22.10.2009
Gourmande, oui, sportive ... aussi !
Pour pallier à la sédentarité de mon nouveau poste (je voyage beaucoup, certes, mais je passe la plus grande partie de mes journées assise dans un bureau, les yeux rivés sur un écran d’ordinateur), j’ai développé des trésors d’organisation pour évacuer mon énergie (parfois débordante).
Désormais, la première chose que je fais lorsque je consulte le planning de mes déplacements est de trouver une piscine ouverte tardivement à proximité de mon lieu de séjour. Parfois le jogging est une meilleure option mais comme je ne cours bien qu’au saut du lit et que me réveiller avant 7h est un sacrifice auquel je consens difficilement, la piscine reste le plus sûr moyen de me détendre.
Depuis maintenant un an que je voyage à travers la France, j’en ai testé quelques-unes. Première – bonne - surprise : contrairement à ce que je pensais, je trouve TOUJOURS une piscine ouverte en nocturne. Deuxième bonne surprise : nager en province est un véritable moment de détente. Je suis tellement habituée aux bassins parisiens bondés, aux pseudo-athlètes qui sont aussi cons dans l’eau qu’au volant de leur bagnole, que j’avais oublié que le but premier de la nage est de se détendre. J’en viens à me demander, de plus en plus sérieusement, quels sont les avantages de la vie parisienne….
Il y a eu la piscine de Seyssins (non non, pas les miens), vers laquelle mon GPS refusait catégoriquement de me guider. Celle d’Alès, où je fus accueillie par une femme charmante et autour de laquelle les joggeurs du coin courent aussi. Celle de Béziers, près des arènes, toute vieillotte. Celle de Rouen, sur l’île Lacroix, que j’ai eu du mal à trouver aussi mais qui valait vraiment le détour, ne serait-ce que pour ses étonnants « vestiaires-ascenseurs ». Celle de Talleyrand, dans le centre de Reims, petite et froide. Celle de Molenbeek à Bruxelles, olympique mais bizarrement coupée en 2. Celle du Kremlin-Bicêtre, superbe, toute neuve et traitée à l’ozone. L’endroit idéal pour boire de l’eau avant d’aller boire une mousse à la Comète (message perso à Nico : je reviens la semaine prochaine J)
Lorsqu’on est en déplacement professionnel pour une courte durée, trouver où pratiquer son sport n’est pas toujours chose aisée. Je sollicite souvent mes clients pour m’indiquer les parcours de course.
Et comme j’aime partager, je vous annonce donc officiellement la création de 2 nouvelles rubriques : « Où nager à… » et « Où courir à… »
18:30 Publié dans Femme active | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
29.11.2008
Ne pas laisser l'autre pénétrer son périmètre de sécurité
Ce matin, petit déj’ autour de mon nouveau PDG pour fêter les 20 ans de ma nouvelle boîte.
Dans l’après-midi, c’était la paperasse habituelle du vendredi, seul jour où nous sommes au bureau. C’est un moment sympa où on se retrouve tous et on se raconte notre semaine. J’ai retrouvé la jeune femme avec laquelle j’étais la première semaine (celle des restos à thème "je prépare ma deuxième couche pour l'hiver").
Jules, le mec qui a été embauché le même jour que moi s’est installé à ma gauche. L’assistante de ma boss s’est assise entre lui et moi. Je vous replace le contexte.
Cette fille, que j’appellerai Daniela, est une copine à lui mais ça, personne ne le sait. A ce titre, elle répète à mon collègue tout ce que ma boss peut dire de lui et dans la mesure où il s’est loupé plusieurs fois, c’est plutôt négatif. Pas très pro comme attitude, je trouve, du coup Jules s’est braqué et veut déjà quitter la boîte. La semaine dernière, il me glisse que l’assistante lui aurait dit, dès mon deuxième jour, qu’elle ne pouvait pas me saquer. J’aurais bien répondu « Ca m’en touche une sans faire bouger l’autre » mais j’ai juste répliqué : « Si ça lui fait du bien, ça me fait pas de mal ». C’est marrant parce que c'est la même qui me fait un compliment à chaque fois que je viens au bureau. Mercredi, c’était « Ca te va bien aussi le vert ». Inutile de préciser que je ne lui ai pas dit merci.
Je déteste qu'à peine débarquée dans une boîte, on me fasse un topo sur les uns et les autres. Déjà, au troisième jour, un des formateurs me prédit que je ne vais pas m’entendre avec « Sabine, la grande gueule de la boîte ». Je l’ai rencontrée aujourd’hui, la Sabine en question, non seulement elle est très jolie mais en plus elle a l’air pro et constructive, elle. Mais quand même, malgré que j’essaie de rester neutre, j’ai pris mes distances avec Daniela l’assistante. Trop gentille pour être honnête. Les compliments en cascade, venant d’une inconnue, je m’en méfie comme de la peste.
