03.01.2009
Le premier jour de l'année à Budapest
J'émerge vers 11h, les yeux gonflés par une nuit courte et l'atmosphère enfumée de la boîte de la veille. Il neige vraiment cette fois, et un léger manteau blanc recouvre les abords de la piscine extérieure qui est fermée ce matin encore. Les jours fériés en Hongrie sont de vrais jours fériés. La veille, le 31, tous les commerces avaient fermé dès la mi-journée. J'avale l'habituel petit-déjeuner, mélange de brioche et salami fromage. Dans la salle fumeurs, notre nouveau voisin, polonais, est déjà à la bière. Il nous casse les oreilles en draguant bruyamment une jeune Croate.
Aujourd'hui sera une journée pépère, jour férié oblige. Nous irons aux bains Széchenyi, les seuls ouverts, pour profiter une dernière fois du bonheur des bains fumants avant notre départ.
Avant de rejoindre le bâtiment, Igor nous emmène sur la Place des Héros qui rend hommage aux personnages qui ont marqué l'histoire de la Hongrie. Au centre, le prince Arpad, chef des sept tribus magyars qui envahirent les Carpates en 895, et en arrière-plan, des colonnades abritent les statues de personnages célèbres, dont Szent Istvan.
Nous entrons ensuite dans l'enceinte du fort Vajdahunyad qui fut construit pour l'exposition universelle et offre un bel échantillon de divers styles architecturaux. Manque le style sécessioniste, mais on y retrouve les styles gothiques, baroques et Renaissance. A proximité, un lac gelé sert de patinoire en hiver. Nous nous promettons de nous offrir tous les deux un après-midi de déconnade sur des patins, de retour à Paris.
Nous entrons aux baisn Széchenyi qui sont blindés de monde, on s'en doutait.
Pour nous réchauffer, on décide de manger un petit quelque chose, manque de pot la cafétéria nous sert du poulet et du riz froid, il n'y a plus de vin chaud, et je manque m'empoisonner en mangeant un dessert conseillé par Igor, à la chantilly et crème de marrons. Je fais remarquer à Igor que le goût est bizarre, il me dit "Oui, c'est parfumé au rhum", donc je continue, je fais goûter à Yo qui s'écrie "Comment tu peux bouffer un truc aussi dégueulasse?" et enfin, lorsqu'Igor plonge sa cuillère dans le sien, il manque vomir. La Chantilly est tournée, en fait. J'en ai mangé les trois quarts, manquerait plus que je me mette à vomir au milieu des bains mais la suite de la journée confirmera que j'ai un estomac à toute épreuve. Lorsqu' Igor veut s'essuyer la bouche avec une serviette, ses doigts passent à travers, il s'écrie "Merrrde ! Qu'est ce que c'est que ces serviettes de l'époque communiste ???" Nous partons dans une crise de fou-rire.
Dans les bains, je retrouve les deux petits Italiens rencontrés la veille aux bains Gellért et leur fait faire le tour du propriétaire. Je retrouve aussi celui qu'Igor et moi avons surnommé "le requin". C'est dingue quand même, je l'ai vu tournoyer, seul, comme un fauve dans les mêmes bains il y a plusieurs jours, puis hier soir il chassait dans la boîte où nous étions, et le revoilà, cette fois-ci cramponnée à une nana. Ses efforts ont payé, visiblement.
Ça parle beaucoup français - et italien - dans les bains. C'est incroyable le nombre de Français qu'on croise à Budapest, il paraît que la Hongrie est une des dernières destinations à la mode.
Lorsque la nuit tombe, donnant une dimension tout à fait magique à ce lieu, je regarde les volutes de vapeur s'envoler dans le ciel bleu nuit et patauge avec Yo, en regrettant de devoir déjà partir.
Plus tard, j'abandonne les garçons. j'ai envie de profiter de ma dernière soirée dans la ville pour flâner seule. Le métro me dépose sur la place Vorosmarty, devant la pâtisserie Gerbeaud. Cette place a des allures de marché de Noel avec ses chalets en bois où on peut acheter à manger. Je me réchauffe avec un gobelet de vin chaud puis emprunte une rue animée mais rien d'intéressant, que des boutiques de fringues, je retourne sur la place, j'hésite à me taper un jarret grillé mais je n'ai pas très faim et me rabats sur un kürtös kalács, un cylindre de pâte cuit autour d'un moule en forme de rouleau à pâtisserie, et roulé dans du sucre à la cannelle. Ca réchauffe les doigts et c'est super bon.
Re-métro jusqu'à Oktogon, puis tramway, les rues sont désertes, c'est une atmosphère peu rassurante au premier abord que ces rues sombres et désertes, mais il y a peu de criminalité à Budapest, aux dires d'Igor. Je rejoins l'hôtel avec précaution car les pavés sont verglassés.
C'était ma dernière soirée à Budapest. En 2009, je me souhaite d'y revenir, aux beaux jours cette fois.
14:02 Publié dans Globe-trotting | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : budapest, voyages, un séjour chez rlb, y'a pas d'mal à s'faire du bien, quand fiso fait la méduse
Au marché couvert de Budapest
C'est le dernier jour de l'année.
Les commerces ferment tôt, alors nous rejoignons vite le marché couvert pour y faire quelques emplettes.
