Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Gens (d'ici et d'ailleurs)

  • On a les salariés qu'on mérite

    Vendredi, je retrouve mon conducteur Blablacar à la station Total de la porte d’Italie. Dans les embouteillages, nous faisons connaissance et parlons notamment de nos métiers. 

    M. est un jeune espagnol, infirmier dans l’hôpital situé à une quinzaine de kilomètres de chez ma mère. Il déplore son salaire de 1600€, bien inférieur à son équivalent espagnol, notamment en raison du refus de ses employeurs français de tenir compte de ses années d’expérience en Espagne.

    Lire la suite

  • Comme une image

    Hier, j’ai passé une de ces journées qui te met du baume au cœur (même si, je vous rassure, mon cœur et mon moral se portent très bien).

    Le midi, j’ai déjeuné avec celui qui a été mon manager direct pendant 2 ans, jusqu’en novembre 2016. Un homme que j’ai, je dois le dire, longtemps méprisé.

    Je le trouvais sympathique mais mou, superficiel, plutôt inutile. Il sollicitait nos retours, organisait des ateliers, promettait de « changer les choses » et rien ne se passait.  Nos conditions de travail ne s’amélioraient pas et lorsqu’il venait discuter avec nous en réunion, il était souvent pris à partie et raillé.

    Lire la suite

  • Ma voisine d'en face

    Ça fait 15 ans maintenant que je vis dans le même appartement. Un record pour l’être sans racines que je suis.  

    J’aime ma ville, mon quartier, ma rue, véritable écrin de verdure où les oiseaux chantent, et même mon appartement sombre et mal isolé, que je me suis approprié au fil des ans.

    Dans mon immeuble, les gens sont assez sympas.

    Lire la suite

  • Un regard en arrière

    Après un regard en arrière, je me dirige sans hâte vers l’arrêt du bus où je me poste, écouteurs dans les oreilles. Une main cramponnée au poteau comme à une bouée, l’autre appuyée sur une canne, une vieille dame courbée me regarde avancer vers elle.

    Son regard exprime une telle détresse que j’enlève mes écouteurs et demande « Ca va ? »

    Lire la suite

  • On soulève de la fonte à Montrouge

    Il est une petite ville, dans le sud de Paris, surplombée d’un édifice en brique rouge : un véritable beffroi, qui abrite une joyeuse guirlande de 27 cloches. Les coquines tintent régulièrement dans le ciel montrougien et j’ai déjà eu la surprise de les entendre bercer les habitants au son du p’tit quinquin, bien loin de son Nord natal.

    Un soir, j’avais fait la connaissance, au hasard d’un apéro improvisé chez le marchand de vins en face de la piscine, de Jean-Louis Voiland, l’un des carillonneurs municipaux et président de l’AMICAM (Les Amis du Carillon de Montrouge). Proche de la retraite, il m’avait invitée à venir visiter le carillon. Et le temps a passé. Parfois, en levant la tête vers le faîte du beffroi, je repensais à cette belle occasion ratée.

    Pour fêter l’arrivée de 3 nouvelles demoiselles à la jupe de bronze, la ville de Montrouge ouvrait au public, il y a 10 jours, l’escalier donnant accès à la terrasse  des cloches.  Le soleil avait décidé de nous honorer de sa présence, le ciel était bleu et mon agenda vide ; à moi le beffroi !

    Vers 14h45, je me présente à l’entrée avenue Victor Hugo et patiente en déchiffrant le panneau informatif.

    J’apprends ainsi que le beffroi de Montrouge, construit dans les années 30 à l’initiative du maire Emile Cresp, comptait déjà une cloche et que l’installation d’un carillon de 27 cloches, sur le modèle de ceux du nord de la France (nous y voilà !) date du passage à l’an 2000. Le carillon de Montrouge retentit pour la première fois à minuit précise, dans la nuit du 31 décembre 1999 au 1er janvier 2000, alors que je m’apprêtais moi-même à fêter, décalage horaire oblige, le passage à l’an 2000 dans la capitale irlandaise où je vivais alors.

    Chaque cloche porte le blason de la ville et le nom de ses maires depuis 1790, date de création de la commune de Montrouge. Les sociétés Cornille-Havard, fournisseur récent de 9 nouvelles cloches pour la cathédrale Notre-Dame de Paris, et MAMIAS sont respectivement chargées de leur fonte et de leur installation.

    Munie du questionnaire à remplir, j’entame l’ascension. L’escalier majestueux du palais des congrès laisse rapidement la place à un escalier de pierre qui, rétréci et en colimaçon, devient de bois. 198 marches jusqu’à la terrasse des cloches, voilà une des réponses au questionnaire distribué aux visiteurs !

    A chaque étage, un panneau  informatif nous en apprend plus sur l’édifice et ses starlettes : la note jouée par chaque cloche, leurs mensurations et les particularités de certaines : la plus grosse mesure 73,1 centimètres de diamètre, pèse 239 kilos et joue le do. Un tableau démontre même qu’ « il existe une logique entre le poids de la cloche, son diamètre et la note jouée ».

    L’ensemble de 30 cloches représente plus de 2 tonnes de bronze, composé à 78% de cuivre et à 22% d’étain.

    Non loin du faîte du beffroi, 2 hommes discutent avec les visiteurs. Au premier coup d’œil, je reconnais Jean-Louis, visiblement sorti de sa retraite pour l’évènement. Avec son collègue carillonneur, Régis Singer, ils sont en pleine explication et je ne les dérange pas (encore). Je les écoute expliquer que les airs joués par les cloches sont commandés par le minuscule clavier électronique posé là. A droite, une horloge électronique égrène les secondes et comme il est 14h59, je ne patiente que quelques secondes pour entendre sonner les 15 heures.

    Carillonneurs de Montrouge.jpg

    Après les dernières marches, j’accède enfin à l’air libre (et frais). De la terrasse des cloches, on a une superbe vue sur Montrouge et sur le sud de Paris, au-delà du cimetière où repose, parmi d’autres célébrités, Coluche, l’enfant de la ville. Quasiment au pied du beffroi, on aperçoit la cité où il a grandi, l’hôtel de ville, le parvis et l’entrée toute neuve au métro. Plus loin, près de la N20, il y a la place où Robert Doisneau a longtemps vécu.

    Là-haut, je suis interviewée puis photographiée par Marc qui écrit pour le journal de la ville.

    Lorsque je redescends, Jean-Louis est seul. Je lui rappelle le cadre de notre rencontre, il y a plus de 5 ans et il me reconnaît. « Je n’oublie jamais un visage » dit-il, ajoutant un compliment.

    Jean-Louis est un retraité très actif. Il anime désormais la région dans laquelle il savoure sa retraite et, toujours président de l’AMICAM, revient régulièrement à Montrouge. Nous bavardons quelques minutes.

    Sur le parvis du beffroi, je m’installe dans un des 200 transats mis à disposition par la mairie et offre mon visage à la caresse du soleil jusqu’à ce que l’air retentisse d’un tonitruant « Tata Sophie ! » et qu’une petite fille aux cheveux mousseux me saute au cou.