Jules, quand à lui, m’a l’air d’être un sacré fouteur de merde, et un tantinet chouineur, c’est le moins qu’on puisse dire. Il a passé toute la semaine dernière à m’envoyer des sms de commère « J’ai encore appris des choses ». Y’en a qu’on vraiment rien à foutre de leurs soirées, moi je dis.
Cet après-midi, il désigne un type et me chuchote « Ce mec est allé balancer à Noémie (ma boss) qu’il me trouvait distant ». Il tenait ça bien sûr de sa copine l’assistante. A croire qu’elle a envie qu’il se casse, sa copine. Je lui réponds « Ben, pourquoi tu parles de balance, on lui demande son avis, il le donne, c’est normal ». Il n’avait pas l’air d’accord. « Je marche trop à l’affect », me dit-il. « Ben mon pote, t’es mal barré, faut oublier l’affect au boulot, tu mélanges tout, là. On est nouveaux, c’est normal qu’un manager demande à ses collab’ ce qu’ils pensent des nouveaux, j’en ferais autant ».
J’étais en train d’essayer de me démerder avec ma paperasse et je demande à l’assistante à quel endroit, sur le réseau, je peux trouver la procédure à suivre. Elle me dit d’une voix doucereuse « Dans tel et tel dossier, mais pose tes questions, je suis là pour ça ». Je pense « Tu rêves, ma vieille, je ne suis pas prêt de te solliciter » et je réponds « Non, c’est bon, je vais trouver ».
« Ouh, toi tu es timide ! » dit-elle. Je me marre intérieurement mais je lui lance un regard un peu noir, disons. « Moi timide ?? Ah non, pas du tout ». « Ben si, t’oses pas me demander, c’est ça ? » « Non, pas du tout, c’est juste que s’il y a une procédure écrite quelque part, je la lis d’abord, et c’est seulement si je ne comprends pas que je pose des questions ». Elle a insisté « Je vais le faire avec toi, si tu veux ». Là j’ai été plus sèche « Non, c’est bon, je le fais seule, comme ça j’apprends ».
Faut pas qu’elle me colle de trop près, celle-là, parce que je vais pas tarder lui mettre un coup de sabot …
01:43 Publié dans Femme active | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
20.11.2008
Sur le terrain
Ca y est, ma première semaine est – presque – finie. J’étais ravie de ce premier contact avec les clients et de ces 3 jours passés avec ma collègue.
Je pense que ce poste va me plaire. Après avoir travaillé dans les bureaux, je découvre le terrain et la réalité des magasins. Je suis aussi confrontée à la complexité de l’être humain, et ceux qui me connaissent savent à quel point ça me passionne. En effet, les deux clients que nous avons visités cette semaine étaient très différents.
A Grenoble, il s’agissait d’une première formation, suivie par une responsable de caisses visiblement récalcitrante, son adhérent et la responsable paie. Je l’appellerai Carole. Elle a l’attitude typique de la femme, pourtant jeune, qui fait le même métier, dans la même société, depuis 24 ans et voit la nouveauté comme une menace. Heureusement l’adhérent, lui, est très enthousiaste. Jeune, il est sympa, dynamique et déconne pendant la formation en nous lançant des clins d’œil. Les deux autre râlent et soupirent quand on les invite à utiliser le logiciel. A la fin de la première journée, ma collègue se plaint de la négativité des deux femmes.
Le lendemain, au déjeuner, je pose des questions, leur demande s’ils sont tous de la région. Comme je m’en doutais à son accent, l’adhérent est chtimi. Lucette, la responsable paie, embraie avec moi sur des recettes de cuisine et à la brasserie, me conseille des petits plats. Elle me parle de son fils et nous conseille pour le soir un resto en montagne. Lucette marche à l’affectif. Elle a besoin d’attention. L’après-midi, elle est beaucoup plus motivée et fait volontiers les exercices. Je me dis dans ma tête qu’il faudra que je relise mon bouquin sur la formation et les façons de gérer les différents profils de stagiaires, le « je sais tout », le « grincheux », le « piégeur », le « bavard » etc.
Lucette demande quand on va utiliser le module « stimulation ». L’adhérent la charrie « Simulation, pas stimulation ! Ben, alors, z’avec pas honte à votre âge, Lucette ? » Elle glousse en me jetant des coups d’œil goguenards.A la pause café, elle profite que le patron aie disparu pour me confier qu’elle est confrontée à la misère comme elle ne l’a jamais vue. « Des caissières en contrats de 22h, 23 ans d’ancienneté, et payées le SMIC, vous vous rendez compte ? ». Ca y est, nous nous en sommes fait une alliée.
