23.10.2008

De Palais-Royal à Vavin

Je déjeune avec le héros de la série préférée de mon enfance. Rencontré sur les blogs, bien qu’il n’en tienne pas lui-même. Il propose une brasserie qu’il connaît bien, qui aurait également été la cantine de « Navarro ».

Nous entrons au Café de l’Epoque, chaleureusement accueillis par le fringant patron et nous laissons tenter par une côte de sanglier rôtie accompagnée de polenta, parfaite. En dessert, sur les conseils de mon compagnon, un savoureux pot de crème au chocolat. Le service est parfait, quel bonheur, l’endroit me plaît.

Tandis que mon ami galope vers les tours de la Défense, sur son fidèle destrier noir, je savoure mes vacances et le soleil qui a pointé le bout de ses rayons en flânant dans ce quartier qui m’est quasi-inconnu. J’ai rendez-vous au métro Cité dans 45 minutes, ça me laisse du temps pour remonter la rue Saint-Honoré, fort plaisante. Je tombe en arrêt devant Scoop, un minuscule restaurant-épicerie fine-glacier, tout en longueur, qui promet des granola comme à NY (mmm, rien que de repenser à ceux de Bubby’s...)

Plus loin, un restaurant thailandais, Livingstone, ce doit être celui dont m’a parlé mon ami. A travers les vitres, je devine un mobilier graphique, dans des tons noirs et crème. J’entre pour récupérer une carte. L’endroit est luxueux et magnifique, un appel à la volupté, et je m‘imagine déjà lovée dans quelque profond sofa en galante compagnie. Je lis sur leur site –très étrange ce site, pour le menu, cliquer sur la fig. 4 - que le propriétaire est également acteur à ses heures.

Plus loin, des livres de voyages attirent mon attention. Je pousse la porte de la librairie des voyages « Itinéraires » où plus de 12.000 titres (guides, romans etc.) sont classés par pays. De bien belles idées de cadeaux.   

A l’approche des Halles, l’église Saint-Eustache, pour laquelle j’ai une affection particulière, se découpe dans le ciel bleu. Rue des Halles, j’entre dans une boutique, Angel & Angel, et en ressors avec deux paires de chaussures vertigineuses et drôles, après avoir tapé la discute un bon moment avec Dany, la patronne originaire de Saint-Domingue.

J'enjambe la Seine et au métro Cité, retrouve ma petite sœur qui vient s’inscrire au permis de conduire en candidat libre. Nous poireautons plus d’une heure devant la porte tout en discutant. Je l’entraîne ensuite au 8 rue de l’Ecole de Médecine, à une adresse qu’on m‘a recommandé, la Pâtisserie Viennoise. L’endroit est exigu mais les pâtisseries (strudel pour moi, chocolat pour elle) fort goûteuses. A la table voisine, un couple, tout deux vêtus de rouge, lui bouclé, hâlé, les lunettes de soleil sur le crâne, on dirait un surfeur. Il est prof, militant écolo, elle éducatrice, ils sont de Bordeaux, changent de table pour se rapprocher de nous et nous discutons pendant plus d’une heure.

La nuit tombe lorsque nous longeons le jardin du Luxembourg sur les grilles duquel se dandinent des manchots (exposition Terre des Pôles jusqu’au 4 janvier) puis bifurquons dans la rue Auguste Comte, passons devant le lycée Montaigne avant de rejoindre la rue Vavin. Ma petite factrice n’a pas le temps de boire une pinte dans mon pub préféré, le Shannon, ça nous aurait pourtant réchauffées car il caille sérieusement, d’un coup, mais ce n’est que partie remise.   

Au 154 : Scoop, resto-épicerie fine-glacier (01.42.60.31.84)

Au 106 : Livingstone, thailandais branché (01.53.40.80.50)

Au 60 : Itinéraires, librairie des voyages

Et le Café de l'Epoque au 12 rue Croix-des-Petits-Champs, métro Palais-Royal

18.09.2008

Oumar à la Boule Noire

En attendant JM hier, dans la salle de la Marmite, un resto de Pigalle, j’observais les serveuses.

