23.04.2008

Amours plurielles

free music

 

Lundi, la soirée fut passionnante et chaleureuse. J'ai convaincu ma copine Chacha de m'accompagner au Café de l'amour et je pense qu'elle ne l'a pas regretté. Françoise Simpère, journaliste et auteur érotique, en était l'invitée et nous proposait d'explorer la planète des hommes. Alléchant programme pour une voyageuse comme moi !

Un très joli brin de femme, douce, et drôle, cette Françoise. Elle a d'abord rappelé les échecs des relations amoureuses, basées sur les mêmes principes que nos économies occidentales : sexualité de consommation, performance, résultat, refus du risque, enfermement de l'autre dans des critères ...

On a maintenant compris que nous devions changer de modes de vie pour pour sauver la planète et le vivant, pourquoi ne pas réfléchir à une écologie de l'amour ?' Elle nous a invités à lister des valeurs de l'écologie applicables à la romance. 

  • Privilégier le naturel

Les magazines féminins créent la frustration et poussent les femmes à consommer en les astreignant à ressembler à une femme calibrée. Elles s'épilent, se parfument, se maquillent alors que lorsqu'on lit des textes érotiques, on s'aperçoit que les hommes aiment l'imperfection, les odeurs féminines et même, pour certains, les poils.

  • Respecter les cycles

Comme la nature, les êtres sont régis par des cycles biologiques et l'amour a des saisons au cours desquelles la libido est plus ou moins forte. Pourtant les femmes, à la moindre baisse de désir de leur compagnon, ont tendance à remettre en question leur couple. Pourquoi alors ne pas prendre ses distances plutôt que s'engueuler et aboutir à une séparation ?

  • Diversifier les énergies

L'amour n'est pas le "tout-orgasme", les rencontres ne doivent pas avoir systématiquement la jouissance comme but. Le couple doit redécouvrir les énergies douces, les massages, le plaisir de parler ensemble, sans sexe obligatoire. Françoise dit "Pour du plaisir, ce n'est pas stimuler votre homme que vous devez faire, comme on vous le dit, c'est le détendre". Les hommes sont terrorisés par l'obligation de "faire jouir" alors que l'orgasme ne dépend pas d'eux mais de l'état d'esprit dans lequel est la femme. Les hommes doivent aussi se faire désirer, et certains ont du mal à accepter cette idée.

  • Pratiquer la biodiversité

Stop à la "monoculture" qui appauvrit, dessèche et rend dépendant, mettant une responsabilité énorme sur les épaules d'une seule personne ! On peut aimer plusieurs hommes, cela n'empêche pas que chaque relation est unique.

  • Développer durable et recycler

Abandonner l'idée de propriété et laisser les relations passées devenir durables. Les ruptures font beaucoup souffrir parce que dès lors qu'on n'aime plus quelqu'un, on le raye de sa vie, le plus souvent pour satisfaire l'instinct de propriété du nouvel amour. L'être humain s'est fixé un objectif impossible, c'est d'aimer une seule personne. Il est malheureux toute sa vie parce qu'il n'y arrive pas.

Françoise Simpère est adepte des amours plurielles, en toute transparence et selon un pacte établi entre elle et son mari (depuis 30 ans) lors de leur rencontre. Elle a des relations d'amitié très fortes avec d'ex-amants et insiste sur le fait que ces histoires ne sont pas des histoires de cul. Françoise dit "L'homme qui sait qu'il est aimé et qu'en plus, il peut connaître d'autres amours serait fou de quitter la femme qui l'aime à ce point".

A ce moment, une personne dans la salle objecte à Françoise qu'elle prend beaucoup de risques en confrontant son couple à d'autres. "En s'enfermant dans l'illusion d'une vie à deux, on prend aussi beaucoup de risques, répond-elle. A la moindre tentation, le couple peut péter. Je suis consciente que je ne peux pas TOUT apporter à mon mari. Et comme je l'aime, et que je veux qu'il puisse avoir tout ce qui peut le rendre heureux, j'accepte que d'autre femmes lui apportent ce que moi je ne peux pas lui apporter.