Carole, quand à elle, finira la formation en étant à peine moins réfractaire que quand elle l’a commencée. Elle a de forts problèmes d’absentéisme dans son équipe et se plaint que personne ne veut la dépanner en cas de besoin. Elle dit que pour le patron, elles ne sont que des numéros, mais c’est bien elle qui râle parce que ses caissières pourront désormais avoir 2 jours de repos continus (?). Elle anticipe déjà des problèmes à venir, et ce faisant, elle va les créer. En effet, comment vendre l’outil à son équipe si elle-même n’y croit pas ?
Entre deux pauses café, j’en profite pour faire mes courses et lire les notes de service affichées sur un tableau, où on promet par exemple des primes en cas d’alerte sur un vol. En discutant avec les stagiaires, j’apprends qu’il y a de plus en plus de maladies liées au travail pénible de caissière, principalement des tendinites à cause de la répétitivité des gestes.
A li’ssue des 3 jours, l’adhérent est ravi. Il nous demande ce que nous pensons de ses 2 collaboratrices. « Un peu négative, vous êtes gentilles ! » dit-il lorsque nous parlons de Carole. J’espère être envoyée sur la formation complémentaire, à l’issue de quelques mois de pratique, pour savoir comment les changements ont été accueillis par l’équipe de Carole.
Le jeudi, nous dispensons justement une formation complémentaire à une responsable de caisses et son adhérente, dans la région de Montpellier. Une jeune femme très dynamique et volontaire qui utilise le logiciel depuis 4 ans. Elle en est très satisfaite et lorsque son adhérente s’absente et que nous discutons un peu de son poste et son équipe, elle se réjouit de la bonne ambiance et et du volontarisme de ses caissières pour la dépanner si besoin. « C’est donnant-donnant », dit-elle.
2 femmes, 2 attitudes, 2 atmosphères tellement différents …
22:59 Publié dans Femme active | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : on est pas là pour se faire chier hein ?
15.11.2008
Au boulot, Fiso !
J’ai commencé dans ma nouvelle boîte mercredi.
Une société à la taille très familiale (50 salariés) en comparaison des 800, rien qu’au siège, de l’empire de la grande distribution pour lequel j’ai travaillé pendant ces 6 dernières années.
Le premier jour, j’étais en intégration avec un jeune homme de 29 ans, seul germanophone de l’équipe. Nous avons vite sympathisé. Ma nouvelle boss nous a présenté aux différents services. Moyenne d’âge : la trentaine. On nous a remis nos ordinateurs portables, ce sera donc sur celui-là que je bloguerai désormais et maintiendrai le lien avec vous, d’où que je sois.
Première surprise, sur ma boîte mail, le premier jour, des blagues du PDG. Ca me change du G. où certains directeurs faisaient mine de ne pas voir les « non-cadres » quand ils les croisaient.
Notre embauche était attendue et urgente. Sur les 7 collab’ de l’équipe Formation, seuls 2 parlaient anglais. Avec les 4 dernières recrues, nous sommes maintenant 6 anglophones, 3 hispanophones et 1 germanophone. Pendant mes 11 semaines de formation, je vais me déplacer sur la France. La semaine prochaine, je serai à Grenoble 3 jours et finirai près de Montpellier le jeudi. Sur mon planning, y’a des villes (villages ?) dont je n’ai jamais entendu parler. J’espère bien que mes déplacements m’amèneront à rencontrer certain(e)s d’entre vous.
Normalement, début février, je m’envolerai toute seule. On m’a demandé de remplir une fiche « voyageur » pour indiquer où je souhaitais plutôt être envoyée … dans la mesure où je travaillerai en anglais et espagnol, le choix est large, et si on pouvait souvent m’expédier au Japon, ce serait génial … (mais je suis pas la seule sur le coup).
PS : Ah si ! Une (autre) bonne nouvelle. Normalement, je serai présente aux 2 prochains Paris-Carnet J
14:10 Publié dans Femme active | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : ça pouvait pas durer, hein ?
15.10.2008
Myriam
Il y a de ces rencontres qui changent votre vie. Myriam est de celles là.
Myriam, c’est la consultante avec laquelle j’ai réalisé mon bilan de compétences en 2005. Cheveux courts, grisonnants, peu expansive, elle doit approcher la soixantaine.
Jamais je n’aurais imaginé qu’un bilan de compétences m’apprendrait autant sur moi-même. J’avais entrepris cette démarche sur les conseils de mon ami JM.
