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Gens (d'ici et d'ailleurs) - Page 4

  • Séducteur-né

    Pourquoi étais-je terriblement troublée en ta présence, c'est la question que j'ai retourné plusieurs jours dans ma tête. Certes tu avais sa taille et te tenais comme lui, mais il y avait autre chose, une sorte de flash douloureux, qui me perturbait régulièrement. Et puis un jour, alors que ton regard, aussi noir et intense que le sien, me dévorait, visiblement subjugué, je me suis réchauffée à cette caresse si délicieuse. Et la morsure est arrivée très vite, et je me suis souvenue. Votre point commun a jailli comme une évidence.
    Mais tu n'es pas lui; tu as bien un cerveau à la place du cerveau, et l'expérience m'a rendue lucide, sinon sage. L'attirance désormais expliquée a rapidement laissé la place à une énorme tendresse.

    Il y a quelques jours, j'ai lu la poignante "Lettre d'une inconnue" de Stefan Zweig, et je vous ai reconnus :
    " Tu m'as pénétrée de ce regard chaud, tendre et enveloppant qui était comme une caresse, tu m'as souri. (...) Ce n'est que plus tard, peu de temps après à vrai dire, que j'ai réalisé que tu posais ce regard sur chaque femme, cette étreinte qui les attirait à toi, ce regard qui enveloppe en même temps qu'il dénude, ce regard du séducteur-né.
    Tu posais ce regard sur chaque femme qui te frôlait, sur chaque demoiselle de boutique qui te vendait quelque chose, sur chaque femme de chambre qui t'ouvrait la porte. J'ai réalisé que tu n'avais pas conscience de ce regard, qu'il ne procédait ni d'une volonté, ni d'une inclination : c'est ta tendresse envers les femmes qui adoucit et réchauffe tout à fait inconsciemment ton regard lorsqu'il se pose sur elles. Mais moi, (...) je ne le soupçonnais pas : c'est comme si j'avais plongé dans un brasier. J'ai cru que cette caresse n'était destinée qu'à moi, à moi seule, et, à cet instant, la femme qui sommeillait en moi, alors adolescente, s'est réveillée et cette femme est tombée sous ton emprise à tout jamais."

  • Le cheminot retraité

    C’était hier matin. En route pour la piscine du Kremlin-Bicêtre, je pose mon vélib’ devant la Vache Noire (un centre commercial, pour ceux qui ne connaissent pas) et me dirige vers l’arrêt du bus 123, où on annonce 5 minutes d’attente. Je m’abandonne avec plaisir au soleil qui tente une timide percée. A ma gauche, un monsieur bedonnant, visiblement nerveux, scrute le lointain, main en visière.

    « Vous attendez le 123 ? demande-t-il, au bout de quelques minutes. »

    J’acquiesce.

    «  Il passe régulièrement ? 

    - Il est annoncé dans 4 minutes, dis-je, en me penchant pour vérifier l’affichage électronique. 

    Ah, je n’avais pas vu ! Je ne suis pas d’ici. »

    Il commence à me raconter ses malheurs. Débarqué du RER B à cause d’un incident voyageur puis descendu d’un bus rempli de voyageurs très tendus, à l’atmosphère bagarreuse, il est venu à pied de Bagneux et a raté son train à Austerlitz.

    « Sacrée trotte, depuis Bagneux ! lui dis-je.

    Oui, surtout que j’ai une patte folle, dit-il en désignant sa jambe. Je crois que j’ai un train vers 13h, je voudrais bien ne pas le rater !

    Vous voulez que je regarde à quelle heure est le prochain train ? dis-je en dégainant mon téléphone.

    Le prochain train pour Limoges est à 11h42, ça devrait être jouable. Je m’étonne qu’il ait choisi le bus comme moyen de locomotion pour rejoindre Austerlitz.

    «  C’est que je suis ancien cheminot, dit-il, et qu’avec le RER j’ai mes repères. »

    Il me raconte qu’il vient à Paris pour se détendre, ce qui me fait rire. Sa compagne habite Bagneux.

