04/02/2013

J'suis vraiment une branleuse

Mon client cette semaine a les cheveux longs (et accessoirement un joli petit cul). Ça me fait penser que je ne suis jamais sortie avec un homme aux cheveux longs. Ça a failli mais ça a seulement failli. En d’autres termes, il s’en est fallu d’un cheveu.

[Parenthèse : Celui-là d'ailleurs, que je nommais affectueusement la diva, je l’aurais capillotracté avec plaisir pour lui faire payer son insolence. Ça m’aurait sûrement fait plus d’effet que l’espèce de daube que je viens de finir, « Cent nuances de Grey » pour ne pas le nommer, best seller, je me demande bien pourquoi. Faut croire que la vie sexuelle de ses lectrices est bien morne pour qu’un dominateur mou du genou et une gamine de 22 ans qui s’en remet à Dieu toutes les deux pages les émoustillent. Pour ma part, c’est du niveau érotique des Harlequin que je piquais à mamie Coco pour titiller mes émois d’adolescente]

Mon client aux cheveux longs utilise des expressions locales comme « aussi bien » à la place de « de toute façon ». Il se plaint de « son réseau d’brin » mais est « fin heureux » du résultat de la formation.

Et j’ai fini ma prestation sur la dernière connerie de Fiso, qui devrait détendre les zygomatiques de Eniomel. Attention, c’est du lourd …

Le dernier jour, la directrice est entrée dans le bureau pour nous saluer comme chaque matin. Elle a exprimé sa satisfaction des résultats obtenus. Et là, j’ai dit : « On a sorti un premier jet hier matin et ensuite on a pignolé … heu … fignolé les horaires ».

La directrice n’a pas bougé un cheveu, ni mon client. Moi non plus, mais faut dire que j’en ai plus beaucoup sur le caillou.

A posteriori, comme je ne comprenais pas comment j’avais pu remplacer fignolé par pignolé, j’ai laborieusement reconstitué mon cheminement intérieur et réalisé que j’avais fait un mix entre peaufiné et fignolé.

En revanche, le mystère demeurait entier sur l’inertie de mes interlocuteurs face à mon magnifique dérapage verbal. Pignoler serait-il est une expression inconnue dans le coin ? Mon honneur serait-il sauf ?

Le même soir, devant une pizza aux Maroilles et une bonne bière, je racontai ma mésaventure à mon oncle et ma tante. Qui ne bougèrent pas d'un poil jusqu’à ce que je leur explique ce que pignoler voulait dire. Mon honneur est sauf.

04/12/2012

Oh vous savez, j'ai l'habitude ...

Ce matin, 4h30, les yeux grands ouverts alors que mon réveil est censé sonner 1h plus tard. Tout bien réfléchi, ce n'est pas plus mal car un réveil à 5h30 pour un taxi à 5h40, ça me laissait 10 minutes pour sauter dans la douche et dans ma culotte (mais pas en même temps).
Je soupçonne mon voisin de m'avoir encore réveillée de son pas éléphantesque.

A l'aéroport, je bois un café chez Paul mais cette fois je n'y oublie pas mon ordinateur (ah oui, je ne vous ai pas raconté, ce matin-là je l'ai récupéré quelques instants avant que les fllics ne viennent le faire sauter) ... j'ai imaginé la tête de mon boss pétri d'humour :
"Heu, monsieur le PDG-CEO-Chairman, vous allez rire, mon ordi s'est fait sauter à Orly"

Donc, je bois mon café de 6h, je passe le rayon X, l'agent me fait la totale "Il faut enlever l'ordi bla bla bla". Je suis de bonne humeur (si, si, toujours, le matin !) et je réponds "Oh vous savez j'ai l'habitude, je fais ça presque toutes les semaines".
La preuve, j'enlève mes chaussures, ma ceinture, mon soutif (ceci est un illusion optique) et je passe le portique qui ne bipe pas (youpi !). Le type derrière son écran me lance " C'est à vous la valise verte ?". Je ne réponds pas "Ben oui, abruti, c'est Boug' qui me l'a offerte pour ma quarantaine triomphante" mais je pense "Qu'est ce qu'il me veut encore, celui-là ?".

Ce qu'il me veut, c'est que j'ai oublié de sortir de ma valise verte les liquides pourtant soigneusement isolés dans un sac congélation. Je repasse le portique dans l'autre sens, extirpe les coupables liquides, maintenant bien agacée parce que je ralentis les autres passagers, au passage me fais confisquer le spray d'huile pour protéger mes cheveux de bébé au cas où j'irais à la piscine (l'intention est là, la volonté beaucoup moins), fait chier, ils m'ont encore eue ces cons, et je marmonne "Tout ça parce qu'un jour, un illuminé a essayé de mettre le feu à ses pompes".

Je repasse le portique pour la seconde fois, remets chaussures et ceinture, récupère mon ordi abandonné tout seul en bout de tapis roulant (franchement, c'est le paradis des pickpockets, les filtres de sécurité des aéroports, ils n'ont qu'à tendre le bras), attrape la poignée de ma valise ... RESTEE OUVERTE PUTAIN !!!!!!!!! ... et tout son contenu se répand sur le sol, les grosses perles d'un de mes colliers préférées rebondissent joyeusement, le fil casse, un homme court après les perles qui roulent et me les tend, je rammasse jupe, pulls, porte-jarretelles et bas et collants.
Vous rêvez ou quoi ? la seule fois où j'ai donné une formation dans une tenue affriolante, c'était comme par hasard le jour où le chauffage était en rade chez mon client et ma filleule et moi, on s'est pelé le cul (surtout moi, en fait, vu que je l'avais quasi à l'air).

Bref, je ramasse toutes mes fringues éparpillées sur le sol dégueulasse de l'aéroport (alléluiah ma lingerie était rangée dans une poche à l'abri des regards !), j'ai envie d'étriper les agents de sécurité mais je reste digne et je remercie même la jeune femme qui compatit à mon malheur.

