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Femme active - Page 4

  • Entretien chez PZ - entracte

    [Episode précédent ici]
     
    Lorsque je quitte les locaux de PZ, il est 11h. Ils m'ont gardée 3 heures, je n'en reviens pas. J'appelle mon employeur et prétexte un dégât des eaux pour justifier mon retard, pas le choix. 
    Je suis agacée par la tournure qu'a pris le rendez-vous, où on attendait que je me vende sans prendre la peine de me vendre le poste, et l'échange courtois mais ferme avec le dirco. 
    Le soir, je bosse ma présentation jusqu'à 2 heures du matin car bien entendu, je n'ai pas fait quelque chose de succinct. J'envoie mon powerpoint pour validation à Quine et JM et ils ne trouvent rien à y redire.
    Le matin, pour ne pas éveiller les soupçons de mon employeur, je troque le tailleur contre une tenue plus conforme à mon style et surtout plus adaptée aux 32° ambiants : ma robe fétiche et des sandales hautes.
    Dans la matinée, je me dis qu'il y a de grandes chances pour que le soir je n'aie aucune opportunité de poser mes questions alors j'envoie par mail les incontournables, celles qui motiveront ma décision de prendre le poste ou pas. Je reçois une réponse du dirco qui dit qu'il n'a pas le temps d'y répondre mais qu'il le fera le soir même. Pas de problème.
    Le soir, je cavale jusqu'à leurs bureaux. Je devrais être sortie de là à 19h30, ensuite plongeon dans la piscine du KB pour me rafraîchir puis levage de coudes avec Nico à la Comète pour me détendre.

    [A suivre]

  • Entretien chez PZ - Part I

    A 8 heures le mercredi matin, je me présente devant un portail. Le directeur commercial, la quarantaine, m’accompagne dans une salle où attendent 2 autres hommes : le PDG de la boîte, grand et bel homme aux cheveux blancs, et un informaticien. Il fait une chaleur étouffante (c’était l’époque où Paris flirtait avec les 35°C) et j’essaie de faire abstraction du tailleur pantalon qui me colle à la peau.

    Mon interlocuteur me demande d’office de présenter mon parcours. Un étrange interrogatoire se met en place ; ils veulent que je leur explique comment je forme, quels types de clients, les méthodes que j’utilise. Ils vont jusqu’à me demander comment mes précédents employeurs préparent les formations clients, quels tarifs ils appliquent, informations que je juge confidentielles et que je fournis de façon très évasive.

    Le caractère très pédagogique de leurs questions me donne rapidement la désagréable impression qu’ils sont à la pêche aux informations, ce qui s'intensifie lorsque le PDG s’exclame « Ah ça c’est une bonne idée ! » et prend en note ce que je viens de dire. Je place difficilement quelques questions; j'apprends ainsi que le directeur commercial est en poste depuis quelques mois. Il doit être en période d'essai et a la pression. Mes interlocuteurs enchaînent les questions; j'ai bien envie de leur rappeler que j'attend de savoir ce qu'ils ont à me proposer. 1 heure s’est déjà écoulée sans qu’on ait parlé du poste et de leur organisation.Je veux bien que mes potentiels futurs employeurs aient besoin d'être rassurés sur mon adéquation avec leur recherche mais de mon côté, je ne suis pas en train de quémander un job. 