    Nous montons ensemble dans le bus. Il montre à un chauffeur blasé le bon de retard que lui ont fait les agents, pour ne pas payer le ticket de bus, et s’installe à côté de moi.

    «  C’est bien, vous les jeunes vous savez vous servir de ces choses-là, dit-il en désignant mon téléphone.

    -  Les jeunes, les jeunes … dis-je en souriant.

    Moi j’ai 80 ans, je suis un vieux par rapport à vous.

    - Ça c’est sûr, mais pour les jeunes, moi je suis une vieille !

    Il me raconte ses 8 petits-enfants, et le peu de temps qu’il lui reste pour prendre du bon temps, entre visites à la famille et rendez-vous médicaux.

    «  Faut pas croire, on est débordés en retraite !

    Ah ben merde, moi qui espérais enfin buller, ça m’inquiète, ce que vous me dîtes !

    Une dame africaine décide de prendre part à nos échanges animés, tant et si bien que je manque rater l’arrêt.

    Hé  mais c’est là que je descends, moi ! dis-je en bondissant, avant de tendre la main au vieux monsieur.

  • Retour dans le sud

    Nous voilà coincés dans les embouteillages, en ce début de soirée de Loy Krathong. Les gens commencent à se ruer vers les points d’eau. Boo essaie de passer à droite, puis à gauche, et se tourne vers moi « Too much traffic ». Bon de toute façon, je suis attendue par Rob et Richard, et vu le temps que j’ai mis à arriver jusque-là, je ferais mieux de repartir vers le sud de la ville. Boo me dépose à l’embarcadère où je suis arrivée. Je prends son numéro de téléphone, ça peut servir, et une photo souvenir, ce qui le fait beaucoup rire. Et je lui laisse 100 Bt au lieu des 50 négociés au départ, parce qu’il fait un métier difficile et que ces 2€, pour moi, c’est que dalle. 

    Je monte dans le bateau et paie 8 Bt. Nous traversons le fleuve et je vois le bateau se vider. Je demande à quelqu’un, en pointant l’embarcadère où je dois débarquer, si je dois descendre ici ou rester dans le bateau. En fait, les 8 Bt., c’était pour traverser le fleuve, maintenant nous avançons à la queue leu leu sur des planches pour embarquer dans un autre bateau. Me voilà rassurée ; vu la foule, je suis bien dans un bateau-taxi. Je paie 20 Bt. jusqu’à ma destination (rappelez-vous, j’ai payé 500 à l’aller …)

    Le fleuve de nuit, c’est magique. Les temples sont illuminés et les bateaux sur l’eau brillent de mille feux. A côté de moi, un homme m’adresse la parole. Il est turc, médecin de son métier et s’appelle Yusuf. Son anglais est très sommaire mais nous communiquons sans peine. Il vient de Cappadoce et poursuivra son voyage jusqu’à Hong Kong et Shangai.

    Arrivés à destination, c’est la cohue. Une foule énorme, les bras chargés d’offrandes flottantes, se masse déjà au bord du fleuve. On se croirait sur les Champs Elysées un 14 juillet. Des hommes sont plongés dans l’eau au milieu des nappes de détritus. Nous piétinons jusqu’à la station de métro où j’ai toutes les peines du monde à fausser compagnie à Yusuf qui tente de négocier un dîner. Hey, ce soir, j'ai rendez-vous avec 2 charmants britanniques !

     

  • Enfin un repas avec des thailandais(es)

    Aujourd’hui c’est vendredi ! Première nuit complète depuis mon arrivée et dernier jour de ma première semaine de travail en Thailande ! Vous avez suivi ?

