26.10.2009

Et je ne suis même pas allée à Matongé ...

Dans la ville où je suis, tout est traduit en au moins 2 langues. Dans le train, c'est même 3, un quart d'heure pour dire une phrase, le tout ponctué de ding ding insupportables, pas moyen de finir tranquillement sa nuit, j'te jure ... Ensuite, dans tous les commerces, on te dit bonjour dans les 2 langues (z'ennemies) et c'est à toi de choisir en quelle version se continuera la conversation.

Il y a 2 semaines, j'ai dormi dans la rue du Marché aux Fromages, ce soir, c'est celle du Marché aux Herbes, j'ai déjà repéré celle du Marché aux Poulets pour ma prochaine visite.

Ici, on dit "je te sonne" au lieu de "je t'appelle". Et "je ne sais pas vous transférer" au lieu de "je n'arrive pas à vous transférer". Et "s'il vous plé" quant on te rend la monnaie de ton achat. Je vous rassure, je ne découver pas, hein, leurs cousins chtimis causent presque pareil. 

4 de mes 5 stagiaires ont les yeux bleus. Ils se régalent de trucs en "ette" : des croquettes, des boulettes, des barquettes. Ah oui, et aussi du stoemp (ça se dit stoummmp'!), tellement appétissant que j'ai pas voulu y goûter. Me connaissant, ça vous donne une idée ...

Entre eux, ils évoquent souvent "leurs amis de couleur". Ce ne sont pas des immigrés, comme je l'ai d'abord cru, mais les syndicalistes. Faut croire qu'ils sont puissants parce que les conditions de travail chez mon client, c'est le Club Med à côté de ce qui se pratique chez ses confrères français ...

Dans la ville où je dors, la première odeur qu'on sent en sortant du train, c'est une bonne odeur de pâte chaude caramélisée. L'odeur de la gaufre qu'on hume ensuite souvent, au détour d'une rue.

Le soir, les seuls trucs ouverts super tard en dehors des bars, des restos et des clubs de cul, ce sont les magasins de chocolats. J'en ai acheté pour 50€.

On se marre avec mes stagiaires. On fait des échanges linguistiques du plus haut niveau. Je sais désormais dire "foufounette" dans leur langue (bon, pas que ça, hein, je suis presque devenue bilingue même! ...) et je leur ai appris l'expression "il pleut comme vache qui pisse". Ma mère serait fière de moi. 

14.08.2009

Sur la route de Rians

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17.06.2009

Rouen la charmante

maisons rouen.jpgMardi soir, fin de journée au siège d’une banque, dans les environs verdoyants de Rouen. Une de nos stagiaires, une jolie blonde à la bouille facétieuse, propose : Si vous voulez demain soir, je vous fais faire un tour du centre-ville ? ». C’est la première fois qu’une stagiaire se propose de me faire visiter sa ville.

Elle passe nous chercher à l’hôtel et quelques minutes plus tard, nous émergeons sur la place de la Pucelle. Il est un peu plus de 19 heures, les terrasses sont bondées et je suis émerveillée par les maisons à colombages qui encadrent la place. E. nous entraîne jusqu’à celle du Vieux Marché. Au centre de la place, un édifice étrange qui m’évoque, bizarrement, un dragon noir. C’est une église, m’apprend E. Les pointes hérissées sont censées évoquer les flammes du bûcher car c’est à quelques mètres de là que fut brûlée Jeanne d’Arc. Un marché se tient encore là, sous des halles attenantes à l’église. La place est magnifique et très touristique. Nous en faisons le tour et nous engageons dans la rue du Gros Horloge (et pas de la Grosse Horloge, bande de touristes !), sous lequel nous passons.

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Un peu plus loin, E. tourne à gauche et devant nous, un très beau bâtiment gothique : le Palais de Justice, criblé d’impacts d’obus datant de la 2ème guerre mondiale.

Nous descendons maintenant vers la cathédrale, qui est mise en valeur chaque été dans un spectacle son et lumière intitulé « De Monet à Pixel », en hommage au peintre qui la peignit plusieurs fois. Nous nous engageons dans une rue entre elle et l’affreux Palais des Congrès, qui doit être démoli depuis des années. Nous descendons une autre rue très animée et dans la rue Martainville, E. marque une halte devant une porte cochère au-dessus de laquelle il est écrit « Aîtres Saint-Maclou ». « Oui, c’est ouvert, venez », dit-elle. Nous la suivons. « C’est l’école des Beaux-Arts, je ne vous dis pas ce que c’était auparavant, vous allez voir ». J’adore les mystères et cette impression, un court instant, de faire une chasse au trésor.  