    Le directeur commercial évoque l'importance d'être flexible avec les clients. Je réponds que c'est une des principales qualités d'un formateur : s'adapter au public, être capable de faire face aux imprévus. Il insiste sur l'importance de faire ce que le client veut. Je ressens le besoin de clarifier. Qu'entendez vous exactement par flexibilité ? Et c'est là que mes appréhensions se vérifient.
    " Et bien, par exemple, me dit-il, j'avais une formation prévue pour 6 personnes et quand je suis arrivé sur place, on m'a dit que 7 autres personnes allaient y assister. Toute la journée, les gens sont entrés et sortis à leur guise, il fallait répondre à toutes leurs questions, ce n'était vraiment pas évident et en fin de journée j'étais épuisé.
    - Ah oui mais ça ce n'est pas possible. Il faut fixer les règles au départ, une formation ce n'est pas une kermesse. Il y a un programme à couvrir, un timing à respecter et pour ça, il faut que les participants respectent les règles. Le client doit comprendre qu'on ne peut pas fournir la même attention et qualité à 13 personnes qu'à 6. Le nombre de participants doit être verrouillé en amont.
    Le dirco n'est pas d'accord : " Ah non, c'est le client qui décide, il ne faut pas entrer en conflit avec lui. C'est comme ça, on a pas le choix, il faut s'adapter. 
    - Il ne s'agit pas d'entrer en conflit mais d'être professionnel. Le respect vaut dans les 2 sens. En acceptant tout et n'importe quoi, on prend le risque de ne pas remplir sa mission, qui était de former 6 personnes, et surtout d'en mécontenter 13.
    Il poursuit : 
    " Ben non, vous voyez, parce que justement une des personnes qui était venue voir de quoi il s'agissait a été très intéressée par le progiciel et a demandé une démo, du coup j'ai occcupé les autres avec des exercices et je lui ai fait une démo pendant 2 heures. Il faut être capable de s'adapter aux demandes du client, il n'est pas question de dire non parce qu'il y a peut être une commande à signer à la clé."
    Ah ! Nous y voilà ...
    - Oui mais là on ne parle plus de formation mais de démo commerciale, et ce n'est ni le lieu ni le moment. J'aurais proposé à cette personne de fixer un rendez-vous pour faire la démo ultérieurement."
     
    Le dirco ne semble pas apprécier ma réponse et reste buté. J'explique mon point de vue : selon moi, pour garder la confiance du client, le formateur ne doit pas avoir de double casquette et surtout pas de rapport marchand avec lui. Ce n'est pas que je sois contre l'idée de vendre : un formateur, de par sa relation privilégiée et désintéressée avec le client, est sans doute la personne la mieux placée pour détecter ce qui pourrait répondre à ses besoins. Mais vendre doit être une opportunité pas un but.   J'ai l'intuition que mes appréhensions sont en train de se confirmer : monsieur le dirco cherche une commerciale déguisée en formatrice.

    Mes interlocuteurs changent de sujet : ils souhaitent savoir en combien de temps je pense pouvoir mettre en place une plateforme e-learning. Tout est à faire : contenus, choix du fournisseur. Etant donné que je ne serai à priori au bureau que le vendredi, j'avance un minimum de 6 mois et argumente en prenant l'exemple de mon employeur actuel qui s'est donné 1 an. " Ah nous c'est vraiment urgent, répondent-ils, il faudrait que ce soit en place sous 3 mois."
    En toute honnêteté, je réponds que cela me parait très optimiste.
    A 10h55, mes hôtes sifflent la fin de la partie et demandent si je peux revenir le lendemain soir leur faire une présentation de ce que je compte mettre en place dans un délai de 30, 60 et 90 jours. J'aurai 30 minutes pour présenter mon projet. Je leur dis que cela va m'être difficile compte tenu du délai très court qui m'est donné. 
    " Faites ce que vous pouvez, dit le PDG, même rapide, en Excel, Powerpoint, comme vous voulez, juste pour avoir une idée de comment vous voyez les choses".
    J'accepte en prévenant que je ferai le maximum mais que ça restera succinct.
    Ils précisent qu'ils vont enchainer les rendez-vous jusqu'au jeudi soir. D'ailleurs, demande le PDG, vous avez travaillé chez HD, vous connaissez X. ? Pas vraiment surprise, je souris : bien sûr, c'est mon ancien responsable.
    " Elle a postulé aussi, dit-il, mais ça ne convenait pas."
    Tu m'étonnes, pensé-je, elle n'allait pas lâcher son poste pour vos 32k€ ... N'empêche, pas terrible les mecs votre respect de la confidentialité ... Imaginons que je sois en mauvais termes avec mon ex boss et que je veuille lui nuire ....
    " Vous avez des questions ?" demande le dirco en rangeant ses affaires. Je prends ma liste et commence à aborder la durée des formations, le public visé. Il coupe court : " Je suis désolée mais nous avons un autre candidat qui arrive dans 5 minutes".
    Je fais la moue. Ils proposent que je les contacte par téléphone ou mail si j'ai des questions et me raccompagnent jusqu'à la porte.

