08.11.2009

Chaussures, luxure et ... déconfiture

Photo239[1].jpgJe devais juste faire découvrir à mes 2 copines blogueuses et adoratrices de chaussures cette super adresse que je fréquente pratiquement depuis son ouverture, il y a 16 ans.

De sublimes chaussures, bottes et escarpins, et à l’époque aussi, une multitude de bérets Philippe Model qu’Agnès décrochait pour moi. A mon grand désespoir, la collection de bérets a disparu, j’en ai heureusement raflé quelques-uns à temps.

On est toutes les 3 à la bourre, ça m’arrange bien. La boutique est vide, nous essayons ces petits bijoux sur talons et voilà que je ressors avec 2 grandes boîtes. Comment aurais-je pu résister ?? Ces bottines bicolores en daim et cuir, je les avais déjà repérées il y a 3 semaines, et elles m’attendaient, depuis, et comme P_o_L m’a dit « Elles sont faites pour toi »… Pour une fois, je vais faire ma fille de base et vous les montrer mais la meilleure pour ça, notre mère à tous, c’est VéroPapillon, bien sûr (qui a mis en scène ce défilé de chaussures)

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Juste en face de la boutique, un restaurant iranien a ouvert. Il me semble qu’il est récent car je ne l’ai pas remarqué auparavant, et on y mange vraiment très bien, au So Rice. Le chef est chaleureux et vient vous expliquer la composition des plats (délicieuses grillades de poulet au citron), les sorbets au safran et à la rose sont faits maison, comme tout le reste, et les somptueux toilettes valent à eux seuls une visite.
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Après ce délicieux déjeuner, Véro a dit « Les filles, si vous avez un peu de temps, j’ai une surprise. Une expo sur les maisons closes de Paris dans la galerie Au bonheur du jour ». De quoi nous réchauffer par ce grand froid. Nous voilà reparties en direction de l’Opéra, et plus précisément rue Chabanais. La galerie « Au bonheur du jour » est un bel endroit, élégant, douillet et pourvu d’un boudoir feutré.

On a parfois l’impression qu’ils étaient coincés à l’époque, mais pas du tout ! Ca batifolait sévère dans les chambres indiennes, chinoises et autres exotismes. Et les canons de la beauté étaient bien différents au temps des années folles, elles ne risquaient pas de s’enrhumer avec la fourrure qu’elles portaient, été comme hiver …

On y apprend que c’est une ancienne prostituée, Marthe Richard, devenue pilote d’avion puis conseillère municipale à Paris, qui fit fermer les maisons closes en 1946. Mamie Coco, qui raconte volontiers sa jeunesse, vous dirait que c’est bien regrettable.

L’exposition nous replonge dans ces lieux de plaisir et de débauche à jamais disparus. Le Chabanais, sis au 12 de la rue du même nom (et accessoirement juste en face de notre galerie) recevait les princes du monde entier et qu’Edouard VII y avait même sa chambre attitrée, où figurait une chaise à étriers « pouvant accueillir 2 femmes ».

Un autre bordel se voulait spécialiste de la fessée (elle s'en donne à coeur joie ...!)

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Sans oublier les bordels pour hommes, où Marcel Proust, parmi d'autres, venait s'amuser avec de jeunes garçons et des militaires. VéroPapillon m'a d'ailleurs appris que la rue Saint-Anne qui abrite aujourd'hui et pour mon plus grand bonheur, nombre de restaurants japonais, était un haut-lieu de la prostitution masculine dans les années 80. 

Les photographies sont souvent belles et parfois surprenantes. L’exposition dévoile ainsi les tirages d’un certain Monsieur X qui ne payait les prostituées que pour les prendre en photo. Le boudoir cache des objets tour à tour drôles ou inquiétants, comme un certain pique-couilles (argggh, j’ai eu mal pour eux, sérieux), un heurtoir en bronze et aussi cette chose, là, en toile de Jouy qu’une main qui passait par là n’a pas pu s’empêcher de caresser …

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Ca vient de commencer et c’est jusqu’au 31 janvier 2010. Courez-y et après, allez vous enfiler … un bon chocolat chaud !

Au Bonheur du jour, 12 rue Chabanais, du mardi au samedi jusqu'à 19h30.

