11/05/2012

Après le week end "fesses à l'air", la journée "peau du cul"

Préambule : Je suis sûre que CUI aurait trouvé un bien meilleur jeu de mots à faire avec ce billet.

Ca faisait un petit moment que j'avais envie de tester les voitures électriques d'Autolib. Une collègue m'ayant rassurée sur la simplicité de leur utilisation, il ne me restait plus qu'à attendre une occasion.

En début de semaine, ressentant le besoin d'aller discuter avec JM, mon ami de presque toujours, je décidai de me lancer et scannai permis de conduire, carte d'identité et photo récente pour envoyer le tout par mail. Hélas, le message "Vos documents ont été validés, vous pouvez maintenant finaliser votre abonnement à une station Autolib'" arriva le lendemain matin.

Mercredi soir, sortant du concert de mon frère, dotée de mon tee-shirt de groupie N°1, celui-ci me propose de les ramener, lui et ses potes, et de tester l'engin par la même occasion. Je n'ai malheureusement pas mon permis de conduire avec moi, sésame obligatoire pour finaliser ledit abonnement.

Aujourd'hui, donc, je rejoins une station équipée d'une borne d'abonnement et découvre par la même occasion la ville d'Arcueil. Je trouve les stations Autolib' bien moins repérables que leurs jumelles Vélib' et c'est une épicière qui m'indique la station, sur le trottoir juste en face de moi. Les voitures grises, ce n'est pas non plus très accrocheur, visuellement. Enfin, pour une voiture écolo, ce n'est pas très joyeux, le gris !

Dans la bulle, une jeune femme apparaît sur un écran et me parle, comme sur Skype. A cause du bruit de la circulation, je dois tendre l'oreille pour entendre ce qu'elle dit (détail qui a son importance, comme vous le comprendrez par la suite).

Fort sympathique, elle m'indique qu'on va bloquer une caution de 50€ sur mon compte et m'explique comment prendre possession d'un véhicule. Je me plante, bien sûr, et débranche le mauvais véhicule. En fait, c'est exactement comme avec le Vélib, tu passes un badge sur un lecteur, tu tapes ton code secret, on t'attribue une voiture, tu la dévérouilles en passant ledit badge sur un lecteur près du rétro, tu débranches sa prise d'alim et en voiture Simone !

A bord, un témoin de charge de la batterie indique 96% de charge. Un écran propose de visionner une vidéo qui t'explique comment rouler en mode automatique. Il y a même une option aide qui te permet d'appeler un conseiller directement à partir du véhicule. La classe.

Au démarrage c'est très étrange, tu as l'impression que la voiture n'a pas démarré, et pourtant si, elle se lance, mais sans bruit !  La boîte automatique ne me dérange pas, j'en ai déjà eu une. Mon GPS ne me sert à rien car la Bluecar en est équipée, ni mon CD de Michael Kiwanuka (elle est dépourvue de lecteur). J'ai toujours l'option radio Nova, mais le volume sonore, bridé, est inaudible en circulation.

C'est parti ! Après avoir vérifié auprès de ma charmante conseillère que c'était autorisé et possible, je me lance sur l'autoroute A6 en direction d'Evry. Ma voiture métallisée, plus haute que les autres, ne passe pas inaperçue. Je suis assez contente de faire de la pub à ce concept écologique et économique. Sur l'autoroute, j'atteins les 110 comme avec n'importe quelle voiture, aucune différence notable, si ce n'est le bruit du moteur, très différent d'une voiture à carburant. Un peu l'impression qu'on met les turbines et que je vais décoller.

Peu après, je me gare sur le parking du magasin de JM qui m'attendait pour se faire conduire à la poste à bord de mon nouveau joujou. Comme moi, il est emballé par la petite voiture.

A l'arrêt, incapable de verrouiller la voiture, je fais appel à un conseiller qui me répond instantanément et me rassure : il va remonter l'anomalie mais de toutes façons, personne ne peut utiliser le véhicule sans badge.

