03.07.2009
Fiso, les pieds dans l'eau
J’ai passé un super week-end. Au bord de l’eau, les pieds dans l’herbe, sur fond de musiques africaines et électroniques.
C'était ma 2ème participation au Festival de l’Oh ! et j’ai apprécié cette édition encore plus que l’année dernière. C'est quoi le festival de l'Oh ? C'est ça :
Pour commencer, j'ai choisi l'escale de Vitry sur Seine, où le festival s’était installé à hauteur du Port-à-l’Anglais, un pont suspendu qui n’est pas sans rappeler celui de Brooklyn.
Je descends sur la berge où je bois un verre avec mon ami Igor. Peu après, la compagnie Pascoli se jette dans le vide pour un spectacle plein de poésie, au ras de l’eau, sur des musiques qui donnaient furieusement envie de danser (photos Igor, qui a décidément de l'or au bout des doigts)

Le long de l’eau, une expo photos illuminée par la majestueuse Aminata Traoré, que j’avais écoutée à Vitry, d’ailleurs, et Igor qui immortalise le corps sculptural de mon escorte.
Alors Boug', moi aussi, j'ai de beaux mecs en rayon, hein ?
Je discute avec des festivaliers qui s’inquiètent des coupes budgétaires de cette édition 2009 (moitié moins d’escales par rapport à 2008) et craignent la disparition de ce festival populaire. Difficile pour les communes, dans le contexte actuel, d’allouer un budget pour un évènement culturel, même si celui ci est fortement apprécié des citoyens.
Plus tard, concert d’un groupe malien, Dangana. La ville de Vitry ayant eu la mauvaise idée de fermer l’espace restauration avant même le début du 2ème concert (il est à peine 22 heures), nous quittons les lieux pour rejoindre le KB et ce très bon restaurant italien en bordure de la N7.
Le lendemain, j’ai RDV à Ablon-sur-Seine. Ce que j’aime par-dessus tout, avec le festival de l’Oh !, c’est qu’il me permet de découvrir les berges de villes jusqu’alors inconnues. Ablon, c’est joli et ce serait parfaitement bucolique sans le ballet incessant des avions qui décollent d’Orly tout proche. Sur une péniche, face à nous, la pièce de théâtre « Le grand choix » de la compagnie Hercub’ nous a fait rire jaune :
« Le Grand Choix est une émission de téléréalité. Des clandestins débusqués sur une embarcation ont le choix entre se rendre à la police où participer à l'émission, avec à la clé: papiers, travail, asile, logement...et il n'y aura qu'un seul gagnant. »
Tandis qu’un ami profitait des séances d’initiation à la voile, je me prélassais dans une chaise longue en écoutant du très bon reggae. Sur la Seine, les navettes fluviales du festival transportaient des populations joyeuses. Après une visite instructive des maisons de l’Oh ! et un quizz testant mes connaissances en matière d’eau (score 17/26), direction Orly. J’ai apprécié l’organisation de minibus-navettes pour transporter les familles. A Orly, ça manquait un peu de musique mais l’ambiance était bon enfant. C’était l’heure du goûter alors j’ai mangé un tiakri puis, chaleur oblige, somnolence et soupirs de plénitude au bord de l’eau dans ces très confortables transats en toile beige.
Un air de tango parvient jusqu’à mes oreilles ; face à moi, sur l’eau, une péniche et des danseurs. C’est le spectacle « Les Noces de trottoir » des compagnies Tango Sumo et Vendaval.
Peu après, une voix féminine a capella, puissante et légèrement éraillée, s’élève au milieu de la foule. Une superbe africaine, dans une tenue traditionnelle associée à des talons aiguilles qui galbe à merveille ses formes parfaites, chante en bambara (je crois). J’aurais bien aimé qu’on me traduise ce qu’elle disait. Sans transition, une musique électronique draine un mouvement de foule vers un podium sur lequel des dizaines de sachets contenant de l’eau sont posés. Dans une chorégraphie énergique, digne des pires clips de rap bling bling, une jeune femme à poil très légèrement vêtue et en talons aiguille transperce les sachets d’eau de ses talons et se laisse tomber dessus, éclaboussant les enfants amusés. Les hommes, ravis d’un si beau spectacle, dégainent les téléphones portables pour filmer la performance, sous le regard faussement indifférent de leurs femmes. Plus tard, je discute avec une maman qui traîne 2 enfants à moitié endormis et confie « C’est vraiment sympa ce festival, et les minibus-navettes, une vraie bonne idée de la mairie mais je n’ai pas aimé la chorégraphie. Ce n’était pas un spectacle approprié à des enfants ».
