18.09.2009

La petite fille de Monsieur Linh

Conseillé par une de mes clientes, déniché dans les rayonnages de ma médiathèque municipale deux jours plus tard. Dans l'avion qui me ramène de Brest, j'écrase une larme. Ma voisine allemande demande : "Vous l'avez fini votre bouquin ? La fin est ... incroyable, j'ai dû la relire plusieurs fois pour être sûre d'avoir compris".

"La petite fille de Monsieur Linh", de Philippe Claudel, amitié pudique et bouleversante entre deux solitudes qui ne parlent pas la même langue. Témoignage de la folie des guerres et de la souffance des émigrants. Extrait choisi :

"Les deux amis s'en vont. Ils descendent le chemin qui se coule dans la forêt. L'air embaume la terre humide et la fleur de frangipanier. Les mousses ressemblent à des coussins brodés de jade et les bambous frémissent des bruissements de mille oiseaux. (...) Dans les rizières, les femmes en chantant repiquent les jeunes pousses de riz. Leurs pieds disparaissent dans la mare chaude et boueuse. Des buffles méditent, la tête basse, tandis que des pique-boeufs paradent en ébouriffant leurs plumes blanches. Des enfants tentent d'attraper des grenouilles en poussant de grands cris et en frappant l'eau avec des baguettes de saule.

"Que c'est beau ! s'exclame le gros homme. 

- C'est mon pays...", dit Monsieur Linh en faisant un geste de la main comme s'il en était le seigneur.

Lorsqu'ils arrivent en vue du village de Monsieur Linh, ils sont déjà suivis par toute une troupe d'enfants que le vieil homme apostrophe et réprimande. Mais il n'y a pas de méchanceté dans ses mots car ces enfants qui piaillent, cette troupe brune aux yeux noirs, aux cheveux d'encre qui narguent le soleil, aux ventres rebondis, aux sourires de lait et aux pieds nus, ce sont les jeunes pousses, les aubes des lendemains, les ruisseaux de sève de son pays, de sa terre qu'il aime et porte au plus profond de son être.

04.08.2009

Tati, c'est fini ...

IMG_1579.JPG« Deux temps, trois mouvements », l’expo sur Jacques Tati à la Cinémathèque Française s’est terminée hier. A une semaine près, je la ratais et je ne me le serais pas pardonnée.

Comme on change pas une équipe qui gagne, je m'occupe des mots et Boug', du choc des photos.

Tati, je l’ai découvert en Irlande où en proie au mal du pays, j’avais entrepris d’occuper les – nombreuses – soirées pluvieuses à parfaire mon éducation cinématographique en visionnant les classiques du cinéma français. J’écumai le rayon « films français » de l’Alliance Française et du vidéo club en dessous de chez moi. Je découvris ainsi « Les enfants du paradis », « Boudhu sauvé des eaux », « Les galettes de Pont-Aven » et … « Jour de fête ».

L’accent de ce village berrichon, ses habitants et les pitreries de François sur son vélo m’avaient bien fait rire. « Playtime » acheva de me conquérir.

Rentrée en France, je découvris le site officiel de Tati, fidèle à son esprit.

J’entraînai à cette expo mon amie Boug’ qui ne connaissait le cinéaste que de nom. Je supposai que son âme de gamine serait sensible à l’univers poétique de Tati et à sa capacité à s’amuser d’un rien. Sur la façade de la Cinémathèque, la silhouette si célèbre de l’homme à la pipe. C’est aussi ma première à la Cinémathèque.

Nous entrons dans un grand espace de verre et sommes plongées dans l’atmosphère de Playtime. Des jeux d’illusions, un escalier qui ne mène nulle part, une secrétaire qui apparaît et disparaît, comme par magie. Comme dans ses films, chaque détail compte.