Nous débouchons sur une cour intérieure. « Regardez les poutres », dit E. J’examine les montants de bois, des têtes de mort y sont sculptées. « C’était un charnier au temps de la peste ». Mon collègue a la chair de poule.

Nous rebroussons chemin et nous engageons dans la rue Damiette jusqu’à la place du Lt Auber où nous nous attablons au Garde-Robe, un bar à vins où je déguste un verre de « Chinon Soif de tendresse ». Retour vers la place du Vieux (comme on dit par ici) où nous nous attablons en terrasse du Maupassant. Crise de fou-rire quand mon collègue choisit le menu « Boule de Juif » qui s’avère être un menu Boule de Suif. Il est près de 22h30 quand notre charmant guide prend congé de nous.

Elle avait les yeux un peu gonflés ce matin (t’as vu ta gueule, dirait l’autre … oui, oui, j’ai vu …)

25.05.2009

Ciel bleu sur Nantes

Jeudi après-midi, il vient m’accueillir à la gare de Nantes. J’avais hâte de découvrir cette ville, une des mieux cotées dans le classement des villes de France où il fait bon vivre. L’après-midi, beau temps oblige, nous allons nous poser sur le sable de la plage de Pornichet. Le soir, ils m’entraînent dans un restaurant africain, le Biso na Biso, rue des Olivettes.

La décoration y est épurée : tables de bois sombre, toiles colorées sur les murs et un coin club cosy pour boire un verre. Le restaurant organise des vernissages et aussi des concerts. Un seul coup d’œil à la carte de spécialités « africaines-caribéennes » me fait comprendre que je suis dans un resto zaïrois : makayabu, liboké etc. Je choisis un tilapia, mon frère un calalou et S. du ntaba. La chikwange n’a pas la blancheur et le fondant de celles de Ma Mpia (qui peut égaler Ma Mpia ?) mais le piment est succulent. Bien sûr, comme à mon habitude, je questionne le serveur qui est effectivement zaïrois. Au dessert, il me glisse à l’oreille, en même temps que le café : « je vous offre le dernier blanc-manger au coco ». Dans une verrine, un entremet parfumé à la noix de coco et muscade, sucré comme il faut. Très bon. Au moment de l’addition, nous rejoignons le bar et faisons les présentations : un Sénégalais né au Zaïre et ses deux amis, dont l’un est l’auteur des toiles qui décorent le restaurant. Ils ont voulu faire un lieu où tout le monde se sent bien. C’est réussi.

Le lendemain après-midi, direction Saint Brévin les Pins pour un pique-nique sur la plage. Aujourd’hui, le soleil cogne vraiment et je m’endors au soleil. Nous rentrons à Nantes sur les coups de 20h, j’observe de loin l’éléphant de l’île et je propose à mon frère d’aller boire l’apéro chez Armel, un copain de blog que je ne connais que virtuellement.

J’entre donc à Casa Vino, 18 rue de Briord, un bar à vins design aux murs rouges, à proximité du château de la duchesse Anne. La carte propose vins italiens, planches de charcuterie-fromage et antipasti, lapin en osso bucco … Un homme aux cheveux mi-longs bouclés quitte la terrasse et me rejoint à l’intérieur.

« Bonsoir, je viens voir Armel ». « C’est moi ! » « Je suis Fiso, la blogueuse ».

On se fait la bise, on discute le temps d’un verre de vin, je promets de revenir goûter aux planches la prochaine fois et on file car un thiep nous attend à la maison. Au moment où j’écrivais ces lignes, la dorade avait pris une belle couleur et le riz cassé faisait la fête avec les légumes (manioc, gombos, chou, carottes et pommes de terre)

Elle assure ma belle-soeur, non ?

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27.04.2009

Je suis retournée au KB

C’est la première fois depuis que j’ai commencé mon nouveau boulot, il y a 5 mois, que je suis en formation en région parisienne et au volant d’une bagnole. Je ne pouvais donc pas rater cette rare opportunité d’aller boire une mousse à la Comète, comme au bon vieux temps, avec Nicolas et Tonnegrande.

Lorsque je garai ma bagnole sur le parking du Leclerc, j’eus un léger frisson, comme un premier rendez-vous. J’entrai, ils étaient là, Tonnegrande beau comme un poussin à peine jailli de l’œuf et Nicolas toujours aussi frisé et garni d’une cravate bleue comme ses yeux. C’est comme si je les avais quittés la veille.