    [A suivre ...]

     

  • Un temps de réflexion - part II

    J'ai décidé de tout mettre en oeuvre pour fausser compagnie à mon employeur mais pas à n'importe quel prix. Cette fois je ne cherche pas un poste de consultante formatrice sur "un" progiciel mais un poste de consultante dans le domaine qui me passionne : l'humain.
    Je l'avais compris dès la première journée de la formation à la communication suivie en avril: j'avais raté mon virage professionnel en intégrant le secteur de la finance.

    La cible de mes recherches, et mon projet professionnel pour les années à venir, m'apparaissent alors comme une évidence : le recrutement, la gestion des talents et plus globalement tout ce qui touche aux ressources humaines. Mes dernières expériences professionnelles m'ont convaincue que les français sont mauvais dans la gestion des talents. Je cible donc les éditeurs de progiciels spécialisés dans ce domaine. J'ai une autre exigence, mineure celle-là : dans la mesure du possible, pas plus de 45 minutes de trajet.

    Je parcours les études et forums pour établir la liste des entreprises à cibler. Je réponds à 3 annonces et envoie 2 candidatures spontanées.
    Sur les 5 entreprises qui ont reçu ma candidature, 3 sont sur mon podium : un éditeur français qui se trouve à moins de 100 mètres de mes bureaux, une boite canadienne, inconnue de moi jusqu'alors, et un grand groupe français. Je reçois les habituels accusés de réception qui promettent une suite "si".

    Le premier écho à ma candidature émane de l'éditeur du coin de la rue, la semaine suivante, pour un poste de Customer Support Consultant. J'ai un contact téléphonique avec la RH puis dans la foulée, un entretien téléphonique avec mon futur responsable que je sens tiède.
    Il promet de me rappeler sous 2 semaines, quelle que soit sa décision. Sans nouvelles, je le relance. Visiblement il a oublié jusqu'à mon nom. "Ah je ne vous ai pas rappelée, c'est ça ?". En effet. Il bredouille que le poste a été pourvu et fouille sa mémoire (c'est fou tout ce qu'on perçoit au téléphone). Ça y est, il me remet. Je n' ai pas été retenue car il a trouvé mon profil "trop marqué formation". Il s'excuse de m'avoir oubliée et assure que cela ne lui est jamais arrivé.
    Je raccroche en esquissant une moue ironique : tu parles d'un expert de la gestion des humains ! Sans grande déception de mon côté finalement puisqu'il s'agissait d' un poste sédentaire.

    J'ai aussi envoyé plusieurs candidatures spontanées : à Oracle, éditeur de Taleo, à une petite boite dans le 17ème, pourtant tous deux hors périmètre géographique. Sans suite.
    En revanche je suis fort déçue de n'avoir pas réussi à attirer l'attention de la boîte canadienne qui figurait en première place sur mon podium. On me dira ce qu'on veut, ce sont les boites américaines qui m'ont offert les meilleurs managers. Cette fois je travaillerais bien pour des canadiens, qui sont réputées pour veiller au bien-être de leurs salariés.

    Courant juillet, j'écume les annonces et en répère une pour un formateur futur responsable formation, tout près de chez moi et sur la route de la Comète. L'annonce est assez mal rédigée et peu vendeuse mais la solution sexy : elle promet une gestion collaborative et plus efficace des projets. Et ça, ça me parle.

