15.04.2008
Si je ne t'aime plus, alors je te hais
Au début d’une relation, qu’elle soit amicale ou amoureuse, je suis attentive aux détails. Parmi ceux qui me permettent assez vite de me faire une opinion de la personne qui me fait face, il y a la façon dont ils (elles) parlent de leurs ex. Ex ami(e) s, ex amant(e) s. Salir la mémoire d’un amour ou d’une amitié passée équivaut, pour moi, à se renier soi-même. Le désaveu éraille instantanément l’estime naissante que j’avais pour l’autre.
« Si je ne t’aime plus, alors je te déteste ».
J’en parlais justement il y a quelques jours avec K., un lecteur sorti de l’ombre.
Cette attitude me remplit de tristesse. Sans doute parce qu’il m’est insupportable d’imaginer que les hommes et femmes que j’ai aimés puissent n’avoir plus que des mots insultants à mon égard. Et surtout parce que l’auto victimisation systématique me met mal à l’aise. Comment peut-on mépriser celui ou celle qui fut un jour notre principale raison de vivre ? Comment des années de plaisir, de caresses, d’amitié, de confidences, de rires et de repas partagés se retrouvent-ils balayés d’un revers de la main ?
Avant de continuer, je dois préciser une chose essentielle : je ne prône pas le pardon. Bien au contraire. Je suis une rancunière qui s'assume. Certaines blessures cicatrisent difficilement, voire jamais. Le temps ne se rattrape pas. Je pense notamment aux pères privés de leurs enfants et soumis à un chantage abject. Ou aux femmes qui découvrent que l’homme qu’elles aiment mène une double vie. J’ai moi-même quelques principes indéfectibles qui ont pu m’amener à rompre sans états d’âme une amitié naissante. Mais vraiment, entendre parler de "mon connard d'ex" ou de "cette connasse", surtout conjugué au pluriel, ça en dit beaucoup sur la notion de respect.
Hier soir encore, j’y ai eu droit. Je dînais face à un homme que je venais de rencontrer. Ses yeux bleus étaient tendres, son sourire lumineux, il avait quelque chose d’un enfant. Il a parlé de son ex, « la mère de ses enfants », comme il l’appelle, avec laquelle il a vécu 9 ans, en termes peu flatteurs. Et puis, il lâche, un peu gêné : « C’est pas de sa faute, mais elle est bête. »
Et là, je me retiens de demander « Mais, si tu as aimé une femme bête pendant 9 ans, c’est que tu dois aussi être un peu con, non ? »
Je pense à B., rencontré il y a 2 semaines. Largué par sa compagne, après 8 ans de vie commune, pour un de ses potes, il a raconté les 15 kilos perdus en 2 semaines, les nuits sans sommeil, les yeux rivés sur le portable tout neuf qu’elle lui avait offert quelques jours avant de le quitter. Mais ses mots furent différents : « La rupture a été sale et violente, mais c’était inévitable. Elle m’avait connu trop jeune.»
Je pense aussi à mon amie Isabelle que j’ai vue pleurer souvent parce que ses filles avaient attendu, un week-end de plus, un père qui n’avait pas tenu parole et ne viendrait pas. Des années après la rupture, il continuait de se venger à travers les enfants, sans doute pour l’empêcher de s’offrir, éventuellement, un week-end en amoureux. Elle n’a jamais eu un mot dur envers lui, ni devant ses filles, ni devant moi. Elle était triste, tout simplement.
Aujourd’hui, je ne suis plus l’amie d’Isabelle. Pourquoi, je n’en sais rien. Elle n’a pas répondu à mes questions. Mais dans mon cœur, elle reste mon amie et si demain, elle me rappelle, je serai là.
Les êtres que j’ai aimés vraiment, je les aime à jamais, je crois. Même ceux qui m’ont abandonnée, trahie, qui ont été injustes ou lâches. Ça ne veut pas dire que je pardonne. Après la colère ou la tristesse, j’essaie de comprendre. Je trouve et j’accorde facilement des circonstances atténuantes. Trop parfois, jusqu’à nier ma propre souffrance.