Restaurant So Rice, 12 square Desnouettes, 75015 (01.45.30.30.45)

 

18.10.2009

Culture et chaussures : spéciale dédicace à ma cops VéroPapillon

00-09-2009-41392-1.jpgDans le métro, l’affiche d’une pièce de théâtre par la Compagnie des Papillons dans le ventre , selon l'expression souvent utilisée par notre coquine de blogueuse. Quand X. rencontre Y. qui avait aussi invité W....

Dates : du Lundi 7 septembre au 4 novembre 2009
Horaires : 21h30
Lieu : Le Funambule de Montmartre
Adresse : 53 rue des saules
Ville : Paris 75018
Métro : Lamarck-Caulaincourt

Et sur mon téléphone, des Louboutin à 150 €, photo prise dans un magasin de dégriffés que je fréquente depuis près de 15 ans. La collection de bibis Philippe Model que je pillais régulièrement a disparu (mon péché mignon, les bibis façon Gavroche) mais ils ont des chaussures et bottes somptueuses, même si pas toujours confortables :

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Mi-Prix au 27 boulevard Victor, Paris 15ème (M° Balard)

21.09.2009

Entre potes à l'Entrepôt

Samedi matin, 10h30, SMS : "Je serai un peu en retard". Je tourne le coin de ma rue. Après un sourire joyeux, l'inquiétude :"Est-il plus en retard que moi, ce qui voudrait dire que je peux prendre le bus .... ou est-il juste un tout petit peu en retard et je chope un taxi?".

Je l'appelle. Il est à une station de notre rendez-vous. "J'arrive !"je crie dans le téléphone. Je vous vois déjà ricaner, z'êtes vraiment mauvaises langues (enfin, pas tous ....), ceci n'est pas un mensonge, j'arrive c'est vrai, j'ai juste omis de préciser dans combien de temps.  Quelques minutes plus tard, il m'appelle "T'es où?". "Dans le taxi"."Ah d'accord, t'es encore plus en retard que moi, en fait!"

Assis sur une bite un plot en béton, il pianote sur son I-Phone, beau comme un coeur dans sa chemise claire. Il sort un sac de sa sacoche "J'ai ta mini-jupe, tu la veux maintenant ou je la garde". MA mini-jupe en jean ! P'tain comment je suis contente de la retrouver ma nouvelle meilleure amie ! "C'est vrai que ça faisait un peu désordre dans ton appart', ma mini-jupe, on risquerait de te prendre pour un bi", je lui dis en rigolant.

A l'heure du déjeuner, je lui fais découvrir la cuisine de Félicie, aussi. Et comme il semble heureux de découvrir ce quartier qu'il ne connaît pas, on part faire les boutiques de stocks de la rue d'Alésia, puis passage dans ma boutique de thés. Je l'entraîne dans les rues de mon quartier de villégiature, jusqu'à proximité de la place de Catalogne, où se dressent les constructions de Ricardo Bofil. 

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Et la place où, m'échappant de mon minuscule studio sur cour, les soirs d'été, je lisais des soirées entières :
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Et puis, je lui ai offert un verre à la terrasse de l'Entrepôt, déserte à cette heure. La lumière était belle, j'avais l'impression d'être à une fête champêtre.
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A l'intérieur, sous les loupiotes, se tenait un Café Bilingue et comme je posais des questions et que la discussion s'enflammait autour des difficultés du plurilinguisme,, on m'a tendu une carte de visite, alors voilà.
Nous nous nommes quittés et j'ai retrouvé une amie dans un des cafés orientaux de la rue de la Gaîté pour un sahlab crémeux à la canelle, la vache qu'est ce que c'est bon ce truc, faut que je me lance !

15.07.2009

Tonnerre de Brest, Pupajim ?

cool and deadly.jpgOn se les pelait sévère et il fallait vraiment se motiver pour traverser Paris et s'échouer sur la plage du Glaz'art, ce vendredi-là.

J'étais super motivée, d'abord par l'exploit d'avoir réussi à faire sortir ma petite soeur de chez elle, un vendredi soir, et surtout par la présence de Pupajim et son bijou reggae dub, "Business of war", découvert sur Nova et que je m'écoute au moins une fois par jour. En visitant sa page Myspace il y a quelques semaines, je me suis aperçue que TV Addict était aussi de lui et que son groupe, Stand High Patrol, qui sonne tellement jamaicain était ... brestois !! La scène reggae française est bien là, si on croit cette affiche et d'autres découvertes récentes comme Fundé, qui sont en tournée cet été dans le Limousin et en Aquitaine.

