18/05/2013

Les fous du roi

index.jpgIl n'y a pas de crise du leadership. Il n'y a que des leaders en crise.

Pourquoi ai-je sorti de mes étagères ce livre prêté il y a plusieurs années par mon ami JM et que je n'avais jamais lu ? Sans doute parce qu'aujourd'hui, après 4 années dans une PME détenue par un financier, éviedemment principal actionnaire, je suis à même de comprendre le sens du discours de son auteur, Rémi Tremblay, alors PDG de la filiale canadienne d'Adecco.

4ème de couverture :

Les patrons sont les nouveaux fous du roi. Leur souverain ? L'actionnaire, cet être inconscient et cupide qui exige que ses actions montent en flèche. Pour le satisfaire, les fous licencient, fusionnent, rationalisent, centralisent et décentralisent (...)

Dans les fous du roi, Rémi Tremblay lance un cri du coeur. Ses cibles : la tyrannie de l'actionnaire, le manque d'éthique, les patrons qui se servent au lieu de servir. Son rêve : éveiller les consciences, rétablir la confiance, rapprocher les leaders de leurs valeurs profondes.

Réflexion sur le pouvoir, cet ouvrage troublant place le lecteur face à ses propres comportements. Après tout, nous sommes tous les fous d'un roi. Que seriez-vous prêts à faire pour un bon mot de votre patron, de vos parents, de votre professeur ? Lire ce livre, c'est prendre un risque, celui d'affronter ses peurs pour tenter de s'en libérer.

Imaginez le carnage quand votre patron est en plus actionnaire ... En écoutant mon nouveau PDG cette semaine, la raison évidente de la mort annoncée de mon ex-société (que je sens venir depuis janvier 2012 très exactement) m'est apparue comme une évidence : comment une société dont le coeur de métier est l'humain (gestion des RH) peut-elle être détenue par un financier dont la seule préoccupation est de faire de l'argent ? Comment ses salariés, majoritairement animés par le sens du service client, peuvent-ils s'épanouir et être heureux dans un tel climat, où leurs préoccupations sont à l'opposé de celles de leur PDG ?

J'ai relévé, dans le livre de Rémi Tremblay, quelques passages qui ont fait cruellement écho :

"C'est fou ce qu'on tolère. Les jeux de pouvoir, notamment. On commence par les tolérer, puis on finit par y participer. Parce qu'on veut se protéger. Chose certaine, l'effritement de la confiance s'opère graduellement, insensiblement. Je l'ai observé dans mon organisation. J'ai vu les employés se protéger toujours davantage les uns des autres. Pour moi, le plus bel exemple de méfiance, ce sont les copies conformes, que je déteste souverainement (...) Pourquoi me mêler à cela ? La réponse est simple : parce que celui qui envoie le courriel n'a pas confiance en celui à qui il l'adresse. ET parce qu'il veut lui faire peur en m'informant de leur échange."

Dans mon ex-société, ma boss refusait que nous la mettions en copie de nos échanges avec d'autres services. Certains d'entre nous insistions, voulant l'obliger à jouer son rôle : être au courant de ce qu'on nous demandait de faire, à nous ses collaborateurs. Et surtout intervenir lorsque la teneur ou le ton des échanges était inappropriés et/ou irrespectueux. Ce n'était même pas une question de confiance; c'était, en ce qui me concerne, un refus de recevoir des ordres d'autres qu'elle, et surtout de cette façon-là. Quand j'étais manager, je n'ai jamais accepté que qui que ce soit d'autre que mes responsables donne des consignes à mes collaborateurs. Et de la même façon, je respecte ma hiérarchie et je ne double pas par la droite (référence au billet à venir).

" A l'été 99, j'étais en détresse. Cette détresse n'a pas débuté du jour au lendemain. Elle s'est installée petit à petit. J'ai commencé par ressentir de moins en moins de plaisir. Un conquérant, d'ailleurs, ne connaît que le plaisir, jamais le bonheur. Le plaisir, c'est physique, c'est instinctif. Tromper sa femme procure du plaisir, pas du bonheur. Obtenir une promotion en écrabouillant un collègue procure du plaisir, pas du bonheur. Atteindre des objectifs financiers en licenciant des employés procure du plaisir, pas du bonheur."