Le festival de l’Oh, malgré de cruelles restrictions budgétaires, a encore cartonné cette année (merci le soleil !)
Entre 150.000 et 160.000 visiteurs sur les 10 escales, 15.000 personnes transportées sur les navettes fluviales et 21.000 € collectés pour le collège de Zinder.
Alors, l’année prochaine, amis franciliens, vous y allez ?

11:32 Publié dans Ecologie & environnement, J'aime, Mamma Africa | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : y'a pas d'mal à s'faire du bien, igor, oh!91
06.04.2009
Le Niger, invité d'honneur des Mardis de l'Eau !
Les Mardis de l'eau, ces conférences hebodmadaires dans des villes du Val de Marne, en prélude / préliminaire du Festival de l'Oh!, c'est reparti !
Par un heureux hasard, la semaine dernière, j'étais en région parisienne pour la première. Enfin, j'étais à 100 bornes de là, mais je n'aurais raté ça pour rien au monde.
"Le fleuve Niger est l’invité d’honneur de l’édition 2009 du Festival de l’Oh !
Fleuve Niger ? Pas si vite car dans la langue bamanan, ce fleuve est d’abord «Djoliba», le grand sang.
Djoliba, comme son nom l’indique, est comme le sang dans un corps. Il fait vivre les femmes et les hommes habitant le long de son lit, il donne même le sens à leur vie. Car au commencement, il y avait le Dieu de l’eau autour de qui s’organisa la vie pour ensuite aller vers la terre, les organisations sociales et les pratiques.
C’est à travers lui que les voyages s’organisaient pour passer d’un peuple vers un autre, pour se marier, mais aussi pour chasser et pêcher."
Les Mardis de l'eau, c'est chaque mardi de 19h à 21h et c'est gratuit (et y'a une dame qui tape super vite sur son ordi pour que les malentendants puissent suivre la conférence sur un écran). Et le programme, c'est ici :
23:23 Publié dans Mamma Africa | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
26.09.2007
Souleymane Diamanka
Hier soir, j’étais invitée au concert d’un slameur bordelais, Souleymane Diamanka. Moins connu que Grand Corps Malade ou Abd Al Malik, il a pourtant travaillé avec les Nubians auxquelles il a offert 2 titres. Je n’accroche pas particulièrement avec le slam, je lui préfère l’énergie du rap, mais la curiosité m’a poussée à y aller, seule, puisque je n’ai trouvé personne pour profiter avec moi de l’invitation. Sur scène, Souleymane – quel joli prénom – tout en muscles dans un marcel et jean noirs, devant un public qui l’écoute religieusement, plonge ses yeux dans ceux d’une jeune femme au premier rang (pas moi, malheureusement) et déverse les rimes chaudes de « Une muse amoureuse ». Il a une belle voix grave, beaucoup de charisme, de l’humour et cette humilité qu’on retrouve souvent chez les Sénégalais. Je lui donne moins de 30 ans, il en a 33.
« Je m’appelle Souleymane Diamanka dit Duajaabi Jeneba, Fils de Boubacar Diamanka dit Kanta Lombi, Petit-fils de Maakaly Diamanka dit Mamadou Tenen(g), Arrière-petit-fils de Demba Diamanka dit Len(g)el Nyaama, Et cætera et cætera... »
« En déroulant ainsi sa généalogie, Souleymane Diamanka s’inscrit dans la riche tradition orale des Peuls, ce peuple de bergers qui a fait de la parole un art et couve le verbe comme son plus précieux trésor, ce peuple migrateur, habitant de nul part et originaire de partout (d’aucuns les appellent les gitans du Sahel) que la fortune et les vents ont disséminé dans toute l’Afrique de l’Ouest et au-delà, jusqu’en Occident. A la maison, par contre, on ne s’exprime qu’en peul, pour que le riche patrimoine transmis par voie orale de génération en génération ne s’éteigne pas sur cette nouvelle terre d’accueil. Son père y veille personnellement. Il a enregistré d’innombrables cassettes d’entretiens à destination des plus jeunes (cette voix qu’on entend sur “l’Hiver peul”, c’est la sienne). »
« Dans ces enregistrements, il y a quatre grands thèmes : ce qu'il pense de l'Occident et comment il espère qu'on s'en sorte ici, l'histoire de la famille et la généalogie, les contes et les proverbes peuls, et les conseils qu'ils donnent à ses enfants. » dit Souleymane.