Déçue pourtant car le concert Cool & Deadly commençant à minuit, ma petite soeur, fan de reggae certes mais aussi factrice, devrait donc me quitter à peine la nuit tombée pour se reposer un peu avant un lever aux aurores.

Sur la plage du Glazart, une ancienne gare routière posée à la porte de la Villette, les concerts seront gratuits tout l'été. J'ai raté Radio Cortex le 4 mais mes tongs reviendront sûrement fouler ce bout de plage avant le 19 septembre. On peut aussi jouer à la pétanque, il y a des lampions, une buvette et des grillades. Oubliez les cocktails aqueux à 8 €, n'attendez pas trop des "cuisines du monde", posez-vous dans un transat en toile et restez pour l'ambiance.

A 22h30, j'ai mis la petite dernière dans le métro et fait la queue (abusé, l'attente, on se fait fouiller comme à l'aéroport). La salle du Glazart est bien plus sympa que ne le laisserait supposer son aspect extérieur. Il y a toujours une bonne ambiance dans les sound-systems. Pas d'embrouilles, pas de concours d'étiquettes branchouilles. Tout au plus, certains s'affranchissent de l'interdiction de fumer (et en plus ils fument de la drogue, bravo!).

Tout ça pour vous dire que voyageant le lendemain, j'ai dû rentrer relativement trop tôt (4h) et queje n'ai pas vu Pupajim ni entendu Business of war en live.

Me reste plus qu'à aller à Brest ...

04.12.2008

Un resto (ça faisait longtemps !)

Au hasard de mes missions, je découvre des villes et des quartiers. Et des restaurants, bien sûr, pour mon plus grand plaisir d’épicurienne.

Cette semaine, je suis restée à Paris, du côté de Port-Royal. Hôpital en face, hôpital à gauche, et pour compléter le tableau, moi je suis chez les médecins. J’avais déconné avec les copains et copines « Je vais chez les docteurs, y’aura peut-être George (Clooney) ». Tu parles. Que des vieux. Sympas, certes, mais vieux.

N’empêche que je prends mes déjeuners dans une brasserie dont j’ai envie de vous parler. Il s’agit de l’Harmony Café, qui fait l’angle du boulevard Port Royal et de la rue du faubourg Saint-Jacques.

De l’extérieur, ça ressemble à une brasserie parisienne d’origine auvergnate lambda. L’ardoise vante avec fierté ses viandes de l’Aubrac, ses frites fraîches maison, sa charcuterie aveyronnaise et ses tartines de pain Poilâne. Quand on y entre, on est tout de suite accueilli avec chaleur par l’un des serveurs.

Mon collègue s’est lové contre le radiateur et a choisi une formule entrée + plat (du jour) à 12€50. Il  a poussé des soupirs de bien-être en tartinant la terrine maison (m’en a même pas proposé, l’enfoiré !) jusqu’à ce qu’on m’apporte une entrecôte tendre comme du beurre accompagnée de son bol de frites maison à tomber par terre, dans une jolie vaisselle blanche en forme de gouttes. De saison, quoi ... (Pap’s, je suis contrite, elles étaient super bonnes, leurs frites et je t’ai fait une infidélité, sur ce coup-là)

Côté service, rien à redire. Parfait du début à la fin. La promesse d'un "accueil cordial et convivial" est tenue. 

Lorsque mon collègue s'est absenté pour aller s'intoxiquer en terrasse, j'ai plongé dans un des livres gracieusement mis à la disposition de la clientèle et je serais bien restée là, à lire "Les auvergnats de Paris" de Marc Tardieu (sur ma liste "à lire"). Au moment de payer, la patronne nous propose des cartes de fidélité, c'est bien la première fois que je vois ça dans un restaurant ! 15 repas achetés, 1 offert ! On peut aussi réserver la salle du restaurant pour des évènements le samedi après-midi, ou encore commander un aligot saucisse (pour 8 personnes minimum).