Je remarque l'une d'elles, cheveux ras, franchement masculine dans son jean sur boots et son débardeur sur une carrure de mec, et la mine renfrognée de celles qu’il faut pas énerver. L’a pas l’air commode. Et en effet, quelques instants plus tard, je la vois débouler en terrasse et embrouiller un groupe de 3 qui avaient bougé des tables pour se réunir. Elle tourne le dos, ils se lèvent et partent. Le service à la française, me dis-je en haussant les sourcils. Elle est maintenant en salle, à ma gauche, et passe sa mauvaise humeur en remettant en place tables et chaises à grands coups de lattes.

A côté de moi, un couple s’installe  et entreprend de déchiffrer le menu. La serveuse (une autre) se pointe pour prendre la commande, ils fixent toujours le menu, je me dis « oula ils vont se faire secouer, ça dépote ici, z’avez pas intérêt à traîner si vous voulez bouffer », mais non, celle-là est plus sympa et finalement ils choisissent le truc le moins risqué : du poulet. Moi, perso, j’aurais pris le coq au vin.

JM arrive, on mange vite fait deux salades, je me lève pour aller aux toilettes, j’avance derrière « la boxeuse » qui se tourne, me regarde en coin et lance « qu’est ce qu’il vous faut ? ». Je bredouille « Les toilettes ».

 

Il est 20h30 quand on pénètre dans le sous-sol de la Boule Noire. Merlot a bien la patate et nous fait rire en sautant comme un cabri sur « Chuis chaud ». J’essaie de repérer Thierry, le manager d’Oumar Thiam, avec lequel j'ai échangé quelques mails fort sympathiques.

Oumar commence son concert seulement accompagné de sa guitare. Des chansons tristes, une sur sa mère, simplement intitulée « Mother ». Je retrouve ce timbre si particulier qui m’avait fait frissonner un soir, dans ce wagon de la ligne 6.

Crâne nu (dans mon souvenir, il avait des dreads), il a vraiment une bonne bouille, s’excuse, sa voix est éraillée, il a pris froid. Quelque chose en lui me rappelle mon pote cubain Tony.

Il invite sur scène deux filles, l’une batteuse et l’autre bassiste, et là ça claque vraiment, il entonne « Children in the sun », LA fameuse chanson, j’enlève mes talons, je chante avec lui à tue-tête, puis « Roses » et « Man in the street ». Ca te plaît, JM ? Oui, il est bon.

Ca y est, j’ai reconnu Thierry, je l’aborde, salut c’est moi Fiso la blogueuse, il est surpris de me voir là, demande « Alors ça te plaît ? » et dit « Faut ramener du monde, Oumar joue le 6 novembre au Divan du Monde ». Z’avez noté, les amis ?

26.05.2008

Oumar Thiam

1291611568.jpgVous vous souvenez de ce choc que j'avais ressenti en entendant un musicien sierra léonais sur la ligne 6 du métro, il y a un peu plus d’un an ? Pendant les quelques minutes de sa chanson, "Children in the sun", il avait subjugué tout le wagon.  

Bouleversée par sa voix, j’avais cherché sa trace, en vain, sur internet et écrit un billet [lien] sur lui, que Céleste, Arno, Malaika et Aïn avaient commenté.

Imaginez alors mon émotion et ma joie lorsqu’hier, parcourant la liste des concerts, j’ai lu ces mots dans la section « World Musique » de Paris Obs :

« Parcours fulgurant que celui de ce jeune Sierra-Léonais, passé en peu de temps des couloirs du métro à l’Olympia grâce à sa guitare folk et son blues africain, entre Keziah Jones et Daby Touré ».