    Je ne sais pas je dois mes yeux bouffis au fait de me réveiller à 3h30 une nuit sur 2 ou au ventilateur qui me rafraîchit mais ma tronche fait peur …

    Sur le chemin du bureau, j’ai une grosse envie de sucré. Mais les vendeurs ambulants commencent à cuire brochettes et poisson à 7h du matin, et comme rien ne m’est familier, comment être sûre que je vais manger du sucré et pas du salé ? (hier soir, je me suis penchée sur un emballage de feuilles de bananier, de la taille d’une friandise, et quand j’ai demandé « sweet ? », elle a répondu « fish ! »). Ca calme. A la sortie du skytrain An Nout, je me lance ; une jeune femme, plutôt typée indienne, vend des petites bouchées enveloppées dans des feuilles de bananier. Je vais en ramener à mes stagiaires comme ça je saurai direct ce que c’est. Et en effet, W. m’explique.

    bangkok,prikhorm restaurant

    La bouchée en forme de rectangle, c’est khao tiommut (riz gluant à la banane) et la bouchée en forme de triangle, c’est kanom tian (un truc aux haricots, m’a dit W, et les recettes trouvées précisent « dried mung beans »). Je ne garantis pas l’orthographe … par contre, ce que je peux vous dire, c’est que c’est aux grains de poivre, et j’ai pas eu besoin de lire la recette pour le savoir ! Outch !

    A la pause, W. revient avec un petit pot en plastique contenant de drôles de choses beiges qui me rappellent ... Je regarde l'étiquette sur la boîte .... Oh my gode ! 

    bangkok,prikhorm restaurant

    Gnak gnak gnak ... Je vous ai eus (autant que je me suis fait avoir) .... Ce ne sont que d'inoffensifs bonbons très sucrés (et pas très bons). Mais la blague est marrante. Ceci dit, certains thais mangent des chenilles, parapit-il. Je raconte à W. qu'en fait j'ai déjà mangé des chenilles jumelles de ces leurres en sucre.

    Ce midi, mes 3 stagiaires m’emmènent déjeuner à l’extérieur. On monte dans la voiture de Pan, direction le restaurant Prikhorm. Cool, je vais pouvoir me laisser guider, ça va me reposer !  Je consulte le menu, elles me proposent plein de choses, je dis oui à tout, bien sûr. Et surtout, j’arrête de demander ce qu’est tel ou tel plat car j’ai l’impression qu’elles le commandent illico.

    On commence par une entrée : crispy rice crackers with chopped shrimp and pork sauce. Un plat dont les origines seraient indiennes, et c'est vrai que la sauce ressemble fortement au dal indien. A gauche, des brocolis et champignons sautés. J’imite W. qui tartine le cracker de sauce. C’est croustillant et bon.

    bangkok,prikhorm restaurant

    Une sorte d’œufs brouillés aux épinards et gousses d’ail cru, avec la sauce … aux piments bien sûr. Les épinards seraient en fait des feuilles de melon (?) ผัดยอดมะระ ... Savoureux.

    bangkok,prikhorm restaurant

    Ca, c’était les entrées à partager. Je bois mon premier vrai jus de fruits thai : un jus de pastèque givré. Miam !

    Ensuite, on attaque les choses sérieuses : un de ces poissons que j’ai vu à plusieurs reprises sur les tables des restaurants, et dont les thaïlandais semblent raffoler. Un pla kapong (bar) à la japonaise, arrosé d'une sauce soja sucrée, m'apprennent mes stagiaires. 

    bangkok,prikhorm restaurant

    Une salade de mangue verte et pignons de pin (ยำมะม่วง ou Yam Mamuang puisque la mangue se dit mamuang, facile), qui arrache la gueule, comme d’hab. Un plat de neur pou pad sator (chair de crabe sautée aux piments frais et petai beans, des sortes de fèves, mais en plus craquantes et moins bonnes). J'apprends, mais trop tard, que les petai beans donneraient une haleine de chacal. Si on ajoute à ça les gousses d'ail croquées, je risque de me faire refuser l'entrée des temples demain ...

    bangkok,prikhorm restaurant

    Et enfin, la fameuse soupe de fruits de mer au coco et galanga, qui finit de me décoller la mâchoire. Mes préférés ? Sans conteste le poisson à la sauce sucrée, d’influence japonaise, et les œufs brouillés aux épinards, d’influence malaisienne (dixit W.)