"Oublie ce que tu es, deviens ce que je suis, et ensuite rajoute ce que tu es par-dessus ce que je suis. Là, j'aurai réussi mon éducation, tu seras plus que moi."»
« En classe de CE2, Souleymane croise la route d’un instituteur qui plutôt que de faire apprendre par cœur à ses élèves des textes qui bien souvent les ennuient au plus haut point, leur propose d’écrire leurs propres poèmes, avec pour seule ligne directrice cette phrase un brin mystérieuse qui va l’accompagner jusqu’à aujourd’hui : « La poésie c’est mettre des noeuds dans les phrases et obliger le lecteur ou l’auditeur à défaire ces nœuds. »
Un sourire amusé et une pensée pour D., en entendant les mots de Souleymane sur « Muse amoureuse » :
J’ai la nuit pour parcourir ta peau et je te promets
De compter le nombre exact de tes grains de beauté.
En invité, Grand Corps Malade pour un duo posé sur « Au bout du 6ème silence ».
Des moments très émouvants, comme ce dialogue entre Souleymane et la voix de son père enregistrée sur des cassettes, en peul, pour « L’hiver peul ». Tu préviens, avant de te lancer, mais à nous aussi, « ça nous fait quelque chose », Souleymane. Emotion encore à l’écoute de « Le chagrin des anges » qui me fait penser à W., diablotin au sourire triste qui pour mon plus grand plaisir est sorti du silence :
Les anges se sont perdus entre silence et colère
Après avoir gagné les parties d’échecs scolaires
Chacun tourne le dos à son avenir
Comme s’il avait une mauvaise réputation à tenir.
On nous montre la violence des jeunes dans des rues infestées
Mais je sais que la haine c’est un chagrin qui s’est infecté…
Nul n’est poète en son pays et pourtant
J’ai vu ceux qui suent et ceux qui saignent
Devenir ceux qui sèment les mots qui soignent…
(Le Chagrin Des Anges)
Puis un moment de joyeuse déconnade lors d’un duel aiguisé où Souleymane et John Banzaï, son jumeau aux cheveux blonds (roux ?) s’affrontent dans leur langue respective – le polonais pour John, le peul pour Souleymane - avant d’adopter la langue de l’autre, au grand amusement du public.
A la sortie, en voyant Souleymane sauter dans les bras de ses potes et pousser des cris de joie comme un gamin qui vient de marquer un but, je ne résiste pas à l'envie de lui dire merci (j'en profite pour poser la main sur son épaule, j'avoue). Il me répond de sa belle voix grave : "Merci à vous".
J’aime sentir chez un être humain la fierté de son héritage, de sa langue et de son histoire. Nous sommes tous des mosaïques de couleurs et des patchworks de cultures. Alors quand je vois dans les yeux d’un autre humain la honte d’être ce qu’il est, parce qu'on ignore sa richesse et bafoue sa dignité, je suis triste. Un homme comme Souleymane qui honore la langue française tout en étant ancré dans la mémoire africaine, c’est un souffle d’espoir et de paix pour tous les anges de notre pays.
16:45 Publié dans J'aime, Mamma Africa, Muzik | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : souleymane diamanka, paris, slam
20.08.2007
Papa Sarkozy
"Le défi de l'Afrique, c'est de s’approprier les droits de l’Homme, la démocratie, la liberté, l’égalité, la justice comme l’héritage commun de toutes les civilisations et de tous les hommes".
