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Globe-trotting - Page 2

  • Dîner libanais chez des karanas

    Au retour du Lemur's Park, ma valise, promise le matin même par Air Madagascar, n'est toujours pas là. Nous sommes bloquées à la maison jusqu'à 18h40, heure à laquelle on me la livre enfin, et sans qu'il n'y manque quoi que ce soit.
    A 20h, nous retrouvons R., un karana mauricien, à la station d'essence Jovenna. Il nous guide jusqu'à la maison d'une de ses amies, qui nous reçoit ce soir pour un dîner concocté par Patrick, un autre karana, ami de R.

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  • Jour 2 à Tana : Jardin secret et shopping malgache

    Mardi matin, je me réveille à 5h20 et tourne dans mon lit pendant 2h

    S. a besoin de faire du sport. Moi aussi mais mon équipement est dans ma valise.

    J'appelle le service litiges d'Air Mad' qui me dit "qu'ils sont en train de négocier" avec Air Austral pour qu'ils acheminent nos bagages sur le vol atterrissant à 12h30.  

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  • Avant Madagascar ...

    Ce matin, je me réveille à 6h30 et après le petit déj, je regarde le championnat du monde de boxe avec C. Mnny Pacquiao aurait dû gagner.

    Vers 10h, on part pour le marché aux orchidées de Saint Gilles les Hauts. De délicates corolles, des sabots de Vénus, un ravissement pour les yeux.

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    Ensuite, on va faire un tour sur le marché de producteurs, et on admire les brèdes, les énormes avocats, on achète des samoussas citrouille, chouchou et songe pour l'apéro.

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    On discute aussi avec le patron - corse - de la ferme du Bel-Air, qui a une vraie tête de réunionnais et fait son propre foie gras et autres produits à base de palmipèdes.

    Sur la route, à son habitude, C. jure avec cet accent du sud qu'il n'a jamais perdu "Et putain, le clignotant, c'est en option, cong?".

  • Une nuit dans le cirque de Mafate

    Hier matin, je suis réveillée à 5h15. C'est qu'ici, le rythme n'est pas le même; la nuit tombe vers 18h, on se couche très tôt (avant 22h) et on se lève très tôt (vers 7h).

    Celui que je considère comme mon deuxième papa mais que j'appelerai ici Cricri avait dit "On doit être partis à 7h15 au plus tard". Vers 6h45, je m'amuse de le voir s'agiter en silence, faisant, en bon militaire, les dernières vérifications : "Sophie, tu as pensé au poncho ?" Il a élevé 3 garçons mais, comme il dit, "il connait bien les femmes". 

    7h05, la voiture se met en route. A 8h, nous récupérons Cliane à Saint-Denis et c'est parti pour 2 heures de route dans Salazie et ses virages. A 10h11 très précisément (j'ai mis Runtastic Pro en route mais hélas, le GPS refuse de s'activer, comme souvent), nous harnachons nos sacs à dos et quittons le parking pour rejoindre le Col des Boeufs, point de départ de notre randonnée jusqu'à Marla, où nous dormirons en gîte. Le cirque de Mafate est le plus sauvage et le seul des 3 cirques de La Réunion qui ne soit accessible qu'à pied.

    Il fait un beau soleil mais frais, la température idéale. Sur une pierre, un petit oiseau à la gorge caramel sautille, "C'est le tec tec, l'ami des randonneurs", me dit Cricri. 

    La végétation est luxuriante et nos deux guides satisfont notre curiosité. Cliane pointe une feuille veloutée : "C'est une feuille de bringellier, avant, on s'en servait comme éponge" ... "et comme papier toilette", ajoute Cricri. Il y a aussi de drôles de tiges brunes qui se terminent en queue d'hippocampe, des fouggâteaurborescentes qu'on appelle "fanjan" ici. Nous sommes à 1810 mètres d'altitude. La descente est rude et ma mère, percluse d'arthrose, souffre. Cricri tente de l'aider, prodigue des conseils, propose de porter son sac à dos et se fait engueuler.