    A la sortie, nous nous arrêtons devant un stand où l’on vend plein de sucreries et j’en profite pour poser mes questions. Les drôles de cubes jaune orangé que j’ai vu plusieurs fois, c’est de la patata douce. Les blancs d’œuf, des desserts au coco. W. me donne sa sélection personnelle de gâteaux à ramener à mes amis.

    Mais mon préféré, c'est san conteste les biscuits roulés au porc soyeux !

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    Enfin, vu les poils qui jaillissent du biscuit, je dirais une seule chose : après le Port-Salut, voici le Porc Poilu ! Boug', toi qui aimes les choses bizarres à manger, ton cadeau est tout trouvé !

    De retour au bureau, je m’éclipse aux toilettes et lorsque je reviens dans la salle, voilà ce que je trouve sur mon bureau :

    bangkok,prikhorm restaurant

    Franchement, ne suis-je pas la plus gâtée des formatrices ? Et avec ça, un emballage de feuille de bananier contenant un « green bean sticky rice ». Deuxième salve de poivre dans ta gueule, Fiso. A la façon chinoise, précise Wanvisa.

    Alors, qu’est-ce que c’est donc que ces drôles d’œufs sur le plat ? Première surprise : la couche crémeuse au coco est un peu salée. Le premier, ce sont des perles de tapioca.  

    bangkok,prikhorm restaurant

    Sous celui au grain de mais, une délicieuse gelée au parfum de fleur d’oranger parsemée … de grains de maïs (??). Surprenant mais pas mauvais ! Et la gelée verte du dernier est parsemée de fruits confits, je suppose de l’angélique à en juger par l’indice posée sur la pâtisserie mais Wanvisa m’apprend que c’est un bout de feuille de Pandanus. Je ne ferais pas de folies de ces petites sucreries mais ma curiosité est satisfaite.

    Nous reprenons la formation. A l’occasion d’une action de paramétrage, je m’étonne qu’au lieu du nom de son subordonné, Wan utilise un autre identifiant. C’est ainsi que j’apprends que chaque Thai a un surnom. C’est l’occasion d’un nouvel échange. Elles m’expliquent que le surnom est donné par les parents et signifie quelque chose. Par exemple, W. n’avait pas de cheveux quand elle est née mais j’ai oublié son surnom en thaï … Mes autres stagiaires ont comme surnoms « Pan » et « Wan ». Je leur apprends le mien et leur révèle que celui de leur directeur français est Lolo. Après réflexion, j’espère qu’elles ne vont pas lui taper du « bonjour Lolo » lundi, je m’en voudrais d’avoir un licenciement sur la conscience … J’aurais peut-être dû préciser que c’était un tout petit peu familier.

    Il est plus de 18 heures lorsque je quitte le bureau. Sur le parking de Tesco, ça s’agite. Je fais un détour par le centre commercial pour acheter une carte SIM prépayée qui me permettra de communiquer avec les potes de Maurice l’alsacien sans que ça me coûte un bras. J’en prends encore plein les yeux. Il y a ces drôles d’ingrédients qu’ils mettent dans les boissons. Et elles …. Alors, on fait pas les malines, les filles, hein ?

    bangkok,prikhorm restaurant

    Et puis, cette vendeuse qui insiste pour que je goûte son bubble tea. Et comme elle a un merveilleux sourire, ben je craque, en plus c'est en promo : 

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    Voilà. Maintenant je suis en weekend. Fini les conneries et les blagues à 2 balles et place à la culture ! Car pas question de faire l'andouille chez les moines ... 

  • Premère journée de travail à Bangkok

    [Préambule : Désolée les amis, je ne vous ai pas écrit hier mais c'est la faute de l'extraordinaire masseuse thailandaise qui m'a pétrie hier soir : je me suis écroulée en rentrant à l'hôtel. Je profite donc de ma pause déjeuner pour rattrraper mon retard car, vous vous en doutez, j'ai déjà beaucoup de choses à vous raconter ! C'est pas bien grave, il n'est que 7h03 en France ...]