Elle rapporte une phrase de son mari qui, dit-elle, lui a fait énormément plaisir. "Je n'ai jamais voulu me priver de quoi que ce soit sous prétexte que j'étais un homme marié. J'aime d'autres femmes mais je n'ai pu imaginer un projet de vie qu'avec toi."

Pour aller plus loin, "Jouer au monde", le blog de Françoise : http://fsimpere.over-blog.com/

Et bien, je vous le dis, sa philosophie de l'amour me plaît énormément. Et vous, vous en pensez quoi ?

29.01.2008

Peine de mort - bilan 2007

Je reçois de bonnes nouvelles d'ECPM, à travers leur mail d'information :

 

"A l’heure des bilans nous pouvons nous réjouir, 2007 a été un bon cru. Le Kirghizstan et le Rwanda ont aboli la peine capitale et au tournant de l’année nouvelle, dès le 1er janvier 2008, c’est l’Ouzbékistan qui abolissait à son tour ! C’est encore en 2007 que le New-Jersey est devenu abolitionniste. Il s’agit du premier état des Etats Unis à abolir la peine capitale depuis plus de 40 ans. La France a également progressé, elle a enfin inscrit en toutes lettres dans sa Constitution, que « nul ne peut être condamné à la peine de mort ».

 

Pour rappel, le continent asiatique est celui qui exécute le plus, surtout la Chine qui totalise 95% des exécutions mondiales ...

 

 

25.01.2008

La métanalyse

Mercredi soir, je suis allée suivre une conférence sur "la famille olympienne' à l'Entrepôt, le ciné-resto-concert du 14ème, ou j'ai mes habitudes. Il s'agissait d'une présentation par sa créatrice, Marielle Garel, d'une méthode de thérapie - la métanalyse - "élaborée à partir de la technique d'amplification de Jung". Ou soigner maux physiques, questions, dépression par les mythes. Marie Louise Von Franz, collaboratrice de Jung, s'est intéressé aux contes, et en particulier ceux de Grimm.

La psychogénéalogie, vous connaissez ? L'influence de l'histoire de votre famille sur votre vie, vos choix, votre psychologie, vous y croyez ? Dans mon cas, rien de particulier mais j'ai déjà lu ou entendu des anecdotes troublantes sur d'autres familles.

Dans la galerie de l'Entrepôt, entourés des oeuvres apaisantes de Philippe Desloubières et Cécylia Olszewska, j'ai d'abord été frappée par l'étrange personne qu'est Marielle. J'aime analyser la première impression que me laissent les gens que je rencontre. Certains cachent une sensibilité trop grande derrière des armures diverses, froideur, maquillage, vêtements stricts, d'autres au contraire sont à nu. J'ai observé Mme Garel, la cinquantaine passée, toute vêtue de noir, une sorte de sarouel que je n'imaginerais sur personne d'autre qu'elle et surtout pas sur moi, cheveux rougeoyants, rouge à lèvres sombre, presque noir. Le genre de personne que j'éviterais, d'instinct, dans un lieu public. Et pourtant. Elle a posé sur moi ses yeux bleus pétillants, et son regard m'a troublée (c'est drôle comme en ce moment je suis sensible aux regards), elle souriait d'un vrai sourire et au fur et à mesure qu'elle présentait son parcours, théâtre, morphopsychologie, travail avec les enfants, astrologie, je lui ai trouvé quelque chose d'une petite fille émouvante. Et puis, elle a évoqué la mort de son mari il y a 3 ans et je lui ai trouvé beaucoup de courage d"avoir continué à aller vers les autres, sans lui.

Revenons à la métanalyse. Marielle s'intéresse particulièrement aux mythes olympiens, une structure patriarcale qu'elle trouve parfaitement adaptée à nos sociétés occidentales.