Coach en entreprise et consultante en communication, j’ai tout de suite aimé l’approche de Myriam, qui croise le professionnel et le personnel. C’était autant le bordel dans une sphère que dans l’autre, pour moi à l’époque, de toute façon. Myriam l’a senti et elle m’a aidée à me poser les bonnes questions. La suite s’est mise en place toute seule.
La conclusion à laquelle nous étions arrivées ensemble, après 2 mois de travail, avait été « profil RH à utiliser dans un environnement international ». Alors quand en août, c’est précisément ce type de poste que j’ai décroché, elle est la première personne à laquelle j’ai pensé.
« J’ai une bonne nouvelle à vous annoncer, Myriam » lui ai-je dit quand j’ai enfin réussi à la joindre. « Tu passes quand ?» a-t-elle demandé.
Pourtant, hier soir, en poussant le portillon de sa maison de banlieue, je l’ai trouvée soucieuse.
Tout en partageant les pâtisseries que j’avais chopées au vol et qui avaient un peu fait la culbute sur mon vélo, je lui expliquai en quoi consistait mon futur poste. Bien qu’elle fasse des efforts et répète que ça lui faisait très plaisir que je revienne lui donner de mes nouvelles (nous nous envoyons des mails régulièrement), je la sentais ailleurs. Mon enthousiasme fût définitivement calmé quand je m’enquis de sa forme : « J’ai de graves problèmes familiaux ».
Mais revenons au bilan de compétences.
Une merveilleuse occasion de faire le bilan de sa carrière, à travers un prisme extérieur, de réaliser tout le chemin parcouru, les compétences acquises, dont on ne se rend pas compte, généralement. Et toutes les possibilités qui s’offrent encore à nous, notamment celle de se réaliser vraiment en changeant d’orientation.
Le choix du consultant est personnel et doit avant tout être une question de feeling; je vous conseille d'en rencontrer plusieurs avant de faire votre choix.
En moyenne, la durée d'un bilan peut s'étendre sur 4 à 8 semaines (pour un total de 24 heures maximum), au cours desquelles vous aurez des entretiens périodiques avec un consultant et un travail personnel à fournir (réflexion, recherches, prises de contact)
Le bilan professionnel explore vos différentes facettes : expériences, connaissances, valeurs, motivations professionnelles, traits de caractère, activités extra-professionnelles.
Il permet au fur et à mesure d'identifier les éléments nécessaires à votre épanouissement professionnel (poste, secteur d'activité, environnement hiérarchique) et les moyens d'y parvenir (formation, réseaux). Pensez-y, ça n’est jamais inutile ni trop tard !
Il y a 3 ans, le bilan de compétences me redonnait confiance en moi. D’ici peu, je vais en récolter les fruits. Et ça, je me le dois, mais je le dois aussi à Myriam.
20:15 Publié dans Femme active | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : je vous ai croisé, boulot
17.09.2008
Mes vrais patrons
Lundi, c’était la dernière fois que je me retrouvais face à nos VIP, à l’occasion d’une réunion générale. L’occasion pour moi - et j'y tenais - de dire au revoir à quelques-uns de mes « chouchous », généralement quinquas ou au-delà, la nouvelle génération étant beaucoup moins sympa, je dois le dire. Sans doute cela est dû au fait que leurs pères sont de véritables hommes d’affaires qui ont gravi les marches de la réussite, alors que les fistons n’ont fait qu’hériter.
Quand je suis arrivée ici, mon ex-boss m’a prévenue « Tu vas voir, ILS sont pas faciles ».
Ca ne me faisait pas peur, habituée que je suis, depuis plus de 15 ans, à désamorcer des situations délicates. Finalement, je me suis vite rendu compte qu’ILS sont juste exigeants. J’aime bien les gens exigeants, et apprivoiser les bougons est un défi qui m’amuse. Au fil des années passées ici, j'ai eu l'occasion de me rendre compte que ces hommes d'affaires, pour la plupart autodidactes, sont bien moins puants que beaucoup de cadres dits supérieurs.
Lundi donc, je me suis mise sur mon 31 pour la dernière, tailleur pantalon clair, top chocolat, écharpe Kenzo, talons hauts.
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Ca m'a fait plaisir qu'il soit le premier à arriver, mon "roi des chouchous". C'est simple, je l'adore.
Sans doute parce que M. B. est le premier des VIP de la boîte à m’avoir véritablement parlé, il y a 6 ans, un soir qu’il attendait son taxi. Il m’avait complimentée sur le travail de mon équipe et comme c’est une pointure dans la boîte, j’avais été flattée.