*Ajout du 21 août (extraits):
"L'Afrique a fait se ressouvenir à tous les peuples de la terre qu'ils avaient partagé la même enfance. L'Afrique en a réveillé les joies simples, les bonheurs éphémères et ce besoin, ce besoin auquel je crois moi-même tant, ce besoin de croire plutôt que de comprendre, ce besoin de ressentir plutôt que de raisonner, ce besoin d'être en harmonie plutôt que d'être en conquête.
Joies simples, bonheurs éphémères, ça pue le mythe du bon sauvage à plein nez !
Comprendre, raisonner, conquérir sont des facultés inaccessibles aux Africains, sans doute ?
"Ceux qui jugent la culture africaine arriérée, ceux qui tiennent les Africains pour de grands enfants, tous ceux-là ont oublié que la Grèce antique qui nous a tant appris sur l'usage de la raison avait aussi ses sorciers, ses devins, ses cultes à mystères, ses sociétés secrètes, ses bois sacrés et sa mythologie qui venait du fond des âges et dans laquelle nous puisons encore, aujourd'hui, un inestimable trésor de sagesse humaine."
Pas besoin d'aller vous balader en Grèce, Nicolas, il existe une civilisation africaine qui a été la lumière du monde, à l'époque ou la Gaule était encore peuplée de barbares. Ce pays s'appelle l'Egypte.
Ne vous excusez pas de votre ignorance, vous êtes encore si nombreux à situer l'Egypte au Moyen-Orient (je n'ose soupçonner un acte délibéré).
Ces propos sont de Nicolas Sarkozy et sont extraits d'un discours, prononcé au nom de la France, le 26 juillet dernier à Dakar.
Je relaie le coup de gueule courroucé de Malaika. Continue, la belle, à réveiller les consciences et à faire entendre ta voix ! Il faut ques les Africains l'ouvrent plus, pour fermer la bouche de ceux qui voudraient parler en leur nom.
J'en profite pour relayer aussi la réponse faite par un professeur de l'Université de Dakar au discours prononcé par M. Sarkozy, en juillet dernier, à Dakar.
Les Africains ne veulent pas de votre "amitié" méprisante. Et moi, j'ai honte pour vous de prononcer ces mots au nom des Français !
20:10 Publié dans Fiso en mode vénèr', Mamma Africa | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : Afrique, Sarkozy
25.05.2007
25 mai
Aujourd'hui c'est la journée mondiale de l'Afrique qui célèbre l'anniversaire de la signature des accords de l'OUA (Organisation de l'Unité Africaine), le 25 mai 1963. Cette journée (déclarée fériée sur l'ensemble des états membres de l'OUA) est aujourd'hui devenue une tradition fortement enracinée dans les pays africains, et représente le symbole du combat de l'Afrique pour la libération, l'émancipation, le développement et le progrès.
Ce soir, à l'UNESCO, de 18h30 à 20h30, des groupes du Burundi, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, de Maurice, du Niger, de l’Ouganda, du Sénégal et de la Tunisie donneront un concert où le balafon aura une place de choix. Le concert sera suivi d’une dégustation de mets africains (20h30-22h30).
Pour ma part, je serai du côté de Sancerre en train de savourer les fraises du jardin de mon moustachu préféré.
Africa united !
10:43 Publié dans Mamma Africa, Pensée du jour | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
12.05.2007
Puppets masters
Un article d' Eric, sur les relations obscures entre la classe politique française et les grandes dictatures africaines, me donne l'occasion de revoir un extrait de l'excellent film "Mobutu, roi du Zaire" que j'avais découvert dans le non moins excellent cinéma "Images d'Ailleurs". Certains se demandent ou passe l'aide internationale. Elle est redistribuée, en partie, pour financer les campagnes électorales de nos hommes politiques. L'argent achète bien des silences.
Le plus triste, c'est que j'ai entendu à plusieurs reprises des aînés qui ont connu la colonisation puis l'indépendance, regretter les dictatures, voire les colons. Et récemment, un ami congolais, que je sais être des plus anticolonialistes, m'a suffoquée en avouant qu'il souhaitait désormais que son pays soit mis sous tutelle occidentale. Pas de retour en arrière. Le salut doit venir de la diaspora africaine.