Sur la passerelle, j'envoie un sms à mes 3 chefs de projet préférés, histoire de partager mon VDM du jour. J'en avais reçu un de lui la semaine dernière :
"Coucou, pas de courant dans ma chambre d'hôtel ce matin : c la loose. Impossible de me raser et je fais tout à l'aveugle. Si je sors de ma chambre, je ne peux plus y entrer (serrure électrique) et même le tel est coupé. Je m'habille à tâtons, je te dis pas la gueule que je vais avoir. VDM."
Et puis deux d'elle (elle est championne!) :
"J'ai traversé toute la largeur du bus entraînée par ma valise à roulettes, bousculant une dame au passage, pour finir étalée sur la porte. VDM."
Et 2 jours après : "Aujourd'hui, je descends du bus en y oubliant mon sac à main. VDM. Aujourd'hui, je cours après le bus pour y récupérer mon sac à main, la vie est belle !"

A part ça, je suis dans un B&B près de Grasse, il fait un vent à décorner un cocu, j'ai fait le ménage dans mes "amis" Facebook. Et vous, tout baigne ?

11/05/2012

Après le week end "fesses à l'air", la journée "peau du cul"

Préambule : Je suis sûre que CUI aurait trouvé un bien meilleur jeu de mots à faire avec ce billet.

Ca faisait un petit moment que j'avais envie de tester les voitures électriques d'Autolib. Une collègue m'ayant rassurée sur la simplicité de leur utilisation, il ne me restait plus qu'à attendre une occasion.

En début de semaine, ressentant le besoin d'aller discuter avec JM, mon ami de presque toujours, je décidai de me lancer et scannai permis de conduire, carte d'identité et photo récente pour envoyer le tout par mail. Hélas, le message "Vos documents ont été validés, vous pouvez maintenant finaliser votre abonnement à une station Autolib'" arriva le lendemain matin.

Mercredi soir, sortant du concert de mon frère, dotée de mon tee-shirt de groupie N°1, celui-ci me propose de les ramener, lui et ses potes, et de tester l'engin par la même occasion. Je n'ai malheureusement pas mon permis de conduire avec moi, sésame obligatoire pour finaliser ledit abonnement.

Aujourd'hui, donc, je rejoins une station équipée d'une borne d'abonnement et découvre par la même occasion la ville d'Arcueil. Je trouve les stations Autolib' bien moins repérables que leurs jumelles Vélib' et c'est une épicière qui m'indique la station, sur le trottoir juste en face de moi. Les voitures grises, ce n'est pas non plus très accrocheur, visuellement. Enfin, pour une voiture écolo, ce n'est pas très joyeux, le gris !

Dans la bulle, une jeune femme apparaît sur un écran et me parle, comme sur Skype. A cause du bruit de la circulation, je dois tendre l'oreille pour entendre ce qu'elle dit (détail qui a son importance, comme vous le comprendrez par la suite).

Fort sympathique, elle m'indique qu'on va bloquer une caution de 50€ sur mon compte et m'explique comment prendre possession d'un véhicule. Je me plante, bien sûr, et débranche le mauvais véhicule. En fait, c'est exactement comme avec le Vélib, tu passes un badge sur un lecteur, tu tapes ton code secret, on t'attribue une voiture, tu la dévérouilles en passant ledit badge sur un lecteur près du rétro, tu débranches sa prise d'alim et en voiture Simone !

A bord, un témoin de charge de la batterie indique 96% de charge. Un écran propose de visionner une vidéo qui t'explique comment rouler en mode automatique. Il y a même une option aide qui te permet d'appeler un conseiller directement à partir du véhicule. La classe.

Au démarrage c'est très étrange, tu as l'impression que la voiture n'a pas démarré, et pourtant si, elle se lance, mais sans bruit !  La boîte automatique ne me dérange pas, j'en ai déjà eu une. Mon GPS ne me sert à rien car la Bluecar en est équipée, ni mon CD de Michael Kiwanuka (elle est dépourvue de lecteur). J'ai toujours l'option radio Nova, mais le volume sonore, bridé, est inaudible en circulation.

C'est parti ! Après avoir vérifié auprès de ma charmante conseillère que c'était autorisé et possible, je me lance sur l'autoroute A6 en direction d'Evry. Ma voiture métallisée, plus haute que les autres, ne passe pas inaperçue. Je suis assez contente de faire de la pub à ce concept écologique et économique. Sur l'autoroute, j'atteins les 110 comme avec n'importe quelle voiture, aucune différence notable, si ce n'est le bruit du moteur, très différent d'une voiture à carburant. Un peu l'impression qu'on met les turbines et que je vais décoller.

Peu après, je me gare sur le parking du magasin de JM qui m'attendait pour se faire conduire à la poste à bord de mon nouveau joujou. Comme moi, il est emballé par la petite voiture.

A l'arrêt, incapable de verrouiller la voiture, je fais appel à un conseiller qui me répond instantanément et me rassure : il va remonter l'anomalie mais de toutes façons, personne ne peut utiliser le véhicule sans badge.

Vers 18h30, j'appelle Boug' qui devait me retrouver chez moi à 19h30 pour un dîner viet'.
"Je suis dans le coin, t'es partante pour une expérience inédite ? "
Elle hésite ma Boug':
- Ça dépend quelle expérience.
- Je passe te chercher et on va dîner dans le coin"

Je gare ma caisse devant le portail avec une demie-heure de retard sur l'heure de l'apéro. Une heure plus tard, après avoir, à la faveur de quelques ralentisseurs, pu mesurer l'assise un peu "dure" de la Bluecar, nous voilà sur le parking d'un restaurant de poissons. Boug' mitraille mon visage au-dessus du slogan "Libre comme l'air", qui dans ma tête résonne comme une promesse. Si seulement !

autolib'

22h30, je la dépose chez elle et reprend l'autoroute après avoir réservé une place à la station qui se trouve littéralement au coin de ma rue.