Il doit approcher la soixantaine, un bel homme et surtout un beau sourire, les tempes grisonnantes, je lui trouve un faux air de Sardou. Depuis quelques mois, il s'est amaigri, j’espère qu’il va bien.
M.B. est aussi jovial et sympathique que sa femme est revêche. Au début, je me suis demandé pourquoi elle était aussi glaciale mais ensuite, une collègue m’a dit qu’elle était comme ça avec toutes les femmes, et sans doute très jalouse. Ca me fait toujours bizarre qu’une femme puisse se sentir menacée par moi, à fortiori si son mari a l’âge de mon père.
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Et puis, elle, la seule femme dans cette meute de loups, sèche comme un coup de trique, un regard perçant et dénué d’émotion, aux remarques acerbes sur la tenue des hôtesses ou la gueule des plantes, toujours pendue au téléphone à invectiver sa pauvre assistante. Colette, si tu me lis, sache que j’ai souvent compati.
Lundi, énervée de devoir attendre 30 secondes, elle a lancé « Et celles-là, elles peuvent pas aider au lieu de discuter ? » à l’attention de la chargée de com’, la tronche de l’autre, elle a failli s’étrangler de fureur contenue, et moi je riais sous cape.
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Bien après tout le monde, quand la réunion était déjà commencée, y'a un autre célèbre râleur qui s’est pointé. Je l’aime bien, cet alsacien rondouillard aux yeux bleus, qui pique systématiquement le taxi des copains, à l'accent traînant. Je l’ai envoyé chier une ou deux fois, au début, quand il oubliait de dire bonjour avant de commencer à gueuler, et depuis, il m’adore. M’a invitée à passer boire un café à Colmar, ça tombe bien, paraît que le marché de Noël est superbe là-bas.
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Et puis, il y a aussi M. R., un brun aux yeux bleus, discret, d’origine italienne. Il m’a souhaité bonne chance et a expliqué à son copain « Elle connaît I., sa maman est de là-bas ».
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M.L., la terreur de tous, m’a demandé si je pouvais contacter quelqu’un pour lui commander un taxi. J’ai sorti mon portable et ce fut fait en 30 secondes. Impitoyable, paraît-il, il est pourtant le seul à se présenter systématiquement lorsqu’il appelle mon plateau. La politesse est une vertu à laquelle je suis particulièrement sensible, surtout quand elle s’adresse à des « petites gens » que beaucoup méprisent généralement. M.L. a le charisme naturel des hommes de pouvoir. De sa belle voix chaude, il dit "qu’on va me regretter".
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Ah et puis, voilà M. P., un autre grand ponte. Notre rencontre fut renversante, surtout pour moi. J’avais déboulé au 6ème étage, à sa recherche, et au détour d’un couloir, je m’étais étalée, sous ses yeux, sur une p*** de table basse en verre. Je m’étais niqué les jambes, c’est pas peu de le dire, mais son extrême sollicitude avait instantanément effacé les hématomes faits à mon orgueil.
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Il jette sa cigarette juste avant de franchir la porte, le voilà mon camé à la nicotine. Les dents pourries, les doigts jaunis, pas spécialement affable, je ne sais pas pourquoi je me suis prise de sympathie pour lui, mais ça a au moins rapporté quelques boîtes de chocolat à mon équipe. Il a l'air ailleurs, comme d'hab, et répond poliment « bonne chance ».
***
Vers midi (2 heures de retard), une silhouette de boucher-charcutier rougeaud se découpe sur le parvis. « Chuis à la bourre, et je me suis même salement engueulé avec le mec du parking ». Je souris, ça ne m’étonne pas, c’est un sanguin le G. Pendant longtemps, je l’ai détesté, d’ailleurs, et encore plus quand j’ai appris qu’il appelait les membres de son équipe par leur nom de famille. Ca donne : les pieds sur le bureau, un bouledogue qui aboie « Dupont !!!!!!! Ramenez-moi le dossier Untel ! ».
Pionnier de la première heure, il a aidé à la construction de l'empire. C'est un vrai gueulard, un pitbull matîné bouledogue, mais tous ses salariés l’adorent, y’a sûrement une raison, je me suis dit. "C’est un vrai tendre", m’a encore confié l’autre jour son assistante qui ne se remet pas du départ prochain de son patron.
Lundi, je lui glisse timidement (enfin, presque) "Moi aussi, je m'en vais", et là, il a un mot gentil, le premier !
