20.05.2008
Coup de gueule n° 3 (parce que jamais 2 sans 3)
Coup de gueule agacé, donc, contre les sociétés de cosmétique qui sortent chaque mois ou presque un nouvel allongeur de cils, repulpeur de lèvres ou embellisseur de teint, toujours plus miraculeux, ensorcelant, envoûtant, cher que le précédent, ainsi relégué au rayon « vieux de plus de 2 mois donc introuvables ».
Du coup, lorsqu’on a enfin déniché LE mascara ou LE rouge à lèvres qui nous convient, on se retrouve quelques mois plus tardà fouiller frénétiquement le rayon des fards, poudres et paillettes, sans pouvoir remettre la main sur le produit de nos rêves. Le packaging, le nom et les teintes ont changé.
Pas plus tard qu’hier soir, j’ai perdu 10 bonnes minutes dans le rayon maquillage d’une grande enseigne, à la recherche du discret, sensuel et délicatement parfumé « Charming toffee » de la gamme Glam Shine (parce que je le vaux bien).Le bâton crémeux a été remplacé par un flacon et pinceau baveux, genre Tipp-Ex de luxe. Plus de « charming toffee » mais des nuances qui promettent de me transformer en « siren », « drama queen » ou seductress (mes fesses !).
Heureusement, une charmante vendeuse, prêtant une oreille pleine de compassion à mon désarroi, me réconforta d’un « Vous allez m’adorer, Madame » et plongeant une main délicate dans les sachets estampillés « retour au représentant » de ses tiroirs secrets, en extirpa 2 tubes de mon rouge préféré. Merci à elle !
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Ras le casque !
Coup de gueule n°1 (par ordre chronologique) :
Contre le sombre connard frustré du slip (et encore, j’épargne à vos chastes oreilles les termes dont je l’ai abreuvé, dignes de Bonnemine, la femme du poissonnier dans Astérix…) qui, sans doute excédé d’être bloqué dans les embouteillages et me voyant apparaître dans son rétroviseur gauche, a eu la lumineuse idée d’ouvrir sa portière alors que j’arrivais à sa hauteur.
Il pleuvait, les pavés étaient glissants, j’étais en descente et me laissais glisser, insouciante, toute au bonheur d’arriver au terme de mes 6 kms de pédalage quotidien.
Toutes les conditions étaient réunies pour faire faire un beau vol plané à la petite Fiso. Monsieur n’a dû trouver que ce genre d’amusement pour éveiller le semblant d’asticot recroquevillé dans son caleçon défraîchi. Seulement, la petite Fiso croise tous les jours des connards dans son genre et elle a appris à toujours laisser une distance de sécurité entre son vélo et les portières. Sa méchanceté gratuite m’a juste rempli de tristesse pour la fin de la soirée. Je n’y peux rien, je n’arrive pas à m’y faire …
Coup de gueule n° 2
Décidément, je ne sais pas ce qu’ils avaient tous en début de semaine…
Le coup de gueule n° 2 est contre un autre connard qui roulait dans sa fourgonnette dans la file de gauche, à côté de moi et entreprit d’engueuler copieusement un autre cycliste me précédant. Celui-ci tapant la fuite, notre homme s’en prit à moi et me désigna avec irritation la bande sur le trottoir, à tort appelée piste cyclable, que je boycotte pour les raisons déjà évoquées ici. Comme j’ai quelques qualités pédagogiques, tout en roulant à sa hauteur, je lui expliquai pourquoi je m’étais résolue à pédaler sur la chaussée, dans la pollution et les bagnoles. Très vindicatif, ce gentleman m’abreuva d’un « Tu veux que je m’arrête ? ». Ce à quoi, ma grande gueule légendaire ne put s’empêcher de répondre par un défi assorti de menaces avant que nous nous abreuvions d’insultes du plus bel effet et que je le plante, éructant et vitupérant, dans les bouchons.
PS : Je préviens d’ores et déjà ceux de mes lecteurs/lectrices qui voudraient, mûs par une compréhensible inquiétude quand à mon délai de survie dans la jungle urbaine, me dissuader de circuler à vélo dans Paris et proche banlieue : c’est une démarche inutile. Cycliste de la première heure, bien avant que les Vélib' soient à la mode, je m'accroche à mon guidon, quoi qu'il arrive. J’espère juste que si un jour je devais me faire renverser, j’aurai le temps d’envoyer par sms le n° de la plaque fautive à un de mes proches.