Vers 18h30, j'appelle Boug' qui devait me retrouver chez moi à 19h30 pour un dîner viet'.
"Je suis dans le coin, t'es partante pour une expérience inédite ? "
Elle hésite ma Boug':
- Ça dépend quelle expérience.
- Je passe te chercher et on va dîner dans le coin"

Je gare ma caisse devant le portail avec une demie-heure de retard sur l'heure de l'apéro. Une heure plus tard, après avoir, à la faveur de quelques ralentisseurs, pu mesurer l'assise un peu "dure" de la Bluecar, nous voilà sur le parking d'un restaurant de poissons. Boug' mitraille mon visage au-dessus du slogan "Libre comme l'air", qui dans ma tête résonne comme une promesse. Si seulement !

autolib'

22h30, je la dépose chez elle et reprend l'autoroute après avoir réservé une place à la station qui se trouve littéralement au coin de ma rue.

"Vous avez 90 minutes pour rejoindre cette station; l'emplacement n°2 vous est réservé" me confirme le jeune homme que j'appelle. 20/20 le service client Autolib' !

Absolument séduite par cet essai, j'appelle mon frère pour lui en vanter les mérites. Arrivée à destination, le témoin de charge de la batterie indique encore 40% d'autonomie après 100 kms de route.

Je gare la voiture sur la place n°2, la rebranche, la verrouille et me dirige vers chez moi. Mon téléphone bipe "Merci d'avoir choisi Autolib. Votre location a duré 468 minutes pour un montant de 121.27 EUR."

Je relis le message. 121.27 EUR ??? Qu'est ce qu'ils me chantent, Autolib', j'ai pris l'otpion à 10€, moi !
Je commence à composer le n° du service client et me ravise. C'est gratuit d'un fixe, je vais d'abord vérifier sur internet que je ne me suis pas planté et j'appellerai de chez moi. Sur internet, je retrouve l'offre abonnement 24h. J'appelle. La jeune femme m'apprend que les 10€ sont le tarif de l'abonnement, mais qu'à cela il faut ajouter un coût de location à la demie-heure, "que je retrouve à gauche, sur la page". Je proteste sur le manque de clarté du site, dis même que j'ai les boules. "On vous l'a indiqué lors de l'abonnement". Peut-être, mais ça devait être quand je n'entendais rien, justement. C'est le moment que choisit ma box pour s'éteindre et mettre fin à mes jérémiades. Et là, contrairement aux autres fois, personne ne me rappelle. Je raccroche, résignée, imaginant déjà la tête de Boug' et de JM quand je vais leur raconter ma dernière mésaventure. Entre nous, je trouve que je les accumule un peu en ce moment.

Sur gmail, un ami est le premier témoin de mon nouvel épisode des malheurs de Sophie. Il me trouve pétillante et rigolote, tu m'étonnes. On ne s'enuie pas avec moi, j'en ai toujours une bonne à raconter. Je préfère en rire, de toute façon je l'ai dans le cul, Lulu, mais j'aurais préféré claquer 120€ de lingerie plutôt qu'en aller-retour vers Evry  !

En écrivant ce billet, je me remémore en mode aigre-doux le séduisant slogan affiché sur la portière de la Bluecar : "Libre comme l'air" ... mais surtout fauchée comme les blés !

20/06/2011

Deux jours à l'Oh ! (ça mouille)

Au festival de L’Oh!, y’avait pas beaucoup de soleil, du vent, des gros nuages sombres et de l’eau, un peu trop. Ca devient une blague qui se répète chaque année ou presque mais ça ne suffit pas à me décourager.

Le festival de l’OH !, j’y ai circulé en bateau, à vélo. J’y ai mangé des glaces « Bollywood » au curry-coco, banane-cardamone, Earl Grey (trop bon !), j’ai même pécho la recette (et j'ai trouvé celle-ci sur le net).

 

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Et puis, j’ai vu 2 fois la Flak, « déambulation plastique et chorégraphique » de la compagnie Ecart,  voguer sur sa péniche, et je me suis laissé émerveiller par ses danseurs évoluant au son du ukulélé, et les bulles de papier, comme des cocons. Un spectacle plein de poésie, délicieusement enfantin.

Samedi, à Maisons-Alfort, où je suis parvenue après d’intenses efforts, un bain de soleil suivi d'une douche froide et un tour de toupie sur la Marne (hé oui, on est tributaire de l’écluse), j’ai écouté les envoûtantes voix de « Divana », un groupe de musiciens et poètes tsiganes du Rajasthan. En soirée, à Bercy, j’ai retrouvé le beau Anuj aux yeux de jais qui a rassemblé une foule curieuse et même intrigué le soleil au point de le faire bousculer les nuages.