Mon cœur a bondi de joie et je me suis écriée « C’est lui, j’en suis sûre !!! » dans le RER bondé. Et ce matin, première chose en arrivant, je tape son nom sur Myspace et je retrouve la chanson qu’il avait chantée ce jour-là, « Children in the sun ». Pour l'écouter en live, c'est ici. Il s'appelle Oumar Thiam et a conquis de grandes pointures comme Youssou N'Dour et Akhénaton, ex-IAM.

Je suis heureuse pour lui à un point que vous ne pouvez pas imaginer !

Le rayon de soleil qu’Oumar a balancé dans mon wagon, ce soir-là, redonnant à tous les voyageurs des yeux d’enfants émerveillés, s’est transformé en une belle histoire. Et moi, quand la vie me donne de belles émotions comme ce jour-là, je recommence à croire aux contes de fée !

PS 1 : Je viens de le rater à l’Entrepôt, c’est trop con, mais j’irai l’écouter dès que possible

PS 2 : Décidément, je l’aime vraiment, mon métro parisien !

14.04.2008

Le French K-Wa

Un nouveau spot urbain et métissé dans le 20ème, ouvert tous les jours à partir de 11 h. Trois espaces pour déjeuner, dîner ou simplement grignoter des assiettes à toute heure, découvrir des produits et spécialités d’ici et d’ailleurs, déguster du bon vin de propriété, boire un verre, écouter de la musique, voir des spectacles pour petits et grands...
http://www.myspace.com/lefrenchkwa

A tester à l'occasion !

20.11.2007

Naturally 7 prennent le trom'

Un autre moment de chaleur, un rayon de soleil dans la grisaille parisienne, découvert grâce à mon coloc’ et rappelé à mes bons soins par Alex (merci à lui).

Un moment irréel où les regards incrédules se croisent enfin, où les sourires s’esquissent, d’abord timides et gênés, où le corps se retient (ou pas) d’exprimer sa joie.

Un instant qui vous vrille le bas du dos et fait espérer que le métro ne s’arrête plus.

Si j’avais été dans ce wagon, je crois bien que j'aurais foutu le dawa !

26.09.2007

Souleymane Diamanka

Hier soir, j’étais invitée au concert d’un slameur bordelais, Souleymane Diamanka. Moins connu que Grand Corps Malade ou Abd Al Malik, il a pourtant travaillé avec les Nubians auxquelles il a offert 2 titres. Je n’accroche pas particulièrement avec le slam, je lui préfère l’énergie du rap, mais la curiosité m’a poussée à y aller, seule, puisque je n’ai trouvé personne pour profiter avec moi de l’invitation. Sur scène, Souleymane – quel joli prénom – tout en muscles dans un marcel et jean noirs, devant un public qui l’écoute religieusement, plonge ses yeux dans ceux d’une jeune femme au premier rang (pas moi, malheureusement) et déverse les rimes chaudes de « Une muse amoureuse ». Il a une belle voix grave, beaucoup de charisme, de l’humour et cette humilité qu’on retrouve souvent chez les Sénégalais. Je lui donne moins de 30 ans, il en a 33.

« Je m’appelle Souleymane Diamanka dit Duajaabi Jeneba, Fils de Boubacar Diamanka dit Kanta Lombi, Petit-fils de Maakaly Diamanka dit Mamadou Tenen(g), Arrière-petit-fils de Demba Diamanka dit Len(g)el Nyaama, Et cætera et cætera... »

« En déroulant ainsi sa généalogie, Souleymane Diamanka s’inscrit dans la riche tradition orale des Peuls, ce peuple de bergers qui a fait de la parole un art et couve le verbe comme son plus précieux trésor, ce peuple migrateur, habitant de nul part et originaire de partout (d’aucuns les appellent les gitans du Sahel) que la fortune et les vents ont disséminé dans toute l’Afrique de l’Ouest et au-delà, jusqu’en Occident. A la maison, par contre, on ne s’exprime qu’en peul, pour que le riche patrimoine transmis par voie orale de génération en génération ne s’éteigne pas sur cette nouvelle terre d’accueil. Son père y veille personnellement. Il a enregistré d’innombrables cassettes d’entretiens à destination des plus jeunes (cette voix qu’on entend sur “l’Hiver peul”, c’est la sienne). »

« Dans ces enregistrements, il y a quatre grands thèmes : ce qu'il pense de l'Occident et comment il espère qu'on s'en sorte ici, l'histoire de la famille et la généalogie, les contes et les proverbes peuls, et les conseils qu'ils donnent à ses enfants. » dit Souleymane.