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07.05.2008
Liberté ou esclavage ?
Le téléphone portable, c’est un moyen de communication. Un bel outil de liberté. Sauf aux moments inopportuns où il devient un effroyable intrus. Je me souviens de mon grand-père qui pestait contre le téléphone, qu'il supportait difficilement. Heureusement qu'il est mort avant l'arrivée des portables, il se serait étranglé de fureur. Il avait pas la langue de bois, mon grand-père, et un jour il avait fulminé : "T'es en train de faire l'amour, en plein orgasme, et là, crac, le téléphone sonne ! Si en plus, l'autre te laisse un message sur le répondeur, c'est fini, tu remballes !" J'ai hérité de ce souci qu'il avait de préserver son espace. Je suis déjà accro à internet, ça suffit bien. J'ai 5 téléphones : 2 persos (1 fixe et 1 portable) et 3 pros (1 fixe, 1 portable et 1 DECT). Au boulot, je suis donc joignable à tout moment et très fréquemment sollicitée. Alors en dehors, oui, le téléphone m'agresse parfois. Mon téléphone n'est éteint que quand je dors ou prend l'avion, en dehors de ça, il est en mode normal quand je suis seule et disponible, et en mode silencieux quand je ne suis pas seule, ce qui est fréquent : au boulot, au resto, dans un train, au cinéma, au théâtre, avec des amis. Pour moi, ça s'appelle tout simplement du savoir-vivre. Je passe mes coups de fil aux temps morts de la journée, quand j'attend le bus par exemple, ou quand je marche dans la rue et je suis tellement consciente du caractère intrusif d’une sonnerie de téléphone que je commence systématiquement la conversation par « Je ne te dérange pas ? »
Je connais des gens qui en sont tellement esclaves que je me demande s’ils n’y répondent pas même lorsqu’ils sont en train de faire l’amour. Je me souviens notamment d'un verre en terrasse avec une amie, pas vue depuis plusieurs mois, qui était partie dans une grande discussion existentielle avec son interlocuteur alors que nous venions à peine de nous asseoir. Après 10 minutes d'attente, je lui avais fait signe que je me cassais. Elle avait vite abrégé la conversation. Je ne supporte pas le téléphone au sacro-saint moment des repas et n'y répond jamais, sauf à mon coloc', au cas où. Je me suis engueulé plusieurs fois aussi avec mon frère ou ma soeur qui râlaient parce que je les réveillais à midi. "T'as qu'à éteindre ton téléphone si tu veux pas qu'on te dérange."
A contrario, ma mère me reproche régulièrement de ne pas répondre quand elle appelle sur mon portable. J’ai beau lui expliquer que mon boss était dans mon bureau, ou que j'étais dans le tintamarre de la circulation parisienne / à la bibliothèque / sous la douche / à vélo / en train de déjeuner etc., elle se vexe. Je finis par lui dire que de toute façon, je ne suis pas esclave de mon téléphone, point.
Il y a quelques mois, c'est mon boss qui me dit sur un ton de reproche : "Je t'ai appelée sur ton DECT, tu n'as pas répondu".
"J'étais aux toilettes", lui ai-je répondu avec un sourire angélique. Désormais, quand je ne suis pas joignable, il attend sagement quelques minutes que je le rappelle.
Et vous, quel est votre rapport au téléphone portable ? Maître ou esclave ?
13:37 Publié dans Fiso en mode vénèr' | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note
13.03.2008
Commence à me gonfler sérieux...
J’ai envie d’aller au conflit et de lui dire qu’il commence sérieusement à me gonfler. C'est la saison.
Je sais qu’il le faut, d'ailleurs, parce que maintenant, dès qu’il débarque dans mon bureau ou que je vois son nom apparaître sur mon téléphone, je me raidis, je serre les dents et que mon agacement est de plus en plus perceptible, quand je ne le fusille pas du regard.
Ca fait un moment que ça monte. Je l’aimais bien pourtant, quand il est arrivé. Et de fait, il est plutôt sympa. Il me faisait sourire, en réunion, dans son jean ajusté, ses santiags et sa chemise ouverte sur chaînes en or qui brillent, à la Pacino. Il ne lui manquait pas grand-chose pour être élégant, à côté de mon big boss, bien plus jeune mais bourré de tics, et tout raide dans son costard à rayures.