Outre une immense pipe qui trône là, l’expo est parsemée des objets célèbres des films de Tati : les chapeaux féminins farfelus, des accessoires, les meubles de la villa Arpel. Des écrans ça et là diffusent de nombreux extraits de ses films. Nous rejoignons des spectateurs vissés devant un alignement d’écrans. Ce sont « Les 6 leçons du professeur Goudet » qui abordent la vie, le travail et les écueils de Tati, le tout ponctué d’interviews de personnalités artistiques, certaines clairement influencées par lui,  d’extraits de films et/ou publicités lui rendant un discret hommage et de réclames drôlissimes que Tati réalisa pour Taillefine. C’est là que je réalise que Mr.Bean, un autre burlesque, est l’héritier direct de Tati.

Dans une pièce sombre, une vitrine expose les objets « collectors » : sa sacoche de facteur dans « Jour de fête », son Oscar. Un film montre la construction de Tativille, où fut tourné Playtime, sur un terrain vague de Joinville-le-Pont.

Sur le chemin de la sortie, sa silhouette dégingandée, reconnaissable entre toutes, immortalisée dans de nombreux croquis, notamment de Defaix et Sempé, ses amis. La visite se termine dans un décor de cabanons de plage et des photographies de famille, dont ce grand-père russe auquel il ressemblait beaucoup.

L’expo m’a beaucoup plue, mon seul regret étant que les projections de films et conférences n’eurent lieu qu’en avril et mai. Rien du tout en juin et juillet.

Comme beaucoup d’autres, on n’aida pas Tati à réaliser ses films, il y engouffra souvent sa fortune (il dut hypothéquer sa maison pour Playtime) mais fut encensé a titre posthume.

A la sortie, enchantée de cette plongée ludique et colorée, je m’amuse de trouver un vieux vélo un peu rouillé contre une barrière et un manège d’enfants.

Tati.JPG

Tout en nous baladant dans le parc de Bercy, croisant des poussettes et le serpentin de voitures en contrebas, je dis à Boug’ que j’ai l’impression de voir du Tati partout.

Après tout, c'est Tati lui-même qui disait « Le film commence quand on sort de la salle » ...

03.07.2009

Fiso, les pieds dans l'eau

J’ai passé un super week-end. Au bord de l’eau, les pieds dans l’herbe, sur fond de musiques africaines et électroniques.

C'était ma 2ème participation au Festival de l’Oh ! et j’ai apprécié cette édition encore plus que l’année dernière. C'est quoi le festival de l'Oh ? C'est ça :

 

Pour commencer, j'ai choisi l'escale de Vitry sur Seine, où le festival s’était installé à hauteur du Port-à-l’Anglais, un pont suspendu qui n’est pas sans rappeler celui de Brooklyn.

Je descends sur la berge où je bois un verre avec mon ami Igor. Peu après, la compagnie Pascoli se jette dans le vide pour un spectacle plein de poésie, au ras de l’eau, sur des musiques qui donnaient furieusement envie de danser (photos Igor, qui a décidément de l'or au bout des doigts)

IMG_010865.jpg
IMG_010873.jpg
IMG_010918.jpg
IMG_010915.jpg
IMG_010975.jpg
IMG_010988.jpg

Le long de l’eau, une expo photos illuminée par la majestueuse Aminata Traoré, que j’avais écoutée à Vitry, d’ailleurs, et Igor qui immortalise le corps sculptural de mon escorte.

As et Aminata.jpg
As plongeon.jpg
As les regarde arriver.jpg

Alors Boug', moi aussi, j'ai de beaux mecs en rayon, hein ?

Je discute avec des festivaliers qui s’inquiètent des coupes budgétaires de cette édition 2009 (moitié moins d’escales par rapport à 2008) et craignent la disparition de ce festival populaire. Difficile pour les communes, dans le contexte actuel, d’allouer un budget pour un évènement culturel, même si celui ci est fortement apprécié des citoyens.  