Au rez-de-chaussée, on trouve de la nourriture, principalement des étals de fruits et légumes, peu achalandés car on y trouve que des produits de saison, panais, pommes de terre, carottes, bananes, agrumes et paprikas, bien sûr. Des étals de viande exhibent des monceaux de saucisses, des quartiers de viande, des salamis mais aussi ... du foie gras. Des lobes frais, à 20 € le kilo environ, et des boîtes de foie gras. Saviez-vous que la Hongrie était le deuxième exportateur mondial de foie gras après la France ? Vous avez d'ailleurs peut-être , sans le savoir, déjà mangé du foie gras provenant de Hongrie et cuisiné dans notre Sud-Ouest. Il y a aussi des étals de fruits secs et épices diverses, parmi elles le célèbre paprika, en collier, en poudre, en tube etc. et d'autres où l'on peut acheter de l'alcool, eau-de-vie, liqueurs de fruits et le célèbre vin Tokaji.
Au premier étage, ce sont des gargotes et des boutiques de souvenirs. Des poupées russes, des couteaux, les habituels gadgets à l'effigie de la Hongrie. Je croise un gamin qui mord dans une belle galette, ça a l'air appétissant, Igor me dit "Ah, ce sont des ... j'adorrrre !" alors je goûte, ce n'est pas sucré comme je le pensais, mais salé, il s'agit d'une galette de farine de pomme de terre frite nappée de sauce aigre et fromage. Pas terrible. Bon, j'ai voulu goûter, j'ai goûté ... Debout sur des coins de table, on se restaure en choisissant des poivrons charnus, du chou farci et d'autres choses qui ont l'air bien appétissantes. Le fast-food à la hongroise, c'est pas du Mc Do ! Jugez plutôt :
Il est temps de se réchauffer. Les bains Gellért sont les seuls ouverts aujourd'hui et il y a foule. Quand vous y entrez, il faut passer devant les cabines individuelles, aux portes oranges, et monter au premier étage, là où se trouvent les casiers. Il y a 2 bassins mixtes, un à 38 degrés et une piscine où on peut nager, et une partie non-mixte avec des saunas. Dans le bassin chaud, je rencontre deux Italiens de Milan. Ils sont là pour deux jours et je leur donne rendez-vous aux incontournables bains Széchenyi, le lendemain.
Il est temps de déguster des pâtisseries au café New York. Un endroit somptueux. Nous commandons des chocolats chauds et pâtisseries, pour moi un cheese-cake aux fraises. Les pâtisseries hongroises sont réputées mais je ne suis pas friande de la crème. Sauf sur mon chocolat chaud à la canelle, qui est épais et parfumé, un délice !
Je comprends mieux pourquoi Igor s'énerve quand on lui sert un chocolat chaud en France ... Les liquides coupés à l'eau et offrant autant de cacao qu'un mauvais Nesquik qu'on nous sert en les appelant "chocolat chaud" ne méritent pas ce nom. Seuls le salon de thé Angelina, rue de Rivoli, et maintenant les Marroniers, dans le Marais, trouvent grâce à mes yeux. Il faudra vraiment que j'emmène Igor, et d'autres gourmand(e)s chez Angelina, à notre retour. Et puis, dans une boîte en fer-blanc, je conserve toujours précieusement le bâton de cacao ramené de Guyane par l'adorable et sémillant Tonnegrande ...
Le soir, vers 20h, nous entrons dans une auberge typique, les poutres en bois, les rideaux brodés et au mur, les photos des personnages célèbres qui y ont dîné, dont Mitterrand. Les musiciens tziganes prennent place.
A l'apéritif, un verre d'eau-de-vie. Ensuite, un filet de sandre sur une mousse d'épinards, fort savoureuse. Une soupe aux carottes et légumes, agrémentée d'un oeuf de caille. Puis un plat de viandes diverses et croquettes, servies avec du riz et de la purée. Un trou hongrois avec du sorbet au citron avant une crêpe à la crème. Une femme s'approche de nous et demande si nous sommes français. Elle s'appelle Sabine et vient de Stuttgart. Elle et son mari Dimitri, violoniste, jouent de la musique tzigane, du swing à la manière de Stéphane Grappelli. Ils viennent souvent au festival de Sammois-sur-Seine et nous parlons aussi de l'Allemagne. D'une table voisine, une voix s'élève. Parmi les convives se trouve une chanteuse d'opérette qui accompagne les musiciens sur "O sole mio".
A minuit, les musiciens entonnent l'hymne hongrois. Embrassades puis nous filons en taxi jusqu'au Capella, une boîte au bord du Danube. Dehors, il fait -7 degrés mais je n'ai pas froid dans ma robe dos nu. Musique techno et fumée de cigarette, je ne m'éclate vraiment que quelques minutes sur House of Pain.
Voilà, c'est fini, 2009 est là, et je crois que dorénavant, pour passer ce cap qui me pèse chaque année un peu plus, je fuierai systématiquement Paris.
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Szentendre, les bains Rudas et le Poco Loco
En fin de matinée, nous prenons le HÉV, RER local, pour Szentendre (Saint-André), une ville d’artistes nichée dans la boucle du Danube, à une vingtaine de Kilomètres de Budapest.
Szentendre a accueilli des réfugiés serbes, dalmates et grecs qui lui ont donné une atmosphère méditerranéenne (bon, par – 7 degrés, l'atmosphère méditerranéenne était un peu moins palpable …). Les ruelles étroites et pavées, les maisons colorées, les teintes chaudes dont le fameux jaune Habsbourg, de nombreuses églises baroques en font une promenade bien agréable.