Il est des instantanés, immuables, qu’on aime à retrouver, qu’on caresse du regard, comme ces photos oubliées qu’on retrouve par hasard et qui nous amène instantanément un sourire béat. Des amis d’enfance, comme dirait l’autre. Le bonheur, ce soir, c’était : des blagues de potache, quelques propos à caractère masturbatoire, histoire de se dire qu’on peut pas être d’accord sur tout, un bol de frites, un comptoir doré, un air de reggae, un endroit magique de simplicité.

Je les aime, ces deux-là.  

23.04.2009

J'fais ma belle des champs (et je garde la clé)

L’endroit où je me trouve aujourd’hui est peu exotique. Pourtant ce matin, lorsque je traversai les champs de colza, ce paysage plat me parut soudain familier. Et plus encore ce soir, lorsque le soleil couchant éclaboussait les murs, sous la majestueuse cathédrale.

C’est dans cette région, surnommée le grenier à blé de la France, que j’ai débarqué de mon île natale du Pacifique. C’est là que mon petit frère est né.

Mes souvenirs ont le parfum délicat des lourdes grappes de lilas qui dégoulinaient le long de nos murs, sur la route de Blois. Mon enfance a le goût acidulé des tartes à la rhubarbe de ma mère. Après l’école où j’apprenais à lire les aventures de Daniel et Valérie, elle m’emmenait à la bibliothèque, un minuscule local où, dans de profonds bacs en bois, je dénichais des trésors. Et lorsqu’après avoir longtemps trituré une dent de lait brinquebalante, celle-ci tombait, je trouvais sous mon oreiller, au réveil, un cadeau de « la petite souris ».

Aujourd’hui, je donnais une formation dans le village où il passa une partie de son enfance et qui servit de décor au célèbre roman de Marcel Proust, « A la recherche du temps perdu ». Et ce soir, délaissant la brasserie Madrigal après m’être promenée autour de la cathédrale de Chartres, je me suis attablée au Petit Chaudron, dont la carte était fort originale.

La déco l’était moins mais le service, assuré par un très jeune homme aux yeux de faon, était discret et attentionné. En entrée, j’ai choisi l’assiette gourmande, un assortiment de 6 entrées, rien que ça ! Un soufflé de courgettes, un sushi de saumon au chèvre saupoudré de sésame, un tartare de crevettes aux agrumes, un tiramisu de tomates au crumble de noisettes et une verrine de caviar d’aubergines au piquant un peu inopportun à mon goût.

Le temps d’envoyer une spéciale dédicace par SMS à mon frangin, j’attaquai des profiteroles – maison – fourrées de filets de soles et écrevisses et accompagnées d’un trio de poireaux, courgettes sautées al dente et écrasée de pommes de terre. Au Petit Chaudron, on vous donne un sac de courtoisie pour emporter la bouteille de vin que vous avez entamée.

Vous vous demandiez ce que je devenais ? Quand l’appétit va, tout va, non ?

Le Petit Chaudron, c’est 11 place des Epars, à Chartres (02.37.21.23.72)

27.02.2009

S'ils te mordent ...

Dans la région où je séjourne, les panneaux indicateurs sont écrits en deux langues. Comme sur cette île cousine où j’ai vécu quelques années. Des pancartes indiquent aussi parfois la direction d’une école bilingue.

Dans les restaurants où je dîne, la corbeille de pain qu’on vous apporte en début de repas est toujours accompagnée de beurre demi-sel. J'ai résisté le premier jour et puis ...

Sur les routes désertes que je parcours pour me détendre, lorsque la nuit est tombée, des nappes de brume s’élèvent devant mes phares. A droite, une immensité noire comme la nuit, un gouffre effrayant qui a emporté tant d’hommes. J’entre dans un village habité de maisons de pierre. Je me promène sur le port, il fait étonnement doux, la lueur d’un phare balaie les rochers, les mouettes crient.

A quelques kilomètres de la ville où je travaille se trouve le village d'origine d'un des épiciers les plus célèbres de France. Un homme parti de rien qui a monté un empire. J'ai travaillé pour ce vieux monsieur pendant 6 ans. Lui et sa femme forçaient mon respect par leur simplicité et leur gentillesse. Il n'aimait pas que je lui prenne le bras pour l'aider à descendre les marches et s'inquiétait que je brave chaque jour la circulation parisienne sur mon vélo. Un jour, il a demandé "Il est gentil, mon fils "? J'ai pensé à ce vieux monsieur, ce soir, en voyant sur l'autoroute le nom de son village. J'aurai un pincement au coeur le jour où il partira.

