faisait tressaillir et je ne m’éloignais jamais de la rassurante présence humaine, guidée par le sifflotement serein de mon grand-père. &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Pourtant j’aimais la délicatesse des champignons, si fragiles sous le pied du promeneur. Je caressais du bout du doigt le velouté de leur chapeau et effleurais le joli plissé des lamelles. J’admirais la blancheur de vesses de loup perlées, dont je m’amusais à presser la chair molle pour en laisser échapper une petite fumée, et de coprins chevelus qui m’évoquaient une joyeuse bande de hippies.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-813730&quot; src=&quot;http://2yeux2oreilles.hautetfort.com/media/00/02/57a2ca3134bd2fc6c3434f7511d882a2.jpg&quot; alt=&quot;d648b6d1aedb04f33e8a54579b529dcd.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-813730&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Quand au détour d’un arbre, l’œil connaisseur de mon grand-père découvrait une colonie de quelque espèce savoureuse, cèpes ou girolles, il nous rameutait. Gare à celui qui arracherait le champignon et ses racines, en condamnant la repousse&amp;nbsp;! Il se ferait sérieusement sermonner, malheureux&amp;nbsp;!&amp;nbsp;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Le soir, après la corvée de nettoyage, mon grand-père accommodait notre cueillette en une savoureuse poêlée parsemée d’ail et de persil ou une omelette baveuse, que nous mangions en regardant les infos, ne pipant mot.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;La dernière fois que mon grand-père m’a emmenée dans un sous-bois, il y a plus de 10 ans, il était malade et je ne le savais pas. Il ne lui restait que quelque mois à vivre. Dans le sous-bois baigné d’un soleil printanier, nous avons cueilli des jonquilles qu’il voulait que je ramène à sa fille, restée à Paris. A un moment, alors que j’étais à quelques pas de lui, il s’est mis à m’appeler, d’une voix que je ne lui connaissais pas, angoissée, presque chevrotante. Je me suis demandée ce qu’il avait à paniquer ainsi&amp;nbsp;; j’avais dû disparaître de sa vue pendant un court instant, dissimulée par un arbre, sans doute.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Sur le chemin du retour, dans le soir tombant, nul joyeux sifflotement ne vint troubler le silence. Je m'en fis la réflexion. Ce fut notre dernière après-midi ensemble dans les bois. &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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                <title>Picalilli</title>
                <link>http://2yeux2oreilles.hautetfort.com/archive/2007/09/24/picalilly.html</link>
                <author>noreply@ (Fiso)</author>
                                                <category>Fiso fait sa gourmande</category>
                                <category>Souvenirs</category>
                                                <pubDate>Sat, 29 Sep 2007 10:00:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Du plus loin que je me souvienne, le samedi midi, ma mère n’a jamais&amp;nbsp;eu besoin de s’interroger sur le plat du jour. Si pour certains, «&amp;nbsp;le lundi c’est ravioli&amp;nbsp;», pour moi, jusqu’à ce que je vole de mes propres ailes, ce fut «&amp;nbsp;le samedi, c’est steak frites&amp;nbsp;». Les frites,&amp;nbsp;la chasse gardée de mon père, du choix des patates au produit fini, la marque de fabrique de ce gars du Ch’ Nord, en dehors de son physique de viking. Peu-être inconsciemment, un lien générationnel avec ses ancêtres&amp;nbsp;flamands, des forains qui tenaient justement des baraques à frites.&amp;nbsp;Aujourd’hui encore, quand j’ai la chance de déjeuner avec eux un samedi, et que mon père demande innocemment «&amp;nbsp;Qu’est ce qu’on mange&amp;nbsp;?&amp;nbsp;», ses moustaches frisent de plaisir en m’entendant répondre «&amp;nbsp;Ben&amp;nbsp;! Steak frites bien sûr&amp;nbsp;! ». Pas question de manger autre chose quand je suis là.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Il faut dire que les frites de mon père, c’est un repas de fête, pour moi. Des frites dorées, moelleuses et grossières, taillées au couteau et assez épaisses pour sentir tout le goût de la patate, cuites à la Végétaline et abondamment saupoudrées de sel. A chaque fois qu’il pose négligemment le plat en pyrex au centre de la table, tout en guettant ma réaction du coin de l'oeil,&amp;nbsp;je redeviens la fille de mon père. La petite fille blonde qui,&amp;nbsp;devant des frites &quot;étrangères&quot;&amp;nbsp;refusait (et refuse encore souvent) poliment mais fermement toute infidélité par un « Merci, mais je mange que les frites de mon père&amp;nbsp;». Aujourd' hui encore, mon visage s’éclaire à chaque fois d’un sourire enfantin. J’ai compté. J’ai dû commencer à manger les frites de Pap's vers l’âge de 6 ans et chaque semaine jusqu’à 22 ans. Sans compter les vacances d'été où faute de friteuse, notre régime était chamboulé, ça fait que j’ai connu ce moment de grâce&amp;nbsp;au moins 700 fois (16 années x 45 semaines). Et je ne m’en suis jamais lassée. &amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Il est cependant un ingrédient particulier qui fait du steak frites de mon père un plat à nul autre pareil. Un bocal jaune orangé qui, s’il venait à manquer sur la table –ce qui fut rare - lui gâchait presque le goût de ses frites. C'est le Picalilli.