05/06/2010

Voulez-vous goûter avec moi ce soir (3)

Iggy'style.jpg.jpgProfitons de ma présence prolongée à Paris pour nous retrouver jeudi prochain, le 10, autour d'un verre et d'un dîner. Comme les fois précédentes, que vous soyez blogueurs, amis ou inconnus, vous êtes bienvenus.

Ca se passera à partir de 19h dans mon QG (pour ceux que j'y ai déjà emmenés, pas la peine de vous dire où c'est), une brasserie au très bon rapport qualité-prix qui propose cochonailles, salades, viandes goûteuses et poissons pour des plats aux alentours de 15€. Si vous êtes carnivore, vous allez vous régaler ! 

Merci d'annoncer votre présence ici ou par mail, mercredi soir au plus tard, afin que je réserve.

04/05/2010

Dans ma bouche, ce soir ...

Il y a Frédéric :
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Et un nectar savoureux (et bio !) :
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12/01/2010

Dax, ses canards, son pinard

Deux semaines de suite à Dax. Je trouve les Landais vraiment sympathiques. La première semaine, j'ai dormi rue de la fontaine chaude. Le lundi soir, j'ai quitté mon hôtel pour me mettre en quête d'un restaurant où dîner. Sur la place, à quelques mètres de mon hôtel, un nuage de vapeur s'élevait d'une construction ressemblant à des thermes. Des lions crachaient une eau fumante. J'ai glissé mes doigts sous l'eau, elle était brûlante et la température extérieure m'a donné envie de m'y glisser. Quelques heures plus tard, de retour à l'hôtel, j'ai parfait ma culture générale sur internet et oublié mes regrets. A plus de 60 degrés, on m'aurait retrouvée cloquée.

J'ai erré longtemps dans les rues de Dax à la recherche d'un restaurant ouvert et me suis vengée de ma frustration sur une savoureuse garbure. Les dames de la table d'à côté, me voyant me lécher les doigts en suçotant mon manchon de canard, m'ont demandé si c'était bon, tout en me recommandant les pizzas. Bouffer des pizzas dans les Landes, non mais vous m'avez bien regardée ? ai-je failli rétorquer ...

Le lendemain soir, je m'adonne à ma séance de natation quotidienne dans une sorte de soucoupe volante posée au bord d'un lac à Saint Paul lès Dax. La piscine est accessible aux handicapés, il y a même des douches qui leur sont réservées et un distributeur de gel douche pour toutes les têtes en l'air. En revanche, pas de lignes d'eau dans le bassin, heureusement nous ne sommes que 3 à y évoluer. A Paris, on se foutrait sur la gueule pour moins que ça.

En sortant, je contemple les lumières sur le lac en me disant qu'il doit être bien agréable, aux beaux jours, de se mettre en jambes sur quelques foulées avant d'attaquer une journée de travail.  De retour à l'hôtel, mon hôtelière me recommande la Table de Pascal, à quelques mètres de là, « fabuleux » dit-elle. Quelques minutes plus tard, je l'y retrouve attablée avec son amoureux, elle me glisse « Je vous ai fait garder une table ». Je m'installe, l'endroit qui ressemble à une brasserie parisienne est bien rempli pour un mardi soir de janvier. Les serveurs sont en tablier blanc et en l'absence de menus, posent une ardoise devant vous. Une carte fournie aux prix très parisiens, eux aussi, sur laquelle on trouve les produits locaux, en entrée des piquillos farcis à la morue, salade de chipirons frais, salade de foie gras frais de canard poêlé, cassolette de ris d'agneau en persillade ou encore une cassolette de moules à la plancha (mon choix). En plat, un cochon de lait grillé, tartare de canard poêlé, aiguillettes de canard farci au foie gras ou encornets farcis aux légumes sur un lit d'épinards frais (mon choix aussi, j'étais sage ce soir-là). C'est très bon mais avec des entrées entre 9 et 20 €, et des plats jusqu'à 28 €, quand même vraiment cher.

Cette semaine, je suis accompagnée d'une collègue récemment embauchée, que j'ai pour mission de former. Au retour je féliciterai ma boss, c'est une vraie rigolote et elle a une pêche d'enfer, les stagiaires sont pliés. Nous dormons dans un hôtel au bord du lac, repéré par Bibi la semaine dernière. Vendredi, quand je l'ai briefée sur notre déplacement ensemble, elle m'a dit "Oh, on m'a déjà dit que j'étais en de bonnes mains avec toi. Pour la formation et pour le reste, apparemment on va bien bouffer".