La ville où je dors est dominée par un immense viaduc. Les rues s’appellent des venelles et on peut y admirer des maisons à encorbellement, vêtues de pans de bois et coiffées de lanternes. Le temps a œuvré, certaines sont devenues bancales, on dirait qu’elles vont embrasser leur voisine.

Dans la ville où je dors, il y a aussi un port de plaisance. Je me promène le long des quais déserts, je cherche une péniche fantôme qui s’appelle le Stern. Les bateaux désolés attendent l’été pour rutiler sous le soleil. Moi je soupire, je suis heureuse d'être là et je bois un verre de chouchen en attendant le printemps.

   

24.02.2009

Carnaval de Bailleul

C’était mon 2ème carnaval à Bailleul, une ville flamande à quelques kilomètres de la frontière belge.

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N’allez pas leur dire qu’ils sont chtis ! J’ai appris ce week-end que les habitants de Bergues, à la sortie du fameux film, ont piqué une colère et défilé dans les rues avec des pancartes « A Bergues on est pas chez les chtis ». C’est qu’en Flandre, côté belge et côté français, on ne rigole pas avec ça.

J’étais donc en Flandre ce week-end. J’y avais emmené ma copine Boug’ pour qui c’était la première dans le Norrrrrrr. Je vous rassure, elle est revenue avec tous ses orteils. Et quelques confettis dont elle aura bien du mal à se débarrasser.

Samedi, nous avons profité d’une luminosité exceptionnelle pour arpenter les belles plages du Nord : Bray-Dunes, Zuidcoote et La Panne, côté belge. Dunes.JPG

J’avais prévenu Boug’ : « Ici, ils aiment pas les français, je vais leur parler en flamand ». Sauf que je ne sais pas dire « Où est la plage » en flamand. J’ai baragouiné quelques mots et la vieille femme en face m’a dit avec un fort accent : « Mais vous ne parlez pas français ? » Gloups.

Le soir, nous avons retrouvé une foule bigarrée et passablement imbibée dans les rues de Bailleul. Faut croire que nos perruques rouges en jetaient puisqu’un jeune homme en slip a donné un « zôt'che de Carnaval » à Boug’, en guise de bienvenue. Dans la foule, on nous repérait facilement. « Hé, les quadruplettes ! P’tain, j’adore les rousses ! » s’est écrié un jeune homme avant de nous claquer la bise.

Dimanche, Boug’ a assisté à la messe des carnavaleux avec une pieuse femme, bien connue de Nicolas et Tonnegrande. Elle a eu sa dose d’émotions fortes puisque après avoir embarqué sur son passage  une statue de Jésus, rattrapée de justesse par Boug’, la brave femme a failli s’emplafonner un char de pingouins sur le chemin du retour.

Un petit tour au Mont-Noir, le temps d’acheter quelques couques au sucre (oui, je dis couque et pas cramique, coquille ou pain-gâteau) et du filet américain (beurk !).

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A 15h, un peu alourdis par le repas, nous nous sommes garés loin du centre et avons rejoint les 50 chars qui défilaient dans la ville. Une ambiance vraiment sympa et bon enfant. On a croisé des Bécassines, le char de la Soupe aux Scouts  - et la Denrée  - mais point de pingouins. 

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« J’ai même pas mangé de frites » a dit Boug’. « T’inquiète, c’est prévu », j'ai répondu.

Et au goûter, on a traversé la foule pour acheter trois cornets de frites à la Friterie Bailleuloise. De l’autre côté de la rue Pap’s était hilare derrière son chapeau de cow-boy. « Ben, y’a pas de picalili ? » a-t-il demandé quand je suis revenue. M’enfin, Fiso !

 

* crédit photos : Boug'

19.01.2009

Le France hôtel à Loriol

Loriol, une bourgade sans intérêt, entre Valence et Montélimar, qui offre tout de même un Musée de l’insolite, créé par Max Manent, artiste peintre et sculpteur, un cinéma et une piscine.

Mais à Loriol, il est un hôtel fort agréable où l’on fait bombance, tenu par un personnage haut en couleurs. Ben oui, je sais, je parle encore de bouffe. Que voulez-vous, on ne se refait pas ! En une autre saison, j’aurais peut-être aussi évoqué la piscine de l’hôtel. Cet endroit s'appelle le France Hôtel.