    Dans la plaine des tamarins, de nombreux arbres ont été déracinés par la tempête. Ces tamarins là ne donnent pas de fruits mais leurs troncs gris sur le vert vif de la végétation sont du plus bel effet. Nous croisons de nombreux randonneurs et quelques vaches et l'une me menace de ses cornes, je déguerpis sans demander mon reste.

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    Cricri me montre, dans le lointain, quelques toits rouges (photo ci-dessus). C'est là que nous allons dormir, à Marla. Ça ne parait pas loin mais à l'exception de la plaine des Tamarins, ce ne sont que montées et descentes, et les marches sont hautes. Je suis ma mère et sa jambe gauche tremble quand elle la pose, je ne dis rien mais je suis inquiète. Et si elle tombait et se faisait mal ? Je passe devant elle pour ne pas accroître son stress.

    "Avancez au lieu de tchatcher comme des pintades" leur lance Cricri. Il me fait rire et surtout, me fait énormément penser à mon grand-père : bourru mais sensible. Je ne pouvais pas rêver meilleur guide que cet ancien militaire, très sportif, qui a fait 3 fois la Diagonale des Fous (qui porte bien son nom!) et a travaillé comme bénévole sur le Grand Raid pendant 15 ans. 

    Arrivés à la rivière des galets, que nous traversons en sautant sur les pierres, c'est l'heure du pique-nique, qu'on savoure. Après ça, je m'offre une petite pause à la fraîche, dans le fracas de l'eau vive. 

    la réunion,marla

    En repartant, je prends en photo les nombreuses et délicates lantanas (aussi appelées corbeilles d'or ou galaberts) qui bordent le sentier. Il y a aussi des figuiers de Barbarie. Et ça grimpe, ça grimpe ... 

    la réunion,marla

    Après près de 4 heures de marche, nous voici devant une petite église en tôle, l'église de Marla. "On y a fait 2 mariages et un enterrement", raconte Cliane.Et elle raconte aussi la marche en talons hauts et robe de soirée jusqu'au village et le père de la mariée qui ouvrait le cortège en jouant de l'accordéon. Ensuite c'est l'école de Marla, dont la simplicité rappelle mon école en Alemagne. 

    la réunion,marla

    L'îlet de Marla est à 1620m d'altitude. Chez Fanélie, les vêtements séchent sur le toit et la Dodo nous attend, bien fraîche. Les enfants nous embrassent timidement. Bientôt, la maitresse de l'école de Marla s'attable avec nous. Vers 17h30, nous prenons possession de notre gîte. J'avoue que je piquerais bien une petite sieste. On prend tous une douche et vers 19h30, nous entrons dans la salle à manger, où sont attendus "21 randonneurs, avec vous". Cricri préside en bout de table et l'institutrice s'installe avec nous. Une fiole de rhum arrangé orange-ananas nous attend.

    Avec 21 personnes dans une petite salle, le brouhaha est énorme et on s'entend à peine parler. Je surprend le regard dans le vague de Cricri, comme déconnecté de ce qui l'entoure et je me souviens que, comme mon père, ses oreilles ont souffert des tirs de munitions à l'armée, et qu'il n'entend rien de ce que nous disons. Je ne veux pas qu'il passe le repas comme ça, alors je vais le voir et lui glisse à l'oreille "Si je viens m'installer à côté de toi, ça te dérange ?". "Vas-y, viens, répond-il". Je prend ma chaise et m'installe avec lui en bout de table. Quand je lui demande s'il veut un verre de vin, il secoue la tête " Il paraît que je fais mon intéressant, alors ça m'a coupé l'envie de boire un verre de rouge". Cricri a été vexé par la réflexion d'une des femmes mais quand quelques minutes plus tard, je lui sers un verre, il ne dit rien et trinque avec moi.

    La salade fraîche de chou, carottes et tomates est délicieuse. Ensuite, rougail saucisses, cari poulet, riz blanc, haricots et rougail de tomates-arbuste, qui poussent devant la maison. Je n'avais jamais vu de tomates sur des arbres ... En dessert, du gateau "tisson" aux pêches. Je fais épeler à Cliane, qui m'explique que le gateau ti'son, c'est un gâteau au son de mais. 

    la réunion,marla

    Il est 21h28 quand je pose ma tête sur l'oreiller et je n'ai pas souvenir d'avoir cherché le sommeil....