Ce soir, je lui ai donc proposé de dîner à la Casa Miguel, un restaurant à tapas recommandé par mon hôtelière de la semaine dernière. Le patron au physique de rugbyman a consenti à baisser le chauffage qu'il avait monté « pour nous encourager à nous déshabiller », de son propre aveu, et m'a servi une assiette de couteaux en persillade suivi d'un risotto de fruits de mer et d'une assiette de fromage de brebis à la confiture de cerise noire. Avec un petit verre de rouge, ça coulait tout seul. En sortant, ma collègue a dit "Ptain, ça fait longtemps que j'avais pas mangé autant, entre les piquillos à la morue et le parmentie de canard, je vais exploser !"

Casa Miguel au 3 rue du Mirailh / La Table de Pascal au 4 rue de la fontaine chaude (Dax)

21/12/2009

Voulez-vous goûter avec moi, ce soir ? (2)

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Le prochain jeudi de Fiso, c'est le 7 janvier !

Et pour commencer 2010 en beauté, je vous propose de nous retrouver d'abord pour un verre dans mon pub préféré, celui-là, j'ai nommé le Shannon rue Bréa, à partir de 19h.

Ensuite, on ira dîner à quelques pas de là, à la Charette Créole, histoire de se réchauffer au coeur de l'hiver avec des spécialités de l'Océan Indien. Jamais essayé mais je suis assez connaisseuse de la cuisine réunionnaise et la carte offre un bel éventail de poissons et viandes, à des prix qui me semblent très raisonnables.

Afin de réserver, merci de confirmer votre venue le dimanche 3 janvier au plus tard, en commentaire ou par mail (voir plus haut sous ma photo).

Je le rappelle à toute fins utiles : cette soirée n'est pas réservée aux blogueurs. Message perso à Julie : tu viens, cette fois ?

15/09/2009

La Cuisine du Marché à Figeac

Figeac. Après ma journée et avant de rejoindre mon hôtel, sur les bords du Célé, je me détend chez le coiffeur. Une charmante jeune femme aux cheveux rouges (spéciale dédicace à Zorg) me shampouine en confiant sa nostalgie du port méditerranéen où elle est née. « Ici, pour nous, c’est le pôleu Nord ! ». Elle trouve les Lotois froids et le canard ne la console pas ; à chacune de leurs visites, ses sœurs ont pour mission de lui ramener une glacière remplie de poissons. Ses enfants sont ravis, eux, et font beaucoup plus d’activités qu’à Marseille.

Il est 19h15 quand je quitte mon hôtel et traverse le Célé. Je me dirige vers le centre-ville, longeant l’église Saint-Sauveur où des odeurs chaudes – et inexpliquées –  d'écurie emplissent la rue. Débouchant place Champollion où se trouve le musée du même nom (le célèbre égyptologue naquit ici), je grimpe jusqu’à l’église Notre-Dame-du-Puy d’où je contemple, assise sur un banc, les toits rouges et les façades beiges des maisons médiévales, couvertes de lierre, de Figeac.

La ville est quasi-déserte, la plupart des restaurants fermés. Après un détour par la place des Ecritures où je ne croise rien d'autre que 3 chats craintifs, je m’apprête à rejoindre l’autre rive et à m’attabler à la Table de Marinette quand j’avise une ardoise posée sur le sol, à quelques pas de l’église Saint-Sauveur. Je m’avance, le restaurant est bondé, j’y entre et la patronne improvise une table. Je sens des regards désolés se fixer sur moi qui dîne seule au milieu des groupes. Je souris intérieurement en repensant à cette question qu’on me pose souvent « Mais tu ne t’ennuies pas toute seule, le soir, au restaurant, à l’hôtel ?» Pourtant, ce soir, ces regards me gênent et je me plonge dans la carte 2007 des « 1000 tables et auberges de France ». J’aime parcourir les cartes, de France ou du monde, retrouver les endroits où j’ai vécu plus ou moins longtemps, et rêver d’ailleurs.  

Cette fois c’est la carte du restaurant que je parcours et celle-ci m’inspire des pensées érotiques. Impatiente qu’on vienne prendre ma commande, je me livre à mon occupation favorite : regarder,  écouter et sentir.