On y trouve aussi de nombreux musées, dont celui du Vin et celui du Marcipan (Massepain), ainsi qu’un musée de céramiques, magnifique, paraît-il, que je visiterai une prochaine fois. Nous souffrons du froid et Oh propose d’aller réserver notre table pour le déjeuner. Malheureusement, Aranysàrkàny, qui passe pour une des meilleures tables du pays, est fermé entre mi-décembre et début janvier. Quelle déception !
Je ne résiste pas à l’envie de pousser la porte du Marcipán Múzeum. La pâte d’amande est un de mes – nombreux - péchés mignons. Je me souviens encore avec émotion d’une journée d’hiver en Forêt-Noire où la petite Fiso, clouée au lit par un mauvais rhume, vit sa mère rentrer avec des fruits en massepain pour la consoler de n’avoir pu sortir dans la neige, fruits dont elle se gava au point de se rendre malade. Plus tard, arrivée à Paris, je retrouvai la douceur de mon enfance en mordant dans des figues et des cochons roses en pâte d’amande.
Je reviendrai un autre jour admirer les nombreuses oeuvres, dont une reproduction du parlement Hongrois, du Marcipàn Muzeum.
Dans la rue principale, un hongrois joufflu arborant de magnifiques moustaches nous fait goûter du jus de framboises. Oh nous emmène sur les bords du Danube. Nous convenons que la visite de Szentendre doit être bien plus agréable à la belle saison. Transis de froid, nous nous réfugions dans un restaurant serbe. Je commande un plat au hasard, surprise, surprise … une sorte de galette de viande hachée aux herbes, ça se mange bien.
Plus tard, nous nous assoupissons dans le HÉV avant de nous réfugier dans la chaleur des bains, rituel désormais quoitidien. Aujourd’hui, je vais découvrir les bains turcs Rudas, au pied du pont blanc Elisabeth. Depuis 2005 seulement, ils sont ouverts aux femmes certains jours.
Les bains Rudas ont été rénovés et sont très beaux. Il me semble que l’odeur de soufre y est moins forte qu’aux bains Kiraly. Je rêvasse sous la coupole, en admirant les colonnes et les voûtes de pierre. Murs et plafonds sont recouverts de céramiques et d’un enduit couleur brique de type Tadelakt. Je m’endors dans la salle de repos, ce qui me prive de remboursement à la sortie.
Lorsque je quitte les bains, la nuit est tombée. Le pont Széchenyi arbore un sautoir de perles scintillantes, c’est féérique. Les bâtiments sont très bien mis en valeur à Budapest et la nuit, la ville est encore plus belle. A l’arrêt du bus 86, un panneau m’indique à quel endroit du parcours se trouvent les bus. Le réseau de transports en commun est efficace, on n’attend jamais plus de dix minutes. Dans le bus, un bandeau lumineux annonce les stations ainsi que les correspondances avec d’autres transports.
Je descends devant la piscine et rejoins les garçons à l’hôtel. Nous décidons de dîner au Poco Loco qui, comme son nom de l’indique pas, est 100% hongrois. Je choisis un divin Borjúpaprikás, un ragoût de veau au paprika accompagné de galuskàval, les gnocchi hongrois. Ils n’ont rien à voir avec les gnocchi italiens caoutchouteux que j’ai déjà achetés en grandes surfaces et leur consistance ferme me rappelle plutôt les pâtes souabes de mon enfance, les spätzle.
Igor rêve d’un dessert et Oh propose d’aller le prendre au café New York. Nous ne verrons malheureusement les luxueux décors et lustres de ce salon de thé, attenant au palace 5 étoiles du même nom, que le nez collé à la vitre car celui-ci est déjà fermé. De retour dans la chambre, nous nous consolons en mangeant les papillottes de chocolat au marcipan offerts par la maman d’Igor.
13:19 Publié dans Globe-trotting | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : y'a pas d'mal à s'faire du bien, voyages, budapest, un séjour chez rlb
01.01.2009
Bains turcs et danses balkaniques
Les garçons me déposent aux bains turcs Kiràly (Kiraille en roulant le r), dans le 2ème arrondissement. Aujourd'hui on se sépare, pas de mixité dans les bains turcs, eux vont aux bains turcs Rudas que je découvrirai le lendemain. La construction des bains Kiràly a commencé à l'époque turque, au 16ème siècle. De la coupole vert bouteille s'échappe de la vapeur.
L'entrée coûte beaucoup moins cher que dans les autres bains : 2600 forint. Comme dans tous les bains de Budapest, si vous restez moins de 2 heures, on vous rembourse de l'argent à la sortie.
Je monte un escalier en pierre et suis accueillie par une femme brune habillée toute en blanc, comme une infirmière. Elle me donne un tablier et une serviette. L'avantage des bains turcs, c'est que ce sont les seuls où on peut se pointer sans rien d'autre que du savon (les tongs sont appréciables aussi).
La serviette ressemble plutôt à un drap de l'armée. Quand au tablier, que j'enfile dans une cabine individuelle, il est si étroit que mes seins débordent de chaque côté. Je noue le cordon dans le dos, les fesses à l'air, on se croirait à l'hôpital décidément, pas grave, de toute façon, je n'ai pas l'intention de le garder longtemps.
Je rejoins les bassins, guidée par le brouhaha plus que par les indications, toutes en hongrois. Je me retrouve dans une salle immense, carrée, au centre de laquelle se trouve un bassin octogonal. Je m'y plonge et lève les yeux. Au-dessus de moi, une coupole bleu nuit constellée de minuscules lucarnes qui laissent passer la lumière extérieure. On dirait un ciel étoilé, c'est magnifique.
