16.12.2009

Fiso dans l'metrou

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Costel, le taxi roumain

« Bonsoir Mademoiselle. Je suis Costel, votre taxi ».

Cool, mon taxi roumain parle français, lui aussi. Nous allons pouvoir communiquer. Costel est petit, ses tempes sont argentées sous la casquette bordeaux. Je monte dans sa voiture et nous quittons l'aéroport. Il est surpris car il devait m'attendre aux arrivées à 17h et me récupère aux départs à 16h30. J'explique que je suis déjà en Roumanie depuis 3 jours et demande où il a appris le français.

Costel travaille pour des sociétés françaises depuis plus de 10 ans. En 2001, ses patrons français lui ont proposé de les suivre en France pour travailler pour eux mais il a refusé de partir sans sa famille « Je devais venir seul ». Il connaît la ville de Dana car il a souvent fait la route jusqu'à Sibiu, où Louis Vuitton, comme beaucoup d'autres, avait installé ses usines. « Avant l'entrée de la Roumanie dans l'UE, la plus grande partie des produits Vuitton étaient fabriqués en Roumanie et terminés en Italie juste pour pouvoir apposer l'étiquette Made in Italy. Maintenant que la Roumanie fait partie de la CEE, ce n'est plus nécessaire puisqu'il est écrit Made in CEE ».   

Nous devons traverser la ville et les gigantesques embouteillages de Bucarest nous donnent l'occasion de discuter. Costel vient du sud de la Roumanie, à la frontière avec la Bulgarie. Il n'est jamais allé en France mais offre chaque année des vacances à sa famille. Il voyage à bord de sa voiture et à déjà visité Budapest, Prague, Vienne et Bratislava. Il avait été ébloui par Vienne et y est retourné cette année mais en est revenu déçu. « Prague est merveilleux, les maisons ne sont pas noires mais colorées et joyeuses ». Et Budapest ? « Budapest, j'ai beaucoup aimé, le système de mini-bus pour les touristes est parfait ». Il n'a pas eu le plaisir de se délasser dans les bains. « C'est à Budapest ? » « O que oui, mon bon monsieur ! »

Costel raconte ses déboires pour obtenir une licence de taxi, ça fait 10 ans qu'il attend, la corruption, les assurances auto qui ont presque doublé, officiellement à cause du taux d'accidents importants en Roumanie mais aussi « parce qu'elles sont beaucoup moins chères qu'en France ou en Italie. Mais les salaires ne sont pas les mêmes non plus... » Costel désigne un scooter à terre, de l'autre côté de l'avenue « Vous voyez les accidents en Roumanie... »

Je demande s'il est intéressant que je me promène ce soir dans le quartier de mon hôtel. Il propose de m'emmener au centre-ville le lendemain soir, quand ma collègue roumaine m'aura rejointe. J'espère qu'elle voudra sortir, sinon j'irai sans elle.

15.12.2009

Un dimanche chez Dana

Condiments.JPGLorsque je soulève le rideau de la chambre de Dana, je découvre le paysage si familier de mon enfance, un mince manteau de neige qui me laisse à chaque fois rêveuse. Après un petit déjeuner roumain de jambon fumé et fromage proche de la féta, "Tu es la seule française que je connaisse qui petit-déjeune salé", Dana m'entraîne dans les rues de sa ville et jusqu'à son lycée où elle transmet chaque jour son amour de la langue française qu'elle honore et parle à la perfection. Je ne suis pas la seule, je crois, à l'avoir longtemps crue française.

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Sur les murs des couloirs du lycée où enseigne Dana, des photos témoignent de la beauté du Râmnicu Vâlcea d'antan. De coquettes maisons à arcades, des boutiques, des chocolateries. C'était avant que les terres des paysans ne soient réquisitionnées, et leurs maisons aussi. Les paysans sans terre se sont réfugiés en ville et pour loger tout ce monde, les maisons bourgeoises du centre-ville ont été confisquées, rasées et des immeubles construits à leur place. « Dis-lui ce que c'est, le communisme. Le communisme, c'est une maison pour tous, alors on réquisitionne ta maison et on y installe des locataires » martèle Dana. 