Je suis certaine que mes copains adultères ou repentis pourraient témoigner de la misère morale et affective dans laquelle ils se trouvent ou se sont trouvés. En écrabouillant un collègue ou en tentant de le faire, on n'est même pas garantis d'obtenir la promotion recherchée. En revanche, je sais ce qu'on y perd : le respect des autres, ceux qui n'ont pas de pouvoir mais des valeurs et de la lucidité. Quand aux licenciements pour obtenir des résultats financiers, mes ex-collègues sont hélas en plein dedans : 6 licenciements annoncés il y a 15 jours, dont 1 qui est un pur règlement de compte, et l'annonce récente d'une baisse des salaires décidée de façon unilaterale et à durée illimitée. Les salariés paient les erreurs de gestion et de stratégie de leur dirigeants. En revanche, la femme du PDG, elle, emploi fictif notoire et un des meilleurs salaires de la boîte, fait toujours partie des effectifs ... Et j'entend des gens essayer de me convaincre que c'est normal. On marche sur la tête.

" Une amie m'a raconté que dans son entreprise, la DRH conseille aux gestionnaires de congédier un employé en cinq minutes, le vendredi à 17h. On appelle ça "terminer un employé". Quelle expression épouvantable !

Pensez un peu à la douleur de ces personnes à qui on cache les véritables raisons de leur départ, ou encore à qui on ne dit rien. A qui on montre simplement la porte, par manque de courage."

J'ai vécu ça, en live, dans le groupe de grande distribution dans lequel j'ai travailé pendant 6 ans. J'ai vu, outre des assistantes en larmes et des patrons qui se mettaient la loi Evin au cul et fumaient sous le nez de ces mêmes assistantes, parfois enceintes, des responsables de service hagards et incrédules, escortés par la sécurité jusqu'à leur voiture. L'un d'entre eux, avec lequel je m'étais liée d'amitié, a fini en dépression nerveuse après s'être fait chasser de cette façon et n'a plus répondu à mes mails.

Pour aller plus loin :

Des interviews de Rémi Tremblay dans les magazines Le Manager Urbain, En Quête

17/03/2013

On nous prend pour des glands

Ca ne vous aura pas échappé. Les scandales alimentaires font, ces derniers temps, les gros titres des médias : lasagnes au boeuf à crinière, porc dans des plats censés ne pas en contenir. Ca doit durer depuis un bon moment et on n'est pas au bout de nos surprises, si vous voulez mon - humble - avis.

J'avais déjà eu vent du foie gras du Sud-Ouest importé de Hongrie, de la charcuterie corse qui n'a jamais vu l'île de beauté, des champignons de Paris chinois et du Beaujolais aromatisé. Autant de tromperies qui scandalisent la gourmande que je suis.  

La semaine dernière, je suis tombée par hasard sur "Le beurre et l'argent du beurre" (visible en replay pendant 1 semaine ici). Cet édifiant documentaire démontre à quel point la personnalité préférée des Français, le sympathique boulanger qui se lève à point d'heure pour cuire le croustillant croissant qui laissent les lèvres luisantes de plaisir, est en danger.

En effet, si l'appellation "boulangerie" oblige à fabriquer son pain sur place, aucune règlementation ne régit la viennoiserie-pâtisserie. Résultat : 1 croissant sur 2 vendu en boulangerie - au prix de l'artisanat - serait industriel. Et quand on sait que fabriquer un éclair au chocolat revient 1,30€ à un artisan contre 0,70€ s'il est acheté aux filières industrielles, on comprend que la tentation soit grande, pour certains, de s'engouffrer dans la brèche.

Les artisans se mobilisent. Une charte a été créée par un boulanger de Blois, excédé de ces pratiques peu scrupuleuses, et adoptée par la confédération des boulangers-pâtissiers. Elle oblige à prouver, sur facture, qu'aucune viennoiserie industrielle n'a été commandée dans l'année. Mais pour l'instant, rien ne réglemente la pâtisserie.
L'intervenant de UFC-Que Choisir nous livre quelques astuces pour repérer la pâtisserie louche :
- regarder la gamme proposée : trop importante, c'est louche !
- analyser la régularité des gâteaux qui pourrait indiquer un produit fabriqué en chaîne
- consulter les catalogues de pâtisseries industrielles disponibles sur internet (vous allez sans doute, comme moi, y reconnaître quelques produits déjà vus derrière les vitrines).
- poser la question - tout simplement - à l'artisan (en espérant qu'il soit honnête)

En consultant internet, j'ai lu les commentaires à propos de ce documentaire. Comme toujours, les artisans honnêtes et amoureux de leur métier s'insurgent et vitupèrent les journalistes, qu'ils accusent d'être à la solde des industriels. Ils remettent en question les "astuces", arguant que la régularité des produits est une des exigences de leur métier et en aucun cas la preuve d'une provenance industrielle. Alors, à qui et à quoi se fier ? Ce qui est sûr, c'est que le consommateur en a ras le pompon d'être pris pour un pigeon.