"Oublie ce que tu es, deviens ce que je suis, et ensuite rajoute ce que tu es par-dessus ce que je suis. Là, j'aurai réussi mon éducation, tu seras plus que moi."» 

« En classe de CE2, Souleymane croise la route d’un instituteur qui plutôt que de faire apprendre par cœur à ses élèves des textes qui bien souvent les ennuient au plus haut point, leur propose d’écrire leurs propres poèmes, avec pour seule ligne directrice cette phrase un brin mystérieuse qui va l’accompagner jusqu’à aujourd’hui : « La poésie c’est mettre des noeuds dans les phrases et obliger le lecteur ou l’auditeur à défaire ces nœuds. »

Un sourire amusé et une pensée pour D., en entendant les mots de Souleymane sur « Muse amoureuse » :

J’ai la nuit pour parcourir ta peau et je te promets

De compter le nombre exact de tes grains de beauté.

En invité, Grand Corps Malade pour un duo posé sur « Au bout du 6ème silence ».

Des moments très émouvants, comme ce dialogue entre Souleymane et la voix de son père enregistrée sur des cassettes, en peul, pour « L’hiver peul ». Tu préviens, avant de te lancer, mais à nous aussi, « ça nous fait quelque chose », Souleymane. Emotion encore à l’écoute de « Le chagrin des anges » qui me fait penser à W., diablotin au sourire triste qui pour mon plus grand plaisir est sorti du silence :

Les anges se sont perdus entre silence et colère

Après avoir gagné les parties d’échecs scolaires

Chacun tourne le dos à son avenir

Comme s’il avait une mauvaise réputation à tenir.

On nous montre la violence des jeunes dans des rues infestées
Mais je sais que la haine c’est un chagrin qui s’est infecté…
Nul n’est poète en son pays et pourtant
J’ai vu ceux qui suent et ceux qui saignent
Devenir ceux qui sèment les mots qui soignent…
(Le Chagrin Des Anges)

Sur ce morceau, la voix du clavier, qui s’élève dans une complainte à la Stevie Wonder pour donner plus de puissance aux mots de Souleymane, me donne la chair de poule.

Puis un moment de joyeuse déconnade lors d’un duel aiguisé où Souleymane et John Banzaï, son jumeau aux cheveux blonds (roux ?) s’affrontent dans leur langue respective – le polonais pour John, le peul pour Souleymane - avant d’adopter la langue de l’autre, au grand amusement du public.

A la sortie, en voyant Souleymane sauter dans les bras de ses potes et pousser des cris de joie comme un gamin qui vient de marquer un but, je ne résiste pas à l'envie de lui dire merci (j'en profite pour poser la main sur son épaule, j'avoue). Il me répond de sa belle voix grave : "Merci à vous". 

J’aime sentir chez un être humain la fierté de son héritage, de sa langue et de son histoire. Nous sommes tous des mosaïques de couleurs et des patchworks de cultures. Alors quand je vois dans les yeux d’un autre humain la honte d’être ce qu’il est, parce qu'on ignore sa richesse et bafoue sa dignité, je suis triste. Un homme comme Souleymane qui honore la langue française tout en étant ancré dans la mémoire africaine, c’est un souffle d’espoir et de paix pour tous les anges de notre pays.  

 

12.09.2007

Festival du Qatar, alors ?

