20.05.2008

Festival de l'eau (3)

free music

Sur le pont d’une ginguette, du côté de Nogent,

Sous la lumière dorée d’un tableau de Cézanne,

Jailliront des éclats de rire insolents

Des lèvres trop fardées de beautés diaphanes.

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Dans une robe moirée, je boirai du vin blanc,

Un accordéon beige chantera le vieux Paris

Et dans le parfum suave de grappes de lilas blanc,

Nous poufferons gaiement, par l'alcool étourdis.

 

Sous le soir vrombissant de doux coléoptères,

Lorsque résonneront les accords de musette

J’aurai une pensée pour celle que fut Colette,

Née de père inconnu, grandie dans la misère.

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Souvent, elle racontait, sous le tilleul fleuri,

L’uniforme allemand, les dernières maisons closes,

Les lèvres tendres et roses de son premier amant,

La couture dessinée sur la jambe, au crayon,

Au Balajo rue de Lappe, la valse, la java bleue,

Qu’elle dansait dans les bras de garçons ténébreux,

Les petits matins blêmes dans la gare de Vierzon,

Et les chagrins d’amour qui durent toute une vie.

(J'espère que ma célébration poétique de l'eau ne vous saoûle pas, ce serait un comble ...)

18.05.2008

Festival de l'eau (2)

free music

A bord d’une barje de bois gris, nous monterons.

Contre ton torse large, je fredonnerai des gammes,

Mon orteil dans le fleuve tracera un sillon,

Le clapotis de l’eau bercera mon vague à l’âme.

Sur une berge joyeuse, résonnant de flonflons,

Nous rejoindrons en hâte une foule festive.

Y’aura Oh ! et Zarxas, peut-être d’autres garçons,

Sur un violon tzigane, je danserai, lascive,

Et fermerai les yeux, pour retenir les larmes

Car le chant des gitans, toujours, noie mes pupilles.

[L’espace d’un instant, je me rêverai sauvage

Au flanc d’un cheval blanc, galopant sur la plage.

Dans la moiteur salée des marais camarguais,

Au vent, comme un roseau, se dressera ma fierté. 

Mais soudain acculée, le nez dans la poussière,

Affaiblie par le sang jailli de mes artères

La foule qui acclame, et demande ma mort,

Qui jette contre moi la lance des picadors]

Et l’archet du violon, témoin de mille drames,

Dans mon cœur palpitant plantera sa banderille.

Quand tu t’inquièteras de me sentir absente

Mon sourire désarmant rétablira le charme

Dans tes bras, je ferai semblant d’être insouciante,

Et tes baisers ardents raviveront ma flamme.

[Le festival de l'Oh!, le vrai, c'est le week-end prochain, 25 escales sur la Seine et la Marne, un carnaval de l'Oh! mêlant cirque, musique, danse et théâtre, des promenades commentées, des activités nautiques, expos, ateliers etc.]

On vous embarque ?

14.05.2008

Festival de l'eau

Enlève moi et voguons

Sur les méandres du fleuve Amour,

A fleur de Pô, tu traces mes contours

Et m’amène à ébullition.

L’eau à la bouche, tu me mets,

Et l’écume au bord des lèvres.

Sur mon corps brûlant de fièvre,

Lèche le sel cristallisé.

Tu voudras aborder, mouillé de ma salive, 

Je noierai ton désir dans mes reflets troublants.

Les perles de rosée, je cueillerai, lascive,

Jusqu’à ce que ton plaisir jaillisse, comme un torrent.

Pose tes mains sur ma chute de Rhin

Remonte-moi lentement et à contre-courant

Plante ton duc d’Albe dans mes sables mouvants,

Ouvre les écluses et remplis moi, enfin.

11.02.2008

A toi je suis soumise

Il m'a prise dès le réveil. Encore endormie, roulant tantôt sur le dos, le visage tourné vers lui, paisible, tantôt sur le ventre, le nez dans les oreillers chargés de mon odeur, je sentais son énergie apaisante irradier la chambre obscure. Ensuite, comme chaque dimanche, je me suis réveillée doucement en m’évadant vers des contrées lointaines qu’il visite souvent, tout en buvant un thé aux oranges et en mordant dans des tartines croustillantes. M’étirant comme un chat au réveil, j’ai savouré sa présence discrète, promesse d’une journée réussie.