Plus tard, concert d’un groupe malien, Dangana. La ville de Vitry ayant eu la mauvaise idée de fermer l’espace restauration avant même le début du 2ème concert (il est à peine 22 heures), nous quittons les lieux pour rejoindre le KB et ce très bon restaurant italien en bordure de la N7.

Le lendemain, j’ai RDV à Ablon-sur-Seine. Ce que j’aime par-dessus tout, avec le festival de l’Oh !, c’est qu’il me permet de découvrir les berges de villes jusqu’alors inconnues. Ablon, c’est joli et ce serait parfaitement bucolique sans le ballet incessant des avions qui décollent d’Orly tout proche. Sur une péniche, face à nous, la pièce de théâtre « Le grand choix » de la compagnie Hercub’  nous a fait rire jaune : 

 « Le Grand Choix est une émission de téléréalité. Des clandestins débusqués sur une embarcation ont le choix entre se rendre à la police où participer à l'émission, avec à la clé: papiers, travail, asile, logement...et il n'y aura qu'un seul gagnant. »

Tandis qu’un ami profitait des séances d’initiation à la voile, je me prélassais dans une chaise longue en écoutant du très bon reggae. Sur la Seine, les navettes fluviales du festival transportaient des populations joyeuses. Après une visite instructive des maisons de l’Oh ! et un quizz testant mes connaissances en matière d’eau (score 17/26), direction Orly. J’ai apprécié l’organisation de minibus-navettes pour transporter les familles. A Orly, ça manquait un peu de musique mais l’ambiance était bon enfant. C’était l’heure du goûter alors j’ai mangé un tiakri puis, chaleur oblige, somnolence et soupirs de plénitude au bord de l’eau dans ces très confortables transats en toile beige.

Un air de tango parvient jusqu’à mes oreilles ; face à moi, sur l’eau, une péniche et des danseurs. C’est le spectacle « Les Noces de trottoir » des compagnies Tango Sumo et Vendaval.

Peu après, une voix féminine a capella, puissante et légèrement éraillée, s’élève au milieu de la foule. Une superbe africaine, dans une tenue traditionnelle associée à des talons aiguilles qui galbe à merveille ses formes parfaites, chante en bambara (je crois). J’aurais bien aimé qu’on me traduise ce qu’elle disait. Sans transition, une musique électronique draine un mouvement de foule vers un podium sur lequel des dizaines de sachets contenant de l’eau sont posés. Dans une chorégraphie énergique, digne des pires clips de rap bling bling, une jeune femme à poil très légèrement vêtue et en talons aiguille transperce les sachets d’eau de ses talons et se laisse tomber dessus, éclaboussant les enfants amusés. Les hommes, ravis d’un si beau spectacle, dégainent les téléphones portables pour filmer la performance, sous le regard faussement indifférent de leurs femmes. Plus tard, je discute avec une maman qui traîne 2 enfants à moitié endormis et confie « C’est vraiment sympa ce festival, et les minibus-navettes, une vraie bonne idée de la mairie mais je n’ai pas aimé la chorégraphie. Ce n’était pas un spectacle approprié à des enfants ».  

Le festival de l’Oh, malgré de cruelles restrictions budgétaires, a encore cartonné cette année (merci le soleil !)

Entre 150.000 et 160.000 visiteurs sur les 10 escales, 15.000 personnes transportées sur les navettes fluviales et 21.000 € collectés pour le collège de Zinder.

Alors, l’année prochaine, amis franciliens, vous y allez ?

Fiso et Igor.jpg

 

26.06.2009

A la flotte !

affiche_visuel_nubd_jpg_16616.jpgEt voici venue l'heure du rendez-vous avec le festival préféré de nos 2 Val-de-Marnais émérites, Nicolas et Tonnegrande,  : le festival de l'Oh !

" Avec l’été, le festival de l’Oh ! revient enchanter nos berges et nos cours d’eau. Rendez-vous le long de la Seine et de la Marne, les 27 et 28 juin prochains." (ce week-end, quoi ...)

