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Femme active - Page 7

  • Sur le terrain

    Ca y est, ma première semaine est – presque – finie. J’étais ravie de ce premier contact avec les clients et de ces 3 jours passés avec ma collègue.

    Je pense que ce poste va me plaire. Après avoir travaillé dans les bureaux, je découvre le terrain et la réalité des magasins. Je suis aussi confrontée à la complexité de l’être humain, et ceux qui me connaissent savent à quel point ça me passionne. En effet, les deux clients que nous avons visités cette semaine étaient très différents.

    A Grenoble, il s’agissait d’une première formation, suivie par une responsable visiblement récalcitrante, son PDG et la responsable paie. Je l’appellerai Carole. Elle a l’attitude typique de la femme, pourtant jeune, qui fait le même métier, dans la même société, depuis 24 ans et voit la nouveauté comme une menace. Heureusement le PDG, lui, est très enthousiaste. Jeune, il est sympa, dynamique et déconne pendant la formation en nous lançant des clins d’œil. Les deux autre râlent et soupirent quand on les invite à utiliser le logiciel. A la fin de la première journée, ma collègue se plaint de la négativité des deux femmes.

    Le lendemain, au déjeuner, je pose des questions, leur demande s’ils sont tous de la région. Comme je m’en doutais à son accent, le PDG est chtimi. Lucette, la responsable paie, embraie avec moi sur des recettes de cuisine et à la brasserie, me conseille des petits plats. Elle me parle de son fils et nous conseille pour le soir un resto en montagne. Lucette marche à l’affectif. Elle a besoin d’attention. L’après-midi, elle est beaucoup plus motivée et fait volontiers les exercices. Je me dis dans ma tête qu’il faudra que je relise mon bouquin sur la formation et les façons de gérer les différents profils de stagiaires, le « je sais tout », le « grincheux », le « piégeur », le « bavard » etc.

    Lucette demande quand on va utiliser la « stimulation ». L’adhérent la charrie « Simulation, pas stimulation ! Ben, alors, z’avec pas honte à votre âge, Lucette ? » Elle glousse en me jetant des coups d’œil goguenards.A la pause café, elle profite que le patron aie disparu pour me confier qu’elle est confrontée à la misère comme elle ne l’a jamais vue. « Des caissières en contrats de 22h, après 23 ans d’ancienneté et payées le SMIC, vous vous rendez compte ? ». Ca y est, nous nous en sommes fait une alliée.

    Carole, quand à elle, finira la formation en étant à peine moins réfractaire que quand elle l’a commencée. Elle a de forts problèmes d’absentéisme dans son équipe et se plaint que personne ne veut la dépanner en cas de besoin. Elle dit que pour le patron, elles ne sont que des numéros, mais c’est bien elle qui râle parce que ses salariées pourront désormais avoir 2 jours de repos continus (?). Elle anticipe déjà des problèmes à venir, et ce faisant, elle va les créer. En effet, comment vendre l’outil à son équipe si elle-même n’y croit pas ?

    Entre deux pauses café, j’en profite pour faire mes courses et lire les notes de service affichées sur un tableau, où on promet par exemple des primes en cas d’alerte sur un vol. En discutant avec les stagiaires, j’apprends qu’il y a de plus en plus de maladies liées au travail pénible de caissière, principalement des tendinites à cause de la répétitivité des gestes.

    A li’ssue des 3 jours, l’e PDG est ravi. Il nous demande ce que nous pensons de ses 2 collaboratrices. « Un peu négative, vous êtes gentilles ! » dit-il lorsque nous parlons de Carole. J’espère être envoyée sur la formation complémentaire, à l’issue de quelques mois de pratique, pour savoir comment les changements ont été accueillis par l’équipe de Carole.  

    Le jeudi, nous dispensons justement une formation complémentaire à une responsable  et sa directrice, dans la région de Montpellier. Une jeune femme très dynamique et volontaire qui utilise notre logiciel depuis 4 ans. Elle en est très satisfaite et lorsque sa directrice s’absente et que nous discutons un peu de son poste et son équipe, elle se réjouit de la bonne ambiance et et du volontarisme de ses salariées pour la dépanner si besoin. « C’est donnant-donnant », dit-elle.

    2 femmes, 2 attitudes, 2 atmosphères tellement différents …  

  • Au boulot, Fiso !

    J’ai commencé dans ma nouvelle boîte mercredi.