Elle m'entraîne dans un parc du centre de Râmnicu Vâlcea et en route, me montre les quelques maisons à arcades, typiques de la région et épargnées par les destructions. De nombreux passants la saluent, des élèves, une de ses collègues, désolée de mon passage éclair, me fait promettre de revenir. "Promis ? Promis !" dis-je en glissant à Dana "Tu sais que je n'ai qu'une parole, moi. Pas de grandes déclarations, pas d'effusions de sentiments, des actes, des preuves".

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A l'netrée du parc, désert en ce dimanche midi, un monument indique que c''est ici que fut chanté pour la première fois l'hymne national « Réveille-toi, Roumain ». Nous nous asseyons sur un banc couvert de neige mouillée et je fais défiler sur mon téléphone portable les photos de ceux qui me sont chers, famille et amis, blogueurs ou non.

Pour le déjeuner, Dana a choisi une maison réquisitionnée et convertie en restaurant. Une très belle demeure avec de part et d'autre du hall principal, des pièces séparées. Une jeune femme brune nous conduit dans un salon vide aux moulures dorées. L'endroit est sombre, douillet et ce coup de chaud après le froid du dehors, propice à la détente. On nous apporte les menus format papier journal jauni. Je fais entière confiance à mon hôtesse. « Tu veux goûter la soupe de tripes ? » demande Dana. Par prudence et parce que je n'aime pas les tripes version française, je choisis une ciorba (soupe qui se prononce comme sa cousine du Maghreb) de haricots blancs. Celle-ci est servie dans une sorte de pain surprise et contient, outre les haricots, des tomates, de l'ail et des côtes de porc fumé. Un délice très copieux. Dana choisit une soupe de tripes afin que j'y goûte, agrémentée d'un filet de vinaigre et de crème fraîche.

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C'est bon, sans le goût prononcé des tripes à la mode de Caen. Lorsque j'ai fini ma soupe, je racle l'intérieur de mon pain surprise, la mie est délicieuse, trempée de soupe. Dana ne résiste pas non plus.

Nous ressortons du restaurant, grand éclat de rire lorsque Dana, à ma suite, lance un « au revoir » en français au serveur avant de pouffer dans sa main. Elle propose un peu de shopping. Il faut dire que le froid est vif et qu'un centre commercial est l'endroit idéal pour se réchauffer. Enfin, si on veut, vu que Dana m'entraîne dans la boutique de la seule marque de lingerie roumaine, Jolidon, et que, délaissant le body à ficelles dans lequel je ressemblerais à un rôti, je jette mon dévolu sur un superbe ensemble et finis dans la cabine d'essayage. Pour le prix d'un soutif en France, me voilà parée d'un beau 3 pièces.

« C'est l'heure du dessert » dit Dana. Je ne peux plus arquer après ma soupe de haricots mais nous revoici devant l'auberge des Haïdouks, entrevue un peu plus tôt. Dana m'explique que les Haïdouks étaient des voleurs qui prenaient aux riches pour donner aux pauvres. Un Robin des Bois roumain, en quelque sorte. Toute de bois verni, les guirlandes de loupiote de l'auberge invitent à y entrer. « C'est mon restaurant préféré, je dîne souvent là avec mes collègues » dit Dana. Les murs sont décorés de poteries, de peaux de cuir et de costumes traditionnels.

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Nous sommes frigorifiées. Je dédaigne la terrasse intérieure pourtant seule zone non-fumeurs et préfère me plonger dans l'ambiance de la salle. Les hauts parleurs diffusent des cantiques de Noel. De l'autre côté de la salle, un groupe d'hommes regarde la télé. Tout le mobilier est en bois, d'une belle couleur de miel. Des bocaux de condiments sont alignés sur les étagères et des grappes d'oignons pendues le long des murs. On n'a plus envie de quitter cet endroit. L'attente est longue dans les restaurants roumains et pendant que je filme et prend des photos, Dana parcourt un dépliant sur la ville « Sur 396 maisons de Râmnicu Vâlcea, 325 ont été rasées. Dis-lui ce que c'est, le communisme ! »

Je pensais manger un dessert et voilà que la serveuse pose devant nous une sorte de kefta. « C'est un mici, pour que tu goûtes », explique Dana, un mélange de viande hachée de porc et de bœuf.  Au secours, j'ai plus faim, moi ! Mais comment refuser quoi que ce soit à ses yeux pétillants et so sourire enchanteur ? Je le mange mais n'en garderai pas un souvenir ému. En revanche, quand la serveuse pose devant moi un papanasi à la confiture de griotte (ça se prononce papanache), c'est autre chose ... Qu'est ce que c'est bon, ce truc !! La pâte est moelleuse, la crème savoureuse et légère, je me régale.