Peu de touristes, et beaucoup de très vieilles femmes, une charlotte sur la tête. Une mémé squatte la cascade d'eau chaude, je tourne autour en attendant qu'elle libère la place et on est plusieurs sur le coup.
Je vais faire un tour au sauna, puis m'immerge dans les petits bassins trinagulaires qui se trouvent à chaque coin de la pièce. C'est à Budapest que j'ai réalisé quelle différence font quelques degrés quand on s'y plonge. Le 36 degrés est agréable, le 38 degrés déjà très chaud, le 42 degrés difficilement supportable pour moi. Et le 26 degrés carrément glacial. Je regrette l'absence d'une copine pour papoter.
Après avoir essayé tous les bains de Budapest ou presque, les bains Kiràly sont ceux que j'ai le moins aimés. Ils n'ont pas été rénovés, sont donc bien moins spectaculaires que les autres, et la forte odeur de soufre n'est pas très agréable.
Le lendemain, c'est la journée réservée aux hommes. Les bains Kiràly sont indiqués dans les guides touristiques, ils sont pourtant, aux dires de mes amis, un lieu de rencontre homosexuel. Un homme averti en vaut deux.
Quand je sors des bains, on me rembourse 1000 forint. Ca fait l'entrée à environ 6 €.
Je longe le Danube vers le nord jusqu'au pont Marguerite où je grimpe dans un tramway en prenant garde de ne pas rater l'arrêt "Nougatti" indiqué par O. Le tramway jaune me dépose à la station "Nyugati" de la Gare de l'Ouest, construite par Gustave Eiffel dix ans avant la tour parisienne, qui abrite sans doute désormais le plus beau Mc Donald du monde (qui sert la même merde qu'ailleurs, toutefois).
RLB m'a indiqué un centre commercial où je pourrai acheter un maillot de bain. Je traverse la gare mais ne parviens pas à localiser le centre commercial. A tout hasard, j'entre dans le magasin Kaiser et ne résiste pas à l'envie d'essayer des chapeaux, mon péché mignon.
J'ai rendez-vous avec O. et Yo, à partir de 14h30, dans un restaurant sur la place Ferencz Liszt. Je remonte l'avenue à pied jusqu'à la place Oktogon puis après vérification sur mon plan, prends à droite l'avenue Andrassy (Andrachi).
Me voilà devant le restaurant Menza, je suis la première, l'endroit est populaire et bondé, il y a 20 minutes d'attente et je m'installe au comptoir devant une chope de bière.
Peu après, une serveuse m'installe à une table et j'admire la déco très seventies.
Mes compagnons me rejoignent une demi-heure plus tard, Yo a visité l'ancien quartier juif et la synagogue. Nous choisissons tous trois un chou farci.
Le serveur nous met à contribution pour traduire les plats à la table voisine, occupée par des Français de Montpellier, Paris et Toulouse. Le chou farci est délicieux. Nous prendrons le dessert plus tard, ce sera l'occasion de se réchauffer après la marche qui nous attend.
Après ce déjeuner, nous traversons le quartier juif jusqu'à la synagogue, la plus grande d'Europe. La nuit est déjà tombée.
Détour par la basilique Szent Istvan (Saint Etienne à la française) où nous admirons le marbre rouge, les nombreuses dorures. Sa construction fut mouvementée et s'acheva au début du 20ème siècle, après l'écroulement de la coupole.
Nous nous dirigeons ensuite vers le Parlement en longeant les bâtiments de la télévision et de la banque nationale, deux des plus beaux bâtiments de Budapest, après un hommage en photo à Imre Nagy, premier ministre qui fut exécuté au moment de l'insurrection de 1856 et dut attendre la chute du mur de Berlin pour qu'un hommage lui soit rendu.
Nous traversons le Danube en métro jusqu'à Batthiàny Tér. Le Danube peut faire jusqu'à 70 mètres de profondeur !
Chez Angelika, ancien fief des écrivains et poètes, nous avons dégusté un chocolat chaud et pour moi un tiroli aux griottes.
Retour à l'hôtel, je me repose un peu car une soirée de danses balkaniques nous attend. Et oui, Igor est un danseur hors pair et nous emmène dans une petite salle de quartier, dans le sud de la ville.
L'ambiance est familiale, nous délaissons les tartines les zsiros kenyer, des tartines de saindoux aux oignons rouges, pour des sandwiches au jambon, puis Igor m'entraîne sur la piste et je mets à profit, sur des rondes grecques, les quelques notions qu'il m'avait données dans son salon, un après-midi.
Au grand désespoir d'Igor, pas de danses bulgares mais serbes, turques et grecques. Je le filme, il sautille comme un cabri, ça fait plaisir à voir. Si vous voulez un aperçu des différentes danses, allez là. Moi je suis toujours incapable de distinguer l'une ou l'autre ...
Ereintés après une journée aussi riche, nous rentrons dans le froid glacial. Demain, une journée plus calme nous attend.
12:29 Publié dans Globe-trotting | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : un séjour chez rlb, voyages, budapest, quand fiso fait la méduse
30.12.2008
Un déjeuner avec Tom Hanks
Ce midi-là, nous étions invités à déjeuner dans les collines, au sud de Budapest (Boudapecht en version originale).