Dimanche, j’ai pédalé jusqu’à Bercy et un joli minois m’y a rejointe. On a refait un tour au stand de glaces, gagné des gourdes plates, vachement pratiques, vu la compagnie Pascoli et ses parapluies, qui heureusement n’ont pas eu d’autre utilité que visuelle et écouté la conférence de Vandana Shiva, écolo-féministe que j’ai raté lors des Mardis de l’Eau, qui se bat pour qu’eau et nourriture restent des droits et ne deviennent pas des marchandises. Cette femme charismatique gagne ses procès contre Monsanto et d'autres multinationales, parfois au terme de longues années de lutte. Les chiffres qu’elle fournit font froid dans le dos : 250.000 suicides de paysans indiens endettés par leur dépendance aux semences OGM.

Cette édition fut une belle réussite. J’ai pensé à Céleste, qui aurait sans doute aimé y assister. L’année prochaine, un autre grand fleuve sera l’invité de ce festival populaire « unique en son genre car intransportable », où artistes et mariniers se rencontrent, où tous accomplissent des prouesses physiques et techniques. Un grand bravo aux organisateurs !

16/06/2011

On y est : à la flotte !

festival de l'oh!Ça y est ! Coup d'envoi du Festival de l'Oh! (avec buvettes pour Nicolas). 

La carte des escales dans lesquelles les festivaliers largueront les amares est visible ici. N'oubliez pas qu'à cette occasion, les organisateurs du festival, dont je salue ici le dévouement, vous proposent de vous réapproprier Seine et Marne en découvrant quantité d'activités nautiques comme le canoe-kayak, la voile, l'aviron, la yole, le Zodiac ou plus étrange, la puce d'eau mais aussi de rencontrer des pêcheurs.

Je sens que je vais encore en prendre plein les yeux et les oreilles ce week-end, moi !

Voici quelques propositions, dont on m'a soufflé au creux de l'oreille qu'elles figuraient parmi les incontournables du festival.
 
1/ Au chapître des cultures du Gange, qui est le fleuve invité d'honneur, voici trois suggestions :
 
à Sucy en Brie : Gangâ, une création du à la Compagnie Prana, mêlant danses traditionnelles indiennes à des compositions et des chorégraphies contemporaines.
à Paris et à Orly, les maîtres de la danse Kathak, Arjun et Anuj Mishra, dans Shivaham, une évocation de l'eau et des mythologies du Gange.

(NDLR : J'ai découvert la danse kathak, impressionnante d'énergie, lors d'une prestation du bel Anuj au centre Mandapa, en février dernier. Saviez-vous que cette danse est l'ancêtre du flamenco, lui-même né à Jerez ?)

Flyer-Anuj-Sharmini.jpg

PS : Dis donc, il se passe des choses aussi à Genève ... On m'aurait donc menti ?


à Maisons-Alfort, un magnifique Salon de musique, avec exposition d'instruments indiens anciens, des artistes népalais, des tsiganes du Rajasthan, de magnifiques Râgas dans la pure tradition classique hindoustanique à la clé.


 
2/ Au chapître des spectacles flottants et ambulants du Carnaval de l'Oh!, on m'a suggéré de ne pas rater :
 
- la Compagnie Pascoli, La couleur de l'Instant - qui s'annonce coloré et sublime
- Lady Gangâ, avec du Cirque indien embarqué,
- le Vaisseau des Furies, par les mêmes voix qui vous avaient transportées sur le bras du chapître, à Créteil, l'an passé...


 
3/ Enfin, pour les plus militant(e)s ou écolos d'entre-vous, n'hésitez pas à aller à la rencontre de Vandana Shiva, une des plus belles figures des combats pour un autre monde de notre temps, de Yannick Barthe sur les Risques technologiques (à Vitry), ou de plein d'autres personnalités toutes plus intéressantes les unes que les autres...