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Sur le chemin du retour, Dana me fait découvrir son église. C'est sombre, intime et dépourvue de bancs, une église orthodoxe. Il fait nuit lorsque nous regagnons son appartement douillet. Dan un parc, les familles se pressent autour des décorations de Noel. Les enfants d'ici ressemblent à tous les enfants du monde, ils sont juste un peu plus emmitouflés.

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Une de ses amies nous a laissé un plat de chou farci. Assez pour 6 personnes, au moins. Après ça, je propose à Dana de regarder ensemble « Nous nous sommes tant aimés » d'Ettore Scola, que j'ai amené dans mes bagages. Allongée sur le canapé à côté de moi, elle confirme que je suis, désormais, Cellequiapportelesommeil ....

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Le lendemain, le cochon est dans le coffre, les valises aussi. Anka nous conduit tambour battant jusqu'à l'aéroport de Bucarest où moi, la française, je regarde partir mon amie roumaine qui s'envole pour la France où elle passera les fêtes. "C'est drôle, non ?" dit Dana. 

En la regardant s'éloigner, sa valise à la main, je me sens soudain seule et triste. Heureusement, après moins de trente minutes d'attente, mon téléphone bipe, comme convenu. Costel, mon taxi attitré, me tire enfin de mes pensées noires.  

14.12.2009

Chez Dana - De Bucarest à Râmnicu Vâlcea

100_3576.JPG« Je t’attends devant le bureau d’information, à droite ». Elle discutait avec un grand jeune homme brun, j’ai reconnu immédiatement ses cheveux blonds, impeccables et ses yeux d’un bleu perçant. Dana m’embrasse, présente Adrien, le fils de sa meilleure amie et notre chauffeur pour la journée. Nous rejoignons le parking où nous attend la Mégane de Dana, qui fut blanche dans une autre vie. Je ris « Ah ben ça alors ! Je ne suis pas dépaysée, je passe ma vie dans les Mégane ! »

Adrien se perd dans la ville, s’engage sur l’avenue principale de Bucarest, qu’on appelait autrefois « le petit Paris » et cela donne l’occasion à Dana de se replonger dans ce qu’elle appelle « sa vie estudiantine ». Nous longeons un parc magnifiquement illuminé de décorations de Noel, où se pressent des familles emmitouflées dans des manteaux à moumoute. Là à droite, elle montre son université et le foyer où elle a vécu, ici à gauche c’est la résidence du président et en face, le Jardin Botanique. La nuit est déjà tombée quand nous quittons les avenues embouteillées pour avaler lentement nos 200 kms. Peu d’autoroute, la neige et lorsque nous attaquons la colline noire, beaucoup de camions et des voitures qui traversent la ligne blanche et se rabattent juste devant nous, forçant Adrien à piler. Je comprends mieux que Dana rechigne à conduire.

Assises toutes les deux à l’arrière, nous faisons plus ample connaissance, parlons des blogs, bien sûr, et des amis communs, elle veut savoir l’âge des uns et des autres, comment sont ceux que j’ai rencontrés. Son français est aussi parfait à l’oral qu’à l’écrit et son accent charmant car elle roule les R. J’ai hâte d’arriver car j’ai passé la journée assise. C’est ma première fois en Roumanie et je suis totalement ignorante de ce pays.   

Nous voilà enfin arrivés à Râmnicu Vâlcea, sa ville. Non pas celle de ses origines mais celle où elle s’est établie après la Révolution. Son immeuble est « moche », comme elle dit, les boîtes aux lettres étonnantes et son appartement très chaleureux, d’une superficie similaire au mien, à Paris.

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Sur son lit, une grenouille verte, peinarde et au-dessus, sa collection de clochettes. Je lui demande de me montrer les fameuses sandales jaunes.

 

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Finalement, je suis trop fatiguée et il fait trop froid pour sortir. Nous nous attablons dans sa petite cuisine, devant les roulades qu’elle a préparées. En dessert, un énorme tiramisu fait maison – supposément pour 2….-  et de petites douceurs, offertes par Oh!91, et que j'ai ramenées de France.