Le quartier est résidentiel et l'architecture des maison assez varié. Sur le pas de la porte, on nous fait déchausser et enfiler des "papucs" (papoutche). C'est pas con, tiens, et je crois que je vais en acheter quelques paires pour mes futurs invités parisiens, ça évitera de dégueulasser à coup sûr mon carrelage blanc.
Tom Hanks en personne nous accueille, ben oui, il est là incognito avec sa femme, une jolie blonde aux yeux bleus, petite mais élancée, et ses deux filles, dont une avec laquelle j'ai partagé un thé à la menthe, sur une place parisienne. La maison est cossue, chaude et accueillante. On nous fait asseoir autour d'une grande table et on nous propose une eau-de-vie hongroise ou un Baileys.
J'opte pour le Baileys, en souvenir d'un vol mémorable au-dessus de l'Atlantique. Nous nous sommes perdus et très en retard, et tout le monde est affamé. La maîtresse de maison pose sur la table un plat de tranches de dinde entouré de pommes au four sur lesquelles sont déposés des pruneaux et des cerneaux de noix. Il y aussi un plat de purée et de riz blanc, ainsi qu'un bel assortiment de saucisses. Tom précise que ce sont des hurka (boudins), faits par ses parents. Il y en a des noirs, des boudins au foie, et des saucisses épicées et piquantes.
La maîtresse de maison dépose aussi un saladier qu'elle appelle "kompòt" mais qui ressemble plutôt, pour moi, à une salade de fruits, ainsi qu'une assiette de chou et paprika (poivrons) marinés. Les Hongrois ont l'habitude de manger l'un ou l'autre de ces accompagnements avec les plats de viande. Les boudins sont délicieux, j'en ai rarement mangé d'aussi bons.
Avec cela, Tom nous sert un vin blanc cultivé sur les bords du lac Balaton par son frère qui y possède des vignes. Le lac Balaton est une station balnéaire très prisée des Hongrois mais aussi des Allemands, Hollandais et Autrichiens.
Le repas est très convivial, ponctué par les éclats de rire cristallins de RLB. Toute la famille l'appelle "Oetchi", ce qui signifie "frère cadet".
Au dessert, nous dégustons des roulés au pavot et noix et des gâteaux à la banane, faits par la maman de Tom.
Il fait nuit lorsque nous quittons la maison et rejoignons la station de bus, perdue au milieu de barres d'HLM. Le quartier est désert et pas très joyeux. Nous montons dans un ancien tramway dépourvu de chauffage et rejoignons l'hôtel.
* Note à l'attention de véroPapillon, Boug' et les autres : je n'ai pas déjeuné avec Tom Hanks, mais il y ressemblait beaucoup ...
19:50 Publié dans Globe-trotting | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : voyages, budapest
La joie de vivre à la hongroise
La question à ne pas poser à un Hongrois (dixit RLB, Hongrois de son état) : "Comment ça va ?".
Les Hongrois sont hypocondriaques, et RLB ne fait pas exception.
On trouve d'ailleurs une pharmacie à chaque coin de rue ou presque, et les publicités pour les médicaments sont nombreuses (enfin, pas autant qu'aux Etats-Unis, il me semble, tout de même).
La Hongrie a longtemps détenu le record mondial du taux de suicides.Si elle a été détrônée, elle reste encore dans le peloton de tête.
19:14 Publié dans Globe-trotting | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : voyages
29.12.2008
Budapest, les bains, encore et tous les jours
Hier matin, vers 11h, nous pénétrons dans les bains Gellért, récemment rénovés.
Pour moins de deux heures, l'entrée coûte 3000 forint (12 € environ). Ce n'est pas cher pour nous mais ça l'est pour les Hongrois, le SMIC étant à moins de 500 € ici. C'est la raison pour laquelle de nombreux Hongrois se munissent d'ordonnances médicales leur autorisant un accès gratuit.
Dès l'entrée, l'architecture Art Nouveau est majestueuse. Au plafond, des rosaces, dans le hall, des colonnes torsadées, des statues de femmes nues, des incrustations de céramique. Yo et moi empruntons un long couloir qui longe, en contrebas, les bassins. A travers des hublots, nous apercevons des pieds, et des corps qui flottent. C'est assez surréaliste.
Nous nous séparons le temps des vestiaires où je me perds, bien sûr, et nous retrouvons dans une salle immense.
Nous plongeons dans un premier bassin, waouh, c'est froid, nous ressortons en hâte et en choisissons un autre, bien plus peuplé (et plus chaud). Nous y restons un long moment à discuter de la chance des Hongrois d'avoir la possibilité de se détendre dans des endroits aussi beaux. L'Allemagne aussi possède une tradition thermale. Je me souviens des bains à Stuttgart et de ma visite des thermes de Baden-Baden.
Quel dommage que de tels endroits n'existent pas en France, ou soient en tout cas reservé à des classes sociales aisées. Nous avons pourtant, nous aussi, eu des thermes romains. Pourquoi avons-nous perdu, en France, le culte du bien-être ? Poids de la religion judéo-chrétienne, qui culpabilise le plaisir ? Pourtant, les Hongrois sont catholiques à 80 %.
Peu après, nous perdons un peu de temps à chercher le sauna. Il n'est pas mixte et nous convenons de nous retrouver dans le même bassin vingt minutes plus tard. Je pénètre dans une autre grande salle, il y a des femmes nues, d'autres habillées. Peu d'étrangères, à première vue. Je reste quelques minutes dans le sauna, puis me plonge dans un bassin à 36 degrés, un autre à 38. Deux degrés seulement mais quelle différence dans le ressenti de la chaleur !
