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Une goutte d'eau ... ?

Il y a quelques mois, j’écoutais une copine se plaindre de l’augmentation constante de ses besoins et de la nécessité absolue, pour les couvrir, de gagner plus d’argent.

Je me souviens, il y a 2 ans presque jour pour jour, de la dernière journée de notre séminaire post-master, à Montréal. Elle embarquée, avec d’autres mères de famille, dans un shopping marathonien pour ramener la liste de vêtements « commandés » par ses ados, qui les avait laissées stressées … et fauchées, et moi refaisant le monde avec un camarade de promo devant un bon brunch, dans un café de la ville.

« Et si la solution à tous tes maux était non pas de gagner plus mais de dépenser moins ? » lancé-je.

Elle m’a regardée, interdite. Et j’ai commencé à lui expliquer comment, progressivement, j'avais réduit mes dépenses et assaini mon environnement.

Quand j’y pense, j'ai toujours été assez réfractaire à l’idée de posséder.
Locataire depuis toujours, j’ai balayé les conseils de mon entourage au motif que je souhaitais rester libre, sans traites à rembourser, et surtout libre de vivre où bon me semblerait. Je n’ai plus de voiture depuis 15 ans et aucun crédit sur le dos.

Longtemps célibataire, j’ai toujours été surprise de cette illusion, dont certains se bercent, de posséder autrui ou de lui appartenir, de certains termes employés comme « je suis à lui », « tu m’appartiens », « ma moitié » (comme si seul, on était incomplet).

Aujourd’hui, nullipare, à l’aube de la ménopause, je suis abasourdie devant l’acharnement et les souffrances que s'infligent certain(e)s de mes semblables pour procréer, alors que la terre est surpeuplée et que tant d’enfants croupissent dans des orphelinats. Une amie m'a demandé un jour " Et tu n'as pas peur de finir seule ?". Ca m'a rappelé Coluche qui disait " Il y en a qui font des enfants parce qu'ils n'ont pas les moyens de s'offrir un chien".

Pour toutes ces raisons et parce que je n'ai pas peur de finir seule, j’ai refusé, il y a 20 ans, d’avoir un enfant à tout prix et je n’ai jamais changé d’avis, même lorsque le dernier train est passé devant moi.

Depuis des années, je meuble et décore mon intérieur d’objets que l’on m’a donnés ou que j’ai ramassés sur le trottoir, en bas de chez moi. L’autre jour, je m’amusais à en faire l’inventaire et j’ai réalisé à quel point, finalement, j’étais une recycleuse.
Tous les meubles de ma salle de bains proviennent de la rue : meuble sous-lavabo, meuble de rangement et 2 colonnes rachetées 20€ à un pote. Dans ma chambre, la table qui me sert de bureau vient, elle aussi, du trottoir. Dans le salon, seuls le canapé, les fauteuils et une bibliothèque ont été achetés neufs. Console en verre, table à manger et chaises, meuble télé à roulettes, table basse, bout de canapé à roulettes, bibliothèque Ikéa, vaisselier, meuble en bois verni : ramassés sur le trottoir pour la plupart, sinon issus de dons. Il y a 2 semaines, j’ai ramassé une magnifique poêle à châtaignes en cuivre, au manche en bois.

Dans ma quête de réduction des coûts, je fabrique, depuis plus de 10 ans maintenant, mes propres produits ménagers, à l’exception du liquide vaisselle. J’ai une impressionnante collection d’huiles essentielles qui nettoient, parfument et me soignent, vu que j’ai la chance d’être en assez bonne santé pour me permettre de boycotter les labos pharmaceutiques.
Plus récemment, alertée par les titres alarmants sur les impacts du plastique sur la santé et l’environnement, j’ai entrepris de réduire mes déchets en faisant la chasse au jetable. Pour ma génération, qui a baigné dans le plastique depuis sa plus tendre enfance, le remplacer par son équivalent durable demande une vraie réflexion (et coûte, à court terme, plus cher).
Dans la cuisine, j’ai viré tous les Tupperware, gobelets plastique et revêtements Tefal et racheté toute ma vaisselle en verre et inox. J’ai remplacé l’essuie-tout papier par des serviettes en tissu et les éponges jetables par de la microfibre. Déjà cuisinière et adepte du fait maison (merci maman !), j’ai découvert que passer mes soirées aux fourneaux me permettait de me vider la tête, d’évacuer le stress de la journée et de ne pas avaler passivement des programmes télé souvent inintéressants.
Je cuisine plus que jamais. Je compote maintenant mes propres confitures sans sucre, centrifuge mes jus de fruits de saison et pétris mes brioches et pains. J’achète local, de saison et sous verre ou carton autant que possible. Depuis peu, je m’essaie au vrac.