Sa première grave erreur, ça a été d’essayer de se la jouer paternaliste avec moi. Je n’aime pas ça en général, je ne l’accepte pas du tout dans le travail, et encore moins d’un homme qui est mon boss et pourrait presque être mon père. Il m’a dit un truc un jour, et là, je me suis promis « toi mon coco, je vais te la faire ravaler, celle-là ».
Une de ses vérités préférées, c’est « dans une meute, il y a toujours un dominant ». Sous-entendu, lui, bien sûr. La première fois qu’il nous l’a servie à table, j’ai grincé des dents. Meute, dominant, s’il se considère comme un animal, moi non.
La rupture est venue le jour où il a fait un méga coup de vice à un de mes jeunes collaborateurs. Mon collab’ est venu me voir, paniqué. Il se voyait déjà viré. Comme je suis très rancunière, j’ai résolu le problème à ma façon.
Ensuite, j’ai commencé à boycotter les déjeuners parce qu’il avait choisi comme bouffon du roi un collègue que j’aime beaucoup mais qui n’a pas de répondant. L’entendre, lui, charrier un mec dévoué et compétent sur le ton du « T’es un peu con, mon garçon » parce qu’il est calme et plutôt rêveur, et voir les autres glousser comme des groupies dès que le chef balançait une vanne, ça me faisait pas rire et je me retenais même difficilement de les envoyer chier à sa place. Y’a des moments où je me fais vraiment violence.
Et là, depuis quelques semaines, je ne fais même plus semblant. J’en ai marre de sa mauvaise foi, de ses ronds de jambe, que ce soit toujours nous qui avons mal compris et jamais lui qui s’est planté. Il a des méthodes de dressage à la militaire que je ne supporte pas.
Donc ça va péter. De toute façon, j’ai décidé de refuser la mascarade de l’entretien d’évaluation annuelle cette année. Je ne suis plus à ça près …
19:15 Publié dans Fiso en mode vénèr' | Lien permanent | Commentaires (39) | Envoyer cette note
28.01.2008
Amour sans frontières
Une nouvelle chasse s’est mise en place pour « faire du chiffre ». La chasse à l’immigration familiale, désormais considérée comme immigration subie. Les enquêtes de vérification de la vie commune, qui devaient faire suite à un soupçon de mariage blanc, sont désormais systématiques. Tout est fait pour rendre la vie dure à ceux qui s’aiment. Ben oui, faut faire du chiffre, alors les policiers français commencent à ressembler à de vulgaires commerciaux … Un collectif s’est même constitué pour assurer la défense des droits des couples mixtes face aux nombreuses et toujours plus dures mesures d’intimidation menées à leur encontre. Ca s’appelle « Amoureux au ban » et quelque chose me dit qu’on va avoir de plus en plus de pétitions à signer …
J’ai fait les frais, moi aussi, lorsque j’étais mariée à un étranger, de ces tracasseries administratives et pratiques policières pour le moins choquantes.
Ca a commencé par la négligence de l’employée de l’ambassade de France (je résidais à l’étranger) qui a établi un livret de famille sous un nom incorrect (alors que cette conne avait tous nos papiers sous les yeux). Cela nous a valu d’attendre 18 mois que son erreur (pour laquelle bien sûr elle n’a pas formulé le moindre regret) soit rectifiée auprès du Tribunal de Grande Instance (et donc rallongé d’autant la possibilité d’une demande de nationalité française).
Ensuite, de retour en France, quand il a demandé la nationalité française, la police est venue chez nous, un jour où je n’y étais pas, a visité l’appartement, y compris la chambre, et a ouvert frigo et placards de la salle de bains pour vérifier que nous vivions bien ensemble. Aujourd'hui on demande à ces couples combien de fois par semaine ils font l'amour, et on confronte leurs réponses. Sachez que l'absence d'une photo de mariage dans le salon vous expose à de lourds soupçons.
Alors oui, l’Europe, dont la France, est raciste. Et oui encore, nous n’avons plus beaucoup de raisons de nous gausser d’être le pays des droits de l’homme. Mais il y a aussi désormais, et de plus en plus, une résistance qui se met en place contre ces pratiques indignes de notre pays. Ces français n’hésitent pas à se mettre hors la loi, comme d’autres à une époque pas si lointaine, pour cacher des étrangers en situation irrégulière. Le Nouvel Obs leur a consacré un dossier. Pour eux, la fraternité n’est pas qu’un mot. Les préfets appellent de plus en plus à la délation. Ca ne vous rappelle rien ?