Yo m'attend déjà dans le bassin. Nous offrons nos épaules et notre dos à des cascades chaudes et délassantes.
Lorsque nous ressortons un peu plus tard dans le froid mordant de la ville, nous rejoignons, en tramway, RLB dans les faubourgs de Budapest, pour un déjeuner avec ... Tom Hanks ! Mais ce sera le sujet de mon prochain billet ...
11:02 Publié dans Globe-trotting | Lien permanent | Commentaires (40) | Envoyer cette note | Tags : un séjour chez rlb, budapest, voyages, quand fiso fait la méduse, y'a pas d'mal à s'faire du bien
28.12.2008
Budapest, le quartier du château et les bains Széchenyi
Budapest, hier, 22h30. Le taxi enjambe le Danube et nous dépose à l'hôtel, côté Buda. L'arrivée de nuit, les rues pavées traversées par le liséré argenté des lignes de tramway me rappellent les rues du vieil Istanbul.
On pose les valises, il faut trouver un endroit où manger avant que tout soit fermé. Ce sera un fast-food turc traversé de courants d'air, où nous finissons les plats. Sur le chemin du retour, nous stoppons dans un café pour une boisson chaude et revigorante. Le froid est sec et mordant. Je suis avec 2 fumeurs et pourtant, nous marquons tous un moment de surprise en prenant place dans la salle enfumée. Le paquet coûte deux fois moins cher ici, et les Hongrois sont de gros fumeurs.
A une table voisine, un couple passionné se roule des pelles voraces. Mon ami RLB confirme : les Hongrois sont peu pudiques et les scènes de baisers en public sont courantes.
Ce matin, il est 9h20 lorsque j'ouvre la porte de la chambre pour découvrir, en contrebas, la piscine extérieure de 50 mètres déjà fort peuplée. J'avale un café, quelques rondelles de salami et, armée de courage, suis mon pote sur les dalles de pierre. Se balader en maillot de bain par zéro degré (enfin, j'ai un peu couru quand même pour me jeter à l'eau, j'avoue) est un petit exploit. L'eau paraît bien chaude, en comparaison.
Quand je remonte dans la salle à manger après quelques longueurs, un méchant coup de barre me frappe. Je n'ai qu'une envie : me remettre sous la couette mais ce n'est pas le programme.
Après le petit-déjeuner, nous longeons le Danube pour monter dans le quartier du château. Les façades des maisons sont colorées de teintes pastels, les rues pavées, je retrouve l'architecture praguoise. RLB nous montre la plus vieille maison de Budapest. La lumière est magnifique, le soleil radieux et le ciel bleu. Il paraît que ça va durer toute la semaine.
Plus loin, nous bifurquons à gauche et découvrons une superbe église aux tuiles colorées et vernies : l'église Saint Matthias, quelque peu défigurée par une rénovation. De là, un panorama grandiose sur la ville.
En face de nous, le Parlement et en contrebas, le pont des Chaînes, le plus vieux pont de Budapest construit par le comte Széchenyi (qui a également donné son nom aux célèbres bains).
Nous empruntons ce pont pour rejoindre Pest, passons devant la fameuse pâtisserie Gerbeaud et débouchons sur la place Vorosmarty où des gens sont attablés sur des bancs en bois. Nous louchons sur des jarrets et saucisses dodus en train de griller en plein air mais RLB ne veut pas manger dehors par ce froid et nous descendons dans le métro.
Le métro de Budapest est le plus vieux métro continental et le deuxième métro européen après celui de Londres. Il est beau et spacieux avec ses poutrelles métalliques vertes et ses portes en bois.
Nous descendons à Opera et marchons sur l'avenue Andrassy où se succèdent les boutiques branchées. Nous déjeunons de soupes hongroises dans un restaurant.
Nous reprenons le métro pour rejoindre les fameux bains Széchenyi. Je suis toute excitée d'entrer dans ce lieu mythique. Les garçons m'abandonnent et je mets un peu de temps à les rejoindre à l'extérieur. A travers les épaisses volutes de vapeur, j'ai du mal à distinguer leur silhouette. Ils me font signe. Quel pied d'entrer dans l'eau chaude à souhait après une journée à crapahuter dans les rues de Budapest !
Après quelques instants de délassement, O. m'entraîne pour un parcours de santé. Nous faisons quelques pas sur le sol glacé (on s'habitue vite en fait) et pénétrons dans une salle exiguë, toute en longueur et en bois blond où des dizaines de corps se pressent : le sauna. Nous y restons quelques minutes puis nous frottons le corps de galettes de glace que distribue une étrange machine, avant de nous immerger dans un bassin d'eau glacée. Ensuite nous nous plongeons dans divers bassins, un à 28 degrés, un autre à 35, puis un petit tour très rigolo dans un bassin à courant qui nous fait tourner à toute vitesse. Après 2 heures de bonheur, nous ressortons, tous épuisés, vannés même.
Une heure plus tard, la maman de RLB dépose devant nous du riz et des tranches de carpe panée, un plat de fête et plus particulièrement de Noël. Elle nous honore. Il est tard lorsqu'après plusieurs connexions en bus, nous rentrons nous écrouler à l'hôtel.
Je vais me coucher, demain une autre journée, toute aussi remplie, nous attend !