26/09/2010

Water makes money ou l'eau transformée en fric

Water makes money.jpgJeudi soir, le Conseil Général du Val de Marne m’avait invitée à la soirée d’ouverture de l’UPEDD (Université Populaire de l’Eau et du Développement Durable) qui programme, chaque 2ème mardi du mois, à Ivry, une conférence sur le thème de l’eau. Cette soirée d’ouverture se déroulait au cinéma d’art et d’essai le Luxy, à Ivry précisément. J’affectionne cet endroit auquel je trouve un air de cinéma ancien  et qui programme des films du monde entier.

Ce soir-là, on y projetait Water makes money, le documentaire allemand de Leslie Franke et Herdolor Lorenz dénonçant la marchandisation de l’eau par les multinationales privées.

Clairement pointées du doigt, Suez et Veolia dont les pratiques furent dénoncées par Jean-Luc Touly dans son livre « L’eau de Vivendi, les vérités inavouables », ce qui lui valut d’être licencié, il y a 5 ans, par Veolia puis réintégré il y a quelques jours suite à une décision du Conseil d’Etat.

« La France a la particularité d'être le pays où la proportion de délégation de service public est quasiment inversée par rapport au reste du monde: près de 80% de l'approvisionnement en eau y est géré par Suez, Veolia et la Saur», souligne Jérôme Polidor de La mare aux canards, distributeur du film en France.

Le documentaire donne aussi la parole à l’UFC-Que choisir qui a mis en évidence les prix de l’eau très abusifs pratiqués dans les grandes agglomérations urbaines. Dans une étude datant de 2007, il a comparé les prix facturés et réels de l’eau potable et décerné la médaille d’or de la surfacturation au SEDIF  (Syndicat de l’Eau d’Ile de France, présidé depuis presque 30 ans par André Santini), lequel toucherait une marge de près de 60%, suivi de Marseille (56,1%), Gennevilliers (55%), Lyon, Toulouse, Montpellier, Reims (plus de 40%). A l’inverse, Chambéry, Clermont-Ferrand, Annecy et Grenoble, gérées en régie municipale, présentaient alors des prix proches du coût calculés par l’association (10 à 15% de marge). Vous pouvez lire cette étude là :

etude-sedif.pdf

Nombre de villes, aujourd’hui font le choix d’un retour à une régie publique de l’eau potable : la ville de Rouen en début d’année 2010 et Paris au printemps dernier, avec un bémol puisque Veolia conserve la gestion des fontaines parisiennes.

En revanche, Veolia a remporté, il y a quelques mois, le contrat de distribution de l’eau potable en Ile de France (contrat qu’elle détient depuis 1923). En Allemagne, la multinationale française a réussi, par des participations dans les services des eaux de plus de 450 communes, à prendre la première place dans l´approvisionnement  en eau potable et le traitement des eaux usées (source Watermakesmoney).Pour un état de la remunicipalisation de l’eau, consultez le site France Libertés, créé par Danielle Mitterrand.

S’appuyant sur des séquences chocs où l’on pointe des fuites d’eau gigantesques sur le territoire français (25% en moyenne), « non traitées car facturées à l’usager », le manque d’entretien des équipements « conduisant inévitablement au traitement de l’eau, facturé lui aussi », la forte proportion de chlore et le mauvais goût de cette eau, justement, le documentaire milite clairement pour un retour en régie publique.

Il pointe aussi du doigt les liens étroits entre politiciens et dirigeants des multinationales de l’eau : Dominique de Villepin, ex conseiller international chez Veolia, Eric Besson à la tête de la fondation Vivendi (Veolia), et jusqu’à André Santini qui envoie des courriers officiels sur papier à en tête Veolia …

Si Water makes money est l'objet de nombreuses controverses, une chose est sûre : la guerre de l’eau a déjà commencé. Problèmes et solutions, le débat est ouvert. Et vous, savez-vous au moins à qui vous payez votre eau ?

 

D'autres liens intéressants :

Géopolitique et guerre de l'eau

Haro sur les géants de l'eau

Les factures salées de Veolia

Comment les multinationales transforment l'eau en argent

Le programme de l_UPEDD_web.pdf

 

03/07/2009

Fiso, les pieds dans l'eau

J’ai passé un super week-end. Au bord de l’eau, les pieds dans l’herbe, sur fond de musiques africaines et électroniques.