Cette année, les couleurs et les rythmes de l’Afrique feront vibrer les escales. Le fleuve Niger en est l’invité d’honneur. La région qu’il traverse, exsangue, en proie à des dérèglements climatiques sans précédent et à des problèmes d’accès à l’eau, est pourtant riche d’une grande effervescence artistique. C’est la vitalité de cette culture africaine qui fera vibrer les escales. Cette invitation sera aussi l’occasion de découvrir la Communauté urbaine de Zinder, au Niger, qui entretient des relations de coopération avec le Département du Val-de-Marne, et les dizaines d’associations qui, riches des cultures africaines dont sont porteurs nombre de nos concitoyens, se sont mobilisées.

Recentré cette année sur dix escales en Val-de-Marne, une à Paris et quatre en Seine-Saint-Denis, le festival de l’Oh ! a trouvé les moyens d’embellir encore malgré les mesures d’économie qu’il nous a fallu prendre pour tenir compte du désengagement de l’état et de la crise économique.

Que vous soyez Val-de-marnais, Franciliens, ou que vous veniez de plus loin profiter de cette fête unique qui fait notre fierté, inaugurez l’été au bord de l’eau, dans la beauté, la découverte et le débat."

Le programme, c'est ici

12.05.2009

Western Leone

100_3296.JPGFiso aime les westerns. Elle adore. Elle devait avoir 6 ou 7 ans quand elle a déboulé dans le salon où son grand-père regardait un film, avec en fond sonore une voix féminine triste et mélodieuse. Et un harmonica. Il y avait un homme debout sur les épaules d’un autre homme mais Fiso était trop jeune et on l’a chassée du salon. Plus tard, elle s'installa, à chaque fois que ce fut possible, devant "La dernière séance" du mardi soir.

Depuis, Fiso aime les hommes mal rasés et poussiéreux et les femmes frondeuses et vénéneuses qui après avoir lancé des regards outrés, se font culbuter avec entrain dans une chambre sordide au-dessus d’un saloon.

Et même si les cowboys étaient au fond de beaux salopards, Fiso aimera toujours les westerns. Mais comme ce n'est plus à la mode, elle se repasse ses vieux classiques.

Alors, la semaine dernière, avec un autre amoureux des westerns, ils ont entrepris un pèlerinage dans le paysage désertique de la Sierra Nevada, là où ont été tournés, dans les années 70, nombre de westerns « spaghetti ».

100_3321.JPG

Fiso a garé sa voiture non loin de Tabernas et a foulé la terre sablonneuse d’un authentique village de l’Ouest américain.

100_3292.JPG
100_3293.JPG

Elle a caressé les chevaux et s’est noirci la pulpe des doigts en grattant les oreilles d’un âne en manque de câlins.

100_3306.JPG

Elle a visité la prison puis a poussé les portes battantes du saloon. Il était désert, hormis trois cowboys qui jouaient aux dominos en fumant des Marlboro. Elle s’est sentie un peu con dans sa minijupe en jean et ses espadrilles. Elle s’est penchée sur la balustrade qui dominait le saloon, elle a reconnu sur les photos les scènes mythiques de tous ces films qu’elle a vus et revus : « Hasta que llego su hora » (Il était une fois dans l’Ouest) et aussi « Pour quelques poignées de dollars », « Les pétroleuses », « Le bon, la brute et le truand » ou « Le condor ».

Elle a descendu les marches et s’est dirigé vers les cowboys. Cachés sous leurs chapeaux, ils la regardaient s’avancer. Un instant, elle s’est même prise pour Sophia Loren. Le plus âgé (et le plus ténébreux) des cowboys a poussé une chaise vers elle et l’a invitée à jouer aux dominos. Elle s’est assise. Il lui a dit « Raconte moi ta vie, qu’est ce que tu fais, d’où tu viens ? ».