A propos de pâtisseries, j'en ai découvert une belle la semaine dernière, sur les conseils de mes très sympathiques clientes haut-savoyardes. "Cet artisan mériterait d'être mis en valeur ailleurs qu'ici, à Passy" affirmait l'une d'elles. Et en effet, la boulangerie-pâtisserie-chocolaterie Zanin (aussi connue sous le nom de La Potinière) se cache dans un renfoncement sur la route de Chamonix. A l'intérieur, de superbes oeuvres, brillantes de fierté, s'étalent et parmi elles :
- un Mont Blanc (coque chocolat-meringue-chantilly, crème de marrons)  qui ne ferait pas long feu face à moi et Oh!91 ...

- à sa gauche, tout de blanc vêtu, un majestueux 2013 (crèmeux mangue-abricots, crème vanille-cristalline framboises, sablé breton)

- habillé de jolis macarons verts, un suprême framboise (mousse framboise, crème brûlée vanille, dacquoise amande)

Pas de doute, celui-là, c'est un créateur de saveurs !

zanin, ça me scie les trompes

Zanin au Fayet, 111 avenue de Chamonix (Tél : 04 50 78 27 03) et bientôt à Cluses ...

29/08/2009

Choisissez un nom dans la liste

Hier j’ai appris qu’une pratique qui me semblait être d’une autre époque avait encore lieu. Celle de proposer à certains étrangers, lors de leur naturalisation, de franciser leur prénom. Certains étrangers, j’insiste là-dessus, parce qu’il semble que si on invite Salim à devenir Henri, Vladimir, lui, peut conserver son prénom.

Je pensais que cette pratique ridicule s’était appliquée aux premières générations d’immigrés et qu’elle était révolue depuis bien longtemps.  Je m’imagine à leur place, si on m’invitait à devenir Michoko au Japon ou Bintou en Afrique … Avec ma physionomie, ce serait d’un comique !

Celle de mes connaissances qui m’apprit ceci hier se révoltait aussi du fait que son employeur, par ailleurs, lui avait demandé de ne plus se présenter sous son prénom. « Ca fait mieux auprès des clients » fut l’argument apporté.

Il serait grand temps que ce pays cesse de s’attacher aux apparences pour juger les personnes sur ce qu’elles sont.

PS : En faisant des recherches sur ce sujet, j'ai trouvé un billet qui m'a semblé intéressant. C'est ici.

18/11/2008

Chez les mousquetaires

Ce matin, réveil à 5h15. Je n’ai pratiquement pas dormi, j’avais peur de me louper. La journée promet d’être longue.

Dans le taxi qui m’emmène à la gare de Lyon, je songe à ces mêmes matins brumeux où les sympathiques chauffeurs de la compagnie Near Cabs s’arrêtaient devant ma maison géorgienne à la porte verte, dans le quartier de Drumcondra, pour m’emmener à l’aéroport, dans mon tailleur vert à boutons dorés. Ce matin, j’ai repensé à l’Irlande, encore, au type qui prenait ma résa au téléphone et m’accueillait d’un « How ya doin’ french girl ? » et à notre vieux voisin, John, si beau représentant de cette bienveillance irlandaise. Il doit être mort aujourd’hui.

Voiture 8, j’ai rencontré la collègue que j’accompagnerai cette semaine. Nous parlons peu pendant les 3 heures qui nous emmènent à Grenoble, elle tente de finir sa nuit tandis que je vais boire un café dans la voiture-bar. J’aime bien passer mon voyage dans les voitures-bar des trains.

Quelques heures plus tard, nous avons garé notre voiture sur un parking entouré de montagnes. L’air était vif mais le soleil radieux. La seule fois où je suis venue à Grenoble, c’était dans le ventre de ma mère, juste avant qu’elle ne prenne l’avion pour Nouméa.

