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Pensée du jour

  • Sky Road

    L’autre jour, une commerciale de ma boîte à qui je racontais que j’allais bientôt démarrer un Master 2 en Gestion des Ressources Humaines a voulu connaître mon parcours.

    Après que j’aie conté les métiers exercés et la prise en main de ma carrière depuis 10 ans, elle a exprimé son étonnement et son admiration. Et m’a forcée à une réflexion que je n’avais jamais eue : « Qu’est ce qui t’a donné ce tempérament de battante ? »

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  • Back on the tracks

    Il bande encore, il n'est pas mort : non, ce blog n'est pas mort, en témoignent les certes rares mais régulières publications, ces derniers mois.

    2y2o m'a apporté et m'apporte encore trop de belles choses pour que j'y mette un terme : un lien solide avec quelques amis-lecteurs qui surgissent, fidèles, à chaque billet posté, des amitiés qui ont fait leurs preuves, la possibilité de revivre des moments inoubliables mais un peu oubliés "comme si c'était hier".

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  • Liberté etc.

     

    laïcité,démocratie,républicanisme,charlie hebdo

    Les évènements de la semaine dernière ont été l’occasion d’observer mes compatriotes, notamment sur ce réseau narcissique où la plupart se regardent le nombril et parlent pour ne rien dire. Dès que j’ai vu apparaitre le fameux « Je suis Charlie » sur la plupart des profils de mes connaissances, et que j’ai lu les premières réactions, j’ai décidé de rester silencieuse.

    Peu m’ont surprise : les relayeurs d’informations non vérifiées ont relayé canulars et photomontages, les ignorants dont la vie tourne autour de séries et émissions de télé-réalité se sont improvisés initiateurs de débats, les incultes qui ne lisent rien en dehors du programme télé ont posté pléthore de citations philosophiques, les bisounours m’ont noyée dans leur chagrin et les supposés racistes se sont lâchés. D'autres se sont réellement pris pour Charlie et ont voulu faire de l'humour. Ce fut assez instructif.

    J'avais résolu de ne pas réagir mais je n'ai pas pu. J'ai interrogé, publiquement, et une seule de mes 3 sollicitations a obtenu réponse. Je trouve quand même très symptomatique cette capacité d'exprimer un point de vue, directement ou à travers autrui, et de ne pas souhaiter le défendre. Et ça se revendique "Charlie"...

    Mon noyau dur, amis et famille du premier cercle, ne m’a pas surprise non plus : pas de slogans, pas de publications. Prudence et circonspection, comme disait mon grand-père. J’ai reconnu les miens.

    J’avais décidé de rester silencieuse ici aussi mais j’ai eu envie de poser les quelques interrogations qu’a suscité ce grand élan démocratico-patriotique, et aucune envie de le faire sur un réseau social que je méprise et où je me ferais un devoir de répondre à des gens que j’estime à des degrés divers, voire pas.

    Combien de ceux qui ont marché dimanche dernier et crié leur amour de la liberté d’expression ont défendu, en 2011,  la publication des caricatures du prophète musulman par Charlie Hebdo ?

    Combien de ces ardents défenseurs de la liberté d'expression se sont offusqués, jadis et aujourd'hui, que Dieudonné soit banni des médias et ses spectacles interdits ?

    Combien de ceux qui ont manifesté dimanche l’ont fait POUR la liberté et la démocratie et pas CONTRE l’islam et/ou les arabes ?

    Combien de ceux qui ont brandi leur pancarte pratiquent, au quotidien, l'humanisme, la bienveillance et la tolérance dont se réclamaient les dessinateurs et journalistes assassinés ?

    Combien se font un devoir de défendre et d’exercer leur liberté de pensée et d’expression, dans la rue, au travail, avec leurs amis, en en assumant les conséquences ?

    C’est à cause de toutes ces questions, auxquelles je crains de connaitre toutes les réponses, que je n’ai pas rejoint le troupeau des braves gens (qui n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux).

    Très tôt, j’ai appris à me méfier de l’unanimité et l’expérience a conforté ma position. Alors je suis restée chez moi. J'ai écouté les survivants du massacre, la veuve de Wolinski, admirable de dignité, j'ai pleuré avec Patrick Pelloux, montagne de chagrin qui me déchire le coeur à chaque fois que je l'écoute, j'ai suivi la retransmission en direct de la manifestation, j'ai été bouleversée par l'élan de tendresse du président, j'ai suivi quelques débats. J'ai réfléchi, seule et avec mon frère, à mes propres préjugés et incohérences.

    Et j’ai formulé le vœu, comme en 1998, 2002 et 2005, que demain chacun serait plus attentif à l’autre, plus respectueux, plus généreux.

    Que l’éducation nationale, le monde du travail, l’état se remettraient en question et reconnaitraient leur responsabilité dans ces échecs humains qui nous pètent à la gueule depuis des années.

    Que ces mêmes acteurs qui ont le pouvoir de construire et détruire un être humain décideraient enfin de briser les pernicieux mécanismes d’exclusion qui caractérisent la France et enfantent désespoir, résignation, haine ou violence. J’ai souhaité cela, de tout mon cœur, comme je le fais depuis des années. Sans illusions.