    Une société à la taille très familiale (50 salariés) en comparaison des 800, rien qu’au siège, de l’empire de la grande distribution pour lequel j’ai travaillé pendant ces 6 dernières années.

    Le premier jour, j’étais en intégration avec un jeune homme de 29 ans, seul germanophone de l’équipe. Nous avons vite sympathisé. Ma nouvelle boss nous a présenté aux différents services. Moyenne d’âge : la trentaine. On nous a remis nos ordinateurs portables, ce sera donc sur celui-là que je bloguerai désormais et maintiendrai le lien avec vous, d’où que je sois.

    Première surprise, sur ma boîte mail, le premier jour, des blagues du PDG. Ca me change du G. où certains directeurs faisaient mine de ne pas voir les « non-cadres » quand ils les croisaient.

    Notre embauche était attendue et urgente. Sur les 7 collab’ de l’équipe Formation, seuls 2 parlaient anglais. Avec les 4 dernières recrues, nous sommes maintenant 6 anglophones, 3 hispanophones et 1 germanophone. Pendant mes 11 semaines de formation, je vais me déplacer sur la France. La semaine prochaine, je serai à Grenoble 3 jours et finirai près de Montpellier le jeudi. Sur mon planning, y’a des villes (villages ?) dont je n’ai jamais entendu parler. J’espère bien que mes déplacements m’amèneront à rencontrer certain(e)s d’entre vous.

    Normalement, début février, je m’envolerai toute seule. On m’a demandé de remplir une fiche « voyageur » pour indiquer où je souhaitais plutôt être envoyée … dans la mesure où je travaillerai en anglais et espagnol, le choix est large, et si on pouvait souvent m’expédier au Japon, ce serait génial … (mais je suis pas la seule sur le coup).

    PS : Ah si ! Une (autre) bonne nouvelle. Normalement, je serai présente aux 2 prochains Paris-Carnet J

  • Myriam

    Il y a de ces rencontres qui changent votre vie. Myriam est de celles là.

    Myriam, c’est la consultante avec laquelle j’ai réalisé mon bilan de compétences en 2005. Cheveux courts, grisonnants, peu expansive, elle doit approcher la soixantaine.

    Jamais je n’aurais imaginé qu’un bilan de compétences m’apprendrait autant sur moi-même. J’avais entrepris cette démarche sur les conseils de mon ami JM.

    Coach en entreprise et consultante en communication, j’ai tout de suite aimé l’approche de Myriam, qui croise le professionnel et le personnel. C’était autant le bordel dans une sphère que dans l’autre, pour moi à l’époque, de toute façon. Myriam l’a senti et elle m’a aidée à me poser les bonnes questions. La suite s’est mise en place toute seule.

     

    La conclusion à laquelle nous étions arrivées ensemble, après 2 mois de travail, avait été « profil RH à utiliser dans un environnement international ». Alors quand en août, c’est précisément ce type de poste que j’ai décroché, elle est la première personne à laquelle j’ai pensé.

     

    « J’ai une bonne nouvelle à vous annoncer, Myriam » lui ai-je dit quand j’ai enfin réussi à la joindre. « Tu passes quand ?» a-t-elle demandé.

    Pourtant, hier soir, en poussant le portillon de sa maison de banlieue, je l’ai trouvée soucieuse.

    Tout en partageant les pâtisseries que j’avais chopées au vol et qui avaient un peu fait la culbute sur mon vélo, je lui expliquai en quoi consistait mon futur poste. Bien qu’elle fasse des efforts et répète que ça lui faisait très plaisir que je revienne lui donner de mes nouvelles (nous nous envoyons des mails régulièrement), je la sentais ailleurs. Mon enthousiasme fût définitivement calmé quand je m’enquis de sa forme : « J’ai de graves problèmes familiaux ».

     

    Mais revenons au bilan de compétences.

    Une merveilleuse occasion de faire le bilan de sa carrière, à travers un prisme extérieur, de réaliser tout le chemin parcouru, les compétences acquises, dont on ne se rend pas compte, généralement. Et toutes les possibilités qui s’offrent encore à nous, notamment celle de se réaliser vraiment en changeant d’orientation.