01:25 Publié dans Globe-trotting | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : budapest, quand fiso fait la méduse, voyages, un séjour chez rlb, y'a pas d'mal à s'faire du bien
13.08.2007
La Barbade
En cet automne prématuré, je vous propose une escapade ensoleillée vers les Caraïbes, sur l’île de la Barbade où je passai 2 séjours inoubliables, en septembre 96 et mars 97.
Voisine de la Martinique et de la Grenade, cette ancienne colonie anglaise est l’île la plus orientale de l’archipel des Antilles.
Découverte par des navigateurs portugais en 1536, elle devrait son nom aux figuiers barbus qui y poussaient à l’époque. Cette île est réputée dans toute la Caraïbe pour sa vie nocturne, ses plages magnifiques, son climat stable et son infrastructure touristique.
La plupart des complexes hôteliers s’échelonnent entre Speightstown, au Nord, et Oistins au Sud, à l’abri des forts vents de l’Atlantique qui balaient la côte Est. Les touristes viennent principalement d’Angleterre, Irlande, USA et Canada. Pas de français ou presque, les petites françaises y font sensation …
On appelle les habitants de l’île, ainsi que leur créole, le(s) Bajan (s).
Je passai mon premier séjour à la Barbade avec 4 irlandaises, parmi lesquelles mon amie Blaithin dont j’ai déjà parlé ici.
Nous logions sur la côte Sud de l’île, là où se rencontrent mer des Caraïbes et océan Atlantique, au Sandy Beach hotel, à Christchurch. C’est la côte la plus animée le soir.Sans moyen de locomotion mais à 2 pas de St Lawrence Gap, pépinière de restaurant et boîtes, notre séjour se passa principalement entre ballades à cheval, plage, restaurants et boîtes. L’un des avantages d’aller dans un pays fréquenté par des anglais, c’est ce super concept d’happy hour ; les daïquiris m’évoquent immanquablement les délicieux cocktails à la mangue, fraise ou banane que j’ai sirotés à la Barbade, sur fond de ragga.
Nous naviguions chaque soir entre le Ship Inn et le Harbour Lights, une boîte en plein air sur la plage où nous dansions jusqu’à l’aube, avant d’aller dormir au bord du lagon de Sandy Beach.
Le plat national de la Barbade est le poisson volant, qui a même été choisi par l'office de toursime comme emblème, à accompagner de cou-cou, un plat de farine de maïs et gombos.
Je garde un excellent souvenir d'une langouste grillée chez David, le jovial propriétaire d'un restaurant romantique à souhait surplombant la mer, avec en contrebas les lumières scintillantes du Gap.
Je me souviens aussi avec émotion du sublime chanteur du groupe 2nd Avenue, en marcel blanc et bandana, qui nous affolait, Blaithin et moi, de sa voix chaude et de son regard de félin.
Il y a une chose qu’il ne faut rater pour rien au monde à la Barbade, c’est le Oistins Fish Fry.
Chaque vendredi et samedi soir, après que les derniers bateaux aient déchargé leurs prises, le village de pêcheurs d'Oistins est en fête.
Aux abords du marché aux poissons, des mamans avenantes et rebondies font griller et frire sous vos yeux toutes sortes de poissons : barracuda, thon, requin, daurade, poisson volant, espadon que l'on vous sert avec du riz ou des patates douces, à faire glisser avec une gorgée de Banks bien fraîche.
Lors de ma première soirée au Oistins Fish Fry, 2 mamans hilares m'ont prise en sandwich pour me faire danser le calypso avec elles. Je ne me suis pas démonté et mes copines ont bien ri.
La veille du départ, mes copines partant pour Sainte-Lucie, je décidai de prolonger le séjour et d’en profiter pour visiter le reste de l’île. Accompagnée de Chris, mon dévoué guide, je fis le tour de l’île -34 km de longueur sur 23 de large - et découvris la magnifique côte Est, sauvage et dangereuse.
Les vagues furieuses de l’océan Atlantique viennent s’écraser sur les plages rocheuses désertées par les nageurs avertis mais envahies, le dimanche, par les bajans qui viennent y pique-niquer en famille. Le long de la côte s’égrènent maisons d’hôtes, restaurants et rhumeries où l’on peut acheter le fameux Mount Gay. La baie de Bathsheba, au pied d’une colline, est un spot bien connu des surfeurs.
En redescendant vers le Sud-Est, on rencontre la plage de sable rose et les dunes de Crane Beach et puis Bottom Bay, ses falaises, ses grottes, ses cocotiers et son sable blanc. Le soir, nous retrouvions les amis de Chris au Boatyard, qui propose plus de 100 cocktails différents, avant d’aller danser.
En dehors de Cuba, la Barbade fut mon seul séjour dans les Caraïbes et un de mes plus beaux souvenirs. Vous pouvez trouver des informations sur cette magnifique île, en anglais, ici.