***
Et puis, M.R. reconnaissable entre mille avec son épaule droite plus haute que l’autre et ses yeux bleus, aussi. Un queutard de première, paraît-il. Mon ex-boss flashait sur lui, ou plutôt sur sa carte bleue, les yachts à l’année sur une île de la Méditerranée, ça fait rêver les petites arrivistes comme elle. Toujours été très correct avec moi, une seule fois, il m’a confié qu’il était grand-père, j’ai répondu « C’est pas possible, vous faîtes surper jeune », il a ri et a répondu qu’il avait eu sa fille à 18 ans, et elle de même, donc oui, il était jeune. Et lundi il a dit « Vous allez nous manquer, enfin, à moi vous allez me manquer, en tout cas ».
***
Il en manquait quand même quelques-uns, de mes chouchous.
Le blond qui a une tête d’adolescent, président d’une équipe de foot. Un soir, il avait appris que j’étais cycliste et m’avait raconté un périple à vélo avec son fils, de France jusqu’aux confins de l’Asie, et d’autres rêves de voyages, j’avais rêvé, les yeux pleins d’étoiles.
***
Pas vu non plus, le petit nerveux de Brive, qui arrive la tête dans le cul à ses rdv, le mardi matin, après avoir passé une nuit arrosée à faire la fête avec ses potes.
***
Ni le landais qui m’avait hurlé un jour au téléphone « Mais vous savez qui je suis ??? Je suis le directeur de … » et j’avais répondu très calmement, en savourant l’écho de ma voix en « mains-libres » : « Si vous vous présentiez poliment, comme tout le monde, au lieu d’hurler, je le saurais, M.B et nous perdrions moins de temps ».
Un brouhaha avait suivi, j’étais pas mécontente d’avoir renvoyé ce fanfaron dans ses buts devant ses petits copains.
Et la fois d’après, je lui en avait remis une couche « Ben, alors, M.B, qu’est ce qui vous est arrivé, l’autre jour ? »
***
Et puis, le plus séduisant de tous mais certainement pas le plus sympa, impeccable dans des costumes italiens taillés au cordeau, cheveux poivre et sel, ondulés et gominés, regard azur (encore !), un vrai petit bonheur pour les yeux.
***
Dans l’après-midi, j’ai encore croisé M.A., beau brun proche de la cinquantaine, une poigne franche et chaleureuse. Paraît que c’est un vrai connard dans son service, avec moi, toujours très sympa, on a discuté, m’a demandé ce que j’allais faire et chez qui, justement il est client :"Si vous passez en Normandie, venez me dire bonjour, ça me fera plaisir, hein ?"
Je ne suis pas vraiment triste, d'abord parce que faut pas se leurrer, ils en vu d'autres, ensuite parce que je suis sûre que je vais effectivement en recroiser quelques-uns, dans le cadre de ma nouvelle activité.
Mes vrais patrons, ils sont durs, souvent détestés, toujours craints, mais leur parcours force le respect.
Concarneau, Mont de Marsan, Saint-Nazaire, Niort, Bourg-en-Bresse, Orléans, Colmar, je fais faire mon tour de France, moi ...
15:20 Publié dans Femme active | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
20.08.2008
Fiso pose sa dém' !
Ce matin, j’ai annoncé à mon boss que je quittais la boîte. Ca fait longtemps que j’attendais ce moment.
En fait, j’avais surtout rêvé de claquer ma dém’ à celle qu’il a remplacée et qui m’en avait fait voir de toutes les couleurs – ainsi qu’à toute son équipe – pendant 3 ans et demi.
Même si elle est partie 3 mois après que j’aie alerté les RH sur son comportement, mon N+2 ne m’a jamais pardonné d’avoir tenu le bras de fer.
D’ailleurs, ce matin, peu après « l’annonce », j’ai rejoint mon boss et mon N+2 en réunion, et mon N+2 m’a serré la main en regardant ailleurs …
Bref, c’est de l’histoire ancienne maintenant. Comme toute expérience, celle-ci fut riche en enseignement. Et n’empêche, mardi dernier, quand j’ai appris que j’avais le poste dont je rêve depuis mon bilan de compétences en 2005, j’ai réalisé à quel point ma vie allait changer.
Ca va me manquer de ne plus :
- faire le kéké pendant 6 kms sur mon vélo, matin et soir.
- débouler dans le parking de la boîte à fond les pédales et être saluée d’un « Et voilà Jeanie sur son vélo » par notre gardien de sécu, un ancien gendarme grisonnant.
- être accueillie d’un « Salut ma loutre » par mon gentil collègue L., quand je débarque dans son bureau le matin
- appeler mon collègue préféré qui m'accueille d'un « salut ma langoustine des îles » pour aller boire un café à la pause de 10h.
- dire à mon collègue préféré (le même, l’en a de la chance celui-là) avec un sourire polisson « Vas-y passe devant » pour mater son joli petit cul sur le chemin vers la cantine.