    Le choix du consultant est personnel et doit avant tout être une question de feeling; je vous conseille d'en rencontrer plusieurs avant de faire votre choix.
    En moyenne, la durée d'un bilan peut s'étendre sur 4 à 8 semaines (pour un total de 24 heures maximum), au cours desquelles vous aurez des entretiens périodiques avec un consultant et un travail personnel à fournir (réflexion, recherches, prises de contact)
    Le bilan professionnel explore vos différentes facettes : expériences, connaissances, valeurs, motivations professionnelles, traits de caractère, activités extra-professionnelles.
    Il permet au fur et à mesure d'identifier les éléments nécessaires à votre épanouissement professionnel (poste, secteur d'activité, environnement hiérarchique) et les moyens d'y parvenir (formation, réseaux). Pensez-y, ça n’est jamais inutile ni trop tard !

    Il y a 3 ans, le bilan de compétences me redonnait confiance en moi. D’ici peu, je vais en récolter les fruits. Et ça, je me le dois, mais je le dois aussi à Myriam.

  • Mes vrais patrons

    Lundi, c’était la dernière fois que je me retrouvais face à nos VIP, à l’occasion d’une réunion générale. L’occasion pour moi - et j'y tenais - de dire au revoir à quelques-uns de mes « chouchous », généralement quinquas ou au-delà, la nouvelle génération étant beaucoup moins sympa, je dois le dire. Sans doute cela est dû au fait que leurs pères sont de véritables hommes d’affaires qui ont gravi les marches de la réussite, alors que les fistons n’ont fait qu’hériter.

    Quand je suis arrivée ici, mon ex-boss m’a prévenue « Tu vas voir, ILS sont pas faciles ».

    Ca ne me faisait pas peur, habituée que je suis, depuis plus de 15 ans, à désamorcer des situations délicates. Finalement, je me suis vite rendu compte qu’ILS sont juste exigeants. J’aime bien les gens exigeants, et apprivoiser les bougons est un défi qui m’amuse. Au fil des années passées ici, j'ai eu l'occasion de me rendre compte que ces hommes d'affaires, pour la plupart autodidactes, sont bien moins puants que beaucoup de cadres dits supérieurs.

    Lundi donc, je me suis mise sur mon 31 pour la dernière, tailleur pantalon clair, top chocolat, écharpe Kenzo, talons hauts.

    ***

    Ca m'a fait plaisir qu'il soit le premier à arriver, mon "roi des chouchous". C'est simple, je l'adore. 

    Sans doute parce que M. B. est le premier des VIP de la boîte à m’avoir véritablement parlé, il y a 6 ans, un soir qu’il attendait son taxi. Il m’avait complimentée sur le travail de mon équipe et comme c’est une pointure dans la boîte, j’avais été flattée.

    Il doit approcher la soixantaine, un bel homme et surtout un beau sourire, les tempes grisonnantes, je lui trouve un faux air de Sardou. Depuis quelques mois, il s'est amaigri, j’espère qu’il va bien.

    M.B. est aussi jovial et sympathique que sa femme est revêche. Au début, je me suis demandé pourquoi elle était aussi glaciale mais ensuite, une collègue m’a dit qu’elle était comme ça avec toutes les femmes, et sans doute très jalouse. Ca me fait toujours bizarre qu’une femme puisse se sentir menacée par moi, à fortiori si son mari a l’âge de mon père. 

    ***

    Et puis, elle, la seule femme dans cette meute de loups, sèche comme un coup de trique, un regard perçant et dénué d’émotion, aux remarques acerbes sur la tenue des hôtesses ou la gueule des plantes, toujours pendue au téléphone à invectiver sa pauvre assistante. Colette, si tu me lis, sache que j’ai souvent compati.

    Lundi, énervée de devoir attendre 30 secondes, elle a lancé « Et celles-là, elles peuvent pas aider au lieu de discuter ? » à l’attention de la chargée de com’, la tronche de l’autre, elle a failli s’étrangler de fureur contenue, et moi je riais sous cape.

    ***

    Bien après tout le monde, quand la réunion était déjà commencée, y'a un autre célèbre râleur qui s’est pointé. Je l’aime bien, cet alsacien rondouillard aux yeux bleus, qui pique systématiquement le taxi des copains, à l'accent traînant. Je l’ai envoyé chier une ou deux fois, au début, quand il oubliait de dire bonjour avant de commencer à gueuler, et depuis, il m’adore. M’a invitée à passer boire un café à Colmar, ça tombe bien, paraît que le marché de Noël est superbe là-bas.

    ***

    Et puis, il y a aussi M. R., un brun aux yeux bleus, discret, d’origine italienne. Il m’a souhaité bonne chance et a expliqué à son copain « Elle connaît I., sa maman est de là-bas ».