Je ne m’étendrai pas sur les chambres, très correctes, ni l’accès WI-FI – gratuit - qui se limite pour le moment au rez-de-chaussée. Cet inconvénient se révéla être une fort belle occasion de passer mes soirées dans le bar de l’hôtel (la bonne aubaine) et d’y lier connaissance avec le maître des lieux.

Je vous parlerai donc surtout du bar et du restaurant, très douillets, réchauffés par des murs jaune soleil et des toiles bigarrées en provenance du monde entier.

Le restaurant fut le premier endroit que je découvris. Sur fond de musique lounge fort relaxante, il propose 2 menus complets « light prices » à 17€ et 19€50 ainsi qu’un menu Aquarelle à 26€ et un menu enfant à 10€. Un aperçu de la carte ?

Note spéciale à l'attention de Philo (voir tag) : c'est là que tu cliques sur la croix, à droite en haut de l'écran, Philo ...;)

Côté entrées : potage de légumes maison, qu’on m’a amené dans une soupière, comme à Aigues-Mortes. Devinez quoi ? J’ai vidé la soupière. Mais dans le choix des entrées, on trouve aussi une assiette de beignets de calamars, des salades, une friture d’éperlans… C’est très copieux !

Côté plats, une section « «plats de terre » : confit de canard, rognons de veau au porto, pot au feu, suprême de pintade … Le premier jour, je n’ai pas pu finir le pot au feu. Il était divin mais vraiment impossible à caler entre entrée et dessert. Le lendemain, j’ai failli en venir à bout (de justesse).

Une section "plats de mer" : sole grillée aux amandes et beurre (un peu trop de beurre à mon goût, d’ailleurs), pavé de saumon. Une section grillades avec les habituels pavés de rumsteak, entrecôte etc.

Un éventail de choix « Hommage à M. Parmentier » avec hachis parmentier, brandade de morue et parmentier de canard.

Des desserts sympathiques, en tout cas si j'en juge à la pannacotta et à la mousse aux chocolats que j'ai testées.

A noter : la carte comporte 2 plats à base de viande halal (c’est assez rare pour être souligné) et des chaises bébé sont mises à disposition. Au passage, l’hôtel propose aussi 3 chambres accessibles aux personnes à mobilité réduite.

Un bémol : compte tenu de la qualité de la restauration, le petit-déjeuner est franchement tristounet.

Après ce repas de gourmet, vous êtes fin prêts pour vous offrir une petite digestion au bar du France. Garni de maquettes de voiliers (le patron en possède des dizaines), on peut se détendre dans fauteuils et canapés. J’avais envie de me réchauffer, j’ai décliné la proposition du patron de me faire un café de sa composition avec force chantilly et ai opté pour une petite chartreuse le premier soir, et un cointreau le second.

Alors que j’étais sur mon ordinateur, un chat noir est venu me tourner autour. Les chats et moi, c’est une grande histoire d’amour, ils ne me ratent jamais. A mon invite, celui-là (le patron m’apprend que c’est une demoiselle) ne tarde pas à me rejoindre sur le canapé et à ronronner sous mes caresses.  A ma question « Comment elle s’appelle ? », il répond « Elle ne s’appelle pas ». Ben, oui, évidemment, on parle d’un chat…

Nous discutons, notamment des nombreuses toiles dont il confirme qu’elles viennent d’Amérique du sud, d’Afrique et d’Asie. Jean-Jacques a 20 années de voyage derrière lui. Je tombe en arrêt devant des toiles et lui demande d’où elles viennent. C’est un artiste de la région et il s’appelle Pascal Astier. Un coup de coeur total, j'étais hypnotisée par ses toiles.

Note : Le patron avait promis de m'envoyer des photos des œuvres de M. Astier mais il n'a malheureusement pas tenu parole, quel dommage de ne pouvoir orner ce billet de ses magnifiques œuvres ...