Sur un tableau, elle a retracé l'origine de l'Olympe et transposé dans le monde moderne l'histoire des dieux. Le père qui refuse de voir ses enfants et les empêche d'avoir une existence propre (Ouranos), la mère universelle, Gaia, qui pousse son fils, Cronos, à castrer le père et prendre sa place. Cronos reproduit le même schéma que son père, et par peur d'être détrôné par ses enfants, les dévore tous (dans nos sociétés actuelles, c'est par exemple, un père qui met une telle pression à ses enfants qu'ils échouent tous). Marielle affirme que souvent d'ailleurs, l'aîné a du mal à reprendre la succession du père. Cronos dévore tous ses enfants, sauf le dernier, Zeus, que Rhéa sauve en le confiant aux Naiades. Le dernier, dit Marielle, est souvent le préféré d'une fratrie. Zeus pour éviter lui aussi d'être détrôné par ses enfants, tue sa femme, Métis, pour devenir la mère de ses enfants et ainsi éviter la mort du père. L'enfant qui naît est une fille, certes, mais une fille avec un cerveau d'homme : Athéna, déesse de l'intelligence et de la guerre. Marielle compare Athéna aux femmes intellos ou politiciennes d'aujourd'hui.

Cette soirée était intéressante même si je l'ai surtout perçue comme une mise en bouche trop superficielle. Elle m'a donné envie, non pas de m'intéresser à cette technique, qui me paraît un peu gadget, mais de relire l'histoire de la mythologie grecque.

Je me demande d'ailleurs pourquoi je me suis toujours si peu intéressée aux mythes et contes. C'est un fait. En tout cas, je vais profiter de mon passage à la bibli aujourd'hui pour emprunter "Ma vie"de Jung.

25.12.2007

Alléluiah !

Je ne sais pas comment s'est passé votre repas de Noël, s'il a fini en pugilat, en étreintes, dans les larmes ou dans la cuvette des chiottes mais figurez-vous que notre discussion familiale a tourné presque exclusivement autour des blogs. J’ai eu beau tenter de détourner la conversation vers un sujet plus intéressant pour tous, vu que c’est un monde qui n’intéresse pas à priori mon frère, mon père, ma soeur et son mec, la discussion a pris un tour passionné, tout le monde avait un avis sur le phénomène, au point même qu’on a frôlé l’incident diplomatique. Parce qu’au delà des blogs, il y a tout un aspect psycho-philosophique sur l’anonymat, la sincérité, le besoin de reconnaissance etc.

Ce billet sera sans doute brouillon, autant que mon esprit l’est après une nuit courte, arrosée et riche en émotions.

D’abord sur l’anonymat. Ce n’est pas l'option que j'ai choisie même si comme le soulignait mon père, utiliser un pseudo c’est déjà avancer à visage masqué. Je répond ok à toute sollicitation pour me rencontrer (sauf quand les intentions sont autres qu'amicales), donc pas de problème pour que les gens puissent vérifier si Sophie vit la vie de Fiso. Mes proches (amis et famille) connaissent mon blog aussi, donc pas de baratin. Mais forcément une censure sur des sujets plus persos. Là encore, ça ne me dérange pas, c'est conforme à ma vie. Je ne parle des détails de ma vie privée ni à des inconnus, ni à ma famille. Exclusivement avec 2-3 ami(e)s.

Sur la sincérité. Epineux débat. On n'est pas totalement sincère sur un blog et ceux qui affirment le contraire se trompent à mon avis. D’abord parce qu’on veut rarement donner une mauvaise image de soi-même. On a besoin d’être accepté par le groupe. Donc à partir du moment où on commence à lier une forme d’amitié, même virtuelle (et ça va vite sur les blogs), on n’a pas envie de vexer les copains. En tout cas pas en public. Les rares fois où je n’ai pas marché dans le sens de la meute, j’ai été cataloguée « anti ». Est-ce que ne pas être « pour » c’est être « contre » ?

« Le véritable ami, c’est celui qui sera à vos côtés quand vous serez dans l’erreur puisque tout le monde sera à vos côtés quand vous aurez raison. » [Mark Twain]

Hier soir, certains disaient que forcément, après quelques mois d’existence, on se retrouve entre gens de même avis et même sensibilité, on s'appalaudit à chaque billet et se congratule mutulellement. L'échange, qui est le but même de l’ouverture de mon blog, ne consiste plus alors qu’en approbations mutuelles. Et c'est vrai que c'est le constat qu'on peut faire en lisant les blogs, y compris le mien. Avisez-vous de contredire avec un peu de virulence un ami blogueur, vous avez 99% de chances qu'il se vexe comme un pou. Idem si vous abandonnez son blog quelque temps ou définitivement. Il vous rendra la pareille à coup sûr. Et ça, ça me gonfle de plus en plus. Ce n'est pas, à mon sens, en discutant entre gens du même avis qu'on avance. (Enfin, y'a quand même des limites à mon envie d'aller vers mes opposés).