Je vais satisfaire la curiosité d’un de mes lecteurs préférés qui me relance régulièrement et vous décrire la journée de dimanche que j’ai passée à l’hippodrome de Longchamp, à l’occasion du festival du Qatar.

Nous avons pris une navette au départ de la porte d’Auteuil ; dans le bus, les hommes lisaient des journaux de courses. Arrivées sur place, à l’entrée de l’hippodrome, un groupe d’hommes qataris en tenue traditionnelle exécute une danse qui ressemble à un combat, l’épée à la main. Je suis toujours impressionnée par l’élégance de ces hommes et le mystère qui s’en dégage. Teint mat, barbe parfaitement taillée, yeux de jais, je les trouve très beaux. Je pense que c’est le souvenir de Ben Kingsley dans « Harem » ; il m’avait fait fantasmer et rêver de me faire enlever moi aussi par un prince du désert. En vacances à Dubaï, j’avais été amusée par le contraste entre les tenues traditionnelles des émiratis et les immeubles ultramodernes de cette ville érigée il y a 50 ans en plein désert.  

Nous nous dirigeons ensuite vers le champ de course. C’est la première fois que je mets les pieds sur un hippodrome. Nous ne sommes pas très nombreux mais dès que les chevaux s’élancent, les gradins se remplissent d’une foule qui acclame les concurrents. Un écran géant retransmet la course ; je suis impressionnée de constater que les jockeys sont pratiquement debout sur leurs chevaux.

Nous redescendons ensuite vers le village qatari et rejoignons le parterre sur lequel se pavanent les fameux purs-sangs. Au nombre de trois, ils sont magnifiquement fins et gracieux et semblent conscients de l’admiration des spectateurs.

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Des tentes sont dressées ça et là, dans l’une d’elle, une femme revêtue de sa oubaya est assise en tailleur et fait frire des pommes de terre sous vide dans de l’huile. Dans la tente voisine, une autre femme confectionne des crêpes fines qui ont l’air savoureuse. Des badauds sont attroupés devant elles, je n’aime pas du tout ce côté foire et m’éloigne vite. Dans une autre tente, 2 hommes sont assis, ce sont des pêcheurs de perles. Dans une tente où sont vendues des tenues traditionnelles, une femme m’asperge les mains de parfum. A côté, dans une boutique de tapis, une autre travaille sur un métier à tisser. Je ne suis pas fan des couleurs, trop vives à mon goût ; j’aime les couleurs chaudes.

A proximité, un homme chauffe du thé sur un brasier. Il me set une tasse de thé brûlant à la cardamome, parsemé de dés de gingembre frais, sur lequel je me brûle en entendant une dinde endimanchée se plaindre qu’elle n’aime pas la cannelle. Une motte de dattes charnues est posée sur un plateau, j’en mange une bonne poignée, elles sont délicieuses.

Les narines chatouillées par les effluves de pâte à crêpes, nous nous posons sur un banc au soleil tandis que je mange une gaufre au chocolat. Devant nous, des gamins braillent sur un manège, l’ambiance est très familiale et nous restons un long moment à discuter au soleil.

Nous retournons admirer les chevaux devant lesquels les qataris se font prendre en photo. Je caresse l’encolure de l’un d’entre eux, d’un beau gris, puis son mufle velouté et chaud sur lequel je réfrène l’envie de poser un baiser. J’ai tout à coup très envie de monter à cheval. Adolescente, j’ai souvent fait des ballades à cheval à l’occasion de vacances et j’ai la chance que ma tante possède une pension et plusieurs chevaux dans les Flandres.

Il est plus de 18h, nous nous dirigeons vers la sortie quand nous avisons le groupe d’hommes qui nous avait accueillies par une danse, qui se prépare à jouer de la musique.