Je vais me coucher tôt, je dois me reposer car demain, sortie dans le grand froid, Dana va me faire découvrir sa ville.    

26.10.2009

Et je ne suis même pas allée à Matongé ...

Dans la ville où je suis, tout est traduit en au moins 2 langues. Dans le train, c'est même 3, un quart d'heure pour dire une phrase, le tout ponctué de ding ding insupportables, pas moyen de finir tranquillement sa nuit, j'te jure ... Ensuite, dans tous les commerces, on te dit bonjour dans les 2 langues (z'ennemies) et c'est à toi de choisir en quelle version se continuera la conversation.

Il y a 2 semaines, j'ai dormi dans la rue du Marché aux Fromages, ce soir, c'est celle du Marché aux Herbes, j'ai déjà repéré celle du Marché aux Poulets pour ma prochaine visite.

Ici, on dit "je te sonne" au lieu de "je t'appelle". Et "je ne sais pas vous transférer" au lieu de "je n'arrive pas à vous transférer". Et "s'il vous plé" quant on te rend la monnaie de ton achat. Je vous rassure, je ne découver pas, hein, leurs cousins chtimis causent presque pareil. 

4 de mes 5 stagiaires ont les yeux bleus. Ils se régalent de trucs en "ette" : des croquettes, des boulettes, des barquettes. Ah oui, et aussi du stoemp (ça se dit stoummmp'!), tellement appétissant que j'ai pas voulu y goûter. Me connaissant, ça vous donne une idée ...

Entre eux, ils évoquent souvent "leurs amis de couleur". Ce ne sont pas des immigrés, comme je l'ai d'abord cru, mais les syndicalistes. Faut croire qu'ils sont puissants parce que les conditions de travail chez mon client, c'est le Club Med à côté de ce qui se pratique chez ses confrères français ...

Dans la ville où je dors, la première odeur qu'on sent en sortant du train, c'est une bonne odeur de pâte chaude caramélisée. L'odeur de la gaufre qu'on hume ensuite souvent, au détour d'une rue.

Le soir, les seuls trucs ouverts super tard en dehors des bars, des restos et des clubs de cul, ce sont les magasins de chocolats. J'en ai acheté pour 50€.

On se marre avec mes stagiaires. On fait des échanges linguistiques du plus haut niveau. Je sais désormais dire "foufounette" dans leur langue (bon, pas que ça, hein, je suis presque devenue bilingue même! ...) et je leur ai appris l'expression "il pleut comme vache qui pisse". Ma mère serait fière de moi. 

14.08.2009

Sur la route de Rians

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31.07.2009

A Cosne sur Loire

Ancienne ville de garnison, Cosne-sur-Loire, dont la gare m'est très familière, n’est pas particulièrement jolie. Sa piscine, pourtant fort agréable mais très excentrée, n’est accessible qu’aux automobilistes. Son centre ville recèle peu de suprises. J’aime pourtant m’y promener.

Je lui trouve un charme désuet que renforce le cinéma Eden, au pied duquel coule le Nohain.

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Remontant la rue du Commerce, mon oeil de gourmande est attiré par un étal coloré. Des vertes tigrées, des rouges vifs, des rouges sang, des jaunes en forme de banane, elles sont belles et charnues. Je cherche leurs noms.

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Un monsieur a remarqué ma curiosité et s'approche. Je demande quels sont les noms de toutes ces tomates. Il me les présente, une à une, et m'apprend qu'il les achète à une productrice de Guérande qui cultive des variétés anciennes. Il en choisit une, la pèse. Beau bébé de plus d'un kilo ...

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"Que pensez-vous du bio ?" me demande-t-il, tout à trac. "Pour moi, c'est de la connerie", je répond.

S'ensuit une discussion à bâtons rompus sur Monsanto, les poursuites dont sont victimes les réfractaires aux semences hybrides, la mode du bio, l'hideuse "mer de plastique" andalouse qui nous garantit des fruits d'été en hiver et que j'ai découverte, incrédule, sur des kilomètres, en mai dernier. Franchement, vous vous imaginez vivre dans un paysage pareil, envahi de serres en plastique ? 