De retour chez les toubibs, lorsqu'on nous demande où nous avons déjeuné, l'un d'eux s'étonne "Ah bon, c'est bien ? Nous y sommes allés plusieurs fois, il y a un moment, c'était vraiment pas terrible, on y est jamais retournés".

Ce midi, nous y sommes retournés, nous, et là encore, un sans faute. Son émincé de volaille était moelleux, mon couscous très correct et les portions parfaites, ni trop ni trop peu. Lorsque nous avons complimenté la patronne, lui disant que les médecins n'avaient pas eu le même ressenti, elle a reconnu qu'à ses débuts, elle avait eu des problèmes de personnel. Comme quoi, dans ce métier, une mauvaise première fois est souvent la dernière ...  Du coup, elle nous a glissé "Je vais vous faire goûter quelque chose" et est revenue avec une bouteille de Perrier. "C'est mon papa qui la fait, c'est de la prune aveyronnaise", a-t-elle chuchoté.

Inutile de vous dire que l'après-midi, on a pété le feu ...

L'Harmony Café, du lundi au samedi, au 117 boulevard de Port-Royal (angle rue du fbg Saint-Jacques) 01.43.29.01.02

Et puis, à quelques rues et un arrondissement de là, y'a aussi mon restaurant éthiopien préféré : Entoto !

Un pingouin, un provençal, une princesse et un Antoine qui s’appelait pas Antoine …

Il était à peine 18 heures hier soir lorsque sur la place de l’Hôtel de Ville tout illuminé, j’ai retrouvé Aïn, « le premier blogueur que j’ai rencontré  pour de vrai ». Lorsque je découvris qu’il était de passage à Pari, je lui proposai, sans trop y croire car il est timide, de m’accompagner à Paris Carnet. Contre toute attente, il accepta sans hésiter. Il était caché sous un chapeau, lui aussi, le même que Marc Veyrat, d'ailleurs …

Et voilà qu’après avoir discuté de ses – nombreux – projets dans le bus qui nous déposait là ou Ménilmontant et Belleville s’épousent, nous poussons la porte de l’Assassin.

« Vous êtes les premiers », dit Hadrien. Nous tombons les chapeaux et nous asseyons, Aïn n’a pas changé, ses tempes sont juste saupoudrées d’argent, et ça lui donne encore plus de charme. Peu de temps après, la silhouette de rugbyman de Boby apparaît dans l’encadrement de la porte. Le Sud en force, ce soir !

Bientôt, les yeux bleus de Bénédicte s’installent à côté de moi. Puis Boug’ qui sort l’appareil photo à peine assise et me canarde, mine de rien. Faut faire gaffe à cette nana, moi je vous le dis, Boug’ elle tient son appareil photo comme d’autres tiennent leur clope, dans des positions improbables et donc supposément inoffensives, et avant que vous ayez le temps de dire ouf, vos amygdales, votre décolleté voire pire se retrouvent en gros plan, heureusement anonyme, sur un de ses judicieux montages.  

C’est à cet instant, msieu-dames, qu’il m’arrive quelque chose de drôle. Je m’absente un instant (les dames biens disent « pour me repoudrer le nez », donc on va dire ça …) et en revenant vers notre table, j’avise un jeune homme - ma foi pas dégueulasse - attablé au comptoir. Je le regarde, marque un temps d’arrêt, il me fixe aussi, avec le même air interrogateur. J’avance vers lui « On se connaît, non ? T’es blogueur ? » Il bafouille, essayant en vain de se cacher derrière son journal  « Heu, pas vraiment, enfin, oui, mais bon, je suis incognito, en fait … » Je me lance, fouillant dans mes souvenirs « Tu t’appelles … Antoine ? » « Heu, non … » Et là, illumination ! Je ne l’ai pas rencontré sur les blogs. C’est l’homme avec lequel j’ai vécu pendant 6 ans !

(nan, j’déconne !!!)

En fait, ce garçon blond à la mèche un peu rebelle, je l’ai rencontré à une soirée du café de l’amour, il me semble d’ailleurs que c’était la fameuse soirée avec Françoise Simpère. Nous avions poursuivi la discussion au Ménilmontant, avec lui, donc, ma copine Chacha et d’autres joyeux drilles qui n’avaient pas envie de se coucher tôt. Je lui avais demandé son numéro de téléphone et ne l’avait jamais appelé (je fais ça régulièrement quand je manque d’inspiration, pour ma grille de loto du vendredi).