    Le lendemain matin, la pluie me réveille. Il est 5h45 et je me laisse bercer jusqu'à 6h30. Une heure plus tard, nous mangeons rapidement notre petit-déjeuner, réglons les 40 euros de notre séjour, enfilons nos ponchos et reprenons la route sous une pluie battante. Le retour que j'appréhende à cause des sols détrempés, est au moins aussi agréable que l'aller. Il fait frais, les crapauds sautillent dans l'herbe, les montagnes pleurent des cascades de larmes blanches.

    la réunion,marla

    Seulement cette fois, pas question de traverser la rivière des galets, grossie par la pluie, en sautillant sur les pierres. Nous sommes obligés de faire un détour et d'emprunter la passerelle d'Ethève. C'est impressionnant, à 5 mètres au dessus de la rivière déchaînée. 

    Peu avant 13 heures et une cueillette d'énormes chouchoux (j'ai l'impression d'être à la fête foraine en train d'essayer d'attraper la queue du Mickey), nous voilà enfin au col des Boeufs. Je ne suis pas mécontente d'être arrivée au bout de cette randonnée sportive sans que personne ne se soit fait mal. Même pas moi qui me suis retrouvée les 4 fers en l'air à 100 mètres de l'arrivée ..

    la réunion,marla

    "Si tu viens à La Réunion et que tu n'es pas descendu dans Mafate, dit Cricri, tu n'as rien vu". J'avais fait Salazie et Cilaos, ne manquait que celui-là, la boucle est bouclée. 

  • Naples jour 1

    8h40, nous aterrissons à Naples sous la pluie. Rien ne peut entamer notre joie d'être ailleurs pour un weekend entre filles. Après plus d'un an sans autre pause que 15 jours maussades en août dernier, j'ai attendu cette escapade en mode dolce vitta. En dehors de vacances près de Venise quand j'étais ado et de quelques heures d'escale à Florence quand j'étais hôtesse de l'air, je ne connais rien de l'Italie. Je rêve de Naples, Capri et des Pouilles depuis longtemps. Amatrice de vieilles pierres, cette pause tombe à pic dans la vie de mon amie Choups. 

    A l'aéroport, après voir vérifié où nous devions nous arrêter pour notre hôtel, nous montons dans l'Alibus. Un black qui nous entend discuter nous dit qu'en achetant notre billet au tabac de l'aéroport, nous aurions payé 3€ au lieu de 4 à bord du bus. Bon à savoir pour la prochaine fois (car j'ai déjà l'intuition qu'il y aura une prochaine fois).

    Au 2ème et donc dernier arrêt, nous descendons à quelques pas du port où se dressent d'imposants ferries et un édifice tout aussi impressionnant, le Castel Nuovo. Sous une pluie battante, nous trouvons sans peine la via Medina. En revanche, le numéro 17 est une porte cochère sans trace d'hôtel. Le porche sombre, l'ascenseur vieillot ne sont guère engageants. Pourtant c'est bien là, au 3ème étage, que se trouve l'hôtel Napolart; soudain, je crains le pire mis une fois la porte passée, un décor moderne et lumineux me rassure.

    Un charmant jeune homme nous offre un café et nous propose de patienter dans la salle attenante, le temps que notre chambre soit prête. Là, je louche sur les appétissantes pâtisseries disposées pour le petit déjeuner et me vite laisse tenter par une viennoiserie feuilletée en forme de coquille saint-Jacques. 

    [Précision : Evidemment je ne vais pas venir à Naples, capitale de la bonne bouffe, et faire le carême ! Si je trouverai sans aucun doute mon bonheur ici en terme de poissons et fruits de mer, j'ai bien l'intention de me siffler quelques apéros et de faire honneur aux pâtisseries. Donc parenthèse de 4 jours et je ferai comme pour le Ramadan, je rattraperai]

    Pour l'heure, j'ai bien choisi : un sfogliatella, chausson feuilleté fourré de ricotta au citron, spécialité napolitaine qui serait d'origine arabe. Un délice ! Après 4 heures de sommeil, un 2ème café est bienvenu. Quand je demande à payer, le serveur refuse : le petit-déjeuner est offert. Notre séjour commence bien ...