Alors ils ont discuté, plaisanté. José, Pepe et Jesus (un autre, ils sont nombreux dans le coin) sont tous trois acteurs dans des spectacles pour touristes où sont reproduits des pendaisons, des duels entre cowboys. Le frère de Jesus vit même en France, à Forbach. Ils ont pris des photos, beaucoup, et même une où ils pointent un fusil sur la tempe de Fiso.

100_3315.JPG

Et puis, José lui a dit « Je suis le fils d’Henry Fonda ». Il ressemblait beaucoup au célèbre acteur, c’est vrai, mais elle a pensé qu’il se moquait d’elle. Elle a souri. Ils lui ont montré une vidéo suisse allemande où une journaliste interviewe « le fils caché » d’Henry Fonda. Il a raconté que sa mère, qui était encore plus belle que Claudia Cardinale, avait eu une aventure avec Henry Fonda en 1961.

José lui a fait promettre à Fiso de revenir la prochaine fois avec une bouteille de Sancerre. Les cowboys ne sont plus ce qu'il étaient...

Ce n’est qu’en sortant que Fiso, parcourant le prospectus qu’ils lui avaient remis, lu un article de presse sur « el hijo secreto de Henry Fonda ». L’acteur est mort en 1982, sans avoir eu connaissance de cette supposée descendance andalouse. Fiso n’a rien trouvé sur le web francophone mais plusieurs articles en espagnol. Info ou intox, je ne sais pas mais la ressemblance est frappante :

http://www.elmundo.es/papel/2006/09/22/ultima/2028034.html

Quelle chance qu’il n’y ait pas eu de spectacles pour touristes ce jour-là !

10.10.2008

Vicky Cristina Barcelona

Vicky Cristina.jpgJ’ai toujours été réfractaire à Woody Allen. Sans doute par pur snobisme. Je n’ai vu qu’un film de lui et je n’en ai même pas retenu le titre. 

Cependant, hier, quand une copine m’a proposé son dernier film, « Vicky Cristina Barcelona », j’ai accepté, dubitative. J’avais envie de me changer les idées et cette comédie romantique, entièrement tournée en Espagne, affichait un casting prometteur : Scarlett Johansson et Javier Bardem, que j’avais savouré dans « The dancer upstairs »

Ca a fonctionné. Ce film est délicieusement sensuel, il célèbre le vin, les soirées d’été en terrasse, les chants et la guitare, les amours plurielles, et surtout, la sororité, à travers de sublimes échanges entre les 3 actrices.

Bardem, sa force virile, sa voix, ses rides : très troublant. Scarlett, toujours aussi émouvante et pulpeuse. Et Penelope, vénéneuse.

L’atmosphère de "Vicky Cristina Barcelona" m’a plongée dans un état particulier. Alors, à la sortie, j’ai eu envie d’un verre de vin rouge. Entre autres choses.

13:46 Publié dans J'aime | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : ciné

30.09.2008

Les Romanesques

L’ambiance au Balajo hier soir, c’était ça : Les Romanesques, Yokozuna, « The king of sumotori ».

Un cabaret burlesque délirant !

10:38 Publié dans J'aime | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : japon

22.09.2008

VTT Trial

05.jpgJ’ai vu une démo de VTT trial de Yohan Triboulat, mentor du street trial, et Thibault Marriaux, champion du monde par équipe en 98. Ca déchire ! Merci Yohan et Thibault pour cette belle démonstration !

 

(Le VTT Trial s’affirme de plus en plus comme une pratique urbaine, à la mesure du skate et du roller qui ont conquis les centre-villes.

Le trial est un sport de franchissement, d’équilibre où il faut de la souplesse, de la précision. La particularité ? Pas de selle, des pneus gonflés à basse pression pour avoir une adhérence et du rebond. C’est un sport où les pilotes sont en équilibre sur un vélo et doivent franchir un certain nombre d’obstacles sans jamais poser le pied à terre... et bien sur sans chuter.)