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://2yeux2oreilles.hautetfort.com/media/01/02/1cec68a67ce2a62db407c0f1deee42d3.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-573042&quot; src=&quot;http://2yeux2oreilles.hautetfort.com/media/01/02/1cec68a67ce2a62db407c0f1deee42d3.jpg&quot; alt=&quot;1cec68a67ce2a62db407c0f1deee42d3.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-573042&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Si vous n’êtes pas chti'mi, belge,&amp;nbsp;hollandais ou anglais,&amp;nbsp;vous écarquillez sûrement les yeux en vous demandant ce qu'est le Picalilli. Laissez-vous guider par le descriptif de la maison mère, Heinz :&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;«&amp;nbsp;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Picalilli Extra&amp;nbsp;met en avant vos sens : la couleur pour les yeux, l'onctuosité et le croquant des légumes&amp;nbsp;pour le toucher, la saveur pour le palais ... et même le petit bruit lors de l'ouverture du couvercle.&lt;/font&gt;»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://2yeux2oreilles.hautetfort.com/media/00/00/f502a2262ea2042ded031e26706c32ff.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-573045&quot; src=&quot;http://2yeux2oreilles.hautetfort.com/media/00/00/f502a2262ea2042ded031e26706c32ff.jpg&quot; alt=&quot;f502a2262ea2042ded031e26706c32ff.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-573045&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Pour ma part, j'ignorais, jusqu'à samedi dernier, que ce condiment&amp;nbsp;eût un quelconque lien avec la région d'origine de mon père.&amp;nbsp;D'après mes recherches, il est surtout consommé ailleurs avec des viandes froides ou tartiné sur les tranches de pain qui composent un sandwich. Je pensais que le Picalilli&amp;nbsp;était&amp;nbsp;une fantaisie de mon père car je n'ai jamais vu personne d'autre que lui en manger avec ses frites. Je n'ai même pas le souvenir de l'avoir vu à la table de mes grands-parents paternels, ni de ses frères et soeurs. Mais samedi dernier,&amp;nbsp;lorsque mon Pap's&amp;nbsp;posa son plat de frites et le fameux bocal jaune sous le nez&amp;nbsp;de ma copine S., moitié chti elle aussi, celle-ci s'écria &quot;Oh du Picalilli, mon père&amp;nbsp;en mange aussi&amp;nbsp;avec ses frites!&quot;. Je&amp;nbsp;réalisai alors que Pap's, en quittant son&amp;nbsp;Nord natal, avait emporté dans ses bagages, à travers tous les pays dans lesquels il avait vécu, un petit bocal jaune comme le soleil qu'il a dans le coeur.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;strong&gt;[crédit photos : Pap's qui a bien voulu immortaliser son bocal]&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>6 ans</title>
                <link>http://2yeux2oreilles.hautetfort.com/archive/2007/07/13/6-ans.html</link>
                <author>noreply@ (Fiso)</author>
                                                <category>Souvenirs</category>
                                                <pubDate>Fri, 13 Jul 2007 11:20:00 +0200</pubDate>
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                     &lt;div style=&quot;width: 180px; height: 25px&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.deezer.com/&quot; style=&quot;margin: 0px; border: medium none; padding: 0px&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; src=&quot;http://www.deezer.com/embedded/footer.jpg&quot; alt=&quot;free music&quot; style=&quot;margin: 0px; border: medium none; padding: 0px&quot; title=&quot;free music&quot; /&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;object classid=&quot;clsid:D27CDB6E-AE6D-11cf-96B8-444553540000&quot; codebase=&quot;http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,29,0&quot; width=&quot;180&quot; height=&quot;25&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.deezer.com/embedded/small-widget.swf?idSong=235710&amp;amp;colorBackground=0x525252&amp;amp;colorButtons=0xDDDDDD&amp;amp;textColor1=0xFFFFFF&amp;amp;autoplay=1&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;quality&quot; value=&quot;high&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;menu&quot; value=&quot;false&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;&quot; /&gt; &lt;embed src=&quot;http://www.deezer.com/embedded/small-widget.swf?idSong=235710&amp;amp;colorBackground=0x525252&amp;amp;colorButtons=0xDDDDDD&amp;amp;textColor1=0xFFFFFF&amp;amp;autoplay=1&quot; wmode=&quot;&quot; quality=&quot;high&quot; menu=&quot;false&quot; pluginspage=&quot;http://www.macromedia.com/go/getflashplayer&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; width=&quot;180&quot; height=&quot;25&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-454057&quot; src=&quot;http://2yeux2oreilles.hautetfort.com/media/02/02/d917da8c50fe66ec8afe0fe75dbb803a.jpg&quot; alt=&quot;0b26f2224353e4226a71a3b0650df01f.