Je me suis habillée léger en ce matin de février. Ma peau au sortir de l’hiver avait faim de ses caresses, je voulais lui offrir ma blancheur virginale pour qu’il y imprime son empreinte. A chaque retrouvailles, il m’embrasse d’abord doucement, m’effleure avec délicatesse. Il sait que sous le feu de sa passion, mes yeux s’allument de mille reflets dorés. Ce n’est que quand il sent sa propre odeur sur moi, quand ma peau chauffée à son contact et gorgée de plaisir exhale une odeur de cuir chaud vanillé qu’il commence à me mordre. Avec le temps, j’ai appris à le quitter juste à temps, avant que le plaisir ne laisse place à la douleur.

Plus tard, sur mon vélo, j'ai filé dans les rues, traversant les carrefours à toute allure et évitant de justesse les piétons imprudents. Sur la jolie place d'un square, près d'un manège d'enfants, il était là. Ses lèvres étaient fraîches comme un baiser à la neige.

Nous nous sommes retrouvés à la terrasse d’un café. Il était face à moi et je me retenais de fermer les yeux pour savourer la chaleur qui montait à mes joues. Son regard balayait avec gourmandise chaque parcelle de mon épiderme laiteux. Il s'immiscait dans le creux de mes seins dont j’ai regretté le décolleté trop sage, caressait les boucles sur ma nuque et rosissait mes joues charnues qui parfois appellent les morsures. Ce contact léger et constant, si troublant, me donna envie de glisser au fond de mon siège, de renverser la tête en arrière et d’offrir mon cou à sa bouche impérieuse. Mais je me connais. Je n’arrive pas à m’arrêter quand il commence à me posséder. Mon trouble eût été trop visible et le spectacle indécent aux yeux de nos voisins de table.

Vers 16h, il m’avait plongée dans un état de torpeur et de bien-être tel que j’ai eu envie de lui, encore. J’avais beau essayer de me hâter pour le retrouver, je me déplaçais lentement, toute alanguie par la torpeur dans laquelle il m’avait plongée. Il ne me restait plus que quelques heures pour profiter de lui. Je cherchais un endroit où nous serions enfin seuls, tranquilles. Sur le toit terrasse d’un centre commercial déserté, à l’abri des regards, je me suis allongée devant lui. J’ai enfin pu fermer les yeux et me laisser aller sous ses caresses. Il était moins intense, déjà, peut-être triste de notre séparation imminente.

Quand il a disparu, j’ai eu froid. Un froid glacial. J’ai rangé mon livre, croisé les bras sur mon manteau et le menton rentré, les épaules contractées, j’ai marché dans les rues qui s’assombrissaient.

J'ai alors repensé à une jolie phrase lue ailleurs.

« Mais j’ai su à cet instant que l’hiver était mort et que bientôt nous fêterons son enterrement.

Et j’avais le sourire aux lèvres. »

free music

04.02.2008

Désir virtuel

C’est divin, parfois, de se laisser aller

D’oublier pudeur et principes arrêtés

D’abolir la distance et les interdictions

En se laissant aller à des jeux polissons.

Sentir nos émotions si étroitement liées

Attendre le cœur battant de lire tes mots stylés

Et en les découvrant, un délicieux frisson

Qui glisse sur ma nuque et balaie ma raison.

Peut-être ai-je évité cette joute dangereuse

Par peur de défaillir sous ta plume vénéneuse

Au fond de moi sans doute, en silence, je craignais

De voir confirmation de cet instinct secret.

Nous, ça n’est pas dans l’eau que notre danse s’esquisse,

Mais sous la chaleur sèche d’une savane métisse.

Et quand d’autres se frôlent et s’amusent en coulisse,

Nous entamons un duel qui n’a rien de factice.

free music

14.01.2008

Si

Si tu acceptes d’être sans adresse

Ce que la vie t’a refusé

C’était un horizon fermé

Un animal sauvage se meurt dans une cage.

Si tu laisses couler les larmes

Ce que la vie t’a refusé

C’était d’aimer au singulier

Un cœur trop plein ne tient pas dans une main.

Si tu cesses d’attendre les mots,

Ce que la vie t’a refusé

C’était de t’y attacher

Le sourire d’un enfant surpasse tous les serments.

Si tu tais tes rêves insensés

Ce que la vie t’a refusé

C’était de les voir piétiner

Un oiseau s’élevant défie les éléments.