    ***

    M.L., la terreur de tous, m’a demandé si je pouvais contacter quelqu’un pour lui commander un taxi. J’ai sorti mon portable et ce fut fait en 30 secondes. Impitoyable, paraît-il, il est pourtant le seul à se présenter systématiquement lorsqu’il appelle mon plateau. La politesse est une vertu à laquelle je suis particulièrement sensible, surtout quand elle s’adresse à des « petites gens » que beaucoup méprisent généralement. M.L. a le charisme naturel des hommes de pouvoir. De sa belle voix chaude, il dit "qu’on va me regretter".

    ***

    Ah et puis, voilà M. P., un autre grand ponte. Notre rencontre fut renversante, surtout pour moi. J’avais déboulé au 6ème étage, à sa recherche, et au détour d’un couloir, je m’étais étalée, sous ses yeux, sur une p*** de table basse en verre. Je m’étais niqué les jambes, c’est pas peu de le dire, mais son extrême sollicitude avait instantanément effacé les hématomes faits à mon orgueil.

    ***

    Il jette sa cigarette juste avant de franchir la porte, le voilà mon camé à la nicotine. Les dents pourries, les doigts jaunis, pas spécialement affable, je ne sais pas pourquoi je me suis prise de sympathie pour lui, mais ça a au moins rapporté quelques boîtes de chocolat à mon équipe. Il a l'air ailleurs, comme d'hab, et répond poliment « bonne chance ».

    ***

    Vers midi (2 heures de retard), une silhouette de boucher-charcutier rougeaud se découpe sur le parvis. « Chuis à la bourre, et je me suis même salement engueulé avec le mec du parking ». Je souris, ça ne m’étonne pas, c’est un sanguin le G.  Pendant longtemps, je l’ai détesté, d’ailleurs, et encore plus quand j’ai appris qu’il appelait les membres de son équipe par leur nom de famille. Ca donne : les pieds sur le bureau, un bouledogue qui aboie « Dupont !!!!!!! Ramenez-moi le dossier Untel ! ».

    Pionnier de la première heure, il a aidé à la construction de l'empire. C'est un vrai gueulard, un pitbull matîné bouledogue, mais tous ses salariés l’adorent, y’a sûrement une raison, je me suis dit. "C’est un vrai tendre", m’a encore confié l’autre jour son assistante qui ne se remet pas du départ prochain de son patron.

    Lundi, je lui glisse timidement (enfin, presque) "Moi aussi, je m'en vais", et là, il a un mot gentil, le premier !

    ***

    Et puis, M.R. reconnaissable entre mille avec son épaule droite plus haute que l’autre et ses yeux bleus, aussi. Un queutard de première, paraît-il. Mon ex-boss flashait sur lui, ou plutôt sur sa carte bleue, les yachts à l’année sur une île de la Méditerranée, ça fait rêver les petites arrivistes comme elle. Toujours été très correct avec moi, une seule fois, il m’a confié qu’il était grand-père, j’ai répondu « C’est pas possible, vous faîtes surper jeune », il a ri et a répondu qu’il avait eu sa fille à 18 ans, et elle de même, donc oui, il était jeune. Et lundi il a dit « Vous allez nous manquer, enfin, à moi vous allez me manquer, en tout cas ».

    ***

    Il en manquait quand même quelques-uns, de mes chouchous.

    Le blond qui a une tête d’adolescent, président d’une équipe de foot. Un soir, il avait appris que j’étais cycliste et m’avait raconté un périple à vélo avec son fils, de France jusqu’aux confins de l’Asie, et d’autres rêves de voyages, j’avais rêvé, les yeux pleins d’étoiles.

    ***

    Pas vu non plus, le petit nerveux de Brive, qui arrive la tête dans le cul à ses rdv, le mardi matin, après avoir passé une nuit arrosée à faire la fête avec ses potes.

    ***

    Ni le landais qui m’avait hurlé un jour au téléphone « Mais vous savez qui je suis ??? Je suis le directeur de … » et j’avais répondu très calmement, en savourant l’écho de ma voix en « mains-libres » : « Si vous vous présentiez poliment, comme tout le monde, au lieu d’hurler, je le saurais, M.B et nous perdrions moins de temps ».

    Un brouhaha avait suivi, j’étais pas mécontente d’avoir renvoyé ce fanfaron dans ses buts devant ses petits copains.