Face à moi, deux hommes aux cheveux argentés. Le plus âgé des 2, une écharpe noire autour du cou, jette régulièrement un regard dans ma direction. Je les devine anglais.

A ma droite, 2 couples d’allemands très allemands : pull bordeaux, godillots de marche, les chaussettes qui vont avec et pour l’un des hommes, cheveux longs dans la nuque sur calvitie évidente. Un jeune couple d’amoureux près de la cheminée, une famille près de la fenêtre, un berger allemand sous la table.

La porte du restaurant s’ouvre sur un groupe d’hollandais. Je le sais parce qu’ils parlent fort et un des types, grand évidemment, se plante devant moi et me fixe en attendant qu’on leur trouve une table. Sont chiants les touristes, ce soir, c’est quoi leur problème, y’a pas de femmes seules en Hollande ?

La patronne m’amène une mise en bouche (ahhh la jolie expression, je m’en pâme d’avance, suis vachement émotive ce soir) puis l’entrée, belle comme une paire de jambes féminine : un obélisque croustillant de confit de canard, linguinis de légumes à l'huile de sésame et vinaigrette pimentée au soja. C’est pas un putain de programme érotique, ça ?

Premier soupir d'extase de votre incorrigible gourmande . Ça croustille, ça fond, la salade verte frise de plaisir sous la dent et les feuilles d’endive en pleurent d’émotion. Moi aussi.  Deuxième soupir : je regrette amèrement l'oubli, ce matin, de mon téléphone portable à Paris, ce qui m’empêche d’immortaliser la merveille que j’ai sous les yeux. Le regard embué de gratitude, j’observe les deux cuisiniers, l’un crâne rasé, jeune, l’autre arborant de majestueuses moustaches et coiffé d’une vrai toque de chef, qui virevoltent sous mes yeux. La cuisine est ouverte, les produits cuits devant nous.

L’entrée n’était qu’un préliminaire. La patronne, tout sourire dehors, dépose devant moi LE plat : un suprême de canette fermière rôtie du pays de Rouergue au jus de myrtilles, sur une galette croustillante d’orge aux fruits secs. Quoi vous dire d’autre que ce que j’ai dit à la patronne quand elle vint récupérer l’assiette vide « C’est une expérience inoubliable. C’était tellement bon qu’à la première bouchée, j’ai eu un frisson ». Elle a ri : « C’’est une canette qui vient d’une ferme voisine … Et vous avez aimé l’orge pelé ? »

Mes voisins allemands contemplent d’un air dubitatif le dessert feuilleté qu’on a posé devant eux. « Ah ça vous change de la Forêt Noire, hein, mes cocos» pensé-je en moi-même. « Régalez-vous » dit la patronne en posant un aérien pastis aux fruits de saison flambé au Calvados, praline de noix et caramel au sel de Guérande.

Une heure et demie après mon arrivée, je me déleste d’une vingtaine d’euros et quitte à regret « La cuisine du marché », ancienne cave à vins restaurée et superbement tenue par Santiago, chef espagnol à moustaches, et sa charmante épouse.

Dans la rue, je chemine derrière mes 2 anglais. Celui qui s’appuie sur une canne se tourne vers moi « Bonchoir madame, je vu reconnais ». Il tente le français et nous nous accordons sur l’anglais. Il confirme mon impression, qu’il a trouvé triste de me voir dîner seule et a hésité à m’inviter à leur table. Mes 2 anglais n’en sont pas, en fait ils sont hollandais et nous traversons ensemble le Célé en bavardant quelques minutes, juste le temps pour moi d’apprendre qu'un écrivain hollandais porte le même nom que moi (pas vraiment étonnant) et que la ville de Den Haag (la Haye en français) a le statut de village. De retour à l’hôtel, je vérifie cette étonnante information, .  

Après Loriol et Aigues-Mortes, Figeac aura été ma troisième plus belle expérience gustative. Si vos pas vous mènent dans les rues de cette jolie ville, ayez une pensée émue pour moi ! Une soirée ici, une seule, et déjà je ne vis plus que pour le jour où je reviendrai m’attabler dans ce fabuleux restaurant. Merci, monsieur Santiago !

La cuisine du marché au 15 rue Clermont à Figeac (46). Tél : 05.65.50.18.55.

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