"Vous avez 90 minutes pour rejoindre cette station; l'emplacement n°2 vous est réservé" me confirme le jeune homme que j'appelle. 20/20 le service client Autolib' !

Absolument séduite par cet essai, j'appelle mon frère pour lui en vanter les mérites. Arrivée à destination, le témoin de charge de la batterie indique encore 40% d'autonomie après 100 kms de route.

Je gare la voiture sur la place n°2, la rebranche, la verrouille et me dirige vers chez moi. Mon téléphone bipe "Merci d'avoir choisi Autolib. Votre location a duré 468 minutes pour un montant de 121.27 EUR."

Je relis le message. 121.27 EUR ??? Qu'est ce qu'ils me chantent, Autolib', j'ai pris l'otpion à 10€, moi !
Je commence à composer le n° du service client et me ravise. C'est gratuit d'un fixe, je vais d'abord vérifier sur internet que je ne me suis pas planté et j'appellerai de chez moi. Sur internet, je retrouve l'offre abonnement 24h. J'appelle. La jeune femme m'apprend que les 10€ sont le tarif de l'abonnement, mais qu'à cela il faut ajouter un coût de location à la demie-heure, "que je retrouve à gauche, sur la page". Je proteste sur le manque de clarté du site, dis même que j'ai les boules. "On vous l'a indiqué lors de l'abonnement". Peut-être, mais ça devait être quand je n'entendais rien, justement. C'est le moment que choisit ma box pour s'éteindre et mettre fin à mes jérémiades. Et là, contrairement aux autres fois, personne ne me rappelle. Je raccroche, résignée, imaginant déjà la tête de Boug' et de JM quand je vais leur raconter ma dernière mésaventure. Entre nous, je trouve que je les accumule un peu en ce moment.

Sur gmail, un ami est le premier témoin de mon nouvel épisode des malheurs de Sophie. Il me trouve pétillante et rigolote, tu m'étonnes. On ne s'enuie pas avec moi, j'en ai toujours une bonne à raconter. Je préfère en rire, de toute façon je l'ai dans le cul, Lulu, mais j'aurais préféré claquer 120€ de lingerie plutôt qu'en aller-retour vers Evry  !

En écrivant ce billet, je me remémore en mode aigre-doux le séduisant slogan affiché sur la portière de la Bluecar : "Libre comme l'air" ... mais surtout fauchée comme les blés !

25/04/2012

Week-end à thème : les fesses à l'air

J'ai pourtant réalisé ce rêve, chanté par Dutronc, il y a quelques années !

Ce week-end chez Gi a été très riche en émotions. Certaines que je tairai, par pudeur, d'autres que je me fais une joie de partager. Les malheurs de Fiso, ça faisait longtemps, non ? Ben vous allez être servis, les amis !

Samedi, on rentre de courses, Gi et moi. J'ai dévalisé la Migros en fondue Moit-Moit. C'est que je connais quelques adeptes de fromage ...

Lorsque l'ascenseur s'ouvre, au rez de chaussée, une femme élégante l'occupe, avec son chariot Ikéa. "Je vous le renvoie" dit-elle.
- C'est ma voisine, commente Gi lorsque la porte se referme. Elle est charmante mais elle a 2 chiens absolument insupportables qui t'aboient dessus furieusement, ils sont très agressifs, je ne suis pas rassurée quand je les croise."
Nous montons dans l'ascenseur tout en nous épanchant sur notre peu d'amour pour les chiens, sales et bêtes (ça c'est de moi).

Sur son palier, la porte de l'appartement de la voisine est grande ouverte. Un chien apparaît, un colley miniaturisé genre Lassie. "Tiens, quand on parle du loup ..." je lâche.
Il nous accompagne tranquillement jusqu'à la porte. Et puis, alors que Gi s'apprête à enclencher la clé dans la serrure, nous entendons une course effrénée et des aboiements furieux dans notre dos. Pas le temps de dire ouf, un des chiens me saute dessus. Leur maîtresse accourt, leur hurle dessus.

C'est alors que passant la main sur mon cul, je sens ma peau. J'ai une jolie déchirure à angle droit, bien nette. Cet enfoiré a craqué mon futal ! Et à travers le tissu, le sang perle. Non seulement le sale cabot m'a niqué mon fut' mais en plus il m'a niaqué la fesse !

La voisine se répand en excuses, promet de me rembourser le pantalon que je vais devoir acheter. Gi m'applique une compresse badigeonnée de désinfectant sur la fesse. J'ai échappé à l'ablation, mais de justesse. "Ça nous apprendra à avoir dit du mal d'eux" concluons-nous.

Quelques heures plus tard, dans un hamam, ce constat se répète. Alors que Gi me raconte, en chuchotant, cette fois où une bonne femme les a engueulées, elle et M., et dénoncé à la direction, nous nous faisons pourrir par une mégère qui a le culot de nous sortir que "se shampouiner ça fait du bruit". Et de deux.

Le lendemain soir, un homme vient me chercher chez Gi. Lorsque je monte dans la confortable BM, j'entend "Crac !". Je glousse et me cache le visage dans les mains "Oh p'tain ! J'y crois pas à ce qu'il m'arrive !!! C'est pas vrai, mais j'ai la poisse ce week-end !!!
Il se marre "Quoi ? T'as craqué ton pantalon ?"
Bingo. Et pas qu'un peu. J'ai littéralement le cul à l'air. Je m'extirpe de la voiture après avoir noué mon blouson autour de ma taille et me change fissa.

Résultat des courses : partie avec deux pantalons et une robe, je suis rentrée avec ... une robe.