17:10 Publié dans Globe-trotting | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : barbade, voyages
22.01.2007
New York, New York
Je passai cette semaine à Manhattan dans une chambre louée chez une dame très riche aux alentours de la 80ème rue Est. Le premier matin, je fus réveillée par les sirènes de véhicules d’urgence. Le nez dehors, j’eus l’impression d’être dans une série américaine. Tout me paraissait à la fois magique et familier. Les taxis jaunes roulant à toute allure dans les rues cabossées, les feux suspendus, les yuppies et business women en tailleur et baskets, les vendeurs de hot-dogs aux coins des rues, les phoneboxes, les longues limousines noires aux abords de la 5ème avenue, Central Park et ses joggers, Broadway, la 42ème rue … Le rythme trépidant de la ville m’exaltait. Je sortais le matin à 8h pour ne rentrer que le soir, fourbue après une journée passée à marcher. Les rares passants auxquels je demandais mon chemin étaient tous très serviables. Je me souviens de leur stupéfaction lorsque je leur demandais comment aller à pied à tel endroit « Mais c’est à 10 blocs ! » Je ne voulais pas perdre une miette de ce film dans lequel j’étais l’héroïne principale : Fiso à New York ! Chaque jour, je « petit-déjeunais » de bagels et pancakes tout en observant la faune new-yorkaise. Une de mes premières visites fut consacrée au Metropolitan museum où je connus ma première émotion devant une toile. C’était « Living interiors » de David Hockney ; l’affiche de ce tableau lumineux a trôné longtemps dans mon salon. Ma 2ème grande émotion fut la découverte du pont de Brooklyn. C’est devenu un rituel désormais, pas un voyage à Manhattan sans traverser le pont, pour le plaisir. J’aime la vue qu’on y a sur le vieux port de New York et sur toute la ville, surtout le soir tombant, lorsque la ville se pare de mille feux. Et puis, la ballade en ferry jusqu’à la statue de la Liberté. Je passai le reste de la semaine à flâner au gré des rues en chantonnant « Englishman in New York » de Sting. Fan de rap et funk, je passai beaucoup de temps à Tower Records sur Broadway et rentrai à Paris avec une trentaine de CD dont le premier de Mary J. Blige, alors inconnue en France. Qu’est ce que j’ai frimé auprès des copains avec ma collec’ de CD hip-hop ! Au cours de ce premier voyage, je contactai l’ami d’un ami parisien qui devait par la suite, devenir mon point de chute. Keddins, d’origine haïtienne, était ingénieur du son pour une boîte de prod’ indépendante. La 2ème fois, je passai donc mon séjour chez Keddins. Toujours invité à des soirées par ci par là, il me fit découvrir la nuit new-yorkaise que je trouvai par ailleurs assez décadente. Il m’entraîna ainsi au Limelignt, une église transformée en boîte, où je faisais figure de nonne à côté de filles délurées et à à peine couvertes de tops transparents. Un autre soir, il m’emmena dans une soirée ragga ; à l’époque j’écoutai beaucoup Shabba Ranks et ses ladies mais là, je passai la soirée les fesses collées au mur. Il faut dire que l’ambiance était bouillante, les « bro » très entrepreneurs et les « sistaz » pas farouches pour un sou. Elles chaloupaient, la main entre les jambes, et les couples qui « dansaient » me donnaient plutôt l’impression de mimer l’acte sexuel. Keddins me taquina en me disant que j’étais prude. Ca ne me fit pas décoller de mon mur. Il me fit découvrir d’autres endroits comme le Yaffa Café et les nombreux restaurants indiens d’East Village, la nourriture macrobiotique d’Angelica’s Kitchen, le Nell’s club et me présenta à quelques-uns de ses amis. L’année suivante, je partis avec un de mes meilleurs amis, Jeff. On s’est bien marré et on a fait plein de choses sympas. Survol de Manhattan en hélicoptère avant lequel mon Jeff, pas fier, est allé pisser 3 fois. Découverte de la cuisine éthiopienne au restaurant Abyssinia sur Grand Street. Panorama inoubliable du toit des regrettées Twin Towers. Soirée au Nell’s, une boîte hip-hop de Greenwich Village, sur la 14ème rue. Jeff parlait alors un anglais moyen et tout à coup, je le vois en grande discussion avec un couple. Je me dis « Waow ! Il a fait des progrès fulgurants ». Une demi-heure plus tard, il revient vers moi en me disant « Hey, c’est cool, j’ai rencontré un couple de haïtiens vachement sympas, ils parlent français ».
Un soir, on a pris des places pour un spectacle mémorable et indescriptible du « Blue Man Group » sur Astor Place. En voici une idée :
« Les trois célèbres hommes bleus occupent depuis quelques années ce théâtre off Broadway au coeur d' East Village. Leur décapant spectacle, désormais un classique, fait salle comble à chaque représentation. Rock, mime, vidéo, peinture... un happening multiple et envoûtant qui vous ballade tambours battant entre rire et émotion ... et sans même avoir à comprendre l'anglais... Un must! “
L’année suivante, je me payai le luxe d’un week-end shopping avec des collègues. Puis autre visite avec ma petite sœur. Budget limité oblige, on a dormi dans un hôtel un peu miteux.La dernière fois que je suis allée à Manhattan, c’était avec mon ex en 2000. Il n’a pas eu, comme moi, le coup de foudre pour NY. Il paraît que New York, on aime ou on déteste, pas de demi-mesure. On a fait le tour de la ville, Times Square, Washington Square, visite du passionnant et émouvant musée d’Ellis Island, dîner dans un restaurant du Pier avec vue imprenable sur Brooklyn Bridge, salsa endiablée au S.O.B’s sur Varick Street. On dormait chez Keddins, toujours lui, qui habitait en coloc dans Tribeca avec un vieux saxophoniste de jazz qui connut son heure de gloire. Chaque matin, on prenait, chez Bubby’s un petit-déjeuner pantagruélique qui nous calait jusqu’au soir.
New York me manque et j’ai vraiment hâte d’y retourner.17:00 Publié dans Globe-trotting | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Voyages, Etats-Unis, souvenirs



