Mais ces amis ou amours, je les ai choisis, à un moment ou un autre, et je suis persuadée qu’on ne fait que de bons choix, dans la vie.
14:51 Publié dans J'aime pas | Lien permanent | Commentaires (41) | Envoyer cette note
05.03.2008
Homo ? Ah ben, non, merci ...
Je décidai de poser la question au docteur qui me recevrait, la prochaine fois que j’irai tendre le bras. Quelques semaines plus tard, momentanément interdite de don de plaquettes pour cause de séjour au Mexique, l’hôpital me sollicitait pour un don de plasma.
Lors de l’entretien préalable avec le docteur, une femme très sympa au demeurant, je lui demandai si cette information était exacte. Un peu gênée, elle répondit que oui, il y avait une interdiction de principe, que bien sûr je ne trouverais écrite nulle part.
Elle reconnut que c’était une forme de discrimination et que le corps médical était souvent mal à l’aise face à ce débat, d’autant plus que les homosexuels constituaient, avant cette consigne mise en place en 1983, une bonne partie des donneurs. Quand je lui demandai pourquoi, elle me répondit que statistiquement, les homosexuels appartenaient à une population à risque.
A la question « Ca veut donc dire que même un homosexuel abstinent est interdit de don ? », elle répondit oui.
On a discuté un moment ensemble. Je lui ai dit que j’avais des amis homosexuels qui ne prenaient pas le moindre risque, et qu’en revanche, j’avais croisé pas mal d’hétéros complètement irresponsables qui espéraient échapper au latex par des arguments tels que « je sais avec qui je couche » ou « c’est une question de confiance ». Sans compter les mecs qui trompent leur meuf sans précaution.
« Les dons sont testés de toute façon, non ? »
« Oui, mais il peut y avoir un délai où le virus passe inaperçu. »
« Et ça n’est pas vrai pour les hétéros ? »
Je conclus par un ironique « Bah, c’est pas grave, celui qui sait qu’il est sans risques n’a qu’à vous mentir, sa sexualité ne regarde que lui, de toute façon ».
En faisant des recherches sur le net, j’ai appris que le seul fait de répondre « oui » à la question « avez-vous déjà eu des relations sexuelles avec un homme » exclut du don. Peu importe quand, comment.
Je faisais remarquer que si on parlait de "populations à risque", on allait pas tarder à interdire le don du sang aux africains … et par extension, à tous les pays où les hommes sont notoirement réfractaires à la capote. Mais ça, ce serait du racisme, non ?
Bon, la bonne nouvelle c’est qu’on parle de plus en plus de lever cette mesure discriminatoire et de la réserver aux comportements à risque, qu’ils soient homos ou hétéros.
Pour agir, vous pouvez signer la pétition "Don du sang citoyen" ici
18:42 Publié dans J'aime pas | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : discrimination, homophobie, don du sang
03.02.2008
Quel con !
Je l'avais appelé il y a quelque temps, pour lui proposer de bosser ensemble sur un dossier brûlant. Ca faisait 2 ans qu'on ne s'était pas vus. Auparavant, O. avait toujours répondu présent lors des missions ponctuelles que je lui proposais. Il cherchait un CDI, mais pas dans ma branche. Ses parents lui mettaient la pression pour trouver un boulot dans le domaine correspondant à ses études. O. m'avait avoué qu'il adorait travailler avec moi et qu'il ne voyait pas le temps passer. Je m'étais vite habituée à lui, il était très réactif et comprenait exactement ce qu'il fallait faire en un clin d'oeil. Pas besoin de lui expliquer, c'était un intuitif. Il adorait les contacts, avait le sens du service et satisfaisait à toutes mes exigences avec un dévouement qui m'avait étonnée. Pourtant, à le voir, comme ça, il ne payait pas de mine.