03.01.2009

Le premier jour de l'année à Budapest

J'émerge vers 11h, les yeux gonflés par une nuit courte et l'atmosphère enfumée de la boîte de la veille. Il neige vraiment cette fois, et un léger manteau blanc recouvre les abords de la piscine extérieure qui est fermée ce matin encore. Les jours fériés en Hongrie sont de vrais jours fériés. La veille, le 31, tous les commerces avaient fermé dès la mi-journée. J'avale l'habituel petit-déjeuner, mélange de brioche et salami fromage. Dans la salle fumeurs, notre nouveau voisin, polonais, est déjà à la bière. Il nous casse les oreilles en draguant bruyamment une jeune Croate.
Aujourd'hui sera une journée pépère, jour férié oblige. Nous irons aux bains Széchenyi, les seuls ouverts, pour profiter une dernière fois du bonheur des bains fumants avant notre départ.
Avant de rejoindre le bâtiment, Igor nous emmène sur la Place des Héros qui rend hommage aux personnages qui ont marqué l'histoire de la Hongrie. Au centre, le prince Arpad, chef des sept tribus magyars qui envahirent les Carpates en 895, et en arrière-plan, des colonnades  abritent les statues de personnages célèbres, dont Szent Istvan.

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Nous entrons ensuite dans l'enceinte du fort Vajdahunyad qui fut construit pour l'exposition universelle et offre un bel échantillon de divers styles architecturaux. Manque le style sécessioniste, mais on y retrouve les styles gothiques, baroques et Renaissance.  A proximité, un lac gelé sert de patinoire en hiver. Nous nous promettons de nous offrir tous les deux un après-midi de déconnade sur des patins, de retour à Paris.
Nous entrons aux baisn Széchenyi qui sont blindés de monde, on s'en doutait.

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Pour nous réchauffer, on décide de manger un petit quelque chose, manque de pot la cafétéria nous sert du poulet et du riz froid, il n'y a plus de vin chaud, et je manque m'empoisonner en mangeant un dessert conseillé par Igor, à la chantilly et crème de marrons. Je fais remarquer à Igor que le goût est bizarre, il me dit "Oui, c'est parfumé au rhum", donc je continue, je fais goûter à Yo qui s'écrie "Comment tu peux bouffer un truc aussi dégueulasse?" et enfin, lorsqu'Igor plonge sa cuillère dans le sien, il manque vomir. La Chantilly est tournée, en fait. J'en ai mangé les trois quarts, manquerait plus que je me mette à vomir au milieu des bains mais la suite de la journée confirmera que j'ai un estomac à toute épreuve. Lorsqu' Igor veut s'essuyer la bouche avec une serviette, ses doigts passent à travers, il s'écrie "Merrrde ! Qu'est ce que c'est que ces serviettes de l'époque communiste ???" Nous partons dans une crise de fou-rire.

Dans les bains, je retrouve les deux petits Italiens rencontrés la veille aux bains Gellért et leur fait faire le tour du propriétaire. Je retrouve aussi celui qu'Igor et moi avons surnommé "le requin". C'est dingue quand même, je l'ai vu tournoyer, seul, comme un fauve dans les mêmes bains il y a plusieurs jours, puis hier soir il chassait dans la boîte où nous étions, et le revoilà, cette fois-ci cramponnée à une nana. Ses efforts ont payé, visiblement. 

Ça parle beaucoup français  - et italien - dans les bains. C'est incroyable le nombre de Français qu'on croise à Budapest, il paraît que la Hongrie est une des dernières destinations à la mode.

Lorsque la nuit tombe, donnant une dimension tout à fait magique à ce lieu, je regarde les volutes de vapeur s'envoler dans le ciel bleu nuit et patauge avec Yo, en regrettant de devoir déjà partir.

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Plus tard, j'abandonne les garçons. j'ai envie de profiter de ma dernière soirée dans la ville pour flâner seule. Le métro me dépose sur la place Vorosmarty, devant la pâtisserie Gerbeaud. Cette place a des allures de marché de Noel avec ses chalets en bois où on peut acheter à manger. Je me réchauffe avec un gobelet de vin chaud puis emprunte une rue animée mais rien d'intéressant, que des boutiques de fringues, je retourne sur la place, j'hésite à me taper un jarret grillé mais je n'ai pas très faim et me rabats sur un kürtös kalács, un cylindre de pâte cuit autour d'un moule en forme de rouleau à pâtisserie, et roulé dans du sucre à la cannelle. Ca réchauffe les doigts et c'est super bon.

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Re-métro jusqu'à Oktogon, puis tramway, les rues sont désertes, c'est une atmosphère peu rassurante au premier abord que ces rues sombres et désertes, mais il y a peu de criminalité à Budapest, aux dires d'Igor. Je rejoins l'hôtel avec précaution car les pavés sont verglassés.

C'était ma dernière soirée à Budapest. En 2009, je me souhaite d'y revenir, aux beaux jours cette fois. 

 

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