    Peu après, nous prenons possession de notre chambre et c'est une deuxième bonne surprise. Une chambre spacieuse et claire, très douillette, une salle de bains luxueuse, une propreté irréprochable. Décidément, j'ai de la chance avec les hôtels, je tombe toujours bien ...

    Le temps de déballer nos valises, de décider vaguement de la direction à prendre, et nous voilà reparties. Juste à côté de l'hôtel, nous entrons dans une - première - église où 2 adorables mamies nous prennent en charge pour une visite guidée et gracieuse, et entourent sur notre plan de la ville les endroits à ne pas manquer. 

    Au pif, nous avons pris la direction du quartier Spacccanapoli et nous enfonçons dans des ruelles étroites où piétons, vespas et voitures se faufilent. Le linge pend aux fenêtres, recouvert de plastique, les façades sont décrépies, la ville semble délabrée mais l'ensemble charmant. J'ai toujours aimé le bordel et l'imperfection. 

    Après les visites des églises baroques du Gesu Nuovo et gothiques de Santa Chiara, nous nous trompons de direction et prenons la Via Pasquale Scura, au bout de laquelle on aperçoit, dans les hauteurs, le château Sant'Elmo. Nous retournons sur nos pas pour nous engager dans la Via Benedetto Croce. 

    Comme il est déjà 13h30, nous décidons de filer tout droit jusqu'à une institution napolitaine : la pizzeria Sorbillo. Là, nous attendons à l'extérieur que la patronne nous appelle au micro. La clientèle est locale. Au premier étage, dans une salle à la décoration sommaire, nous nous attablons devant des pizzas Margherita au diamètre impressionnant. La pâte est fine, le basilic parfumé et le succès indiscutable : 

    Maintenant repues, nous pouvons revenir un peu sur nos pas.

    Juste avant la place San Domenico Maggiore, nous repérons la pâtisserie Scaturchio, un incontournable d'après mon guide, où de superbes gâteaux s'exhibent. Le ministeriale, un médaillon de chocolat fondant fourré de liqueur, fera le bonheur des nombreux amateurs de chocolat qui m'entourent. 

    Hélas, l'église de San Gregorio Armeno, réputée somptueuse, est fermée. Nous remontons la via San Gregorio Armeno, bordée de boutiques de santons où l'on trouve pêle-mêle des figures religieuses, politiques, des stars et des sportifs.

    L'église gothique San Lorenzo et ses neuf chapelles rayonnantes est de toute beauté ainsi que sa voisine, la Santa Maria delle Anime del Purgatorio. Ma copine Choups, qui goûte l'architecture italienne, est aux anges. 

    Nous prenons la Via del Tribunali jusqu'à la Via del Duomo, une jolie artère aux bâtiments bien alignés et colorés, en contraste avec les ruelles étroites et sombres empruntées jusque là.

    Nous voici donc dans le quartier du Duomo (cathédrale) et nous la visitons bien sûr, ainsi que la crypte de San Gennaro.

    Ensuite, nous poussons jusqu'à la verdoyante placette Bellini où nous nous attablons, moi devant un Brasiliano, et elle devant un thé à la menthe. De là, nous descendons la via San Sebastiano, bordée de boutiques d'instruments de musique et retrouvons notre chemin jusqu'à la Via Medina sans même l'aide du plan. Trop fortes les meufs. A l'approche de l'hôtel, je ressens soudain un petit coup de barre. 

    "Mine de rien, ça fait juste 12 heures qu'on est debout" dit Choups. "Et surtout, on a dormi 4 heures ..."

    Arrivées à l'hôtel, après une légère somnolence, je blogue et elle chantonne en pianotant sur son téléphone.  Ce soir, on va dîner dans les Quartieri Spagnoli ...