"Dis-moi ce que tu retiens, je ne te dirai pas ce que tu es, mais comment tu souffres"
L'éponge
Celui qui absorbe tout dans un amalgame confusionnel, depuis les malheurs, catastrophes, épidémies, souffrances individuelles et collectives jusqu'aux bonheurs petits et grands !
Mais, comme quand l'eau potable est mélangée avec de l'eau de vidange ... rien n'est bon à la sortie du tuyau ! A la longue, le monde des éponges devient grisâtre ou a irrémédiablement mauvais goût.
Le filtre
Celui qui retient surtout le mauvais, en laissant passer le bon sans rien en garder, sans même le voir !
Vivre avec un "filtre" est très décourageant, épuisant. Vous avez le sentiment d'être vraiment nulle dans tous les domaines. Quoique vous proposiez... le filtre ne semble garder que le négatif. Fuyez !
L'entonnoir
Simple et direct comme un entonnoir, celui-là ne garde rien. Il laisse tout passer, le bon et le mauvais. Il traverse la vie en état de manque permanent ou totalement anesthésié. Ce n'est pas vous, bien sûr... c'est l'autre.
Le tamis
Celui-ci sait garder le bon et laisser passer le mauvais. Il trouve son compte à capter les rires, les douceurs, le positif, les possibles de l'existence. Il ne s'encombre pas de déchets, laisse la pollution à l'extérieur de la relation. C'est bon de vivre avec un tamis !
S'il y ajoute de l'humour, de la fantaisie, de la capacité à dédramatiser... c'est encore meilleur !
L'alambic
Celui-là sait métamorphoser, transmuter une situation, un échange, une expression ou un simple mot et en extraire l'essentiel, pour en retenir le bon, le lumineux ou l'essence. Il suscite de mystérieuses résonances, il ouvre à des émerveillements et à des étonnements, dont la trace nous prolonge bien au-delà de nous-même.
Savez-vous avec qui vous travaillez ? Savez-vous avec qui vous vivez ? Savez-vous avec qui vous vous engagez ? Savez-vous aussi ce que vous proposez à l'autre ?
[Extrait de "Pour ne plus vivre sur la planète Taire", de Jacques Salomé]