La matinée fut courte. Le midi, nos 3 stagiaires nous ont entraîné à la brasserie du Rondeau, à Seyssins, que je vous recommande fortement. Spécialité : les ravioles, que j’ai mangées avec un civet de sanglier, pour finir sur une crème brûlée aux noix.

Ce soir, nous dormons dans un hôtel sur les hauteurs de Seyssins. Nous sommes allées dîner à Grenoble, et après avoir longtemps hésité, sommes entrées dans un restaurant indien où le type qui noius a reçues était absolument infect. Il nous a aboyé dessus quand ma collègue lui a demandé si les samossas étaient à la viande et a passé tout le repas à lever les yeux au ciel. Pour clore le tout, la nourriture était médiocre, les beignets réchauffés, le cheese nan pauvre en cheese. Le nom de cet endroit à éviter ? Royal Tandoori.

 

15/04/2008

Si je ne t'aime plus, alors je te hais

Au début d’une relation, qu’elle soit amicale ou amoureuse, je suis attentive aux détails.  Parmi ceux qui me permettent assez vite de me faire une opinion de la personne qui me fait face, il y a la façon dont ils (elles) parlent de leurs ex. Ex ami(e) s, ex amant(e) s. Salir la mémoire d’un amour ou d’une amitié passée équivaut, pour moi, à se renier soi-même. Le désaveu éraille instantanément l’estime naissante que j’avais pour l’autre.

« Si je ne t’aime plus, alors je te déteste ».

J’en parlais justement il y a quelques jours avec K., un lecteur sorti de l’ombre.

Cette attitude me remplit de tristesse. Sans doute parce qu’il m’est insupportable d’imaginer que les hommes et femmes que j’ai aimés puissent n’avoir plus que des mots insultants à mon égard. Et surtout parce que l’auto victimisation systématique me met mal à l’aise. Comment peut-on mépriser celui ou celle qui fut un jour notre principale raison de vivre ? Comment des années de plaisir, de caresses, d’amitié, de confidences, de rires et de repas partagés se retrouvent-ils balayés d’un revers de la main ?

Avant de continuer, je dois préciser une chose essentielle : je ne prône pas le pardon. Bien au contraire. Je suis une rancunière qui s'assume. Certaines blessures cicatrisent difficilement, voire jamais. Le temps ne se rattrape pas. Je pense notamment aux pères privés de leurs enfants et soumis à un chantage abject. Ou aux femmes qui découvrent que l’homme qu’elles aiment mène une double vie. J’ai moi-même quelques principes indéfectibles qui ont pu m’amener à rompre sans états d’âme une amitié naissante. Mais vraiment, entendre parler de "mon connard d'ex" ou de "cette connasse", surtout conjugué au pluriel, ça en dit beaucoup sur la notion de respect. 

Hier soir encore, j’y ai eu droit. Je dînais face à un homme que je venais de rencontrer. Ses yeux bleus étaient tendres, son sourire lumineux, il avait quelque chose d’un enfant. Il a parlé de son ex, « la mère de ses enfants », comme il l’appelle, avec laquelle il a vécu 9 ans, en termes peu flatteurs. Et puis, il lâche, un peu gêné : « C’est pas de sa faute, mais elle est bête. »

Et là, je me retiens de demander « Mais, si tu as aimé une femme bête pendant 9 ans, c’est que tu dois aussi être un peu con, non ? »

Je pense à B., rencontré il y a 2 semaines. Largué par sa compagne, après 8 ans de vie commune, pour un de ses potes, il a raconté les 15 kilos perdus en 2 semaines, les nuits sans sommeil, les yeux rivés sur le portable tout neuf qu’elle lui avait offert quelques jours avant de le quitter. Mais ses mots furent différents : « La rupture a été sale et violente, mais c’était inévitable. Elle m’avait connu trop jeune.»

Je pense aussi à mon amie Isabelle que j’ai vue pleurer souvent parce que ses filles avaient attendu, un week-end de plus, un père qui n’avait pas tenu parole et ne viendrait pas. Des années après la rupture, il continuait de se venger à travers les enfants, sans doute pour l’empêcher de s’offrir, éventuellement, un week-end en amoureux. Elle n’a jamais eu un mot dur envers lui, ni devant ses filles, ni devant moi. Elle était triste, tout simplement.

Aujourd’hui, je ne suis plus l’amie d’Isabelle. Pourquoi, je n’en sais rien. Elle n’a pas répondu à mes questions. Mais dans mon cœur, elle reste mon amie et si demain, elle me rappelle, je serai là.