Sur mon blog, je rencontre peu de contradictions. Il faut dire que je bascule rarement dans la polémique. J'évite les sujets trop sensilbles parce que j'ai pu constater, sur les blogs ou ailleurs, que l'écrit mène souvent à des malentendus. Une voix laisse déjà passer plus de choses mais pour se faire comprendre, rien ne vaut "les yeux dans les yeux". C’est aussi dans mon caractère, je pense être plutôt en compromis et en nuances, j’ai rarement un avis tranché et immuable (parfois, quand même). Ca en énerve certains, mais c’est comme ça. J’ai toujours trouvé ridicule les empoignades, je préfère l'action aux débats stériles, et rien ne me met plus en colère que d’être rangée dans une case. D’où un certain goût pour le brouillage de pistes. 

Mon frère m'a suggéré quelque chose qui m'a intéressé. Il pense qu'un blog doit avoir une durée de vie courte, pour se renouveler. Et que je devrais soit le fermer et en ouvrir un autre, pour ne pas tourner en rond, soit en ouvrir un deuxième. J'avoue que cette discussion m'avait un instant découragée en mettant en lumière la fragilité et la futilité des blogs. Et si, dans ce monde de rapports de forces et de violence, ça faisait du bien de se frotter à un peu de bienveillance ?  

Depuis je réfléchis ... La fin de l'année, c'est l'heure des bilans, non ?


 

25.11.2007

Vivre nos choix en conscience

J'ai passé la journée à Boulogne en compagnie d'Isabelle qui animait un atelier sur le thème du choix ou "Comment ne plus laisser nos croyances et nos émotions diriger notre vie". Saviez-vous que 98 % de nos choix sont inconscients ? Elle a expliqué le principe du triangle de Karpmann (victime-persécuteur-sauveteur). La victime c'est celui ou celle qui subit, qui laisse le pouvoir à l'extérieur de lui "Je n'ai jamais eu de chance", "Je n'ai que ce que je mérite" sont des "petites histoires" de victime. Le persécuteur, c'est moi à chaque fois que je porte un jugement sur quelqu'un. Le sauveteur, c'est celui qui n'encourage pas l'autre à développer ses propres responsabilités. Ce triangle, c'est le jeu psychlogique dans lequel nous vivons en permanence. Quand on est dans le triangle de Karpmann, on n'est jamais dans le présent, mais dans ce qui s'est passé ou ce qui va se passer. Le seul moment de notre vie ou on est dans le présent, c'est quand on est connecté à notre corps : quand on fait l'amour ou lors d'une pratique sportive.

Une croyance est quelque chose que l'on tient pour vrai en dehors de toute notion de preuve et de la réalité. Elles nous amènent en permanence à nous raconter de petites histoires et nous font rejouer le triangle de Karpmann. Elles viennent de l'enfance et des réponses qu'on a reçues de nos parents ou de nos proches.

Les émotions inapprivoisées sont des émotions négatives qui dominent nos vies (honte, colère, tristesse, jalousie). Elle sont plus durables que les émotions positives (joie, amour). On a tendance à se rappeler notre impuissance plutôt que notre puissance. "Ce qui ne s'exprime pas s'imprime".

Lors de cette journée, j'ai beaucoup pensé à Wajdi qui parfois se sent impuissant et découragé, et à Charlotte avec laquelle j'ai eu une très longue discussion sur notre liberté de sortir de schémas douloureux. Je ne crois ni au destin ni à la fatalité. Nous faisons notre vie. Elle est faite de choix, ils ne sont ni bons ni mauvais, mais ils sont notres.

 

17.11.2007

Monopole pharmacien

La semaine dernière, j'assistai à une convention de mon entreprise durant laquelle était évoqué un sujet fort intéressant et sur lequel je ne m'étais jamais interrogée. Le monopole pharmacien et l'auto-médication, plus largement.