Il sont deux comme ça à s’être planqués au bar pour observer ces groupes de blogueurs qu’ils ne connaissent pas. F. me dit qu’il a été invité par une blogueuse. Quand il me donne le nom de son blog, je souris. Il y a quelques mois, elle était entrée ici, hésitante, timide, sur mon invitation et je l’avais reconnue sans la connaître. Je les invite à se joindre à notre table. L’autre jeune homme, c’est Monsieur Pingouin. Et puis, Nichevo arrive, tout frigorifié sur sa moto. Un peu plus tard, la grande silhouette tout en longueur d’Oh !91 glisse jusqu’à nous. Embrassades, présentations, rires, comme d’habitude et puis une nouvelle, encore, décidément, c’est chouette ce soir, y’a plein de surprises, c’est PrincessOnLine ! Dans le brouhaha, on n’a pas eu le temps de vraiment faire connaissance mais on s’est promis une soirée en comité restreint. Tiens, Fauvette n’est pas là, ce soir.  Un peu plus tard, d’autres yeux bleus rieurs, avec lesquels j’ai passé une soirée fort sympathique dans le Marais, à la fin de l’hiver dernier. Il n’est pas blogueur et comme son père, il m’appelle « Fizo ». Manque plus que la petite sœur et j’aurai vu toute la fratrie en moins d’une semaine.

Il est 22h30 quand je grimpe dans le bus 96 qui dévale la rue Jean-Pierre Timbaud. Bien au chaud sous mon chapeau, je voyage à peu de frais : « L’homme bleu », « Bakara Lounge », « La tontine d’or ». Le quartier regorge de restaurants sénégalais où on peut déguster poulets yassas ou mafés, celui-là par exemple, faudra que j’y emmène ma copine gourmande. Sur le trottoir, des grappes de gens, on se croirait un samedi soir. Je note avec un certain plaisir que le froid n’a pas dissuadé tout Paris de mettre le nez dehors.

Après l’effervescence d’Oberkampf, le bus emprunte la rue de Turenne, déserte. J’aime voyager en bus, la nuit, le nez collé à la vitre. Paris est tellement belle, toute scintillante, mystérieuse, je découvre ici un bar chaleureux, là un monument méconnu ou encore une statue nichée à un angle de rues. Je m’interroge « Qu’est ce que c’est ? » et me parle à moi-même « Tiens, faudra que je revienne par ici ! ». J’ai par exemple appris, depuis hier, que la rue de Turenne s’appelait la rue Saint-Louis, retrouvé la sculpture aperçue furtivement et le style de l’église illuminée. Je suis incapable de distinguer un style architectural d’un autre, tout au plus puis-je reconnaître les églises romanes des gothiques (merci grand-père). A « Hôtel de ville », je changeai de bus - heureusement sans attente  - passai devant le maréchal Ney qui se dresse, prêt à charger, à l’endroit même où il fut exécuté.

« 23h22, 4°C », annonce le panneau lumineux au-dessus du périphérique. Moins de 20 minutes plus tard, je dors comme un bébé.

23.10.2008

De Palais-Royal à Vavin

Je déjeune avec le héros de la série préférée de mon enfance. Rencontré sur les blogs, bien qu’il n’en tienne pas lui-même. Il propose une brasserie qu’il connaît bien, qui aurait également été la cantine de « Navarro ».

Nous entrons au Café de l’Epoque, chaleureusement accueillis par le fringant patron et nous laissons tenter par une côte de sanglier rôtie accompagnée de polenta, parfaite. En dessert, sur les conseils de mon compagnon, un savoureux pot de crème au chocolat. Le service est parfait, quel bonheur, l’endroit me plaît.

Tandis que mon ami galope vers les tours de la Défense, sur son fidèle destrier noir, je savoure mes vacances et le soleil qui a pointé le bout de ses rayons en flânant dans ce quartier qui m’est quasi-inconnu. J’ai rendez-vous au métro Cité dans 45 minutes, ça me laisse du temps pour remonter la rue Saint-Honoré, fort plaisante. Je tombe en arrêt devant Scoop, un minuscule restaurant-épicerie fine-glacier, tout en longueur, qui promet des granola comme à NY (mmm, rien que de repenser à ceux de Bubby’s...)