15:25 Publié dans Fiso en mode vénèr' | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : solidarité, immigration, Oh!91
09.01.2008
Directive de la honte
Est-ce parce que j’ai appartenu à une famille africaine dont pratiquement tous les membres sont arrivés illégalement en Europe, laissant leurs enfants dans un pays en guerre (l’ex-Zaïre), travaillant jour et nuit pour les faire venir, taisant la souffrance immense de vivre jusqu’à 10 années sans jamais les revoir ?
Est-ce parce qu’alors hôtesse de l’air, j’ai ressenti un choc immense et baissé les yeux, de honte, en voyant monter à bord des hommes enchaînés comme des bêtes, les yeux exorbités de terreur, encadrés par des policiers ? En priant que jamais ce ne soit un de mes amis ou membre de ces familles que j’aimais tant …
Est-ce parce qu’un soir de mars 1999, j’ai été réveillée par le hurlement de l’homme que j’aimais, qui venait d’apprendre que sa mère de 50 ans, qu’il n’avait pas revue depuis 8 ans et tentait de faire venir en Europe, était morte le jour même d’une bête crise de paludisme à Kinshasa ? Faute de papiers, aucun de ses 3 fils exilés n’a pu assister à ses funérailles. Celui dont je parle a dû attendre 6 années pour pouvoir enfin pleurer sur sa tombe.
Est-ce parce que comme toi, Oh!91, "beaucoup de mes amis ont été des étrangers et pourtant comme mes frères et soeurs" ?
Rien ne peut justifier, pour moi, l’hypocrisie de la politique d’immigration, les humiliations subies par les immigrants et les morts, tombés des avions ou noyés au large de l’Afrique et de Cuba.
C’est pourquoi je relaie le billet de mon ami Oh !91 contre le projet « d'une directive concoctée par la Commission européenne des Libertés qui autorise l’enfermement pendant dix-huit mois d'étrangers au seul motif qu'ils sont en situation irrégulière »
Oh!91 explique : « La durée d’enfermement pourra atteindre dix-huit mois et s’appliquera, sans distinction, à toutes les personnes n’ayant pas d’autorisation d’entrée sur le territoire. Autrement dit, que vous fuyiez votre pays où un génocide est en cours, où se déroule une guerre, où votre vie est en danger parce que vous êtes une femme, parce que vous êtes homosexuel, ou que vous fuyiez la misère, le traitement sera le même. Seuls pourraient en être exemptés les mineurs isolés et les étrangers malades. Ce qui veut dire que des enfants, même en âge d'être scolarisés, seraient concernés par cet enfermement de dix-huit mois s'ils se trouvent en présence de leurs parents.»
La pétition contre ce texte se trouve ici et une manifestation européenne est prévue le 19 janvier.
Edit : Une chanson tout à fait dans le ton de ce billet, trouvée chez Gael : "Africain à Paris" de Tiken Jah Fakoly
10:55 Publié dans Fiso en mode vénèr' | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : oh!91, solidarité, tiken jah
30.12.2007
Ne me souhaitez pas bonne année !
Je manque rarement de courtoisie mais s'il y a bien une période dans l'année ou je ne respecte pas les convenances, c'est au moment de Noël et du Nouvel An. Je déteste les formules toutes faites, les "sincères condoléances" murmurés à la queue leu leu par des illustres inconnus, les "Joyeux Noel" balancés comme un ordre et une gifle aux malades en fin de vie, clochards, endeuillés, personnes seules devant leur télé le soir du 24 (pour celles qui peuvent encore payer la redevance), ressortissants de pays voués à la guerre et aux massacres.
A moins de vivre coupé du monde, comment Noël peut-il être joyeux, vraiment ? "Joyeux Noel dans la lucidité" devrait-on dire. "Restez conscients" comme elle, par exemple.