06/02/2012

The Shining, au pied des Pyrénées

Ma filleule est arrivée très en avance à l'aéroport : 6 heures pour un vol à 7h20. Je me pointe, grand seigneur, à 6h35. En porte 3, je ne vois pas sa jolie frimousse. Je l'appelle :
" Tu es où ?"
- Ben, porte 2 !
- Oui, ma chérie, mais nous on part de la porte 3 !

Elle me rejoint. En cuissardes. Je la charrie :
" Toi, tu as la tenue adéquate pour prendre l'avion "

Aux rayons X, elle tire à 2 mains sur ses cuissardes pour les enlever (oumpfffff ! ) Sur une jambe, la voilà qui devient toute rouge.
Je sors de mon sac la pochette transparente qui contient tous mes produits liquides. Elle a oublié d'en faire autant et a droit au palpage. Ca y est, la voilà qui bougonne. On va se marrer.

Le soir, on rejoint notre hôtel. Habituellement, je choisis moi-même mes hôtels mais là, je n'en ai pas eu le temps et ai laissé ce soin à l'assistante du service.
Notre hotel est une longue bâtisse sombre, en contrebas. Nous garons notre veau sur un parking non éclairé.
" Purée, c'est le genre d'hôtel lugubre où un chien te saute dessus dès que tu passes la porte d'entrée" dit ma filleule.

 Je pousse la porte d'entrée, un ridicule roquet se jette dans mes jambes en aboyant furieusement La port est tellement étroite que je reste coincée dedans, chargée de mes trois sacs. Crise de fou-rire avec la filleule. La patronne vient à notre rencontre et rabroue le roquet, visiblement vexée.

"La piscine est chaufée ?" je demande.
- Oui, mais il n'y a pas de lumière.
- Ah bon ? On nage dans le noir alors ?" demande ma filleule.
- Oui, désolée, la lumière est HS.
Ma filleule charrie à voix basse "Oups ! Pardon monsieur !"

"On va se claquer dans le jacuzzi ?" propose ma filleule. Tu m'étonnes, j'en rêve, après une journée dans une salle glaciale.

Quand je passe la chercher et qu'elle ouvre la porte de sa chambre, je suis pliée. Vla le spectacle ! La filleule en bas de pyjama et en cuissardes ! Et sexy en plus !

Le jacuzzi se trouve au sous-sol où règne un silence de mort, dans une salle glauque. Ma filleule s'évertue à retirer ses cuissardes (oumpffff ! )
" Tu imagines si un pervers entre ? demande ma filleule, plongée jusqu'au menton dans l'eau qui n'est pas chaude. C'est clair que d'ici que quelqu'un nous entende ....

Après 30 minutes à attendre, en vain, que l'eau bouillonnante chauffe, on sort du jacuzzi et on se rhabille en 30 secondes chrono, vu qu'on est aussi gelées qu'en y entrant. Sauf ma filleule qui galère pour remettre ses cuissardes (oumpffffff !)

J'ouvre la porte du hamam, d'où s'échappent des volutes de vapeur.
" Et si on allait au hamam ?" je demande à ma filleule, qui a enfin réussi à enfiler ses cuissardes.
(oumpffffff ! ah ouais, on va se claquer dans le hamam !)

Une heure plus tard, nous pénétrons dans le "restaurant". A une table ronde, 5 paires d'yeux nous dévisagent. A une autre, un couple mange en silence. Ambiance the Shining. On s'attend à voir débouler Jack Nicholson avec son couteau de derrière la porte de la cuisine.

" Vous proposez quoi en soirée-étape ?"
- Sauté de porc, répond la serveuse qui a l'air aussi heureuse d'être là que les clients.
- On peut voir la carte ?
- Ah mais y'a pas de carte.
- Ah, donc on a le choix entre sauté de porc et sauté de porc ?

Finalement, on a réussi à négocier une escalope de dinde grillée. Accompagnée de l'équivalent de deux cuillerées de riz détrempé. Ma filleule mord dans un pain gris et caoutchouteux.

Quand je monte me coucher, un bourdonnement gâche le silence des montagnes pyrénéennes. Tiens, ça faisait longtemps que je ne m'étais pas fait un hôtel de merde.

03/02/2012

S'éffeuiller en janvier, faut vraiment être givrée !

[EDIT du 3 février pour Les Nuages Bavards qui « violente » mon goût pour le flou]

« J'ai sorti la guêpière, les filles ! Je suis harnachée comme une pouliche qui va courir le Grand Prix ! » : voilà mot pour mot le sms que j'ai envoyé à ma bande de copines déjantées.

J'avais confirmé, quelques semaines plus tôt, mon inscription ce vendredi-là à un cours d'effeuillage dans le quartier du Sentier.  Les cours d'effeuillage sont devenus très à la mode après la sortie du film « Tournée » qui a suscité un nouvel engouement pour les tenues rétros et les strip-tease à la Dita (Von Teese, pas la blogueuse). La culotte couvrante est d'ailleurs en passe de supplanter le string, aussi appelé « hilo dental (fil dentaire) » chez nos amis sud-américains. Mais revenons à nos tétons moutons.

Le vendredi, dans 99% des cas, nous autres formateurs sommes au bureau. Pas de pot pour moi, ce jour-là, ma boss m'avait envoyée donner une formation à un de nos clients, de surcroît 3 hommes qui n'ont pas les yeux dans leurs poches, comme on dit.

« Prévoyez deux tenues de lingerie, un tailleur jupe, une chemise, des talons » disait le mail de confirmation. La formation se terminerait au plus tôt à 17 heures, le cours commençait à 18h, impossible donc de rentrer me changer.