- faire la bise à mon PDG, autoproclamé défenseur du pouvoir d’achat, et tenir compagnie à son vieux papa, en attendant le taxi que je lui ai commandé.
- Etre celle qu’on appelle quand on cherche une info sur « qui fait quoi »
Ca va pas me manquer :
- de manquer me décrocher un sein dans les trous des routes parisiennes
- de ne plus m’engueuler copieusement avec les automobilistes parisiens
- de ne plus voir s’afficher sur mon téléphone le nom de l’autre excitée de la com’ interne
- de ne plus participer à la mascarade de l’évaluation annuelle
- les odeurs nauséabondes de nos voisins de l’autre côté de la rue
Et puis, quand même, je vais :
- quitter le monde de la grande distribution !
- parcourir la planète
- et travailler quotidiennement en anglais et espagnol
Ca s’arrose, comme dirait Nicolas …
J’ai commencé ce midi au champagne et pour répondre à ton SMS reçu ce matin, Nicolas, je passe à la Comète ce soir avant de retrouver Bougrenette, Oh!91 et Conan le barbare dans un resto libanais du 15ème arrondissement.
16:50 Publié dans Femme active | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note
25.06.2008
Sophie
« Tu te rappelles l’actrice de 15 ans qui t’a provoqué tes premiers émois sexuels dans son tee-shirt blanc ? »
« La boum ? »
« Oui … ben elle est en face de moi … »
Il a crié et supplié que j’obtienne un autographe, mais c’est pas mon genre d’emmerder les people.
Tout à l’heure, je suis allée la voir « de près ». Mes collègues masculins m’avaient dit que c’était une belle femme. Mouais. Moins que ce à quoi je m’attendais.
Grande et classe certes (maquillée, coiffée, en tailleur cintré vert amande) mais sans plus. Très (trop ?) mince.
Dommage pour mes collègues, la bretelle de son débardeur n’a pas glissé !

17:41 Publié dans Femme active | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
07.04.2008
Prestataires
Je viens de suivre une formation très intéressante qui s’intitule : « Piloter des contrats de prestations de service ». Au cours de la première journée, j’ai réalisé, avec une certaine irritation, que cette formation, j’aurais dû la faire il y a 5 ans quand j’ai intégré ma société ou d’urgence en 2006, quand on m’a ajouté 3 prestataires à celui que je gérais déjà.
La jurisprudence dit que « pour qu’un contrat de prestations de services soit recevable en tant que tel, il doit avoir pour objet une tâche précise et ponctuelle qui nécessite un savoir-faire particulier que l’entreprise cliente n’est pas capable d’assumer en interne. »
Je suis responsable d’une équipe mixte d’hôtesses d’accueil -standardistes internes et prestataires, ce qui est donc interdit et constitue de toute façon une configuration hautement déconseillée, car propice aux conflits.
Et aussi « Par la suite, le prestataire doit être la seule autorité hiérarchique et disciplinaire concernant ses salariés qu’il aura mis à la disposition de l’entreprise cliente. »
Si ces conditions ne sont pas respectées, on est en délit de marchandage. J’ai été dans cette situation, sans le savoir, pendant 3 ans et demi. Jusqu’en 2006, mon job au quotidien consistait à sélectionner les hôtesses d’accueil proposées par mon prestataire (je précise pour Tonnegrande que non, ça ne consistait pas à les faire défiler en lingerie), les former et les manager, ceci incluant la rédaction des procédures, des évaluations et des notations indivuelles.
« D’autre part, le contrat doit prévoir une obligation de résultat, en aucun cas de moyens, pour laquelle l’entrepreneur est seul responsable. C’est à lui de s’organiser pour atteindre l’obligation de résultat. »
C'est-à-dire que le donneur d’ordre ne doit en aucun cas s’immiscer dans le management des prestataires, ni imposer les moyens à mettre en œuvre. Cela comprend le matériel, les tenues éventuelles, les fournitures et les documents de travail. Le contrat ne doit préciser ni le nombre de personnes, ni les noms, ni les qualifications professionnelles. Le montant de la prestation doit donc être forfaitaire et non basé sur un nombre d’heures ou de personnes.
Il faut savoir que la plupart des sociétés qui emploient des prestataires de service sont en permanence ou à la limite du délit de marchandage ou d’immixtion.
Il y a de nombreuses clauses qu’il est conseillé de faire figurer au contrat, par exemple pour se protéger de la sous-traitance. J’ai également eu la confirmation, suite au cas de Seiji, qu’il est du devoir du client de s’assurer que le travailleur prestataire est en règle avec son titre de séjour, et ce tous les 6 mois.
