19.04.2008

Qu'est ce que je fous là ?

La musique assourdissante, la chaleur, le bord de l'eau. Tout le monde s'applique à faire semblant d'être heureux dans cette ville en carton pâte ou hôtels, fast-food et bars à bière s'alignent. Je ne suis jamais allée à Ibiza en haute saison, mais j'imagine que ça ressemble à ça. Les anglaises éméchées, à moitié à poil, se donnent en spectacle debout sur les tables, les serveurs font semblant de trouver ça drôle, plus elles boivent, plus ils ramassent. Moi je me demande ce que je fous là, et surtout avec toi. Je me traîne un cafard monstrueux et te jette des coups d'oeil haineux. Toi, pauvre con, les mains dans les poches, un sourire béat sur les lèvres, je te mettrais des baffes. Comment peut-on être aussi étranger à ce qui se passe autour de soi ? Je n'ai qu'une envie, me tirer, te planter là, avec ton air de fils à maman, tes guides touristiques à la con, ton sac à dos de gamin attardé, tes photos mitraillées sur lesquelles je refuse toujours de poser. Tu proposes de boire un verre et me désigne un pub irlandais. T'es vraiment trop con. Le seul endroit ou il ne fallait pas m'emmener ce soir. Je commande une Guinness bien sûr. Je ne décroche pas un mot, mes lèvres sont serrées, le breuvage noir a noyé le vert de mes yeux et toi, tu as toujours cet air placide d'abruti qui ne capte rien. A notre droite, 2 couples d'anglais. Une brune, la quarantaine, sûrement tombée d'un charter en provenance direct de "Manchesta", brûlée aux UV, vulgaire, bourrée.

Tout à coup, à la techno succède "Dirty ol'town". Une boule au creux du plexus et les larmes qui montent lentement. Ben comme ça au moins, tu me foutras la paix. Je chiale dans ma Guinness et le sel de mes larmes rajoute à son amertume. "Ca a pas l'air d'aller" tu dis. Sans blague ? Putain, quel esprit d'observation ! Je te réponds même pas. Je ne suis plus là, dans ce bar minable. Je suis dans une bulle qui me transporte dans le Connemara, dans un pub surplombant les lacs, ou je passe l'après-midi à jouer aux fléchettes.

L'anglaise siliconée entreprend de danser et essaie de sautiller. Pitoyable, elle manque de se casser la gueule. Ca la fait rire, elle me regarde, je lui souris, elle est pas méchante cette femme, c'est mon chagrin qui m'étouffe ce soir et me rend haineuse. J'ai envie de lui dire "Vous avez pas la moitié de la classe des irlandaises, laisse-tomber, aller cuver".

Je ne me suis jamais sentie, de ma vie, aussi peu à ma place. Je te regarde et je dis "Bon, écoute, je vais pas jouer la mascarade plus longtemps, je passe à l'hôtel, je prends mes affaires et je continue seule."

Tu bafouilles, et nos belles vacances en amoureux ? Ah ben oui, toi qui voulais ramener des photos à tes potes ...Je suis pas amoureuse, voilà, je te l'avais bien dit que je voulais pas prendre des photos de nous deux. Tu vois pas que depuis le début, je suis dans mon coin, c'est pas moi ça, demande aux autres. Y'a pas de nous deux, c'était une erreur, ça aurait jamais dû durer aussi longtemps. J'ai cru qu'être avec toi c'était mieux qu'être seule, mais je me suis jamais sentie aussi seule que depuis que je marche à côté de toi.

free music

14.11.2007

Mon cheval est mort

Ben voilà ... Ce soir je suis en deuil. On m'a piqué mon vélo, la prunelle de mes yeux, mon plus fidèle compagnon depuis 4 ans !!!

J'y croyais pas quand je suis sortie de la piscine, à 19h45 ... Et puis, j'ai ramassé mon casque sur le trottoir avec mon antivol coupé enroulé dedans. La misère, vous auriez vu ma tête ! Comment j'allais rentrer chez moi, un jour de grève des transports ?

J'ai appelé O. qui n'y croyais pas. J'ai rejoint les maréchaux et ai commencé à faire du stop, comme une pov' malheureuse, toute dépitée avec mon casque à la main (et mes munsters coulants dans le sac, je vous le rapelle, cf. billet précédent).

Un jeune m'a prise en stop tout de suite et m'a déposée porte d'Italie. J'ai même pas attendu 3 minutes pour qu'un autre m'emmène jusqu'au stade Pierre de Coubertin. Et puis, là, une femme m'a récupérée pour me déposer au coin de ma rue. Dans mon malheur, j'ai eu de la chance. Arrivée à la maison, je me suis fait plaindre par mon coloc' et ses 2 potes, dont Mac qui m'a proposé direct de me prêter le vélo de sa meuf. J'ai rappelé O. pour le rassurer comme quoi j'étais à bon port, appelé ma quinqua pour qu'elle passe me chercher demain matin et appelé Nico pour lui dire que la soirée Beaujolais était compromise pour moi. Il m'a passé Jacky, le gros Loïc, M. Jean qui m'ont tous présenté leurs condoléances. Heureusement que les copains sont là !