13:50 Publié dans Ca m'intéresse, Mamma Africa | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
09.05.2007
Décolonisons
Concert Africain exceptionnel
Mercredi 16 MAI 2007 19h30 à LA BELLEVILLOISE
19, rue Boyer, 75020 Paris
avec
Apkass (slam jazz / Congo Kinshasa)
Synaps (rap electro/ France)
Kajeem (Reggae/ Côte d’Ivoire)
Komandant Simi Ol in the Arrr Force (rock-reggae/ Côte d’Ivoire)
Axiom (Rap/Lille)
Ministère des Affaires Populaires (rap-chanson/Lille)
Jahwise (ragga/Congo Kinshasa)
Infos sur le site de l'association Survie
11:33 Publié dans Mamma Africa | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
01.04.2007
L'oiseau-livres
En Côte d'Ivoire, l'avion présidentiel d'Houphouet Boigny transformé en bibliothèque pour enfants.
Une autre façon de s'évader et de goûter à la liberté.
http://www.palaisdelaculture.ci/oiseaulivres.php?th=prese...
13:50 Publié dans Bouillon de culture, J'aime, Mamma Africa | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
17.12.2006
Les Chinois à la conquête de l'Afrique
C"est un dossier paru récemment dans le Nouvel Obs.
" Au Sénégal, dans les mines de Zambie, les plates-formes pétrolières du Soudan ou les marchés du Gabon, les Chinois s'emparent de points clés dans les économies africaines et bousculent les positions françaises et occidentales.
A Dakar, les boutiquestenues par des Chinois se multiplient. Leurs prix sont 5 à 10 fois inférieurs à ceux des Sénégalais. En 2005, on enregistrait trois fois plus d'échanges commerciaux entre la Chine et l'Afrique qu'en 2000. Pékin investit désormais autant en Afrique qu'en Asie du Sud-Est et il est devenu le 2ème fournisseur de l'ensemble des pays francophones. Derrière la France, mais devant les Etats-Unis et la Grande Bretagne.
L'enjeu, c'est bien sûr l'accès aux matières premières : le pétrole, le cuivre, le fer, le cobalt ... Des exploitatations au Katanga en RDC. La construction de l'autoroute à péage de Dakar, d'une centrale éléctrique au charbon, d'un grand théâtre national et d'un musée des Arts au Sénégal, de l'hôtel Hilton à Alger, de l'hôpital d'Oran, d'une raffinerie de pétrole à Adrar.
Les Occidentaux commencent à se faire des cheveux. Les commerçants de Dakar grincent des dents. Beaucoup d'industries locales seraient ménacés. Les piles, les savons, les chaussures. Le nombre de cordonniers aurait été divisé par 7 depuis 2000."
L'autre jour, je regardais l'excellente émission "Kiosque" présentée par Philippe Dessaint qui parlait de ces rapports suspects entre l'Afrique et la Chine. La journaliste chinoise présente expliquait le choix de beaucoup de pays africains à travailler avec la Chine au fait que les Chinois ne s'immiscaient pas dans la politique intérieure du pays. Aucun souhait d'apporter la bonne parole et la démocratie chez les Chinois, business only. Les dictateurs, les guerres, les maladies, ça ne les regarde pas.
Plus inhumains que les Occidentaux, pas sûr. Moins hypocrites, sans aucun doute !
23:30 Publié dans Mamma Africa | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : afrique
25.10.2006
Indigènes
J'avais été très émue de voir les acteurs pricnipaux du film "Indigènes" entonner devant le public du festival de Cannes le chant des tirailleurs marocains "C'est nous les Africains" et je m'étais promis de voir ce film qui a contribué à rétablir une injustice révoltante et ignorée par les gouvernements successifs.
Samedi dernier, j'ai donc vu "Indigènes". Sobre, efficace, pas de boucherie ni de scènes à chialer comme un veau, des acteurs parfaits, tous. Un film engagé, comme je les aime, qui rend hommage à ceux qui ont quitté patrie et famille pour un idéal ou sous la contrainte. Bravo à Rachid Bouchareb.
18:10 Publié dans Bouillon de culture, Mamma Africa | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : ciné