La bonne nouvelle, c’est que j’ai du pain sur la planche. Cette formation m’a permis de comprendre les difficultés auxquelles je me heurte depuis 5 ans et elle m’a remotivée. Je dois réécrire entièrement le contrat d’un de mes prestataires, revoir mes outils de suivi et surtout, je vais me simplifier la vie. Mais je vais aussi être beaucoup plus exigeante quand au suivi du contrat. Ca va faire tout drôle au prestataire avec lequel je bosse depuis 5 ans. N’empêche, j’ai bien la haine. C’est quand même rageant qu’on m’ait laissée me démerder, à vue, pendant aussi longtemps.
Si vous êtes concerné et que recherchez des informations juridiques, vous pouvez consulter le site Legifrance ou NetPME. Si vous recherchez des outils pour gérer vos prestataires de service, le site de l’ARSEG fourmille d’informations. Prestataire ou client, comment ça se passe pour vous ?
15:26 Publié dans Femme active | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
27.11.2007
J'aimerais bien m'en foutre
La raison du tourment qui assombrit ma joie d’être en vacances et de m’envoler dans quelques jours ? La soirée de fin d’année de ma boîte, que j’organise mais à laquelle je n’assisterai pas cette année, pour la première fois.
L’année dernière, ma boss n’ayant pas été remplacée, mon N+2, bien emmerdé, m’a refilé le bébé. On était 750. Il s’agissait de choisir une agence, la salle, le traiteur (faire un déjeuner test où on goûte à tout, ça j’adore !), les animations. Et puis, quand l’évènement se rapproche, établir la liste des participants, acheter le papier et faire imprimer les invitations, commander les boissons (y’a pas de petites économies dans la grande distrib’), distribuer les invitations et s’assurer, le jour J, que l’agence fait son boulot et que tout se passe bien. J'avais peur de ne pas assurer, d'oublier un truc, mais tout s'était bien passé. Du coup, cette année, bien qu’un responsable soit arrivé en février, mon N+2 me dit en mars « Il faut commencer à s’occuper de la soirée de fin d’année, « Fiso ».
Vous avouerez, y’a plus chiant que d’organiser une fête pour les salariés, donc je m’y suis collée avec joie. C’était avant mon évaluation annuelle, j’étais motivée. Cette tâche supplémentaire n’avait cependant pas été jugée comme assez « significative » par mon N+2 pour être notée sur mon évaluation annuelle. Alors quand les vacances prévues en novembre avec mon frère ont été décalées par son directeur aux 2 premières semaines de décembre, je me suis dit « Je me casse, après tout, y’a un nouveau chef, il se démerdera ».
En novembre, j’ai donc posé mes vacances (je prendrai l’avion du retour le jour de la soirée), attendu anxieusement que mon boss les accepte (me suis bien gardée de lui rappeler que ça tombait pile poil au moment de la soirée, après tout, il a un agenda). Tout va bien, me direz-vous ? Ben non. Parce que je bosse avec la chargée de communication interne sur ce dossier. On s’entend bien mais c’est une chieuse, le genre furie qui gueule d’abord et qui écoute ensuite. Tout le temps débordée, tout le temps grincheuse, à l’écouter il n’y a qu’elle qui bosse, les autres sont des branleurs ou des incapables.
Quand mes vacances ont été acceptées, je me suis dit « Oulala, quand je vais lui dire, elle va criser ! ». Je me suis même demandée si mon boss avait capté la période mais oui, apparemment. Il doit pas réaliser l'enjeu et surtout que ça va être à lui de gérer à ma place.
J’en ai parlé à un collègue qui m’a dit « Tu veux qu’on te sucre tes vacances ? Ferme la, Fiso, si tu lui dis que tu seras pas là, tu la connais, elle va faire un esclandre. Tu dis rien, tu te casses et quand elle appellera, on lui dira que tu es en vacances.»
Je précise quand même que je ne laisse mon boulot à faire à personne, ou si peu, à mon boss. Je me suis arrangée pour en faire le maximum avant mon départ. Il aura juste à acheminer les boissons jusqu’à la salle, à faire distribuer les invitations aux salariés et surtout, à veiller au grain le jour J..
Depuis 2 semaines, je m’auto convainc en me répétant tous les jours « C’est pas ta boss, t’as pas de comptes à lui rendre ». Elle ne sait pas encore que vendredi est mon dernier jour. Et plus les jours passent, plus ça me rend malade de me tirer sans rien dire. C’est pas mon genre de faire la sournoise. Je suis con, hein ?
17:35 Publié dans Femme active | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note