Plus loin, un restaurant thailandais, Livingstone, ce doit être celui dont m’a parlé mon ami. A travers les vitres, je devine un mobilier graphique, dans des tons noirs et crème. J’entre pour récupérer une carte. L’endroit est luxueux et magnifique, un appel à la volupté, et je m‘imagine déjà lovée dans quelque profond sofa en galante compagnie. Je lis sur leur site –très étrange ce site, pour le menu, cliquer sur la fig. 4 - que le propriétaire est également acteur à ses heures.

Plus loin, des livres de voyages attirent mon attention. Je pousse la porte de la librairie des voyages « Itinéraires » où plus de 12.000 titres (guides, romans etc.) sont classés par pays. De bien belles idées de cadeaux.   

A l’approche des Halles, l’église Saint-Eustache, pour laquelle j’ai une affection particulière, se découpe dans le ciel bleu. Rue des Halles, j’entre dans une boutique, Angel & Angel, et en ressors avec deux paires de chaussures vertigineuses et drôles, après avoir tapé la discute un bon moment avec Dany, la patronne originaire de Saint-Domingue.

J'enjambe la Seine et au métro Cité, retrouve ma petite sœur qui vient s’inscrire au permis de conduire en candidat libre. Nous poireautons plus d’une heure devant la porte tout en discutant. Je l’entraîne ensuite au 8 rue de l’Ecole de Médecine, à une adresse qu’on m‘a recommandé, la Pâtisserie Viennoise. L’endroit est exigu mais les pâtisseries (strudel pour moi, chocolat pour elle) fort goûteuses. A la table voisine, un couple, tout deux vêtus de rouge, lui bouclé, hâlé, les lunettes de soleil sur le crâne, on dirait un surfeur. Il est prof, militant écolo, elle éducatrice, ils sont de Bordeaux, changent de table pour se rapprocher de nous et nous discutons pendant plus d’une heure.

La nuit tombe lorsque nous longeons le jardin du Luxembourg sur les grilles duquel se dandinent des manchots (exposition Terre des Pôles jusqu’au 4 janvier) puis bifurquons dans la rue Auguste Comte, passons devant le lycée Montaigne avant de rejoindre la rue Vavin. Ma petite factrice n’a pas le temps de boire une pinte dans mon pub préféré, le Shannon, ça nous aurait pourtant réchauffées car il caille sérieusement, d’un coup, mais ce n’est que partie remise.   

Au 154 : Scoop, resto-épicerie fine-glacier (01.42.60.31.84)

Au 106 : Livingstone, thailandais branché (01.53.40.80.50)

Au 60 : Itinéraires, librairie des voyages

Et le Café de l'Epoque au 12 rue Croix-des-Petits-Champs, métro Palais-Royal

01.09.2008

Sur les bords de Marne

L. m'avait dit : "Tu peux venir en RER avec ton vélo". J'avais émis des doutes, me souvenant du peu de place faite aux fauteuils roulants dans cette jungle urbaine. Je vérifiai donc l'accès aux RER sur le site de la RATP et notai que je n'avais pas le droit de prendre les Escalators avec mon vélo. Je devrais donc emprunter les escaliers et le porter ... ça promettait.

Ma tourte aux abricots (ramenés le WE dernier de Valence, mais insipides, soit dit en passant) dans le panier, je pédalai jusqu'à Châtelet en vélo, histoire de réduire les correspondances et donc les tracas. Alors que j'étais sur le boulevard Saint-Michel, J., avec lequel j'avais RDV sur le quai, m'appela à l'heure convenue "Tu es déjà sur le quai ?"

"Ah non, pas du tout, je suis sur le boulevard Saint-Michel". Il me connaît depuis trop peu de temps pour savoir que me faire sortir de chez moi un samedi avant 12h - à part pour aller courir - relève de l'exploit. 

Arrivée au Forum, je traverse le jardin jusqu'à la jolie église Saint-Eustache et m'enfonce sous terre, le vélo à la main. La dame au guichet m'ouvre la grande porte vitrée et tandis que je fend la foule pour rejoindre le RER A, certains voyageurs me regardent avec curiosité. Me voilà sur le quai, pas de marquage au sol pour indiquer les wagons autorisés aux vélos, enfin je me débrouille et hisse mon vélo à bord. En chemin, je raconte à J. mes vacances, mon nouveau travail.