Faute de bas couleur chair, j'avais clipsé dans les attaches de ma guêpière rose buvard - non sans peine - la version élastiquée, qui est censée tenir toute seule. J'ai même failli me faire un lumbago en tentant de fixer les attaches arrière. Dans le métro, lorsque je me suis assise, j'ai entendu "chtong".

« Fait vraiment froid ce matin », me suis-je dit lorsqu'un courant d'air glacial m'a piqué les cuisses. Une heure plus tard, le sourire lumineux de ma « filleule » m'accueille en haut des marches d'une station de la ligne 5. En chemin, je lui donne un coup de coude, soulève ma jupe, dévoile un peu de peau.

« Waouh, marraine ! Tu portes ça, toi ? » s'écrie-t-elle.
[Je ne vous ai pas encore parlé de la jeune femme qui a récemment rejoint notre équipe de formateurs et m'accompagne depuis quelques semaines. Craquante de fraîcheur. Moi, si j'étais un homme .....]

Quelques minutes plus tard, nous pénétrons dans les locaux de mon client en région parisienne. La salle de formation est un véritable congélateur.

« Ça prend un peu de temps à chauffer » assure un de nos stagiaires, se voulant rassurant. Je m'assied face à eux en plaquant bien mon corps à la chaise, histoire qu'ils ne grillent pas mon accoutrement de coquine.

Vingt minutes plus tard, ma filleule s'excuse et remet son manteau. Je résiste vaillamment mais finis par me réfugier dans mon petit blouson cintré, que je ne quitterai plus de la journée. Nos stagiaires font de même.
Malgré leurs multiples tentatives pour couper la ventilation et enclencher le chauffage, nous passons la journée frigorifiés. Ma filleule, qui ne supporte pas le froid, est blême. Moi j'ai les fesses glacées.

Vers 14 heures, je lis les réponses de mes copines, que je vais retrouver dans la soirée. Ça charrie grave :

«  Tu cours le quarté ou le quinté ? demande la brune piquante.

- On va se marrer ! renchérit celle au teint de porcelaine.

- Ptain les filles, y'a pas de chauffage chez mon client, vous le croyez ? Je ne sais pas si on va se marrer mais j'ai froid au cul ! »

A 19h, face à un immense miroir dans lequel se reflètent une dizaine de femmes quasi nues, je réalise, alors que la prof nous invite à lancer nos soutien-gorge, que la guêpière n'était pas le meilleur choix pour ce cours d'effeuillage.

Cette chorégraphie caricaturale ne mérite d'ailleurs pas ce nom mystérieux et empreint de sensualité car plutôt qu'un cours d'effeuillage qui sublimerait la femme, toutes les femmes, la «  prof », qui dans la vie est strip teaseuse, a voulu nous enseigner l'art du déshabillage de cochonne, avec tous les clichés du porno, secouage de crinière (et tant pis pour celles qui n'en ont pas), écartage de jambes (et tant pis pour les rouillées), auto-caressage de croupe. Pour un peu, elle nous aurait demandé de nous sucer l'index. Alors voilà, je reste conne avec ma guêpière, car dégrafer et agrafer ce bel objet prend juste un peu plus de temps qu'avec un soutien-gorge .... Pourtant, quelle plus belle parure qu'une guêpière ?


Différence entre le strip-tease et... par 20Minutes


Lundi matin, 9h30, après avoir peaufiné ma choré perso sur Kiss de Prince (et en pyjama, s'il vous plaît !), je roule à travers les paysages enneigés des Hautes-Pyrénées. Ma « filleule », assise à côté de moi, profite de la lumière exceptionnelle et admire les cimes. Notre stagiaire nous accueille avec un sourire chaleureux et nous emmène dans son bureau. Un congélateur.

« Le chauffage est mis ? » demande ma filleule. « En fait, on a un problème, il y a une panne du système de chauffage »  répond le stagiaire.
A la pause, je découvre un sms d'encouragement de ma chef de projet « Bon courage, les filles ! »
- Merci poulette ! Ptain on a pas de chauffage chez XX et y'a de la neige dehors ! La tête de la filleule ! »
A 14 heures, ma « filleule » craque et demande un chauffage d'appoint, qu'on pique dans le bureau d'à côté. Nous tenons bon en rêvant à la piscine chauffée et au jacuzzi de notre hôtel. Mais nous n'étions pas au bout de nos surprises.

Ça faisait longtemps que je ne vous avais pas écrit une note « Vis ma vie de formatrice » , non ? Vous allez en avoir deux à la suite, figurez-vous, histoire de vous montrer que mes semaines ne sont pas toujours aussi sympas qu'à Pamplona ....

31/05/2011

Séville, son centre-ville, mes yeux qui brillent

L’Espagne n’est décidément pas un pays pour les femmes solitaires et cafardeuses.Si en Irlande, on ne reste pas longtemps seul(e), - un dicton ne dit-il pas "qu'il n'y a pas d'étrangers ici, seulement des amis qui ne se sont pas encore rencontrés" -, en Espagne, la solitude se fait d'autant plus cruellement sentir que tout s'y partage. Même Dax un lundi soir de janvier me fout moins le bourdon, c'est dire.

Ce soir, j’ai feint de me réjouir d’être à Séville. En début de soirée, ça a plutôt bien fonctionné et je me suis crue tirée d’affaire. Il faut être bien orgueilleuse pour croire qu'on va gober ses propres conneries.

L’hôtel était chouette, il faisait soleil et l’accès à la piscine se trouvait à quelques mètres de ma chambre. Déjà, au moment d'enfiler mon bikini, j'ai hésité. J’ai fait quelques longueurs dans la piscine, sans conviction et sans soleil.

De retour dans ma chambre, je n’avais même plus envie de sortir dîner. J’ai pourtant hélé un taxi et me suis attablée dans une rue piétonne attenante à la plaza San Francisco. Je n’ai pas encore terminé « L’Irlande dans un verre » et c’est tant mieux, car sa lecture m’a empêchée d’arroser mon assiette de poissons d’autre chose que de citron. Ici, même les demi-rations, gigantesques, te rappellent que dîner seul est une hérésie.