La dernière fois qu'il m'avait appelée, il y a 2 ans, pour savoir si je recherchais quelqu'un, je venais d'embaucher un collaborateur au bon potentiel. Sérieux, impliqué, ponctuel. Mais la communication entre nous était très difficile, un vrai mur, et je n'avais pas validé sa période d'essai. Je n'avais plus sollicité O., espérant qu'il trouverait quelque chose lui convenant mieux et que moi, je dénicherais la perle rare. Quand j'ai rappelé O. il y a quelques semaines, je lui ai demandé s'il y avait du nouveau dans sa vie et il avait répondu que non, toujours la même routine. Je lui avais alors raconté mes dernières désillusions, les intérimaires blasés, qui exigeaient un salaire important mais sans montrer de volonté de si'nvestir. La difficulté à trouver quelqu'un de sérieux. Je lui avais dit que je n'avais jamais trouvé quelqu'un comme lui, qu'il restait la référence, pour moi. J'étais heureuse à l'idée de lui faire visiter nos nouveaux locaux et mon bureau lumineux et paisible, avec vue sur le ciel. Il était très enthousiaste, me répétant à quel point il avait gardé un bon souvenir de nos collaborations. Je lui avais envoyé des photos du nouveau siège et il était admiratif, tout excité à l'idée de travailler dans un endroit aussi beau. Le nouveau siège est plus près de chez toi, en plus, lui avais-je dit. "Ben non, je suis retourné vivre chez mes parents, en fait". Quelle drôle d'idée, à 38 ans, avais-je pensé. "Quand est-ce que je peux passer ?" avait-il demandé. "Quand tu veux, plutôt en fin de semaine, appelle-moi" avais-je répondu. J'en avais parlé à mes collaborateurs, vantant ses mérites. " Tu as raison, plutôt que de prendre des intérimaires qui demandent une longue formation pour un résultat décevant, tiens t'en aux valeurs sûres", m'avaient-ils dit.
Je lui avais laissé un message, lui proposant un rdv le vendredi suivant. Il m'avait rappelée, désolé, un truc à faire. Je n'avais plus eu de nouvelles pendant une semaine. Bizarre, le connaissant. Puis il m'avait laissé un message "Rappelle-moi". Je lui avais mis de côté des fournitures et un agenda classe, avec une bordure chocolat. Débordée, j'avais laissé passer quelques jours.
Et puis, vendredi, une collègue qui le connait bien me dit" Au fait, tu sais quoi, O. a un nouveau boulot, il est en CDI depuis l'été dernier". Je n'en revenais pas. Pourquoi n'avait-il rien dit ? Je l'ai appelé illico. "Pourquoi tu ne me l'as pas dit, quand je t'ai appelé ?". Sa réponse m'avait sidérée. "J'avais peur que tu le prennes mal et que tu me raccroches au nez" m'a-t-il dit. "En plus, j'ai acheté un appart', j'en ai pris pour 20 ans minimum, j'avais pas le choix".
Je lui ai di que je ne comprenais pas qu'il m'aie caché tout ça, que j'avais été vexée qu'une autre personne que lui m'apprenne une ausi bonne nouvelle. Vexée qu'il aie pu penser que je lui en voudrais, alors que c'est tout ce que je lui souhaitais. Mais surtout triste d'avoir perdu quelqu'un que je considérais comme un ami et que je ne reverrai sans doute jamais, puisqu'il est muté à l'étranger.
23:00 Publié dans J'aime pas | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : Nina_Simone
09.11.2007
Musical

Le musical !!! Cet adjectif transformé en nom m'écorche les oreilles à chaque fois que j'entend parler de cette comédie musicale ! C'est quoi ce franglais ?
23:20 Publié dans J'aime pas | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
16.09.2007
Racisme ordinaire
Je relaie la mésaventure vécue par la famille de Fauvette, une blogueuse que je connais personnellement. Je regrette que Fauvette ait choisi de ne pas citer la banque en question, dans le but sans doute de "ne pas faire dhistoires". Il faut nommer les auteurs de ce type d'agissements pour que leur honte soit publique, comme l'a été l'humiliation de Teresa.
12:23 Publié dans J'aime pas | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : racisme
01.09.2007
Egalité des chances
Un professeur vient d'être condamné pour insultes racistes. Ca commence à l'école. Ca continue dans le monde du travail.