    Un détail me fait pourtant tiquer : je dépendrai du directeur commercial. Mes réticences sont fondées : dans mon ex-boîte, le service formation était chapeauté par le directeur commercial. Et je peux bien vous l'avouer : nos intérêts divergent et nous ne parlons pas le même langage.
    J'envoie ma candidature et suis appelée le lendemain par celui qui serait mon futur responsable. J'en apprends un peu plus sur le poste, qui est à pourvoir de toute urgence car des formations sont planifiées. Le recrutement doit être finalisé avant le départ en vacances du PDG, le jeudi même.

    Il ne reste que 2 jours et son agenda est très chargé. Il insiste pour que nous nous rencontrions le mercredi matin, avant que je parte travailler. Devant la formidable perspective de mettre en place un service formation, j’accepte, précisant que je n’aurai qu’une heure à leur consacrer.


    [A suivre...]

  • Chronique d'un fiasco annoncé - part I

    J'ai été assez peu active sur mon blog ces dernières semaines, à l'exception de la parenthèse enchantée à Bangkok. C'est parce que j'ai vécu une période assez stressante depuis 7 mois, qui vient de se clore par un heureux et néammoins surprenant épilogue. Et maintenant je peux tout vous raconter.

    Il y a 7 mois donc, en avril, j'ai changé d'employeur. J'ai déjà évoqué mon désaccord avec la politique de mon ancien PDG, j'avais envie de travailler en anglais, dans une boîte réellement internationale, sur un progiciel en mode SaaS, et accessoirement je souhaitais que mon salaire fasse un bond au moins égal à celui du coût de la vie.
    Mon nouvel employeur m'offrait tout ça, plus la perspective de prendre part à la mise en place d'une plateforme de e-learning. J'avais été très favorablement impressionnée par la rigueur de leur processus de recrutement, la place visiblement dédiée au suivi des clients, les procédures en place, et espérais, en tant que consultante formatrice, y parfaire mon andragogie (mot appris cette nuit, non non, pas sur l'oreiller, et que je ressors pour le mémoriser).

    Dès la première semaine, l'ambiance dans mon service est loin d'être aussi conviviale que les entretiens d'embauche ne l'avaient laissé croire. Ma boss s'occupe de moi la première journée puis me refourgue à un de mes collègues qui entreprend de me former sur le logiciel. Je constate qu'il n'a visiblement pas été formé à la formation.
    Le reste de la semaine, ma boss ne me gratifie que de saluts maussades. Quand à ma collègue féminine, elle ne me calcule pas jusqu'au vendredi où j'ai soudainement droit à 45 minutes d'exposé sur mes pompes et un thème astral. Les semaines suivantes sont notées "travail personnel" sur mon agenda. Quand je pose une question, on me répond très brièvement. J'ai le sentiment qu'en dehors du formateur hollandais, moins je sollicite mes collègues, mieux c'est.

    Au bout de 3 semaines, alléluiah ! Je suis, avec d'autres nouveaux arrivés, un parcours d'intégration de 2 jours orchestré par mon PDG et les principaux responsables de la société. C'est passionnant, j'ai l'impression de faire partie d'une grande aventure, je reprends espoir. Je me lie d'amitié avec une commerciale super sympa et une de mes collègues directes, une chef de projets roumaine qui roule délicieusement les R. Et puis je retrouve mon ordinateur et l'atmosphère plombée de mon plateau. Mes deux collègues formateurs ne s'adressent pas la parole. J'entends, sidérée, mon N+2 répondre à une cliente mécontente en dénigrant mon collègue - absent - puis se foutre de la cliente lorsque celui-ci revient au bureau. Pas bien. Je me dis que j'espère qu'on ne fera pas ça avec moi.