Vers 22h, j’ai renoncé à aller me promener autour de la cathédrale et c’est d’un taxi que je l’ai admirée. Le chauffeur, et je l’en remercie secrètement, n’a pas troublé mon mutisme. J’ai ouvert la fenêtre en grand, pour laisser la brise chaude caresser mon visage. J'ai pensé à lui et à ces questions que je retourne dans ma tête depuis plusieurs jours. Briser la pudeur que nous avons tous deux, depuis si longtemps déjà, ou rester à ma place ? Parler et oublier le devoir de réserve ou taire mon indignation ? Qu'il puisse imaginer que sa détresse m'indiffère m'est insupportable.

De retour dans ma chambre, je me suis connectée sur un réseau social où personne ne m'a parlé, et j'ai écouté System Of A Down en boucle.

Demain soir, je rentre chez moi pour plus de 15 jours de vacances parisiennes. Chouette. 

02/12/2010

Le mieux est l'ennemi du bien

Autoroute.jpgJe vais bien. J'écris peu, je mange peu, je bois encore moins et je n'ai pas fait de sport depuis près d'un mois. Je me ménage, quoi. Faut dire qu'avec le froid qui sévit, je manque de courage pour courir bras nus. Ca reviendra.

 

 

En revanche, j'ai toujours un beau lot de conneries à mon actif. La dernière, c'était avant-hier et je ne me suis pas loupée, sur ce coup-là.

19h30, lundi soir, j'émerge, frigorifiée et toute contractée par le froid glacial, de la bouche de métro à dix minutes à pied de chez moi. Je longe le renfoncement sombre où il y a plein de bus et j'hésite. Allez, ce soir, je me la joue flemmarde et je saute dans un des bus qui relie Paris à la banlieue et me fera gagner 5 minutes et quelques courants d'air. Je scrute l'itinéraire de la ligne : oui, il passe bien à proximité de ma rue.

Le bus se remplit et tarde à partir. Son conducteur fume une clope avec un collègue jusqu'au moment où le signal sonore et lumineux annonçant le départ retentit. Enfin ! Je me réjouis déjà à l'idée du moment où je pousserai la porte de mon appartement douillet et où je pourrai enfin me débarrasser de l'ordinateur qui m'alourdit le bras. Mon canapé est mon meilleur ami, ces jours-ci.

Le bus s'élance dans le trafic dense et traverse le carrefour à toute allure. A toute allure, oui, d'ailleurs c'est bizarre, il ne tourne pas à droite comme prévu. Itinéraire modifié ? Mon visage change quand il accélère, serre à gauche et s'engouffre sur ... l'autoroute ! Je me retourne, affolée, vers un des passagers "Heu, excusez-moi, il va où ce bus ?" "Chilly-Mazarin. Pourquoi, vous allez où, vous?" Je contemple, abasourdie, les néons qui longent le boulevard : "Moi, j'habite là ..."

Je peste contre moi-même. Bien joué, Fiso, t'as voulu gagner 5 minutes, tu vas perdre au moins 1 heure. Et une soirée de foirée !

"Je ne comprend pas, pourtant, l'itinéraire ne dit pas qu'il va à Chilly-Mazarin". "Ils ont changé les bus il y a deux jours". C'est alors que je remarque qu'il y a 2 plans de la ligne : un à l'avant du bus, le bon, que je n'ai pas vu en montant à bord, et un à l'arrière du bus, l'ancien, auquel je me suis fiée. Est-ce que je vais à l'avant du bus embrouiller le chauffeur ? Bah, il s'en tape et il est capable de trouver ça drôle. Du coup, je prends le parti d'en rire et compose le numéro de mon chef de projet, celui avec lequel je me tape des gueuletons régulièrement, entre Paris et Bruxelles : "Je ne te dérange pas? " "Non, non je quitte le bureau". "Je voulais te faire rigoler un peu en te racontant ma dernière connerie". "Ah bon, tu es où?" "Ben, dans un bus sur l'autoroute A6, en direction d'Orly".

Ça, pour se marrer, il s'est marré. "Y'a que toi pour nous faire un truc pareil", il a dit.

Heureusement, ça filait sur l'autoroute. "Descendez à l'arrêt cimetière" avait dit le passager interpellé. Arrêt de ce circonstance, vu ma tronche d'enterrement.

Bien sûr, lorsque je descends du bus, celui d'en face qui aurait ramené Fiso fissa au point de départ démarre sous mon nez. Et me voilà sous un pauvre abri de bus à me les peler sévère. "Tiens, tant qu'à avoir une soirée ruinée, si j'en profitais pour me faire payer l'apéro, voire le couvert chez un de mes deux amis vivant à proximité ?" 

Tout à coup guillerette, je compose le numéro de ma copine bien-aimée (qui se reconnaîtra). Les sonneries s'enchaînent. Et merde, j'avais oublié qu'elle ne répond JAMAIS à son putain de téléphone, qu'on se demande bien à quoi il lui sert, bordel de m.... (ouais, je sais, c'est pas élégant, mais j'en ai rien à cirer de l'élégance quand je suis en train de claquer des fesses dents devant le cimetière d'une banlieue sinistre. Et puis d'ailleurs, les seuls témoins de la bordée de jurons marmonnés entre mes dents sont endormis à jamais).

Je compose le 2ème numéro de mon répertoire, celui de l'apprenti cuistot que j'avais emmené se faire recoudre. Il me doit bien un coup à boire, celui-là et lui, au moins, il répond à son téléphone, sauf quand il dort. Répondeur: il dort. Je lui laisse un message, quand même. Puis j'appelle ma mère, pour la faire rigoler aussi. Je m'occupe, quoi, histoire d'oublier que j'ai froid et que je devrais être depuis longtemps lovée sur mon canapé.