Si j’ai été déçue par la présentation assez folklorique du Qatar qui a été faite lors de cet évènement, ce groupe à lui seul valait le déplacement. En rond, tous assis, l’un deux a entonné un chant a capella. Je suis hyper sensible à la musique orientale et particulièrement aux voix masculines qui me vrillent la colonne vertébrale à chaque fois. La voix de cet homme fut vite amplifiée par celles du groupe et leur clameur est montée en puissance, sur des rythmes de tambours de plus en plus rapides. Honey Bunny et moi avions de plus en plus de mal à rester en place et bientôt, nos jambes ont commencé à battre la cadence. Par moments, quelques hommes frappaient dans leur mains et bondissaient au milieu de l'assemblée, hilare, avant d'entamer une petite danse. Deux autre chants ont suivi, tout aussi magnifiques et rythmés. J'aurais pu rester là des heures. Les courtes vidéos que j'ai saisies se trouve ici.

Puis nous avons repris le bus en direction de porte d’Auteuil. J’ai jeté un coup d’œil furtif en direction du Tsé mais suis sagement rentrée chez moi.

Le lendemain, je choisissais la destination de mes vacances en octobre. Ce sera le sud marocain pour « Les cavaliers des oasis », un trek équestre de 8 jours avec l’UCPA. J’aimerais aussi passer une semaine à Istanbul, mon coup de cœur de l’été dernier. D’ici là, je vais aller faire quelques tours de manège chez ma tante, dans le Nord, histoire de réviser trot et galop.

10.09.2007

Next One

C'est nouveau, c'est un bar lounge club à Saint-Germain des Prés, dans une cave voutée avec pierres apparentes, et j'ai bien envie d'aller y faire un tour ...

World Music à l'honneur chaque soir, du mercredi au samedi

Next One

15 rue Bernard Palissy, Paris 6ème

Tél : 01.45.48.42.22

 

10.08.2007

Bus 38

Ce soir, j'ai quitté le travail en compagnie d'une de mes hôtesses. Agée d'une cinquantaine d'années, celle-ci vient de vivre des moments difficiles. Seule, sans enfants, c'est une femme aigrie, difficile. L'année dernièer elle m'a fait un coup de trafalgar et depuis un an je m'en tiens à des relations strictement pro avec elle : bonjour, au revoir.

En juillet, elle m'a appelée un matin, en larmes, pour m'annoncer que son neveu de 30 ans venait de se tuer en voiture, sur une route de Corse.

Depuis son retour, je me suis fait discrète, ne posant pas de questions, la laissant venir à moi à son rythme. Je la connais un peu après 5 ans. Cette semaine, elle m'a confié qu'elle était bouleversée, n'arrivait pas à dormir et qu'elle se sentait seule. Je lui ai proposé de nous retrouver dans la semaine pour passer la soirée ensemble.

Ce soir, donc, je l'ai emmenée boire un mojito dans le Marais, un de mes quartiers préférés. Nous nous sommes laissées tomber dans les fauteuils en cuir fauve de l'Amnésia. Elle m'a raconté son neveu, fils unique, qui avait annoncé à ses parents que sa copine était enceinte 2 jours avant de se tuer. Quad j'ai vu ses yeux se mouiller, j'ai doucement changé de sujet. Puis nous sommes allées dîner d'un magret de canard rôti aux figues et miel à la Tartine, 24 rue de Rivoli. Une brasserie sans prétention que j'avais découverte, cet hiver, au sortir d'un théâtre. J'avais été subjuguée par la chaleur et le professionalisme des serveurs. Le service y est toujours aussi courtois. Sur le carrelage, un éclair qui attrape mon regard : c'est Kiki, la souris de la maison, elle se balade entre les tables, visiblement peu perturbée par le bruit et les lumières. Marrant d'observer le regard surpris des autres convives.

A la sortie du restaurant, nous levons les yeux vers l'Hôtel de Ville et la tour Saint Jacques défigurée. Le soir, j'aime rentrer en bus et admirer Paris qui scintille sous les feux de la nuit.