    Mi-mai, ma boss, qui dispense aussi des formations, me donne rendez-vous chez un client. Je débarque là sans connaitre le contexte ni savoir ce qu'on va y faire car elle n'a pas daigné me briefer au préalable. Je suis surprise par toutes les erreurs "pédagogiques" qu'elle commet : objectifs inexistants, programme de la formation non annoncé, pas de tour de table, pas de pauses. Je commence à deviner qu'elle ne pas m'aider à développer mes talents de formatrice.
    En parallèle, comme je m'ennuie toute seule devant mon PC, je propose de commencer à alimenter une foire aux questions destinée à être intégrée à l'aide en ligne, ce qui me permet de valider mes connaissances et de revoir certaines fonctionalités du logiciel.

    Mi-juin, enfin de l'action ! J'intègre mon premier vrai projet et participe à quelques ateliers préparatoires chez un client très sympa dans le 91. Mes affinités avec la chef de projets roumaine se sont confirmées et elle partage la même analyse que moi sur la drôle d'ambiance qui règne dans notre service. Dans mon agenda, les réunions mensuelles de mon équipe d'avril, mai et juin ont systématiquement été annulées. Les échanges avec ses collaborateurs ne semblent pas être la priorité de ma boss qui arrive chaque matin au bureau avec une mine déterrée et s'en tient strictement aux formules de politesse.

    Fin juin, mon collègue hollandais, le seul sympa, m'annonce en aparté qu'il vient de claquer sa dém sur un coup de colère. Ma boss, qui ignore que je suis au courant, propose un déjeuner et se préoccupe de mon ressenti, pour la première fois depuis mon arrivée. Je reste sur la réserve.

    Le lendemain, gros clash : j'apprends que j'étais attendue le matin même chez un prestataire de services, sans que personne n'ait daigné m'en informer. C'en est trop, je suis furieuse et me rends à l'évidence : "ça ne va pas le faire". Le soir même, je reprends ma recherche d'emploi, réactualise mon CV et postule à 5 offres. La période d'essai des cadres étant passé en 2008 à 4 mois renouvelables, il me reste au moins 3 mois pour trouver une entreprise qui me conviendra mieux.

    [A suivre ...]

  • Premère journée de travail à Bangkok

    [Préambule : Désolée les amis, je ne vous ai pas écrit hier mais c'est la faute de l'extraordinaire masseuse thailandaise qui m'a pétrie hier soir : je me suis écroulée en rentrant à l'hôtel. Je profite donc de ma pause déjeuner pour rattrraper mon retard car, vous vous en doutez, j'ai déjà beaucoup de choses à vous raconter ! C'est pas bien grave, il n'est que 7h03 en France ...]

    Ce matin, je me lève bien avant mon réveil ; il est 6h30 lorsque j’ouvre la porte-fenêtre de ma terrasse pour ma séance de saut à la corde. Ma première nuit à Bangkok a été courte : je n’ai dormi que de minuit à 3h30. La faut au décalage horaire sans doute car mon lit est ultra confortable et ma chambre silencieuse.

    N’empêche, même la tête dans le cul, faire son Rocky Balboa avec une telle vue me console. En revanche, je suis en nage au bout de quelques minutes et finis en slip et soutien-gorge. De toute façon, je n’ai aucun vis-à-vis, donc pas de problème.

    A 8h15, je descends au petit déjeuner. Ptain, ça rigole pas dans le coin ! A côté des traditionnels pancakes et œufs au plat, il y a des marmites de soupe et plusieurs plats de porc au curry, bœuf à la japonaise, nouilles sautées. Et je constate que les gens mangent vraiment ça au petit déjeuner. A la télé, CNN diffuse en boucle les images des Philippines dévastées. Je me dis que ça doit rappeler de biens mauvais souvenirs aux Thailandais.

    A 8h45, comme convenu, je retrouve la « lady in black » dans le hall de l’hôtel. C’est comme ça qu’elle s’est décrite par mail, et en retour je lui ai envoyé une photo de moi. Je mets enfin un visage sur son prénom. Elle nous a commandé un taxi, pourtant leur bureau n’est qu’à une station de skytrain de là. « Il fait trop chaud pour moi » explique W.