    Et la fois d’après, je lui en avait remis une couche « Ben, alors, M.B, qu’est ce qui vous est arrivé, l’autre jour ? »  

    ***

    Et puis, le plus séduisant de tous mais certainement pas le plus sympa, impeccable dans des costumes italiens taillés au cordeau, cheveux poivre et sel, ondulés et gominés, regard azur (encore !), un vrai petit bonheur pour les yeux.

    ***

    Dans l’après-midi, j’ai encore croisé M.A., beau brun proche de la cinquantaine, une poigne franche et chaleureuse. Paraît que c’est un vrai connard dans son service, avec moi, toujours très sympa, on a discuté, m’a demandé ce que j’allais faire et chez qui, justement il est client :"Si vous passez en Normandie, venez me dire bonjour, ça me fera plaisir, hein ?"

    Je ne suis pas vraiment triste, d'abord parce que faut pas se leurrer, ils en vu d'autres, ensuite parce que je suis sûre que je vais effectivement en recroiser quelques-uns, dans le cadre de ma nouvelle activité.

    Mes vrais patrons, ils sont durs, souvent détestés, toujours craints, mais leur parcours force le respect.

    Concarneau, Mont de Marsan, Saint-Nazaire, Niort, Bourg-en-Bresse, Orléans, Colmar, je fais faire mon tour de France, moi ...

     

  • Fiso pose sa dém' !

     

     

    Ce matin, j’ai annoncé à mon boss que je quittais la boîte. Ca fait longtemps que j’attendais ce moment.

    En fait, j’avais surtout rêvé de claquer ma dém’ à celle qu’il a remplacée et qui m’en avait fait voir de toutes les couleurs – ainsi qu’à toute son équipe – pendant 3 ans et demi.

    Même si elle est partie 3 mois après que j’aie alerté les RH sur son comportement, mon N+2 ne m’a jamais pardonné d’avoir tenu le bras de fer.

    D’ailleurs, ce matin, peu après « l’annonce », j’ai rejoint mon boss et mon N+2 en réunion, et mon N+2 m’a serré la main en regardant ailleurs …

    Bref, c’est de l’histoire ancienne maintenant. Comme toute expérience, celle-ci fut riche en enseignement. Et n’empêche, mardi dernier, quand j’ai appris que j’avais le poste dont je rêve depuis mon bilan de compétences en 2005, j’ai réalisé à quel point ma vie allait changer.

     

    Ca va me manquer de ne plus :

    -          faire le kéké pendant 6 kms sur mon vélo, matin et soir.

    -          débouler dans le parking de la boîte à fond les pédales et être saluée d’un « Et voilà Jeanie sur son vélo » par notre gardien de sécu, un ancien gendarme grisonnant.

    -          être accueillie d’un « Salut ma loutre » par mon gentil collègue L., quand je débarque dans son bureau le matin

    -          appeler mon collègue préféré qui m'accueille d'un « salut ma langoustine des îles » pour aller boire un café à la pause de 10h.

    -          dire à mon collègue préféré (le même, l’en a de la chance celui-là) avec un sourire polisson « Vas-y passe devant » pour mater son joli petit cul sur le chemin vers la cantine.

    -          faire la bise à mon PDG, autoproclamé défenseur du pouvoir d’achat, et tenir compagnie à son vieux papa, en attendant le taxi que je lui ai commandé.

    -          Etre celle qu’on appelle quand on cherche une info sur « qui fait quoi »   

     

    Ca va pas me manquer :

    -          de manquer me décrocher un sein dans les trous des routes parisiennes

    -          de ne plus m’engueuler copieusement avec les automobilistes parisiens

    -          de ne plus voir s’afficher sur mon téléphone le nom de l’autre excitée de la com’ interne

    -          de ne plus participer à la mascarade de l’évaluation annuelle

    -          les odeurs nauséabondes de nos voisins de l’autre côté de la rue

     

    Et puis, quand même, je vais :

    -          quitter le monde de la grande distribution !

    -          parcourir la planète

    -          et travailler quotidiennement en anglais et espagnol

     

    Ca s’arrose, comme dirait Nicolas …

    J’ai commencé ce midi au champagne et pour répondre à ton SMS reçu ce matin, Nicolas, je passe à la Comète ce soir avant de retrouver Bougrenette, Oh!91 et Conan le barbare dans un resto libanais du 15ème arrondissement.