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-454057&quot; /&gt;J’ai 6 ans, les cheveux blonds coupés à la «&amp;nbsp;Stone&amp;nbsp;», je porte souvent des couettes et des pulls Phildar que ma mère tricote devant la télé. Nous habitons dans une maison mitoyenne de celle des Bertrand en bordure d’une route de Beauce, à Châteaudun. Dans la chambre que je partage avec mon petit frère, aux murs orange couverts de grosses fleurs, il y a un rocking chair et un cheval à roulettes. Aux beaux jours, quand j’attends l’autocar qui m’emmène à l’école, je respire le parfum des grappes de lilas mauve et blanc accrochées au bord de la route.&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Mon père traverse la route chaque matin, dans un treillis kaki, le képi sur la tête, les rangers reluisantes et la moustache taillée de près. Il est beau, mon père.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Au fond du jardin, sur une butte, il y a le poulailler où l’on m’envoie parfois donner du grain. Terrorisée par les volailles qui se jettent à mes pieds à la vue du seau, &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;je reste plantée au milieu du terrain, avec l’envie de lâcher le seau et de détaler à toutes jambes. J’ai un coq nain qui s’appelle Jérôme, en hommage à ce chanteur que j’écoute au hit-parade. Le midi, j’amuse mes parents en chantant et dansant au beau milieu de la cuisine familiale.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Mes camarades de jeu sont les fils Bertrand, au nombre de trois. Dans leur jardin, il y a une balançoire sur laquelle mon père me balance à toute volée, malgré mes cris d’effroi à la peur de m’envoler dans les airs. Quand on est enfant, tout paraît immense et effrayant.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Ma mère confectionne souvent des tartes à la rhubarbe, à la saveur aigre-douce. Elle porte de grandes robes chamarrées qu’elle a ramenées de Nouvelle Calédonie, elle est belle avec ses taches de rousseur et ses yeux aux reflets dorés. Souvent, elle rencontre d’autres femmes de militaires lors de thés chez l’une ou l’autre, et je les imite en organisant des dînettes dans ma chambre.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Je suis au CP. J’apprends à lire en déchiffrant les aventures de «&amp;nbsp;Daniel et Valérie&amp;nbsp;». A la récré, je cours retrouver mon petit frère à travers le grillage qui nous sépare. Il pleure tous les matins quand ma mère repart sans lui. Alors, j’attends avec impatience d’apercevoir ses boucles dorées après la sieste de l’après-midi. Dans ma classe, il y a ma copine Stéphanie, avec laquelle je vais l’été à la piscine de Marboué, et Hervé, mon amoureux, le fils de la maîtresse. Dans la cour de l’école, il y a une tortue, elle s’appelle Caroline, je crois.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Après l’école, Maman m’emmène souvent à la bibliothèque. C’est toujours un moment magique quand je pénètre dans la petite pièce remplies de trésors rangés dans de grands bacs en bois. J’aime beaucoup les albums de Martine&amp;nbsp;; mes préférés, ce sont «&amp;nbsp;Martine part en voyage&amp;nbsp;» et «&amp;nbsp;Martine fait du théâtre&amp;nbsp;». Les aventures de Martine et son amie noire Cacao me font trembler de peur à l’idée de me retrouver seule dans une forêt menaçante et j’aimerais bien trouver une malle pleine de costumes moi aussi, pour me déguiser avec mes amis.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;J’aime bien quand je suis malade parce que Maman m’achète toujours un cadeau, des livres, des puzzles ou des gommettes. Quand une de mes dents de lait tombe, après que j’aie passé des heures devant un miroir à la triturer, Maman me borde dans mon lit en me promettant le passage de la petite souris dans la nuit. Et en effet, le matin, quand je soulève mon oreiller, je pousse des cris de joie en y découvrant une surprise.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;A Pâques, un panier à la main, nous courons dans le jardin à la recherche d’œufs en chocolat. Je feins de ne pas les voir tous pour laisser mon petit frère en ramasser plus que moi.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Quand ma mère prépare un gâteau au chocolat, je traîne dans la cuisine en attendant impatiemment le moment où elle me dira, l’air de rien «&amp;nbsp;Tu veux lécher la casserole&amp;nbsp;?» C’est un privilège qui m’est réservé, à moi, l’aînée. Alors, ravie, les yeux brillants de gourmandise, je plonge un index glouton dans le ruban brillant, chaud et parfumé.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;C’est bien d’avoir une maman qui fait de vrais gâteaux au chocolat.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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