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Arrivés à Torcy, notre destination, je parviens à faire entrer mon vélo dans l'ascenseur, en le mettant à la verticale. Test concluant, en ce qui me concerne, dommage que l'été se soit fini avec deux mois d'avance, j'aurais bien testé d'autres tronçons.

A la gare, L. et S. viennent nous chercher. C'est la deuxième fois que nous nous retrouvons depuis notre rencontre en Crète,en avril dernier. Le temps de compléter le panier du pique-nique chez Carrouf et nous voilà installés sur l'herbe au bord du lac de Vaires ou l'on peut se baigner et même faire du kayak.

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Qu'est-ce que je me marre avec ces mecs, comme en Crète ! On éclate de, rire pour des conneries, une adolescente qui est en train de se déshabiller et manque se retrouver les fesses à l'air, et L. qui dit "C'est toujours les thons qui montrent leur cul" ou encore cette jeune femme à côté de nous, endormie sur le ventre et qui est absolument immobile à un tel point qu'après une heure, L. demande "Elle est pas décédée, au moins, elle a pas bougé d'un orteil depuis qu'on est là" et au même, instant, elle remue le pied gauche comme pour lui dire "Chuis vivante, connard, ferme un peu ta gueule et laisse-moi dormir tranquille !" Le rosé est frais, le taboulé en boîte dégueulasse comme d'hab et ils se foutent de ma tourte aux abricots qui a fait la culbute pendant le voyage et est à moitié eventrée.

Après le repas, à ce moment précis ou je rêve d'une bonne sieste, L. lance "Bon, alors on se la fait cette petite balade sur les bords de Marne ?"

Une belle "petite balade" de 15 kilomètres ... Chelles, Gournay puis nous suivons le bien nommé quai de la Rive Charmante à Noisy-le-Grand où se trouve l'usine de traitement des eaux usées Marne Aval. Pas facile de pédaler et d'admirer la Marne, ses reflets verts, ses îles, tout en évitant les nombreux promeneurs, rollers et cyclistes. Une vraie autoroute ! Des canards peinards devisent sur une barque, les amoureux se cajolent.

A Neuilly/s/Marne, de l'autre rive nous parviennent le son de l'accordéon, beaucoup de monde en terrasse au "Bar de la Marine". Puis Bry/s/Marne et Champigny ou je reconnais les îles dans lesquelles j'avais vogué en rêvant, pendant le festival de l'Oh! et les rives ou se baladaient de drôles de personnages (p'tain, comment j'ai galéré pour la retrouver ta note, Bougre de schtroumpette, tu veux pas mettre un moteur de recherche sur ton blog ?).

Enfin, Nogent, je ne résiste pas et leur chante "le p'tit vin blanc" puis Joinville le Pont où nous faisons une pause rapide à quelques tablées de "Chez Génène". Retour en accéléré jusqu'à Vaires sur Marne où nous attend J. qui n'avait pas de vélo pour nous suivre. Il dit "Tout à l'heure j'ai entendu un truc couiner, j'ai pensé que c'était la trompette de Fiso, mais non, c'était les canards". C'est là que je me suis rendu compte que mon klaxon improvisé faisait coin-coin. Enfin, j'ai fait les bords de Marne, depuis le temps qu'on me disait que c'était magnifique, je confirme. Je me suis traînée tout le long quand même, y'a pas, mon vélo de ville, c'est qu'un vélo de ville, et je regrette mon B'Twin, sa selle remplie de gel et sa fourche suspendue, j'ai mal au cul grave et aux lombaires aussi.

Je m'écroule sur l'herbe, j'en rêvais, L. demande "Tu veux pas aller voir la base sportive?", je réponds avec un sourire angélique "Non, j'm'en tape". Nouvel éclat de rire. Alors, pendant qu'ils sont partis faire les cons sur les vélos, et tandis que les moustiques me dévorent, je me marre en échangeant des sms avec une jeune femme chère à mon coeur, que j'ai vraiment découverte depuis peu, et qui sirote du vin blanc en salivant devant le crâne nu de Bruce, la veinarde !