"Joyeux Noel" passe encore, mais chaque année, ce qui me gave le plus, ce sont les premiers jours de la nouvelle année (le soir du 2, ça va, on fête l'anniv' de mon frère). Le boulanger, la caissière de Champion, le chauffeur du bus, les 750 salariés de ma boîte, tous ces gens dont je ne connais au mieux que nom et prénom et qui me souhaitent une bonne année alors qu'ils n'en en rien à taper de ma vie (et inversement). Moi, ce que je voudrais, c'est qu'on me souhaite de l'amour parce qu'on n'en a jamais assez, j'espère être à la hauteur pour soutenir celle que que je chéris, mon amie de longue date, pour qui l'année commence bien mal, qu'on me souhaite d'être attentive aux autres, toujours, vraiment, qu'on me souhaite de ne pas avoir peur, qu'on me souhaite le moins de larmes possible.
Alors, depuis quelques années, je réponds à cett mascarade de bienveillance :"Oh, pfff .... qu'est ce que ça me fait chier ces formules toutes faites". Sauf à la caissière de Champion et au boulanger parce que je sais que ça fait partie du service clientèle. Ma réponse à moi est beaucoup plus longue que "merci, vous aussi" mais tellement plus sincère.
Alors surtout, surtout, ne vous sentez pas obligés de me souhaiter une bonne année, je ne vous en voudrai nullement. Ou alors faites dans l'originalité, faîtes moi rire par exemple. Ca ne changera absolument rien au déroulé de mon année, de toute façon. Moi je ne vous le souhaiterai que les yeux dans les yeux, et avec d'autres mots.
[je vous ai peut-être assombri les réjouissances de fin d'année, et encore ne vous plaignez pas, j'aurais pu le faire avant Noël ...)
13:55 Publié dans Fiso en mode vénèr' | Lien permanent | Commentaires (33) | Envoyer cette note
17.12.2007
Les affaires reprennent ...
Voilà t’y pas que mon boss m’appellle à la première heure pour me demander ce qu’il en est des cartes de vœux qu’on envoie chaque année à nos fournisseurs. C’est le DG qui lui a posé la question en lui disant qu’on était à la bourre. Moi, avec mon air con et ma vue basse, je réponds que je n’ai aucune idée de qui s’en occupe en devinant déjà que ça va être ma pomme. « Bon tu vois avec D. », me dit-il (la fameuse chargée de com interne casse-couilles).
Je raccroche et je passe quelques coups de fil qui confirment que chaque année, c’est l’assistante du DG qui gère les p… de cartes de vœux dont personne n’a rien à foutre. La grande distrib’ qui souhaite une bonne année aux pauvres fournisseurs qu’elle plume et met sur la paille, voilà le comble de l’ironie ! Enfin, personne ne s’encombre de considérations humanistes dans ce secteur d’activité, c’est bien connu, malgré ce qu’en dit notre cher patron.
J’appelle donc l’assistante du DG, alias « 2 de tension » pour lui apprendre, au cas où elle l’aurait oublié, que c’est son taf. J’en ai un peu ras le cul de récupérer toutes les merdes dont personne ne veut s’occuper, et surtout au dernier moment, histoire que si ça foire, je sois clouée au pilori ! Elle bafouille 2-3 trucs comme quoi elle sait pas, que si on lui dit pas, elle peut pas savoir (je m’en tamponne comme en l’an 40) et j’entend derrière le DG qui éructe d'un air excédé : « D. se démerde, c’est à lui que j’ai demandé de s’en occuper ». D. c’est mon boss, et comme il est champion de la déléguation de tâches, je crois que mon pressentiment va se confirmer. J'aurais vraiment dû rester sous ma couette ce matin ! A peine revenue, déjà envie de repartir ! Quel bordel, cette boîte !
10:55 Publié dans Fiso en mode vénèr' | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note
21.10.2007
Pourquoi je boycotte les pistes cyclables des Maréchaux
Ça fait maintenant un an que je pédale quotidiennement mes 12 km de boulevard des Maréchaux, entre la porte d'Orléans et le quai d'Ivry. L'arrivée du tramway a aussi annoncé l'apparition de pistes cyclables. Las ! Elles ont été dessinnées sur les trottoirs ! Mon enthousiasme et ma bonne volonté des débuts ont vite été découragés et aujourd'hui, sur mes 6 kilomètres de trajet, je boycotte les pistes cyclables et roule sur la chaussée. Je ne l'emprunte que sur environ 200 mètres, entre la porte de Choisy et celle d'Ivry, seul tronçon ou elle est parfaitement plate et offre une bonne visibilité.