Place du Châtelet, je me souviens du Pygmée, restaurant africain ou âgée d'à peine 20 ans, après des concerts de jazz live au Front Lounge, je venais à l'aube manger d'odorants mafés avec Simon, le barman. Ring that bell, Simon !

J'enjambe le Pont au Change, à gauche Notre Dame, à droite la Conciergerie, sous lequel glisse un bateau-mouche qui promène sur son dos des grappes de touristes émerveillés. Nous remontons le boulevard Saint-Michel, quartier favori d'Esperanza, jusqu'au Luxembourg, puis arrivons à Port Royal, enlaidi par la cité du CROUS. J'aperçois la Closerie des Lilas, bar restaurant mythique qui vit Zola, Cézanne, Verlaine puis André Breton et Hemingway. A droite, on file vers Montparnasse. Nous roulons maintenant sur les pavés de la place Denfert Rochereau ou trône une réplique miniature du lion de Belfort et ou on trouve l'entrée des catacombes. La rue Daguerre, à droite, est quasi-déserte.

18° sur Paris m'annonce l'affichage lumineux au-dessus du périph'. J'aurais juré qu'il faisait meilleur. Dans ma rue , une québecquoise m'arrête, elle est paumée et me demande quelles sont les rues alentour. Amusée, je me lance dans une énumération appliquée quand une personne fait irruption d'un immeuble voisin et lui crie "C't'é ci !". Ma blonde frisée me jette un "Z'êtes bin fine". Je suppose que c'est un compliment. Merci madame et bone soirée ... moi je vais bloguer.

03.08.2007

Le Nouveau Café à Montparnasse

Hier soir, après une dégustation de sashimis fondants et de tempuras aériens chez Toritcho, j’ai proposé au gourmet qui m'accompagnait de prendre le dessert au Nouveau Café, le restaurant de Pierre Goyenetche qui se trouve dans le quartier de Montparnasse.

Je reste fidèle à ce sympathique endroit même si à mon grand regret, la carte s’est simplifiée. Les desserts, souvent négligés en restauration, y étaient d’une originalité et d’une délicatesse rares. Disparu le sublime chaud-froid de pain d’épices aux abricots, nappé d’une sauce au Campari, qui fit tant le bonheur de mes papilles ! Volatilisés le petit pot de crème au cacao de Tanzanie et son lait d’amande ou la tarte Tatin de bananes caramélisées.

Fort heureusement, l’accueil et le service y sont toujours impeccables, grâce à Katarina, la jolie et pétillante serveuse slovaque aux allures de rockeuse blonde.

La déco du Nouveau Café est sympathique et dégage un je ne sais quoi d’exotisme et d’originalité avec ses palmiers en plastique et ses lumières rouges. Aux murs, des affiches de films et d’artistes (on est dans le quartier des théâtres). Aux beaux jours, la baie vitrée coulisse et s’ouvre sur une rue paisible.

La présence de chiens dans les restaurants m'insupporte mais je fond d’indulgence devant l’œil suppliant de la petite chienne de la maison, Jazzy, qui ferait pleurer un CRS. En fond musical, un mélange improbable et réussi : Michel Berger, de la musique classique, du jazz. Côté addition, c’est loin d’être le coup de bambou :

A l’heure du déjeuner et le soir jusqu’à 20h, une formule entrée-plat-dessert pour 7,90 € !

Deux autres formules complètes sont proposées à 12 et 16 €.

A la carte, des salades énormes à 10,50 €, des grillades et poissons, quelques plats régionaux comme une brandade de morue que je n’ai pas pu finir, une souris d’agneau caramélisée à la polenta de légumes, un confit de canard.

Côté desserts, en attendant la réapparition de mes douceurs favorites (promise par le gérant), on pourra patienter avec le croquant aux 3 chocolats ou la tarte Tatin.

Le Nouveau Café (ouvert 7j/ 7)

13, rue du Maine, Paris 14ème

Tél. : 01.43.21.65.29

Toritcho

47 rue du Montparnasse

Tél. : 01.43.21.29.97

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