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On évoque aussi la récupération version hybride des tomates coeur de boeuf "Canada Dry" [lien], la contamination des champs mexicains par les cultures OGM des Etats-Unis, la prolifération de cultures hybrides en Roumanie[lien].

"Comment, en tant que consommatrice, puis-je reconnaître le vrai du faux ?" demandai-je à Michel. "Si les insectes n'y vont pas, c'est que c'est traité". Voilà un argument imparable. Michel nous prédit le pire : "Bientôt, les salades ne seront même plus cultivées en terre. Leurs racines baigneront dans des piscines d'engrais liquide". Beurk !

Ca fait une demi-heure que je suis là et je n'ai pas vu le temps passer. Je repars avec un échantillon de tomates "qui n'ont besoin de rien d'autre qu'un filet d'huile d'olive, pas de vinaigre". Le Verger du Square propose aussi des compositions de fruits et légumes sculptés "ni piqués ni collés", insiste Michel en feuilletant un catalogue. C'est sûr, parler avec quelqu'un qui connaît et aime son métier, ça fait une sacrée différence. Michel voudrait d'ailleurs qu'on mette en place une véritable formation de maraîcher, au même titre qu'on forme au métier de boucher ou de fleuriste.

Le soir venu, je me compose une assiette de belles tomates découpées avec la même tendresse qu'Isao [lien] met à trancher ses filets de poisson cru. Un régal !

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17.06.2009

Rouen la charmante

maisons rouen.jpgMardi soir, fin de journée au siège d’une banque, dans les environs verdoyants de Rouen. Une de nos stagiaires, une jolie blonde à la bouille facétieuse, propose : Si vous voulez demain soir, je vous fais faire un tour du centre-ville ? ». C’est la première fois qu’une stagiaire se propose de me faire visiter sa ville.

Elle passe nous chercher à l’hôtel et quelques minutes plus tard, nous émergeons sur la place de la Pucelle. Il est un peu plus de 19 heures, les terrasses sont bondées et je suis émerveillée par les maisons à colombages qui encadrent la place. E. nous entraîne jusqu’à celle du Vieux Marché. Au centre de la place, un édifice étrange qui m’évoque, bizarrement, un dragon noir. C’est une église, m’apprend E. Les pointes hérissées sont censées évoquer les flammes du bûcher car c’est à quelques mètres de là que fut brûlée Jeanne d’Arc. Un marché se tient encore là, sous des halles attenantes à l’église. La place est magnifique et très touristique. Nous en faisons le tour et nous engageons dans la rue du Gros Horloge (et pas de la Grosse Horloge, bande de touristes !), sous lequel nous passons.

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Un peu plus loin, E. tourne à gauche et devant nous, un très beau bâtiment gothique : le Palais de Justice, criblé d’impacts d’obus datant de la 2ème guerre mondiale.

Nous descendons maintenant vers la cathédrale, qui est mise en valeur chaque été dans un spectacle son et lumière intitulé « De Monet à Pixel », en hommage au peintre qui la peignit plusieurs fois. Nous nous engageons dans une rue entre elle et l’affreux Palais des Congrès, qui doit être démoli depuis des années. Nous descendons une autre rue très animée et dans la rue Martainville, E. marque une halte devant une porte cochère au-dessus de laquelle il est écrit « Aîtres Saint-Maclou ». « Oui, c’est ouvert, venez », dit-elle. Nous la suivons. « C’est l’école des Beaux-Arts, je ne vous dis pas ce que c’était auparavant, vous allez voir ». J’adore les mystères et cette impression, un court instant, de faire une chasse au trésor.  

Nous débouchons sur une cour intérieure. « Regardez les poutres », dit E. J’examine les montants de bois, des têtes de mort y sont sculptées. « C’était un charnier au temps de la peste ». Mon collègue a la chair de poule.

Nous rebroussons chemin et nous engageons dans la rue Damiette jusqu’à la place du Lt Auber où nous nous attablons au Garde-Robe, un bar à vins où je déguste un verre de « Chinon Soif de tendresse ». Retour vers la place du Vieux (comme on dit par ici) où nous nous attablons en terrasse du Maupassant. Crise de fou-rire quand mon collègue choisit le menu « Boule de Juif » qui s’avère être un menu Boule de Suif. Il est près de 22h30 quand notre charmant guide prend congé de nous.