Je suis toujours stupéfaite et choquée de voir témoins et victimes en rire. Blagues racistes, remarques sexistes, vannes homophobes, chez moi, ça ne passe pas. On se permet trop de choses sous couvert d'humour.
Merci papa et maman de l'heritage.
14:42 Publié dans J'aime pas | Lien permanent | Commentaires (48) | Envoyer cette note | Tags : racisme, sexisme, homophobie
03.08.2007
Un chauffeur de la RATP lui roule sur la jambe
11:30 Publié dans J'aime pas | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
25.06.2007
Arrêt sur Images, la fin ?
La semaine commence mal.
Ce matin, au réveil, Radio Nova m'apprend la fin de l'émission de Daniel Scheidermann, Arrêt sur Images.
Ah non ! Pas ASI, mon rendez-vous dominical tant attendu !
La direction de France Télévisions parle d'une émission "usée".
Daniel Schneidermann, lui, révèle que ASI gênait depuis déjà longtemps la direction de France Télévisions et qu 'une situation de guerre froide sévissait depuis 2006 après une émission évoquant les questions déontologiques suite au mariage de Béatrice Schonberg, journaliste, et Jean-Louis Borloo, ministre.
J'ai déjà évoqué ici cette émission que je trouve pertinente et incisive. A l'heure du cirage de pompes, c'était une formidable analyse des médias et de leur façon de traiter l'information.
Si comme moi, vous souhaitez qu'une émission indépendante puisse continuer à exercer un regard critique sur la télévision et l'image en général, la pétition, c'est ici et c'est urgent.
14:25 Publié dans J'aime pas | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
10.05.2007
Lutte anti alccolisme
Ca fait un moment que je voulais parler d'un sujet qui me tient à coeur et me fâche. J'ai l'habitude d'aller dans un de ces restaurants qui propose un menu comprenant une bouteille de vin pour 2. J'aime bien ce restaurant mais la bouteille à 2, c'est vraiment trop, surtout que j'y vais souvent avec un ami qui se tape ensuite 100 bornes en voiture pour rentrer chez lui. Au départ, comme la plupart d'entre nous, on se forçait à vider la bouteille. Mais après 2 verres de vin, ce n'est plus du plaisir et je n'étais pas rassurée de voir JM prendre le volant, tard, pour rentrer chez lui. Un jour donc, je demande à la patronne si je peux emporter le reste de la bouteille. Je lui explique que JM reprend la route ensuite. Elle me répond "Normalement non, mais pour toi, oui". Je n'ai pas polémiqué et à vrai dire, depuis, je ne prend plus ce menu, ce qui me coute plus cher. Mais j'étais vraiment en colère. Car pour moi, c'est scandaleux. Je sais bien que le take-away ne se fait pas en France, à l'inverse des USA par exemple, mais je trouve que dans un pays ou on prétend lutter contre l'alcool au volant, il serait bien que les restaurateurs changent d'attitude. Car non seulement, le client a payé sa bouteille, et devrait donc en disposer, mais en plus, on sait bien que cette attitude pousse les gens à se forcer à finir la bouteille. Avec le risque : au mieux de se prendre une prune et un retrait de permis, et au pire de se tuer ou de tuer autrui. Voilà, c'était le coup de gueule du jour, et ça fait du bien.
15:10 Publié dans J'aime pas | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note
16.03.2007
Discriminations
C’est très certainement l’opération de testing la plus importante jamais réalisée en France. Pendant 6 mois, de la fin 2005 à l’été 2006, 2 323 employeurs ont fait l’objet d’une enquête masquée menée à Lille, Lyon, Paris, Marseille, Nantes et Strasbourg par un organisme dépendant des Nations Unies, le Bureau international du travail (BIT). Les résultats inspirent une honte intégrale.
Seuls 11% des recruteurs testés ont respecté une égalité de traitement entre le (faux) candidat blanc et l’autre, qu’il soit noir ou maghrébin, seuls critères discriminants pris en compte par le Bureau. La suite, c'est là.
Ajout du 22 mars
Un blog de plus dans mes liens et celui-là, il fait vraiment plaisir ! L'espoir n'est pas vain.
15:55 Publié dans J'aime pas | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : injustices