Cet acte de (petite) rébellion me vaut des échanges musclés avec automobilistes et piétons. Le vélo dans Paris, c'est tout sauf de la détente...
Si vous êtes franciliens, vous risquez de me croiser un jour sur les Maréchaux. Pour éviter qu'on s'engueule, voici en photos les raisons pour lesquelles je boycotte les pistes cyclables des boulevards des Maréchaux :
- Elle est dangereuse. Systématiquement encombrée de piétons, voitures et poubelles (j'ai vu une femme tomber un jour en faisant un écart pour contourner une voiture garée dessus). Au fait, vous saviez qu'un piéton qui circule sur une piste cyclable peut être verbalisé ? Je me marre doucement ...
- Elle est inconfortable. Des chicanes à angle droit, des bordures à chaque croisement de rue. Le pire, ce sont les bateaux, comme ci-dessous (3 sur 20 mètres). De vraies montagnes russes ! Déjà sur mon VTC pourvu de suspensions, c'est hyper inconfortable, j'imagine le dos des Vélib'istes ... Comme je suis plutôt bien pourvue et que je n'ai pas envie de me décrocher un sein (voire les 2), je roule sur la chaussée (plate, elle).
- Elle est discontinue. Le cycliste qui l'emprunte est donc rejeté régulièrement sur la chaussée. En tant qu'automobiliste (aussi), je ne trouve pas rassurant de voir les cyclistes régulièrement disparaître et réapparaître devant ma voiture. Et oui, là, en dessous, je traverse les rails pour débouler sur le boulevard ...
- Sa signalisation est inadaptée et ne présente aucun intérêt. Exactement les mêmes feux que pour les véhicules motorisés. En dehors des carrefours, il ne devrait y avoir que des feux oranges ou verts pour les cyclistes (à un passage piéton en côte par exemple, ou pour tourner à droite). Sur la photo ci-dessous, je suis au vert en même temps que les voitures et j'ai failli me faire foutre en l'air un soir par un conducteur qui tournait à droite ... ok, j'ai un "cédez le passage" que je n'ai pas vu, caché par le panneau publicitaire et à fond les pédales, en pleine descente ... ce serait pas plus simple de nous mettre au rouge quand eux sont au vert, et inversement ?
- Code de la route : un vélo est un véhicule et n'a donc rien à faire sur un trottoir.
Question : Si je fous un piéton en l'air sur une piste cyclable, qui est en tort ?
Rappel : Les pistes cyclables sont CONSEILLEES et pas obligatoires, n'en déplaise aux automobilistes redresseurs de torts, qui m'insultent ou me frôlent, et à la représentante de la PAP qui m'avait rappelée à l'ordre un jour.
Conclusion : Les pistes cyclables sont une perte de temps et un danger pour les cyclistes à cause de tous les obstacles énumérés ci-dessus. Elle aurait dû être tracée à l'écart des piétons et longer le traway. Croyez-moi, je n'éprouve aucun plaisir à avoir le nez collé aux pots d'échappement, ni à me faire frôler quand on me double. Si les pistes cyclables étaient confortables et sécurisées, je les prendrais avec plaisir ! Alors, vous compatissez à mon parcours du combattant quotidien ?
14:25 Publié dans Fiso en mode vénèr', Le Paris de Fiso | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : vélo
17.10.2007
Des bidonvilles aux portes de Paris
La chaîne W9 nous montrait avant-hier, dans l’émission "Enquête d'action", la vie cachée du périphérique. Cela fait plusieurs années maintenant que les franciliens ont vu apparaître, tout le long du périphérique, des tentes et abris sommaires. La première fois que j’ai vue une de ces tentes, plantée à 1 mètre des bagnoles sur un terrain en pente au bas de la bretelle d’accès de la porte d’Orléans, j’ai cru à un cas isolé. Comment peut-on vivre et dormir là, dans le béton, le bruit et la pollution générés par le passage de plus d’1 million de véhicules / jour ?