01.04.2007

Ca ira mieux demain

Grosse boule dans la gorge dimanche dernier à la sortie du magnifique et très émouvant "Ensemble c'est tout". Regret de ne pas avoir une grand-mère à câliner, dont j'aurais caressé les cheveux fins et embrassé avec délicatesse les joues satinées. Sensation de n'être pas au bon endroit, de ne pas vivre ce qui a un sens. Larmes qui coulent en silence sous les mots tendres d'Ima.

Au travail, enfermée dans mon bureau. Colère résignée contre mon collaborateur qui s'évertue à se mettre tout le monde à dos. Tant pis pour lui. Découragement devant la mine sombre de mon nouveau boss qui perd déjà son enthousiasme. Il commence à comprendre que le bien-être des salariés ne fait pas partie des préoccupations de la boîte.

Sur mon vélo, lundi, une camionnette tente de me renverser. Pour rire. Y'en a qui prennent du plaisir comme ils peuvent. Vendredi, la mort me frôle. Il n'a même pas freiné. En état de choc. Envie de frapper. Qu'aurais-je laissé derrière moi si la voiture m'avait fauchée ?   

Fiso qui rit, Fiso qui pleure. Trop euphorique pour être honnête. Qui pleure de rire entre deux commentaires salaces quand Honey Bunny lui parle de son informaticien sexy. Qui saute à en perdre le souffle sur "Clap your hands say yeah" avec Lilybou. Qui a les yeux mouillés en lisant Rony, coeur noble et meurtri, qui invite à entrer dans sa grotte.

"Say goodbye to the world you thought you lived in".

Conseil à suivre. Bientôt.

 

25.03.2007

Parait que ça porte chance

Je vous avais épargné les galères rigolotes qui me sont arrivées récemment mais la dernière aujourd'hui me donne envie de vous faire rire des malheurs de Fiso. La série a commencé samedi dernier lorsqu'une heure avant de partir pour Avignon, j'enfile le pantalon noir que j'ai acheté récemment et que j'adore. Sentant un drôle de courant d'air à un endroit assez incongru de ma généreuse plastique, je me retourne et constate avec horreur que j'ai le fessier à l'air. Hé oui, un malheureux passage en machine a eu raison de la couture de mon futal. Pas le choix, je mets une robe et la première chose que je fais en arrivant à Avignon est de me ruer dans un magasin Leclerc pour acheter du fil et une aiguille. Ceux qui connaissent mes talents de couturière comprendront sans peine pourquoi j'ai passé le reste du week-end avec des pulls longs. Depuis, mon cordonnier a récupéré le boulot.

Ma deuxième galère, c'était mercredi soir lorsque je me rendis chez la cousine d'Hervé, au demeurant charmante (normal, c'est une Sophie) pour y retrouver mon ami Hervé et son fiston que je n'ai pas vu depuis ... 3 ans ! Après une bonne tartiflette, je lie amitié avec le lapin nain, Caramel, qui est tout doux. Je le prend dans mes bras, le cale au chaud entre mes monts et merveilles et l'emmène au salon pour un câlin poussé devant le feu de cheminée. Tout à coup, je ressens une chaleur bienfaisante. Non, ce n'était pas le feu de cheminée mais Caramel qui s'était liquéfié à mon contact. Ca donnait à peu près ça ...

medium_Caramel.jpg

Ce midi, alors que je vais chercher un poulet rôti chez mon boucher hallal, j'entend un gros splash. Incrédule, je constate avec horreur qu'un de ces .... de pigeons parisiens au cul radioactif m'a lâché une immonde fiente vert fluo sur l'épaule. Il me semble que c'est Mère Mi qui parlait de ça il y a peu, merci Mère Mi, tu m'as porté la poisse. Par chance, mon épicier a du sopalin pour que j'essuie tout ça. Il est vraiment gentil mon épicier, il me dit avec un grand sourire que le pigeon m'a trouvé trop belle. Un ancien qui est dans la boutique m'assure que la chance est avec moi. Comme dit Estebandido, mon coloc, j'aurais pu lui répondre "je vais te chier dessus, on verra si t'as de la chance". Bon quart d'heure de rigolade avec Estebandido qui s'est fait éclabousser au passage. Je vous le dis, amis de province, les pigeons parisiens, c'est du moisi 10 ans d'âge !

03.08.2006

C'est déjà l'hiver ?