Un bras de fer est engagé depuis longtemps entre les grandes surfaces et les pharmaciens, sur la vente non pas de médicaments mais de produits dits "de confort". A une époque que je n'ai pas connue, le coton, les coton tiges, l’eau minérale, les crèmes solaires étaient exclusivement vendus en pharmacie, au prix fort.

J'y ai appris beaucoup de choses sur le statut qui régit les pharmaciens. Qu'un pharmacien diplômé ne peut s'installer librement, le nombre de pharmacies dépendant de la population de chaque commune. Que pour être titulaire, un pharmacien doit être propriétaire de son officine. Qu'il n'y pas de concurrence possible, le prix des médicaments remboursés étant fixé par l'Etat. Et puis, les prix des médicaments ne sont pas affichés en pharmacie. Pour le consommateur, aucune transparence. Quand vous demandez un médicament, le pharmacien peut vous tendre celui sur lequel il se fait le plus de marge, sous le prétexte qu'il n'a pas celui qui vous a été prescrit.

Pourquoi existe-t-il un monopole des pharmaciens sur l’alcool à 90° et 70°, les auto tests de grossesse, les pansements, les vitamines, les produits anti-poux ou les produits d’entretien des lentilles de contact ? Selon l’article L4211-1 du code le la santé publique, la vente de ces produits en dehors des officines est strictement interdite. Prenons le cas du dentifrice. Les grandes surfaces n'ont pas le droit de vendre le même Fluocaril que celui qui est en pharmacie. Le leur a un excipient différent car à partir d’un certain taux de fluor, la vente est réservée aux officines (il y aurait danger pour nos quenottes !). L'eau du robinet de certaines villes de France contient pourtant cinq fois plus de fluor qu'une pâte dentifrice que, de toute façon, on n’avale pas.

On trouve certains de ces produits en grande surface, mais les commerçants les vendant sont dans l'illégalité. La France est le seul pays d'Europe, avec le Portugal, où ces produits font l’objet d’un monopole.

Qui est pénalisé ? Evidemment le client, car une enquête de la direction générale de la concurrence et de la répression des fraudes montre que, sur ces produits à la frontière du médicament, les écarts de prix peuvent varier de 20 à 30% en faveur des grandes surfaces.

Il est temps d'en finir avec cette nouvelle exception française, non ?

06.11.2007

Fiso et les homos

La différence m’a toujours attirée. Parce qu’elle m'enrichit, me donne à regarder les choses du point de vue de l’autre et à bousculer le peu de convictions que j’ai.

Mes parents nous ont tous les 3 élevés dans le respect des choix de chacun. Je n’ai jamais entendu le moindre mot discriminatoire dans leur bouche. Ma mère nous a toujours assuré de son amour quel que soient nos choix, et elle a tenu parole. Pour mon père c'était sans doute moins évident, mais pas fermé. Je me souviens en particulier de ma mère qui allait parfois prendre le thé chez un couple de voisins moustachus quand j’étais ado. C’est elle qui, quelques années plus tard, m’a présenté celui qui fut pendant plusieurs années un de mes plus proches amis. Il m’a parlé de son chemin solitaire, long et difficile pour se construire. De sa tristesse face à la perspective d’une vie sans enfant. Il m’a raconté les rejets, les soupçons, les risques et les victoires aussi.   

J’ai soudain entendu tous ces mots qui les blessent, les blagues, les allusions, toutes ces petites phrases anodines et assassines, parfois même prononcées par les victimes elles-mêmes. Je suis longtemps restée sans opinion face au débat sur leur droit à l’adoption et au mariage. Il ne m'a pas été donné de rencontrer des femmes homosexuelles pour connaître leur point de vue.  

Et puis récemment, sur les blogs, j’ai lu des choses qui m’ont touchée. Je leur laisse la parole. J’espère qu’ils ne m’en voudront pas de les mettre ainsi en lumière.  