La multiplication de ces campements sommaires a eu raison de mon incrédulité. Plutôt que de s’attaquer aux sources du problème, une chasse aux clochards s’est mise en place. Peu importe qu’ils se multiplient, on ne veut pas les voir, c’est tout. Font chier, les pauvres ! Ah non, Fiso, maintenant on ne dit plus « pauvre » mais « personne à revenus modestes », c’est moins violent …
Chassés par la police qui organisent de grandes opérations de nettoyage des rues de Paris (les campements sauvages en bord de Seine en plein Paris-Plage, ça fait désordre sur les photos des touristes). Chassés des bancs publics chers à Brassens qui ont été remplacés par des assises métalliques sur lesquelles il est impossible de s’allonger (ni d’ailleurs, pour les amoureux, de se bécoter serrés l’un contre l’autre).
Plus encore que de voir la misère, je suis dégoûtée de m’y habituer. Ecoeurée et honteuse, je suis, de passer à côté d'hommes qui dorment à même le trottoir, comme des chiens.
«Les associations tentent de les convaincre d'accepter les solutions d'hébergements proposées ou de se déplacer dans des endroits où les riverains sont moins gênés», tempère Mylène Stambouli, adjointe en charge de l'exclusion à l'Hôtel de Ville.
Certains se sont déplacés « dans des endroits où les riverains seront moins gênés ». Ils ont choisi de vivre au milieu des rats et des bagnoles plutôt que de côtoyer notre humanité déshumanisée et affronter nos regards gênés, voire dégoûtés.
Au milieu du bruit et de la crasse, les clochards ne gênent plus personne. Ils peuvent faire tout le bruit qu’ils veulent, celui-ci est couvert par les coups de klaxons des automobilistes excédés. Leurs odeurs corporelles se mélangent harmonieusement à la pollution automobile. Déjà muets, bientôt sourds avec 80 décibels dans les oreilles en permanence, lentement asphyxiés au dioxyde de carbone, leur espérance de vie déjà courte (43 ans) s’amenuise encore plus.
La mairie de Paris estime que 600 à 800 personnes vivent au bord du périphérique. Plus d'un million de véhicules y transitent chaque jour. En regardant ce reportage, horrifiée, je reconnais la tente de la porte d’Orléans. Ses habitants sont interrogés, ils s’appellent Gilles et Marie et s’aiment depuis 5 ans. Marie traverse régulièrement le périphérique pour déposer des fleurs sur la tombe de Coluche, enterré à Montrouge. « Il nous manque » dit-elle, émue.
En deuxième partie, un reportage sur «Le village de l'espoir », implanté à Ivry sur Seine. Un vieux rêve de Jacques Deroo, fondateur de l’association «Salauds de pauvres» qui a connu la rue et la prison. 30 mobil home, une transition entre la rue et le vrai logement. Tout s'est débloqué durant l"hiver 2006-2007, suite à l'opération Don Quichotte. Pour sortit de la crise du canal Saint-Martin et se débarrasser de cette nouvelle cour des miracles en plein Paris, l’Etat met à disposition un terrain à Ivry sur Seine, destiné à accueillir 30 mobil home. Un projet porté depuis 18 ans par Jacques Deroo. Face à l’inertie des pouvoirs publics, les citoyens s’organisent. La relève de Coluche est assurée.
Sacré bonhomme que ce Jacques Deroo : "Quand il y a eu les inondations de la Somme, on a relogé les sinistrés. Moi je travaille avec des sinistrés de la vie." Pas facile pour lui de se battre pour des êtres qui ont perdu toute dignité : "Ils sont encore SDF dans leur tête. Ils arrivent pas encore à se regarder." Il invite 300 personnes à un déjeuner, 50 habitants d'Ivry ont fait le déplacement. Jacques peut être fier de son bilan. En un mois et demi, 12 locataires ont retrouvé du travail.
Gilles, l’homme qui vivait dans la tente de la porte d’Orléans, est sur le plateau de W9 avec Jacques Deroo. C’est un homme transformé qui expose son projet d'ouvrir une épicerie. Dans le Village de l’Espoir mené par la poigne de fer du tendre Jacques Deroo, la cohabitation avec les riverains s'est améliorée et l'alcool est un peu moins présent. Rappelons que lors de sa campagne électorale, M. Sarkozy promettait zéro SDF en 2007. Sur son site, Jacques Deroo lance un appel à volontaires pour que, faute de changement, le 15 décembre, « 1000 véhicules se rendent sur Paris, à raison d’un SDF dans chacun d’eux.»
15:47 Publié dans Fiso en mode vénèr' | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : le village de l'espoir, pauvreté