J'ai les poils qui se hérissent, il vente, il pleuviote, les rares Parisiens ont retrouvé leur tronche en biais et mon bronzage disparaît à la vitesse grand V.

Reviens-vite, bel astre solaire !

09.05.2006

Fiso est bougon

Ben oui, ça m'arrive pas souvent mais je suis de mauvais poil.

Réveillée en pleine nuit et impossible de me rendormir, résultat quand le réveil a sonné, je suis restée dans les bras de Morphée pendant encore une 1/2 heure.

Mon coloc m'avait pas laissé de pain pour le petit déj, le garde-boue de mon vélo était déglingué et a fait un bruit de ferraille pendant tout le trajet et arrivée dans le parking de ma boîte, un collègue a trouvé amusant de me klaxonner dans les oreilles. J'ai fait un bond de 10 mètres et l'ai fusillé du regard (au point qu'il est venu dans mon bureau s'excuser). En plus, il pèle, vivement qu'on passe les Seins de glace (l'erreur est volontaire). Ne les cherchez pas sur le calendrier, ils se sont fait "djarter" et remplacer par Estelle, Achille et Rolande. Ces saints étant les 11, 12 et 13 mai, pas de jardinage avant cette date ! 

"Mamert, Pancrace, Boniface sont les trois saints de glace, mais saint Urbain les tient tous dans sa main."

Y'a des jours comme ça où on devrait rester couché ... 

16.02.2006

Sacrée soirée

Pleuvait "comme vache qui pisse" hier quand j'ai enfourché mon vélo à la sortie du boulot

Croisé dans l'ascenseur un gentil voisin tout roux avec une baguette qui m'a demandé si j'étais pas trop mouillée

Comme il était gentil, lui ai pas fait remarquer que l'ascenseur ressemblait à une piscine et qu'il devrait changer de lunettes

Me suis dit que j'avais vraiment pas de chance de toujours croiser des gentils voisins quand j'avais pris un seau d'eau sur la tête

Enlevé mon pantalon à peine franchi la porte et l'ai suspendu à la tringle de douche qui tient pas

Enfilé un peignoir pour éviter que mon frère qui devait rentrer d'un moment à l'autre se retrouve nez à nez avec mon string.

Appelé mon père pour lui souhaiter bonne fête

Qui m'a passé ma mère qui m'a parlé de son "con de chef le nul qui m'énerve, j'te jure !"

Lui ai raconté mes dernières bêtises du week-end, elle a fait hou hou hou, hi hi hi (c'est comme ça qu'elle rit ma mère, et encore vous avez pas tout vu, quand elle éternue, c'est un festival)

Et là mon frère est rentré et j'ai juste eu le temps de sauter dans mon jean parce qu'on était invités à manger

Appelé la femme de mon meilleur ami pour son anniv qui m'a répondu que c'était le lendemain mais merci quand même

Lui ai dit que c'était la faute de son mari qui m'avait donné la mauvaise date (non mais) et à demain alors !

Mangé du saucisson en papotant avec Nobch qui me racontait ses amours et comment il est heureux et tout

Vachement contente pour lui et pour elle parce qu'il fait super bien la bouffe et qu'il est très gentil

Vu débarquer Rodrigue, le meilleur ami d'Esteban qui s'emmerde tout seul chez lui

A 23h30, me suis dit qu'il était l'heure que j'aille me coucher mais apparemment j'étais la seule à piquer du nez

A minuit, ai constaté avec horreur qu'ils sortaient la Playstation pour jouer au foot et qu'ils avaient une patate d'enfer

A minuit et demi, Nobch m'a filé des oreillers pour me mettre à l'aise (mauvais signe)

A 2h, Rodrigue a dit : Bon on va rentrer parce que Fiso s'endort (depuis 2 h, merci d'avoir remarqué les gars)

A 2h10, au moment de monter dans la voiture, soudain déséquilibre sur ma bottine à talons (l'autre était levée pour monter dans la voiture) et basculement vers l'arrière

A 2h11, mon p....n de talon se prend dans la doublure de mon p.... de manteau qui fait CRAC

A 2h11 et 4 secondes, mon cul atterrit dans une flaque d'eau. Je me sens seule, très seule, parce que mon frère est au téléphone et ignore tout du drame qui se joue à 1 m sur sa droite.

A 2h20, déprimée, je vais me coucher avec mon bleu aux fesses et la cheville douloureuse.

Ce matin, réveil difficile .... la seule bonne nouvelle c'est qu'aujourd'hui semble un jour sans pluie.

 

 

 

14.02.2006

Vol plané

M'énerve quand j'arrive à fond les pédales sur un carrefour et qu'au dernier moment, un enfoiré de sa mère petit malin me coupe la route parce que ça le fait (...) de laisser passer un vélo. Et que du coup je l'insulte copieusement au risque de gober une mouche (quoique en ce moment les mouches se font rares).