 

18.12.2007

Savourer l'instant

Pourquoi se précipiter

Au risque de trébucher

Confirmer

Pour s’affirmer ?

S’assurer

Pour se rassurer ?

Se lier

Langues déliées

Acculer

A faire reculer

Embrasser

Sans étreindre

Exploser

Et éteindre

Et mimer

L’amour, feindre

On a pas le temps ?

12.11.2007

Canne à sons

Que j’aime ta croupe, belle pouliche !

Ma main sur ton flanc fait courir des frissons

Le parfum de tes cuisses veloutées m’aguiche

Dans le creux de tes reins perle l’excitation

 

Tu penches un peu la tête et ton corps se raidit

Me sentir derrière toi t’inquiète et te ravit

Sous la lumière du soir, tes cils ourlés de noir

Bruissent dans le silence comme les milliers d’ailes

De papillons qui dansent sous le feu du soleil

 

Le désir de mes mains trouble ton regard tendre

De tes lèvres vermeilles s’échappe un souffle chaud

Tes muscles se contractent et tu cambres le dos,

Vaincue, déjà soumise, tu m’implores de te prendre.

23.08.2007

Traque en milieu hostile

free music

Malgré un regard lisse, l'éclat de ses prunelles

D'un implacable duel annonce les prémices.

Sous le sourire de miel, un prédateur s'avance,

Savourant en silence le trouble des gazelles.

 

Son oeil soudain se fixe et ses muscles se bandent,

Des frissons de désir parcourent son flanc chaud

Louvoyant et agile, il resserre l'étau,

La pupille d'onyx, aux aguets, elle tremble.

 

Sur ses lèvres carnassières on voit rosir le sang

Et dans ses yeux d'argent, déjà, brille le fer.

 

Sous son souffle animal, elle frissonnera de joie,

Leurs corps s'agripperont dans une joute bestiale

Dans l'iris minéral se reflètera l'émoi

Provoquée par l'odeur de sa peur impériale.

 

Quand, enfin victorieuse, sa bouche fouillera

Le corps de velours nu aux courbures graciles,

Le charbon de ses cils incandescents verra

Se répandre le jus de la blessure grenat.

 

Il plantera alors ses crocs dans la chair tendre,

Ses griffes lacéreront la peau chaude et musquée,

Par les râles du plaisir il se fera surprendre

Sans un mot, elle glissera à ses pieds, irradiée.

 

Son regard incrédule, doucement, vacillera.

Une poussière de cendre en voilera l'éclat.

D'un dernier soubresaut, sous la morsure divine,

Enivrée du parfum de sa sueur saline

Dans un sursaut ultime, son dos se cambrera.

 

31.07.2007

Du cul !

95a3a7d4ad7782de39991facca1a86d2.jpgC’est un fait, la fréquentation baisse sur les blogs en cette période estivale.

Une fois n’est pas coutume, j’ai décidé de faire un billet sur le vocabulaire fleuri qui désigne notre intimité la plus secrète.

J’ai trouvé 2 sites qui recensent les expressions se rapportant aux hommes et femmes.

Les exemples qui illustrent les mots employés sont truculents (non ce n’est pas un gros mot).

Ci-après mon « best of »,

Pour les garçons, version « Joujou inoffensif » :

-          Bazar

(dans le Nord, on dit « teun’ d’as un gros bazèèèèèèr ! »)

-          Biroute

Typique du Ch’Nord, voir la chanson « La société des grosses biroutes », trouvée sur France Rugby.

-          Charles le chauve

-          Clé de contact

-          Créateur (se faire mousser le créateur)

Version « Ah là tu fais moins la maligne ! » :

-          Agace-cul

-          Assommoir (Zola a donc écrit des livres de Q ?)

-          Barre à mine

-          Démonte-pneus

-          Empaleur (aïe !)

Pour les filles maintenant …

-          Berlingot

-          Bouton de rose

-          Cigale (qui chante la nuit venue)

-          Conque

-          Feuilleté

("Trente sacs dans le feuilleté, cinquante dans le joufflu") - tarifs aimablement communiqués par la Chambre de Commerce de Pantaléon-sur-Artubie)

-          Figue

-          Nénuphar

-          Terrier rose

Je remarque que pour les filles, il y a peu de termes à connotation guerrière.

Pour ne pas effrayer la bête et lui faire perdre tous ses moyens ?

Et vous, quels sont ceux que vous utilisez / préférez ?

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