C'était ma 2ème participation au Festival de l’Oh ! et j’ai apprécié cette édition encore plus que l’année dernière. C'est quoi le festival de l'Oh ? C'est ça :

 

Pour commencer, j'ai choisi l'escale de Vitry sur Seine, où le festival s’était installé à hauteur du Port-à-l’Anglais, un pont suspendu qui n’est pas sans rappeler celui de Brooklyn.

Je descends sur la berge où je bois un verre avec mon ami Igor. Peu après, la compagnie Pascoli se jette dans le vide pour un spectacle plein de poésie, au ras de l’eau, sur des musiques qui donnaient furieusement envie de danser (photos Igor, qui a décidément de l'or au bout des doigts)

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Le long de l’eau, une expo photos illuminée par la majestueuse Aminata Traoré, que j’avais écoutée à Vitry, d’ailleurs, et Igor qui immortalise le corps sculptural de mon escorte.

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Alors Boug', moi aussi, j'ai de beaux mecs en rayon, hein ?

Je discute avec des festivaliers qui s’inquiètent des coupes budgétaires de cette édition 2009 (moitié moins d’escales par rapport à 2008) et craignent la disparition de ce festival populaire. Difficile pour les communes, dans le contexte actuel, d’allouer un budget pour un évènement culturel, même si celui ci est fortement apprécié des citoyens.  

Plus tard, concert d’un groupe malien, Dangana. La ville de Vitry ayant eu la mauvaise idée de fermer l’espace restauration avant même le début du 2ème concert (il est à peine 22 heures), nous quittons les lieux pour rejoindre le KB et ce très bon restaurant italien en bordure de la N7.

Le lendemain, j’ai RDV à Ablon-sur-Seine. Ce que j’aime par-dessus tout, avec le festival de l’Oh !, c’est qu’il me permet de découvrir les berges de villes jusqu’alors inconnues. Ablon, c’est joli et ce serait parfaitement bucolique sans le ballet incessant des avions qui décollent d’Orly tout proche. Sur une péniche, face à nous, la pièce de théâtre « Le grand choix » de la compagnie Hercub’  nous a fait rire jaune : 

 « Le Grand Choix est une émission de téléréalité. Des clandestins débusqués sur une embarcation ont le choix entre se rendre à la police où participer à l'émission, avec à la clé: papiers, travail, asile, logement...et il n'y aura qu'un seul gagnant. »

Tandis qu’un ami profitait des séances d’initiation à la voile, je me prélassais dans une chaise longue en écoutant du très bon reggae. Sur la Seine, les navettes fluviales du festival transportaient des populations joyeuses. Après une visite instructive des maisons de l’Oh ! et un quizz testant mes connaissances en matière d’eau (score 17/26), direction Orly. J’ai apprécié l’organisation de minibus-navettes pour transporter les familles. A Orly, ça manquait un peu de musique mais l’ambiance était bon enfant. C’était l’heure du goûter alors j’ai mangé un tiakri puis, chaleur oblige, somnolence et soupirs de plénitude au bord de l’eau dans ces très confortables transats en toile beige.

Un air de tango parvient jusqu’à mes oreilles ; face à moi, sur l’eau, une péniche et des danseurs. C’est le spectacle « Les Noces de trottoir » des compagnies Tango Sumo et Vendaval.

Peu après, une voix féminine a capella, puissante et légèrement éraillée, s’élève au milieu de la foule. Une superbe africaine, dans une tenue traditionnelle associée à des talons aiguilles qui galbe à merveille ses formes parfaites, chante en bambara (je crois). J’aurais bien aimé qu’on me traduise ce qu’elle disait. Sans transition, une musique électronique draine un mouvement de foule vers un podium sur lequel des dizaines de sachets contenant de l’eau sont posés. Dans une chorégraphie énergique, digne des pires clips de rap bling bling, une jeune femme à poil très légèrement vêtue et en talons aiguille transperce les sachets d’eau de ses talons et se laisse tomber dessus, éclaboussant les enfants amusés. Les hommes, ravis d’un si beau spectacle, dégainent les téléphones portables pour filmer la performance, sous le regard faussement indifférent de leurs femmes. Plus tard, je discute avec une maman qui traîne 2 enfants à moitié endormis et confie « C’est vraiment sympa ce festival, et les minibus-navettes, une vraie bonne idée de la mairie mais je n’ai pas aimé la chorégraphie. Ce n’était pas un spectacle approprié à des enfants ».  