  • Gégé aux hormones

    Ce midi, au restaurant coréen, débat autour de l’engouement pour le tofu, ce truc insipide et spongieux. Gégé, le dandy de mon équipe, un brun viril et ultra stylé, proche de la cinquantaine et amateur d’hommes : « On ne sait plus quoi bouffer ! Ça fait 10 ans que je ne bois que du lait de soja et j’ai appris récemment que c’était bourré d’œstrogènes ! Résultat, je dois avoir le taux d’œstrogènes d’une femme enceinte »

    Eclats de rires autour de la table. « Fais gaffe, Gégé, si tu continues tu vas devoir t’acheter un soutif ! »

    Cet après-midi, sur le plateau, un homme passe, me fait un signe de la main. Gégé se tourne vers moi : « Tu es là depuis 8 mois et tu connais plus de monde que moi ici ! »

    «  Qu’est-ce que tu veux, Gégé … Toi tu as les œstrogènes, moi j’ai le décolleté ! »

  • Marbre à l'âme

    Quand je t’ai vu débouler sur notre plateau et t’installer en face de moi, j’ai cru que j’allais faire une attaque cardiaque. Je ne suis déjà pas connue pour être lymphatique mais là je suis clairement devenue agitée. Comment allais-je passer 7 heures avec toi à portée de mains ?

    [Blink, blink à ma copine « Petits cailloux »  qui m’a fait pleurer de rire hier quand, suspendue à mes lèvres, elle a sorti « Tu aurais dû lui dire : en missionnaire ça ne va pas être possible chéri, passes derrière ! ». Hors contexte, c’est moins drôle mais notre ¼ d’heure de fou-rire a réussi à perturber le patron de Toritcho qui, hilare au-dessus de ses sushis, a demandé « Qu’est ce qui est si drôle ? »]

    Après avoir repris ma respiration, l’atmosphère s’est chargée d’électricité. J’ai eu l’impression que tu étais nerveux aussi. Tu gigotais sur ton siège, comme moi, et nous nous sommes raclés la gorge à tour de rôle pendant une heure, c’était drôle. Habituellement très déconneuse, je n’ai pas sorti un son de toute la matinée. Et surtout je n’ai rien branlé de la journée, incapable de me concentrer. J’ai béni le ciel que mon inséparable pote ait eu la bonne idée d’être malade ce jour-là. A notre habitude, il aurait balancé des conneries, m’aurait charriée. Ton irruption dans notre périmètre  et mon mutisme obstiné aurait sans nul doute éveillé la curiosité de ce garçon très observateur.

    J’ai envoyé un sms à la jolie A., seule à être dans la confidence : « Oh putain, je ne vais pas réussir à bosser aujourd’hui, il y a BQ qui est venu s’installer en face de moi !! ».

    Je n’allais pas louper une si belle occasion de t’observer, à la dérobée. J’ai détaillé la chemise rose qui moulait ton torse musclé, tes mains libres de tout anneau, les fins bracelets de tissu autour de ton poignet gauche. J’ai remarqué que ta bouteille d’eau portait la marque Dia ; c’est donc là que j’irai désormais faire mes courses, en espérant t’y croiser (vu que ça fait 10 ans que nous habitons le même quartier, et que je ne t’y ai jamais vu, c’est mal barré). Parfois ton regard croisait le mien et s’y attardait juste assez longtemps pour que mon trouble augmente. Je n’avais jamais été assez proche pour remarquer à quel point tu avais de magnifiques yeux noisette.

    Toute la matinée j’ai eu chaud, froid, soif, envie de pisser … Je ne tenais pas en place et me levais souvent pour me rafraîchir les idées à défaut du reste. A un moment, j’ai remis ma veste, tu m’as regardée, as froncé les sourcils et chuchoté « Ça va ? ». Ton attention m’a littéralement fait fondre. J’ai failli t’envoyer un message « Arrête de me regarder avec ce regard caressant, malheureux innocent, je vais te sauter dessus ! »

    J’ai envoyé un sms à mon frère. J’avais besoin de partager mes émotions. « Respiration ventrale pour maitriser ses émotions» a-t-il répondu, pragmatique. « Si je fais de la respiration ventrale, j’explose les boutons de mon fut’, dans le genre femme fatale, on fait mieux ». « Lol, reste naturelle » a-t-il conclu. Naturelle, j’étais loin de l’être …

    Au retour du déjeuner, tu as lancé un « Tu es bien silencieuse … » J’ai osé un culotté « Moi ? Toujours ! » (Mon cul, oui !). « Ah bon, je ne savais pas » as-tu répondu avant de disparaitre en réunion et de me laisser reprendre mes esprits.

    Le lendemain matin, tu avais repris ta place et on a passé 1 heure à se titiller sur la messagerie instantanée (quelle belle invention, discrète, silencieuse, tout !) Je peux me tromper mais il y a des signes qui ne trompent pas. Reste à savoir comment on va réussir à passer le cap des échanges virtuels.