O. : « L’homophobie intériorisée, c'est celle qu'on porte tous en nous, même moi, même B., celle qui fait que dans la rue, en ville, à la piscine ou ailleurs dans un lieu public, là où tu marches avec ton mec, tu t'interdis de le prendre par la main, de l'enlacer, tu jettes un regard alentour pour t'assurer que personne ne te regarde, c'est cette ambiance partout présente, diffuse, surtout dans nos têtes, qui fait que ce qu'on admet, qu'on a fini par admettre comme normal, ne peut malgré tout pas se vivre sur le régime de la normalité. C'est ce petit truc qui fait que dès qu'un collègue, une connaissance cherche en savoir un peu plus sur toi, dès qu'un commerçant te fait remplir un formulaire, ou la propriétaire d'une chambre d'hôte que tu as réservée t'accueille, ce sont des choses à propos de ton épouse qu'on te demande. C'est cet environnement avec lequel tu as appris à vivre, dont tu te crois affranchi, mais qui se rappelle toujours à toi, si ce n'est dans la vie du moins dans la tête, qui conduit nombre de gays à vivre dans le ghetto, souvent en l'abhorrant

X : « L'homophobie intériorisée, c'est plutôt celle du gars qui se suicide plutôt que d'avouer aux autres, et que de s'avouer à lui-même, qu'il est homo. Ou celle du gars qui, en bande, frappe un homo avec encore plus d'énergie que ses potes pour être sûr qu'aucun doute ne portera sur lui (et pour punir l'autre d'avoir révélé son homosexualité alors que lui la garde cachée).
Je me permets d'avoir une pensée pour les vrais pédés, ceux qui aimeraient vivre avec un mec, ceux qui sont efféminés et qui aimeraient pouvoir l'être, une pensée aussi pour les transsexuels (ceux qui se sentent vraiment femme). Pour tous ceux qui, dans les "quartiers" et ailleurs, sont obligés de mille ruses pour vivre malgré tout leur sexualité et pour la cacher (comme le montre bien le petit film). Une pensée pour ceux qui entendent à longueur de journée des vannes sur les pédés sans oser rien dire alors qu'ils aimeraient tellement dire à leurs potes qu'ils aiment les garçons. Une pensée pour ceux qui, du jour au lendemain, n'ont plus de nouvelle de leur petit copain et ne peuvent rien faire pour se renseigner parce que personne n'est au courant (m'a-t-il quitté ou a-t-il eu un accident ?) Une pensée pour ceux qui se font agresser, et une pensée pour ceux qui se suicident. »

Aujourd'hui j'ai une opinion. Je suis pour leur droit au mariage et à l'adoption. Pour leur droit à l'amour, tout simplement.

16.10.2007

Auto-défense des éléphants

Saviez-vous que les éléphants sont en train de muter génétiquement pour se débarrasser de la principale cause de leur massacre par l’homme ?

Comme Lhuna, j’ai depuis toujours une fascination et une tendresse pour les pachydermes. Enfant, j’avais été très émue par un livre qui évoquait le comportement des éléphants face à la mort (il faudra que je le retrouve dans les cartons que Mère Mi conserve religieusement). En attendant, je vous invite à en savoir plus sur cette découverte singulière et somme toute inquiétante, en lisant le passionnant billet de Lhuna.

 

14.10.2007

Du Qi dans votre assiette !

"Nous avons l’habitude, en France, de conseils diététiques où on comptabilise protides, lipides et glucides, où on recense vitamines et oligo-éléments bref où on passe notre nourriture au microscope pour des prescriptions parfois un peu tristes...

La Médecine Traditionnelle Chinoise a une approche tout autre, sans doute complémentaire de la nôtre.

Et que disent ces principes si différents ? Que les aliments, comme l’homme lui même, doivent être considérés dans leur globalité. Au lieu de « disséquer » leur composants, les médecins chinois les décrivent et les classifient en fonction de l’action qu’ils ont sur le corps.

Pour chaque aliment, on prend en compte :

-  sa saveur (doux, piquant, amer,...)

-  sa couleur (vert, brun, rouge,... chaque couleur étant en rapport avec un organe et une saison)

-   sa fraicheur (consommer l’aliment le plus tôt possible)

-   le type de cuisson qu’on lui associe

-   sa nature, au sens du yin et du yang.