(hé tu m'en gardes du vin blanc, t'as promis de me faire goûter, hein, c'est pas tombé dans le portable d'une aveugle !)

22.08.2008

Shannon pub

Ils étaient beaux, mes deux acolytes, hier, en terrasse de la Comète. Ils arboraient la mine réjouie de ceux qui regardent la vie se dérouler sous leurs yeux. Nicolas, particulièrement jovial, s’est laissé tâter le genou . Tonnegrande, particulièrement fatigué par ses propres âneries, a émis un sourire de satisfaction quand je me suis penchée pour lui faire la bise. J’ai même dû lui faire le coup du « regardez-moi dans les yeux ». Il ferait mieux de prendre exemple sur les plus jeunes car Nicolas,lui, en parfait gentleman, a eu la courtoisie de se lever pour me baiser.

Après avoir vidé le stock de bretzels, j’ai sauté sur mon vélo 30 secondes avant le début d’une averse mémorable. Et tandis que je pédalais bravement sous des trombes d’eau, j’ai reçu un SMS de mon ami Dyvyne, célèbre Kremlinois dont je demandais d’ailleurs des nouvelles à nos deux compères, qui m’écrivait « J’ai pris ton siège ». J’ai failli faire demi-tour mais une jeune femme ravissante m’attendait dans un pub du côté de Montparnasse.

Quand j’entrais, je vis d’abord une charmante ballerine blanche et pointue dépasser d'un pilier, puis au bout de la ballerine, une jambe, une jupe en lin blanc et une somptueuse chevelure rousse - trop jeune pour toi, Tonnegrande .

Mis à part le fait que dans un élan d’enthousiasme, j’ai renversé ma pinte de Guinness sur mon pantalon, la soirée fut si agréable qu’il était déjà 23h lorsque nous débarquâmes chez Toritcho pour quelques juteuses brochettes.

En rentrant chez moi, ce ût moins drôle de faire mon sac et de me coucher pour quelques trop courtes heures de sommeil. Enfin, dans quelques minutes, mon téléphone sonnera et une voix bien connue demandera « Elle est prête, la Fiso ? ». Il parle souvent de moi à la 3ème personne, pour une raison que j’ignore.

J’éteindrai mon PC, ferai quelques pas dans les flaques et les floc, monterai en voiture et en avant le Sud et le soleil (j'espère) !      

06.06.2008

Roger se dénude

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Qu’est ce que c’est ? Un chapiteau de cirque ?

Nan, c’est la piscine Roger le Gall. Elle avait des allures de fête foraine avant-hier soir.

Plus de chapiteau, on nageait à l’air libre (pur ? ça c’est une autre histoire)

Des fanions Arena, des cordages, la bâche ramassée tout en haut d’un mât.

Faisait un peu frisquet en sortant des douches mais une fois dans l’eau, c’était bien agréable. Surtout quand mon lutin préféré s’y est pointé. 8 jours sans se voir, tss, tss ! Son attention a quand même été vite détournée par un beau black qui nageait dans sa ligne (un nouveau, à mon avis).

C'est agréable de nager à l'air libre, le seul truc chiant, c’est que je n’ai pas pu faire mes longueurs de dos crawlé puisque je n’avais plus le repère des lignes au plafond, et pou cause.

Et puis, je me suis fait la remarque que sous le ciel étoilé, les soirées naturistes doivent être bien plus agréables …

A la sortie, avant de retrouver Oh! pour papoter un brin avant que chacun regagne son chez soi, j’ai failli latter un mec qui s’était aventuré dans la douche des femmes. Ou plutôt sa copine qui a eu la bonne idée de le ramener là parce que « chouchou » avait oublié son gel douche et qui n'a pas eu l'air d'apprécier que je m'énerve. C’est pas que je sois pudique mais y’a un minimum de respect. Y’a vraiment des claques qui se perdent des fois …

Le retour sur mon vélo, dans le joli ciel parisien mâtiné de rose et de jaune fut d'un zen ! … J'adore le moment où j'arrive à la porte de Charenton et que je dévale les Maréchaux. Ca me fait du vent dans les couettes, comme dirait l'autre.

Bon, faudra qu’à l’occasion, j’essaie la piscine Keller qui découvre aussi son bassin l’été.

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