Le festival de l’Oh, malgré de cruelles restrictions budgétaires, a encore cartonné cette année (merci le soleil !)

Entre 150.000 et 160.000 visiteurs sur les 10 escales, 15.000 personnes transportées sur les navettes fluviales et 21.000 € collectés pour le collège de Zinder.

Alors, l’année prochaine, amis franciliens, vous y allez ?

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01/07/2008

Eteins la lumière !

Enfin une bonne initiative !

On nous a annoncé il y a peu la signature d’un accord d’intéressement et une prime annuelle allant de 0 à 1800 €.

On dirait que les dirigeants ont enfin réfléchi à un moyen de fidéliser les employés ; faut dire que le turnover, qui a toujours été élevé, a battu tous les records l’année dernière : 23 % !

Comme ma société ne fait pas de bénéfices (ne ricanez pas …c’est un peu plus compliqué que ça mais vous comprendrez que je ne puisse en dire plus), on ne peut pas nous donner une participation aux bénéfices. En revanche, en accord avec notre communication médiatique sur l’environnement et la solidarité, notre direction va nous reverser une prime en fonction des économies réalisées, grâce à un effort collectif. Et je trouve ça génial.

D’abord parce qu’ici, c’est quand même pas mal « chacun pour sa gueule ». Ensuite, parce que je suis un peu écolo et que ça me déglingue d’entrer dans des salles de réunion vides avec lumière et clim’ qui tournent à fond …

Plusieurs postes de dépenses ont été définis : l’électricité, les fournitures et consommables (eau, papier), la téléphonie etc.

Dans la mesure où la réduction et même la stabilisation des dépenses garantit la prime, ce sont des objectifs tout à fait réalisables ; et comme la plupart des critères dépendent directement de mon service (dont un rien que pour moi), ça fait qu’on a des objectifs vraiment motivants pour l’année à venir.

Ca se bouscule dans les couloirs depuis … du moment que ça ne se transforme pas en délation d’untel qui n’a pas éteint sa lumière ou en épluchage des notes téléphoniques …

Je comprends mieux pourquoi mon boss m’a demandé de faire des tableaux de bord quotidiens pour tout le service …

14/06/2008

Salsa en liberté

20h15 hier soir, je descends dans un parking près de chez moi pour y récupérer une voiture que j'ai louée pour la soirée auprès d'une société d'auto-partage. Particulièrement adaptée aux citadins, que ce soit pour des raisons écologiques ou économiques, ce concept se développe dans de nombreuses villes de France. A Paris, on trouve Caisse-Commune, Mobizen et Okigo , mais aussi en Alsace, à Lyon, à Marseille, bientôt à Toulouse (en projet) etc.

Je passe ma carte d'adhérent sur le pare-brise, les portières se dévérouillent. J'ouvre la boîte à gants, compose mon code secret sur un clavier qui libère la clé de contact. Carte grise, carte de carburant (celui-ci est compris dans le prix de la location), tout est là. Je passe faire un plein - gratos, si vous avez bien suivi -sur le quai d'Ivry avant de prendre l'autoroute A4. Ma Clio toute neuve a 20 kms au compteur.

Au bord d'un lac, en plein air, de la musique latina, une soirée salsa. Un homme tatoué cuit des merguez et des cuisses de poulet sur un grill. Je suis un cours, histoire de me remémorer ceux dispensés à Dublin par Tony, mon ami cubain, il y a plus de 10 ans. Les pas de salsa, mambo, rumba, ça je connais. Les habitués nous rejoignent et je m'applique à mémoriser le "di le qué si" (dis-lui oui) et son pendant, le "di le que no"(dis-lui non). Les danseurs mâles sont tous confirmés et me font virevolter. Je m'amuse beaucoup même si je dois faire attention à ce que mes talons aiguille ne se coincent pas dans les interstices des lattes du ponton.

Vers minuit, je reprends l'autoroute et gare ma voiture dans son parking. Je papote un peu avec le gardien et lui explique le concept, qu'il ne connaît pas. Il risque de me voir souvent car je suis enchantée de cette prémière expérience de l'auto-partage.