Cette dernière qualité est la plus nouvelle pour nous. Chacun a entendu parler du Yin et du Yang, les deux polarités opposées mais complémentaires. « Yin » désignait au départ le versant ombragé des montagnes, il désigne la matière par opposition à l’énergie, le froid par opposition au chaud, un mouvement descendant ou centripète, l’intériorité,... Son opposé , le Yang était l’adret des montagnards, le coté ensoleillé, a les qualités de chaleur, d’activité, d’extériorité, de mouvement centrifuge ou ascendant,...

Les aliments qualifiés d’ "hyper-yang" produisent le plus de chaleur dans le corps... à nouveau indépendamment de leur température. Ce sont le piment, l’alcool, etc. Juste après viennent les aliments « yang », dits aussi « tièdes », réchauffant aussi mais dans une moindre mesure. C’est l’ail, le poireau ou la viande de mouton (à éviter par temps de canicule). Au centre de cette classification figure le « neutre » au sens yin-yang : pomme de terre, carottes, pois. Viennent ensuite les aliments « yin » ou « frais » : banane, concombre, thé, puis ce qui est « hyper-yin » ou froid : melon, pamplemousse, …

En connaissant la qualité de chaque aliment, on évite de faire des erreurs : lorsqu’on a un refroidissement, éviter les aliments frais et surtout froids : concombre, banane et même le thé. Se rappeler que les habitants des pays chauds consomment facilement du thé, même chaud, par forte chaleur, car cette boisson a la propriété de rafraîchir l’organisme. A l’inverse, en cas de refroidissement, l’équivalent du « grog » chinois consiste à faire bouillir de fines tranches de gingembre (de nature chaude) pendant 10 minutes environ, y ajouter du sucre roux. Boire chaud, c’est encore plus efficace. On se rappellera d’éviter en revanche les produits laitiers en cas de coup de froid : le lait de vache est en effet de nature fraîche…

La diététique chinoise, enfin et presque surtout, s’adapte à chaque personne. Car à chacun correspond un tempérament, toujours dans la classification Yin/Yang : vous êtes plutôt Yang si vous êtes plutôt extraverti, actif, de caractère affirmé. A l’inverse, le caractère Yin est plus introverti, plus émotif mais aussi plus sensible et intuitif. C’est par excellence celui des artistes. Pour savoir quel est le votre, faites le quizz."

(Je suis Yin-Yang neutre, décidément, tout est une question d'équilibre chez moi ...)

"Une personne de tempérament plutôt yang s’échauffera plus facilement, dans tous les sens du terme : tendance à la colère, mais aussi risque d’hypertension, possibles palpitations cardiaques, saignements de nez, …

En cas de troubles de nature yang, les médecins chinois conseillent de privilégier les aliments de nature fraîche et froide, afin de rééquilibrer l’organisme. A contrario, à une personne de nature yin, on déconseillera les aliments de nature hyper yin, qui concourent à la stagnation de l’énergie (bananes, pamplemousse, myrtilles, mais aussi sel raffiné et même viande de cheval). Attention aux simplifications, tout ce qui est « yang » n’est pas forcément indiqué pour une nature « yin » : l’hyper-yang (ail, piment, gingembre, alcool fort)  est souvent déconseillé pour ces personnes car il risque de fatiguer l’organisme.

La diététique taoïste est une matière complexe, faisant intervenir les caractéristiques tant des aliments, que la saison, le tempérament des personnes… Malgré ses allures d’alchimie mystérieuse, elle est emprunte d’une grande logique , souvent vérifiée, et on apprend grâce à elle à mieux se connaître et respecter sa propre nature pour goûter à tous les plaisirs de la table… avec modération bien sûr !"

07.10.2007

Indépendance de la presse

Un billet d'Eric informe d'une journée de mobilisation pour l''indépendance de la presse. Les journalistes s'inquiètent de la multiplication des pressions politiques et économiques.

Sur la page de droite, un sondage du Nouvel Obs qui donne le choix entre "libre", "servile", "sans intérêt", "passionnante" et "je ne m'informe que par internet" révèle que 76,4% des 4072 votants jugent la presse française servile. C'est aussi mon avis et je le regrette amèrement.

Quel est le votre ?

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