J'attend plus de 20 minutes un hypothétique bus en direction de Paris puis saute dans le premier qui se pointe, terminus Massy-Palaiseau RER. Le RER, voilà une valeur sûre. Biens sûr, il ne marque pas l'arrêt à la station la plus proche de chez moi. Je me paie donc encore un petit tour de tramway et cette fois je finis à pied. On va arrêter les frais pour ce soir. En chemin, j'appelle un ami du voisinage qui conclut  "Finalement, même quand tu n'es pas en déplacement, tu trouves le moyen de te balader". Bien vu.

Embarquée à 19h30 dans ce bus infernal, il est 21h20 quand j'ôte enfin mes chaussures et frotte mes pieds glacés. J'ai quitté le bureau il y a 3 heures. Tout va bien. Je respire. Zen, Fiso, zen. Une bonne verveine, ma fille, ça va te faire du bien. 

19/09/2010

Semaine de merde (ou pas loin)

Vous n'aurez pas de clichés gastronomiques cette semaine. Pourquoi ? Parce qu'une fois n'est pas coutume, à l'exception des soirées passées avec P_o_L et Boug', j'ai bouffé de la merde. Et j'ai presque passé une semaine de merde. Jugez plutôt ....

Lundi matin, après un changement en gare de Bréauté-Beuzeville, bled absolument inconnu de moi jusqu'à ce jour, je débarque à 8h à la gare de F. Mon assistante m'avait prévenue "Y'a pas d'agence de location XXX à F., tu te déplaceras en taxi, ok ?" "Pas de problème, je n'y passe qu'un nuit".

Je sors de la gare, cherche des yeux quelque chose qui ressemblerait à un taxi, que dalle. J'actionne la poignée de la porte de la station, pour demander à un employé où je pourrais trouver un taxi : gare fermée. Super.

J'avise une femme qui attend un bus, sous un abri. Elle secoue d'abord la tête puis se ravise "Ah si, vous montez les marches, les taxis sont au-dessus".

Je suis ses conseils et en effet, ça a l'air un peu plus vivant, là-haut. Face à un hôtel, il y a bien un emplacement - vide - au-dessus duquel est planté le poteau salvateur "Station de taxis".

J'attends quelques minutes puis au moment où je commence à tapoter le n° des renseignements sur mon téléphone, un taxi se pointe. Le chauffeur, petite cinquantaine, cheveux blonds en brosse, a l'air fort loquace (dit-elle d’un ton ironique).

Au-dessus de son rétroviseur et sur les sièges arrière, un avis indique que monsieur est collectionneur de souvenirs militaires. Ca sent le le facho, me dis-je à moi-même.

Il m'emmène chez mon client à quelques kilomètres de là. "Ça ne marche pas du tout, dit-il, ils ont déjà licencié des gens". Visiblement il a une dent contre l'installation de mon client il y a quelques mois.

"Vous pourrez venir me récupérer ce soir?" demandé-je. "Non, ce soir je serai à Rouen". "Je crois que le restaurant de mon hôtel est fermé ce soir, vous connaissez un endroit, dans F., où je pourrai aller manger?" "Je mange pas au restaurant et puis à F., c'est pour les touristes". Quelle amabilité ! Bon te fatigue pas, je me débrouillerai, pensé-je. Il me décoche une dernière flèche "De toute façon, les taxis de F. ne travaillent pas après 20h". Ça promet ... Je sens que je vais passer une soirée d'enfer, moi.

Heureusement, ma cliente est super sympa, très pêchue. Elle me tutoie au bout d'une heure, m’emmène déjeuner en bord de mer et me dépose même à mon hôtel le soir. Je ne sais pas si ça a un rapport, mais elle est de Rouen, et tous les Rouennai(se)s que j'ai rencontrés jusqu’ici étaient très sympas. C'est quand même à Rouen que pour la première – et jusqu’ici unique – fois de ma courte carrière, ma cliente, la douce Emeline,  m'a fait visiter sa ville, le soir. D’ici à ce que je finisse mes jours à Rouen, moi, y'a pas loin.

Le soir, la jolie patronne de l’auberge de la Rouge m’accueille. Je soupçonne, à son accent et la blondeur de ses cheveux, des origines bataves ou tout du moins nordiques. Après m’avoir installée dans une jolie chambre avec mezzanine et poutres de bois, elle confirme, hélas, que le restaurant de l’hôtel est fermé le lundi soir. Dommage, la carte était fort appétissante et c'est une table réputée dans la région, comme me le confirmera ma cliente.

Devant mon inébranlable optimisme quand à mes chances de trouver un taxi en soirée, elle me tend le n° d’une pizzeria auprès de laquelle je pourrai commander de quoi me nourrir. Et en effet, après avoir bataillé ferme pour me connecter à internet, la compagnie de taxis me confirme que je serai cloîtrée dans ma chambre ce soir. Bah, de toute façon, je suis malade, ça ne me fera pas de mal. Peu avant 20h, je commande des tagliatelles et une salade. Le livreur arrive, casque sur le crâne, je déballe la boîte cartonnée, fouille, cherche : putain ! pas de couverts ! (sont cons ou quoi ???)

Pas grave, me dis-je, je vais aller gratter une fourchette à la patronne. Je traverse le jardin et me heurte à la porte de l’hôtel, fermée et dans l’obscurité. Et merde !

Après quelques minutes de réflexion affolée, je n’ai pas le choix : je plonge les doigts dans les pâtes (me les cramant au passage) et bénis le ciel de n’avoir pas choisi des lasagnes. Je ne prends pas de photos, vous comprenez aisément pourquoi, et me couche tôt, la bouche ouverte, comme une carpe qui cherche de l’air.