Thibault Marriaux, le trialiste des Deux-Alpes s'est reconverti dans l'événementiel en créant une société avec laquelle il organise des shows lors d'événements sportifs.

Démonstration en musique :

 

18.09.2008

Bijoux ethniques

J’aime pas les boucles d’oreilles, j’en porte presque jamais. Ca me gêne et s’accroche dans la sangle de mon casque de vélo , et quand je suis avec un amoureux, parasite les baisers qui s’égareraient joyeusement dans la zone de mon cou.

En revanche, les bagues et les colliers, j'en suis gaga …

Paraît que j’ai des mains fines, alors je m’en donne à cœur joie, plus elles sont grosses et plus je les aime.

Et les colliers idem, j’aime le lourd, le métal, les pierres de couleur, les cabochons, tout sauf discret pour habiller mes célèbres décolletés.

 

Et ce midi, j’ai craqué. Un stand digne des mille et une nuits, des parures d’Inde, de Turquie, du bois, de la corne, du doré, de l’argent, des prix vraiment raisonnables (bagues autour de 10 €, colliers à partir de 15).

Résultat : un collier, un bracelet et deux bagues. A défaut de vous les montrer sur moi, j'en ai récupéré deux sur le site, d'abord la bague en zamac bronze :

 

 

Bague zamac plaqué or.gif

Et le bracelet assorti, en zamac plaqué or, à porter séparément ou au poignet opposé, sous peine de rejouer "Gladiator" :

Bracelet zamac plaqué or.jpg

 

C'est beau, non ?

Et un site à visiter : www.lesbijouxdailleurs.fr

(j’en profite pour ressortir une vieille trouvaille de ma copine Sophie Kuhne : les bijoux gourmands de Croquezmoi, je sens que ça va plaire à Boug', on en mangerait, non ?)

laspiralechocolatee.jpg
matablettedoree.jpg

 

 

15.09.2008

Cuir de Paris

Un homme s'assied à sa droite, dans l'obscurité de la salle. Elle hume avec délice l'odeur de son cuir mouillé par la pluie. Elle déteste son contact froid, mais elle a toujours aimé l'odeur du cuir. Du coin de l'oeil, elle scrute le profil viril, les cheveux en bataille, la bouche gourmande, le jean moulé sur les cuisses massives.

L'inconnu la trouble. Elle a envie de coller son nez contre la peau animale et de la respirer, les yeux fermés, comme elle le fait souvent avec ce sac en cuir grainé qu'elle aime tant. Que porte-t-il sous le blouson brillant ? Elle imagine une chemise blanche et large, aussi légère que le cuir est lourd. Ses mains s'immisceraient dans l'encolure du cou, feraient lentement sauter les boutons en le regardant dans les yeux, fôlatreraient dans la toison douce du torse, glisseraient le long des côtes, effleureraient le nombril. Ses cheveux humides exhalent l'odeur âcre d'un sous-bois d'automne, sa bouche est parfumée au tabac blond.

Lorsqu'une larme coule sur sa joue gauche, elle l'écrase le plus discrètement possible. Elle préfère être seule pour voir des films tristes. Et si elle le pouvait, elle se mettrait au premier rang pour que personne ne la voit. Zut, une autre larme, et une autre encore, elle les laisse couler et se perdre dans son cou, c'est froid et désagréable mais elle retient sa main qui se ferait trop remarquer sur ses joues. A sa droite, le cuir s'agite et fait du bruit, l'inconnu se penche vers elle et lui tend un mouchoir. Elle le regarde alors, elle jurerait que ses yeux sont humides aussi, ou alors ils brillent très fort, il lui sourit timidement, semble prêt à parler, se ravise et saisit sa main. Alors elle pose sa tête sur l'épaule de cuir et respire fort.

 

Toutes les notes