Elle avait les yeux un peu gonflés ce matin (t’as vu ta gueule, dirait l’autre … oui, oui, j’ai vu …)

25.05.2009

Ciel bleu sur Nantes

Jeudi après-midi, il vient m’accueillir à la gare de Nantes. J’avais hâte de découvrir cette ville, une des mieux cotées dans le classement des villes de France où il fait bon vivre. L’après-midi, beau temps oblige, nous allons nous poser sur le sable de la plage de Pornichet. Le soir, ils m’entraînent dans un restaurant africain, le Biso na Biso, rue des Olivettes.

La décoration y est épurée : tables de bois sombre, toiles colorées sur les murs et un coin club cosy pour boire un verre. Le restaurant organise des vernissages et aussi des concerts. Un seul coup d’œil à la carte de spécialités « africaines-caribéennes » me fait comprendre que je suis dans un resto zaïrois : makayabu, liboké etc. Je choisis un tilapia, mon frère un calalou et S. du ntaba. La chikwange n’a pas la blancheur et le fondant de celles de Ma Mpia (qui peut égaler Ma Mpia ?) mais le piment est succulent. Bien sûr, comme à mon habitude, je questionne le serveur qui est effectivement zaïrois. Au dessert, il me glisse à l’oreille, en même temps que le café : « je vous offre le dernier blanc-manger au coco ». Dans une verrine, un entremet parfumé à la noix de coco et muscade, sucré comme il faut. Très bon. Au moment de l’addition, nous rejoignons le bar et faisons les présentations : un Sénégalais né au Zaïre et ses deux amis, dont l’un est l’auteur des toiles qui décorent le restaurant. Ils ont voulu faire un lieu où tout le monde se sent bien. C’est réussi.

Le lendemain après-midi, direction Saint Brévin les Pins pour un pique-nique sur la plage. Aujourd’hui, le soleil cogne vraiment et je m’endors au soleil. Nous rentrons à Nantes sur les coups de 20h, j’observe de loin l’éléphant de l’île et je propose à mon frère d’aller boire l’apéro chez Armel, un copain de blog que je ne connais que virtuellement.

J’entre donc à Casa Vino, 18 rue de Briord, un bar à vins design aux murs rouges, à proximité du château de la duchesse Anne. La carte propose vins italiens, planches de charcuterie-fromage et antipasti, lapin en osso bucco … Un homme aux cheveux mi-longs bouclés quitte la terrasse et me rejoint à l’intérieur.

« Bonsoir, je viens voir Armel ». « C’est moi ! » « Je suis Fiso, la blogueuse ».

On se fait la bise, on discute le temps d’un verre de vin, je promets de revenir goûter aux planches la prochaine fois et on file car un thiep nous attend à la maison. Au moment où j’écrivais ces lignes, la dorade avait pris une belle couleur et le riz cassé faisait la fête avec les légumes (manioc, gombos, chou, carottes et pommes de terre)

Elle assure ma belle-soeur, non ?

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27.04.2009

Je suis retournée au KB

C’est la première fois depuis que j’ai commencé mon nouveau boulot, il y a 5 mois, que je suis en formation en région parisienne et au volant d’une bagnole. Je ne pouvais donc pas rater cette rare opportunité d’aller boire une mousse à la Comète, comme au bon vieux temps, avec Nicolas et Tonnegrande.

Lorsque je garai ma bagnole sur le parking du Leclerc, j’eus un léger frisson, comme un premier rendez-vous. J’entrai, ils étaient là, Tonnegrande beau comme un poussin à peine jailli de l’œuf et Nicolas toujours aussi frisé et garni d’une cravate bleue comme ses yeux. C’est comme si je les avais quittés la veille.

Il est des instantanés, immuables, qu’on aime à retrouver, qu’on caresse du regard, comme ces photos oubliées qu’on retrouve par hasard et qui nous amène instantanément un sourire béat. Des amis d’enfance, comme dirait l’autre. Le bonheur, ce soir, c’était : des blagues de potache, quelques propos à caractère masturbatoire, histoire de se dire qu’on peut pas être d’accord sur tout, un bol de frites, un comptoir doré, un air de reggae, un endroit magique de simplicité.

Je les aime, ces deux-là.  

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