Les êtres que j’ai aimés vraiment, je les aime à jamais, je crois. Même ceux qui m’ont abandonnée, trahie, qui ont été injustes ou lâches. Ça ne veut pas dire que je pardonne. Après la colère ou la tristesse, j’essaie de comprendre. Je trouve et j’accorde facilement des circonstances atténuantes. Trop parfois, jusqu’à nier ma propre souffrance.

Mais ces amis ou amours, je les ai choisis, à un moment ou un autre, et je suis persuadée qu’on ne fait que de bons choix, dans la vie.  

 

05/03/2008

Homo ? Ah ben, non, merci ...

Il y a peu, lors d’un dîner chez un ami proche, j’appris avec surprise qu’il ne donnait plus son sang, parce que le don du sang était interdit aux homosexuels.

Je décidai de poser la question au docteur qui me recevrait, la prochaine fois que j’irai tendre le bras. Quelques semaines plus tard, momentanément interdite de don de plaquettes pour cause de séjour au Mexique, l’hôpital me sollicitait pour un don de plasma.

Lors de l’entretien préalable avec le docteur, une femme très sympa au demeurant, je lui demandai si cette information était exacte. Un peu gênée, elle répondit que oui, il y avait une interdiction de principe, que bien sûr je ne trouverais écrite nulle part.

Elle reconnut que c’était une forme de discrimination et que le corps médical était souvent mal à l’aise face à ce débat, d’autant plus que les homosexuels constituaient, avant cette consigne mise en place en 1983, une bonne partie des donneurs. Quand je lui demandai pourquoi, elle me répondit que statistiquement, les homosexuels appartenaient à une population à risque.

A la question « Ca veut donc dire que même un homosexuel abstinent est interdit de don ? », elle répondit oui.

On a discuté un moment ensemble. Je lui ai dit que j’avais des amis homosexuels qui ne prenaient pas le moindre risque, et qu’en revanche, j’avais croisé pas mal d’hétéros complètement irresponsables qui espéraient échapper au latex par des arguments tels que « je sais avec qui je couche » ou « c’est une question de confiance ». Sans compter les mecs qui trompent leur meuf sans précaution.

« Les dons sont testés de toute façon, non ? »

« Oui, mais il peut y avoir un délai où le virus passe inaperçu. »

« Et ça n’est pas vrai pour les hétéros ? »

Je conclus par un ironique « Bah, c’est pas grave, celui qui sait qu’il est sans risques n’a qu’à vous mentir, sa sexualité ne regarde que lui, de toute façon ».

En faisant des recherches sur le net, j’ai appris que le seul fait de répondre « oui » à la question « avez-vous déjà eu des relations sexuelles avec un homme » exclut du don. Peu importe quand, comment.

Je faisais remarquer que si on parlait de "populations à risque", on allait pas tarder à interdire le don du sang aux africains … et par extension, à tous les pays où les hommes sont notoirement réfractaires à la capote. Mais ça, ce serait du racisme, non ?

Bon, la bonne nouvelle c’est qu’on parle de plus en plus de lever cette mesure discriminatoire et de la réserver aux comportements à risque, qu’ils soient homos ou hétéros.

Pour agir, vous pouvez signer la pétition "Don du sang citoyen" ici

03/02/2008

Quel con !

free music

Je l'avais appelé il y a quelque temps, pour lui proposer de bosser ensemble sur un dossier brûlant. Ca faisait 2 ans qu'on ne s'était pas vus. Auparavant, O. avait toujours répondu présent lors des missions ponctuelles que je lui proposais. Il cherchait un CDI, mais pas dans ma branche. Ses parents lui mettaient la pression pour trouver un boulot dans le domaine correspondant à ses études. O. m'avait avoué qu'il adorait travailler avec moi et qu'il ne voyait pas le temps passer. Je m'étais vite habituée à lui, il était très réactif et comprenait exactement ce qu'il fallait faire en un clin d'oeil. Pas besoin de lui expliquer, c'était un intuitif. Il adorait les contacts, avait le sens du service et satisfaisait à toutes mes exigences avec un dévouement qui m'avait étonnée. Pourtant, à le voir, comme ça, il ne payait pas de mine.