    Me voilà accueillie avec un café et un verre d’eau. Je découvre enfin les visages derrière les noms de celles avec lesquelles j’ai fait plusieurs conference calls, ces derniers mois. Nous branchons les ordinateurs et démarrons la journée. Elles sont très sympathiques mais ça n’est pas vraiment une surprise : ne dit-on pas que la Thailande est le pays des sourires ?

    Vers 11 heures, W. me tend un menu pour que je fasse mon choix. J’ai décidé de manger rapidement dans la salle de formation car j’ai deviné qu’elles avaient beaucoup de travail et ne veux pas les monopoliser en les obligeant à m’accompagner à l’extérieur. Je commande, un peu au hasard, des nouilles au poulet. En fait, c’est un peu bizarre, il y a une sorte de soupe qui l’accompagne. Je m'apprête à la boire mais heureusement, W. précise que c’est la sauce. Le lendemain, je découvrirai sur le menu qu’il s’agit d’un « gravy » (beurk).

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    L’après-midi se poursuit dans la bonne humeur. On m'apporte même un café et un panier de bonbons. Mes stagiaires m'apprennent comment dire "Merci" en thai mais il me faudra encore 24 heures pour le mémoriser et commencer à l'utiliser. Elles ne se remettent pas du fait que je bois mon café noir et sans sucre. "Ici, on met beaucoup de lait et très peu de café" expliquent-elles. A la pause, la responsable du service, une femme sophistiquée, vient prendre de mes nouvelles et s’enquérir de mon programme en Thailande. Lorsque je lui dis que j’aimerais me faire masser, elle me donne une de ses bonnes adresses.

    Vers 17 heures, je libère mes stagiaires et reste dans les locaux encore une bonne heure et demie car j’ai remarqué une anomalie dans le paramétrage de mon logiciel. La nuit est déjà tombée quand je quitte enfin le frigidaire dans lequel j’ai passé cette journée (heureusement que j’ai prévu un foulard en soie pour protéger ma gorge fragile des ravages de la climatisation) et retrouve la moiteur de la rue.

    Sur le parking du Tesco tout proche, il y a une foule en train de sauter avec entrain, coachée par un prof de step juché sur un podium. Je m'arrête pour observer cette drôle de foule et une des participantes, visiblement contente de me distraire, met le turbo et remue les bras avec vigueur. Les trottoirs de Bangkok ressemble à ceux de Marrakech et Casa ; des dénivelés inattendus, des trous. Je retrouve sans peine la station de Skytrain.

    Au guichet, sur les conseils de W., je demande une « rapid card » (en fait, barrière de la langue oblige, il s’agit d’une Rabbit Card, avec le petit lapin qui va bien). En contrebas de la station de métro aérien, il y a un alignement de toiles de tentes blanches illuminées, on dirait le marché de Noel de La Défense. C'es tous les jours Noel, ici.

    Dans le métro thailandais, c'est comme en France : one ne met pas ses doigts sur la porte sinon "on risque de se faire pincer très fort" et on est prié de laisser sa place aux enfants, aux personnes âgée ou handicapées, aux femmes enceintes . Un autre voyageur de marque mérite ce traitement de faveur, vous savez qui ? Allez, je vous donner la réponse en image : 

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    J'ai lu dans mon guide qu'il ne fallait pas non plus s'assoir à côté d'eux car tout contact avec les femmes leur est interdit. C'est toujours bon à savoir. Je monte dans le skytrain où des mini-écrans diffusent des publicités en boucle et descends à la station suivante, Bang Chak. Je jette mon ordinateur dans ma chambre et file, munie de l’itinéraire dessiné par W., me confier aux mains d’une masseuse, dans l’espoir de dormir enfin comme un bébé cette nuit.