Dans la salle de bains, j’ai remplacé les disques démaquillants jetables par leur équivalent en tissu lavable. J’ai drastiquement réduit le nombre de mes produits de beauté et ne remplace plus les bidons en plastique, que je vide laborieusement. De l’huile de jojoba me sert de démaquillant et d’hydratant quotidien et je me lave désormais « solide » : savons, shampoings et dentifrice.

2019, moins de neuf, ç’aurait pu être mon slogan ! Un nouveau cap : je n’achète plus de vêtements neufs. Je me suis inscrite sur une célèbre plateforme de vente / achat de vêtements d’occasion. J’ai décidé de boycotter autant que possible le coton, catastrophe écologique, et suis revenue à des matières naturelles, durables et plus locales comme le lin (produit à 85% en France) et la soie. Accessoirement, je renfloue mon compte et allège mes placards en expédiant régulièrement quelques-uns des 50 articles qui dorment dans mes armoires.

Enfin, en attendant d’avoir ma maison, mon potager, mes poules et de travailler à augmenter mon indépendance énergétique et alimentaire, je m’essaie timidement au solaire. Un briquet solaire (étonnant, je me suis amusée comme une gosse à produire ma première flamme !), une lampe solaire et depuis la semaine dernière, 2 batteries externes solaires.

Mon frère m’a dit un jour (mais ça n’était pas de lui) : « Quand tu as un problème, au lieu de perdre de l’énergie à essayer de le résoudre, déplace-le ».
Depuis que j’ai décidé de ne plus perdre mon énergie à essayer de gagner plus pour accumuler inutile, je me sens beaucoup mieux (et mon compte en banque aussi !)
Et vous, est-ce que vous êtes dans cette démarche et si oui, depuis quand ?

Commentaires

  • Bonjour Sophie,
    C’est drôle je pensais justement à toi, et bam une nouvelle note

    Bravo pour ta démarche, j’en suis très loin.
    Je consomme toujours mais moins qu’avant, mais j’essaie de réduire mes déchets. Depuis que je suis maman, j’ai revu les produits ménagers et de beauté que j’utilise.
    On a arrêté le sopalin, les bouteilles d’eau, je prends plus de gobelet unique pour le café. Et j’espère bientôt éliminer les couches du petit dernier. Je suis inscrite sur un site de don depuis 4 ans pour donner les anciennes fringues des enfants et les miennes, les jouets, les livres etc. C’est un début, je sais qu’il y a encore du boulot !

  • Salut « Chachou » !??? (tu brouilles les pistes, coquine !)
    Une multitude de petites actions font déjà la différence ... bravo !
    En fait, arrêter ou limiter le jetable, c'est du bon sens, celui qu'avaient les anciens. Utiliser les énergies naturelles plutôt que les fabriquer, favoriser les productions locales pour préserver l'emploi et des matières non pétrochimiques pour protéger notre santé.
    On m'oppose que cuisiner ou fabriquer ses produits d'entretien, ça prend du temps, mais ce qu'on perd en temps, on le gagne en argent !
    Ma soeur, jeune maman, a tenté les couches lavables mais fait marche arrière. Moi, je suis tentée par le retour aux mouchoirs en tissu qu'utilisait mon grand-père mais mon mec trouve ça dégueulasse ... ;) et ne lâche pas son rouleau d'essuie-tout papier (issu de papier recyclé, quand même)
    Merci de ta fidélité Chachou, au plaisir de retrouvaille s, en attendant, je te claque une bise !

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