La dernière fois qu'il m'avait appelée, il y a 2 ans, pour savoir si je recherchais quelqu'un, je venais d'embaucher un collaborateur au bon potentiel. Sérieux, impliqué, ponctuel. Mais la communication entre nous était très difficile, un vrai mur, et je n'avais pas validé sa période d'essai. Je n'avais plus sollicité O., espérant qu'il trouverait quelque chose lui convenant mieux et que moi, je dénicherais la perle rare. Quand j'ai rappelé O. il y a quelques semaines, je lui ai demandé s'il y avait du nouveau dans sa vie et il avait répondu que non, toujours la même routine. Je lui avais alors raconté mes dernières désillusions, les intérimaires blasés, qui exigeaient un salaire important mais sans montrer de volonté de si'nvestir. La difficulté à trouver quelqu'un de sérieux. Je lui avais dit que je n'avais jamais trouvé quelqu'un comme lui, qu'il restait la référence, pour moi. J'étais heureuse à l'idée de lui faire visiter nos nouveaux locaux et mon bureau lumineux et paisible, avec vue sur le ciel. Il était très enthousiaste, me répétant à quel point il avait gardé un bon souvenir de nos collaborations. Je lui avais envoyé des photos du nouveau siège et il était admiratif, tout excité à l'idée de travailler dans un endroit aussi beau. Le nouveau siège est plus près de chez toi, en plus, lui avais-je dit. "Ben non, je suis retourné vivre chez mes parents, en fait". Quelle drôle d'idée, à 38 ans, avais-je pensé. "Quand est-ce que je peux passer ?" avait-il demandé. "Quand tu veux, plutôt en fin de semaine, appelle-moi" avais-je répondu. J'en avais parlé à mes collaborateurs, vantant ses mérites. " Tu as raison, plutôt que de prendre des intérimaires qui demandent une longue formation pour un résultat décevant, tiens t'en aux valeurs sûres", m'avaient-ils dit.

Je lui avais laissé un message, lui proposant un rdv le vendredi suivant. Il m'avait rappelée, désolé, un truc à faire. Je n'avais plus eu de nouvelles pendant une semaine. Bizarre, le connaissant. Puis il m'avait laissé un message "Rappelle-moi". Je lui avais mis de côté des fournitures et un agenda classe, avec une bordure chocolat. Débordée, j'avais laissé passer quelques jours.

Et puis, vendredi, une collègue qui le connait bien me dit" Au fait, tu sais quoi, O. a un nouveau boulot, il est en CDI depuis l'été dernier". Je n'en revenais pas. Pourquoi n'avait-il rien dit ? Je l'ai appelé illico. "Pourquoi tu ne me l'as pas dit, quand je t'ai appelé ?". Sa réponse m'avait sidérée. "J'avais peur que tu le prennes mal et que tu me raccroches au nez" m'a-t-il dit. "En plus, j'ai acheté un appart', j'en ai pris pour 20 ans minimum, j'avais pas le choix".

Je lui ai di que je ne comprenais pas qu'il m'aie caché tout ça, que j'avais été vexée qu'une autre personne que lui m'apprenne une ausi bonne nouvelle. Vexée qu'il aie pu penser que je lui en voudrais, alors que c'est tout ce que je lui souhaitais. Mais surtout triste d'avoir perdu quelqu'un que je considérais comme un ami et que je ne reverrai sans doute jamais, puisqu'il est muté à l'étranger.

09/11/2007

Musical

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Le musical !!! Cet adjectif transformé en nom m'écorche les oreilles à chaque fois que j'entend parler de cette comédie musicale ! C'est quoi ce franglais ? 

16/09/2007

Racisme ordinaire

Je relaie la mésaventure vécue par la famille de Fauvette, une blogueuse que je connais personnellement. Je regrette que Fauvette ait choisi de ne pas citer la banque en question, dans le but sans doute de "ne pas faire dhistoires". Il faut nommer les auteurs de ce type d'agissements pour que leur honte soit publique, comme l'a été l'humiliation de Teresa.

01/09/2007

Egalité des chances

Un professeur vient d'être condamné pour insultes racistes. Ca commence à l'école. Ca continue dans le monde du travail. 

Je suis toujours stupéfaite et choquée de voir témoins et victimes en rire. Blagues racistes, remarques sexistes, vannes homophobes, chez moi, ça ne passe pas. On se permet trop de choses sous couvert d'humour.

Merci papa et maman de l'heritage.