Le lendemain matin, je papote devant mon petit déjeuner avec un employé de l’hôtel, en attendant que mon taxi vienne me chercher. Il jette de temps en temps un coup d’œil par la fenêtre. Mon taxi a déjà 5 minutes de retard. « C’est bizarre qu’il ne soit pas encore là …Il ne va quand même pas me planter, j’espère ? » dis-je en me levant. Il se penche « Ah zut, je ne l’avais pas vu, il s’est garé juste en dessous des fenêtres ! ». Je le salue, attrape ma valise et rejoins l’entrée ; pas de taxi. Lui, derrière moi : « Mais ??? Il s’est tiré ? Je scrute les abords de l’hôtel : pas l’ombre d’un taxi. Un monsieur confirme : « Il y avait un taxi, il vient de partir ». Je bougonne « Ah ben il est gonflé celui-là ! Il attend 5 minutes et il se casse, sans même prendre la peine de s’annoncer ». J’appelle l’agence qui confirme que son chauffeur est reparti « car il n’y avait personne ». Je l’engueule et quelques minutes plus tard, mon taxi arrive. Je ne suis que peu surprise de retrouver le paramilitaire de la veille. Je ne lui décroche pas un mot et à ma grande surprise, il engage la conversation pour me demander ce que je pense de mon client. « Ils se sont installés dans ma campagne, et moi j’aime bien ma campagne » dit-il avec une pointe d’amertume. Ouais ben n’empêche que ça te ramène des clients.

Visiblement, je ne suis pas la bienvenue à F. Ça tombe bien, je n’ai aucune envie de m’y éterniser. A peine arrivée chez ma cliente, je lui propose de déjeuner d’un sandwich devant l’ordi afin que je puisse prendre le train précédant celui, initialement prévu , qui m’aurait fait arriver à Paris à 22h. Elle accepte, ouf, et je fous le camp de Fécamp sans un regard en arrière.

Le lendemain, je forme un directeur en région parisienne.

A midi, je me retrouve dans la salle de pause entourée du PDG, du directeur et des comptables, devant des rillettes premier prix, du jambon gonflé aux poly phosphates, du frometon qui pue sa mère et des plats cuisinés de chez Marie. J’ai la gorge et les sinus tellement irrités qu’ils pourraient me filer des boîtes de pâtée pour chiens sans que je m’en rende compte. En parlant de pâtée pour chiens, c’était moyen de bouffer en écoutant la description de l’état dans lequel on a retrouvé 4 jeunes qui se sont tués à 200 Km/h sur la N20, le weekend précédent.

Le soir je file retrouver P_o_L pour un dîner improvisé et savoureux Chez Pierrot, à Meudon. Jeudi, ma voix part sérieusement en couilles et je finis la journée à siffler comme une chambre à air. Je file me faire dorloter par la maman de Boug’ et j’en profite pour l’initier à Skype. Et pendant 3 jours, j’ai bouffé les plats cuisinés de Marie. Enfin, 2 jours finalement, puisque le vendredi, mon client qui partait en weekend m’a donné congé à 12h30. Finalement, elle aurait pu être pire cette semaine, non ?  

02/09/2010

Laval-Paris

Fin de formation, nous cavalons jusqu’au parking. Il est 17h30, il nous reste 45 minutes pour rejoindre Laval, rendre la voiture de loc.’ et prendre notre train à 18h18.

Ma voiture est une injection toute neuve mais il y a pas mal de bouchons autour de Laval. Je dépose les clés sur le comptoir de l’agence à 18h05. Dans le hall de la gare, le petit nouveau en formation lève les yeux sur le tableau d’affichage et annonce : « Paris, voie 3 ».  

Le train arrive quelques minutes plus tard, nous nous installons à nos places, j’ouvre mon ordi et commence mon rapport. Bosser en train me file vite la nausée et j’arrête après environ 30 minutes. Le contrôleur passe, poinçonne nos billets, drague gentiment notre jeune voisine.

Environ 45 minutes après notre départ retentit une annonce : « Ce train est à destination de Vannes. Prochain arrête, Rennes ». Mon collègue et moi nous regardons subitement. Moi, sûre de mon coup : « Il s’est planté le mec, on ne va pas à Vannes ! » Mon collègue semble perplexe. J’insiste « Ben non, le contrôleur a vu nos billets à destination de Paris, il aurait tiqué, quand même ! »

Cependant, les voyageurs autour de nous n’ont pas l’air perturbé le moins du monde par l’étrange annonce faite. Mon collègue se penche vers la voisine « Excusez-moi, madame, ce train va bien à Paris ». « Ah non, répond-elle, nous venons de Paris. Ce train va à Vannes »

Nous nous regardons et éclatons de rire. On a passé les 10 minutes suivantes à être pliés en deux de rire et à s’essuyer les yeux. J’entendais les passagers autour de nous se marrer, faut dire qu’on foutait un sacré boucan. « C’est bien, on l’a eu notre train. Mais pas dans le bon sens. Tu vas me payer un coup de chouchen, mon pote », je lui dis.

Heureusement, à Vannes Rennes (je ne sais plus où je suis, moi, avec tout ce bordel !), un train pour Paris est annoncé 15 minutes plus tard. « Qu’est ce que je vais raconter à ma femme » dit mon collègue avec un sourire, en faisant semblant d’être inquiet. « Moi si je racontais ça à la mienne, elle ne me croirait pas » dit le contrôleur qui nous a pris sous son aile pour nous recaser dans le bon train. « Ca arrive plusieurs fois par jour » dit-il. Du coup, dans le train, après que j’aie dormi pendant une bonne heure, on a bu une bière.

Cette anecdote n’a eu que peu de conséquences, finalement : nous sommes arrivés à la gare Montparnasse à 21h au lieu de 20h.