06/06/2008

O du robinet

321245930.jpgA New York et à San Francisco, l’eau en bouteille n’a pas la cote. En juillet 2007, les maires Michael Bloomberg et Gavin Newsom ont interdit aux services de la ville d’utiliser des bouteilles d’eau. En effet la fabrication, la livraison et le recyclage de celles-ci produisent à peu près 450 000 tonnes de CO2. Et tout cela pour un produit de qualité parfois bien inférieure à l’eau du robinet. Les deux maires ont également réussi à convaincre certains restaurateurs d’arrêter de vendre de l’eau en bouteille…

Dans ma société, qui pourtant communique beaucoup autour de l'écologie, plus de 1500 bouteilles d'un demi-litre sont consommées chaque jour. Enfin, 1500 sont ouvertes, car dans les salles de réunion, bien souvent, on en boit une gorgée et on jette. Quand on sait que l'enjeu mondial dans les années à venir sera l'eau, c'est révoltant.

Sur l'ancien siège social, nous avions pourtant mis en place des fontaines à eau, mais ce projet fut abandonné lors de l'emménagement. Paraît que les bouteilles en plastique coûtent moins cher, ce dont je doute, vu qu'en plus du transport et de la distribution, on paie une société pour en assurer le recyclage. 

A la maison, en revanche, je ne bois que de l'eau du robinet. Et vous ? 

19/04/2008

Boycottons l'huile de palme !

Boycottons l’huile de palme lorsqu’elle est produite de manière non durable.

Elle est responsable de la déforestation massive des forêts tropicales au Honduras, en Colombie -quatrième pays producteur mondial après la Malaisie, le Nigeria et l’Indonésie-, au Cameroun, en République Démocratique du Congo au profit de monocultures de palmiers à huile.

On trouve l’huile de palme dans de nombreux cosmétiques (savons et crèmes) et aliments (biscuits, huile de friture, sauces, mayonnaise, chips, chocolat et barres chocolatées, etc.). 

Le Cameroun a lancé, depuis 2001, un projet de palmiers à huile avec l'aide active de la France, du FMI et de la Banque mondiale. 1 % de forêt est perdu chaque année. De graves conflits fonciers opposent exploitants et populations locales auxquelles les terres sont confisquées sans compensation.

En Colombie, les déplacements de populations ont généré des problèmes similaires. L’Indonésie a déjà perdu 72 % de ses forêts.

En République Démocratique du Congo –pays qui contient 63 % des forêts d’Afrique Centrale-, le ministre d'Etat de l'Agriculture, Pêche et Elevage a signé, au nom de la RDC, un protocole d'accord avec la société chinoise de télécommunication ZTE International qui vise un projet de production et d'exploitation de l'huile de palme. 30 % des forêts de ce pays –soit 15 millions d’hectares-  sont légalement sous contrat avec des compagnies forestières. [source la Conscience]

 

25/03/2008

Mardis de l'eau

En amont du festival de l’Oh! qui se tiendra les 24 et 25 mai prochains, les mardis de l’eau vous invitent à des conférences-débats ouvertes au public et accessibles aux malentendants grâce à une boucle magnétique et une retranscription écrite simultanée.

A l’occasion de l’Exposition internationale sur le thème de l’eau et du développement durable qui se tiendra cette année à Saragosse, en Espagne, les Mardis vous proposent de rencontrer les Témoins de l’eau.

Mardi dernier, le père José Andrés Tamayo, prix Goldman pour l’environnement 2005 est venu du Honduras pour témoigner de son combat pour l’eau. Il dirige le Mouvement Environnemental pour Olancho (MAO), coalition d’agriculteurs vivriers, de leaders communautaires et de religieux qui défendent leurs terres contre la coupe sauvage des forêts à des fins commerciales.

Le père Tamayo a évoqué la différence, du simple au double, entre la quantité de bois officiellement exportée du Honduras vers l'Europe et celle réceptionnée par les pays importateurs. Il a également rappelé les pressions et menaces de mort qui pèsent sur lui et ses partisans, les tentatives d'assassinat dont il a déjà été la cible, et ses compagnons assassinés en 2006.

Ce soir, à Joinville le Pont, "La bataille de la Loire n'est pas finie", particulièrement d'actualité après la pollution par Total dont aurait souffert le fleuve et dont parlait mon ami Oh!91.

Le programme des conférences à venir est là : %20invitation-mardis-eau.pdfinvitation-mardis-eau.pdf