    Ce matin, je me lève bien avant mon réveil ; il est 6h30 lorsque j’ouvre la porte-fenêtre de ma terrasse pour ma séance de saut à la corde. Ma première nuit à Bangkok a été courte : je n’ai dormi que de minuit à 3h30. La faut au décalage horaire sans doute car mon lit est ultra confortable et ma chambre silencieuse.

    N’empêche, même la tête dans le cul, faire son Rocky Balboa avec une telle vue me console. En revanche, je suis en nage au bout de quelques minutes et finis en slip et soutien-gorge. De toute façon, je n’ai aucun vis-à-vis, donc pas de problème.

    A 8h15, je descends au petit déjeuner. Ptain, ça rigole pas dans le coin ! A côté des traditionnels pancakes et œufs au plat, il y a des marmites de soupe et plusieurs plats de porc au curry, bœuf à la japonaise, nouilles sautées. Et je constate que les gens mangent vraiment ça au petit déjeuner. A la télé, CNN diffuse en boucle les images des Philippines dévastées. Je me dis que ça doit rappeler de biens mauvais souvenirs aux Thailandais.

    A 8h45, comme convenu, je retrouve la « lady in black » dans le hall de l’hôtel. C’est comme ça qu’elle s’est décrite par mail, et en retour je lui ai envoyé une photo de moi. Je mets enfin un visage sur son prénom. Elle nous a commandé un taxi, pourtant leur bureau n’est qu’à une station de skytrain de là. « Il fait trop chaud pour moi » explique W.

    Me voilà accueillie avec un café et un verre d’eau. Je découvre enfin les visages derrière les noms de celles avec lesquelles j’ai fait plusieurs conference calls, ces derniers mois. Nous branchons les ordinateurs et démarrons la journée. Elles sont très sympathiques mais ça n’est pas vraiment une surprise : ne dit-on pas que la Thailande est le pays des sourires ?

    Vers 11 heures, W. me tend un menu pour que je fasse mon choix. J’ai décidé de manger rapidement dans la salle de formation car j’ai deviné qu’elles avaient beaucoup de travail et ne veux pas les monopoliser en les obligeant à m’accompagner à l’extérieur. Je commande, un peu au hasard, des nouilles au poulet. En fait, c’est un peu bizarre, il y a une sorte de soupe qui l’accompagne. Je m'apprête à la boire mais heureusement, W. précise que c’est la sauce. Le lendemain, je découvrirai sur le menu qu’il s’agit d’un « gravy » (beurk).

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    L’après-midi se poursuit dans la bonne humeur. On m'apporte même un café et un panier de bonbons. Mes stagiaires m'apprennent comment dire "Merci" en thai mais il me faudra encore 24 heures pour le mémoriser et commencer à l'utiliser. Elles ne se remettent pas du fait que je bois mon café noir et sans sucre. "Ici, on met beaucoup de lait et très peu de café" expliquent-elles. A la pause, la responsable du service, une femme sophistiquée, vient prendre de mes nouvelles et s’enquérir de mon programme en Thailande. Lorsque je lui dis que j’aimerais me faire masser, elle me donne une de ses bonnes adresses.

    Vers 17 heures, je libère mes stagiaires et reste dans les locaux encore une bonne heure et demie car j’ai remarqué une anomalie dans le paramétrage de mon logiciel. La nuit est déjà tombée quand je quitte enfin le frigidaire dans lequel j’ai passé cette journée (heureusement que j’ai prévu un foulard en soie pour protéger ma gorge fragile des ravages de la climatisation) et retrouve la moiteur de la rue.

    Sur le parking du Tesco tout proche, il y a une foule en train de sauter avec entrain, coachée par un prof de step juché sur un podium. Je m'arrête pour observer cette drôle de foule et une des participantes, visiblement contente de me distraire, met le turbo et remue les bras avec vigueur. Les trottoirs de Bangkok ressemble à ceux de Marrakech et Casa ; des dénivelés inattendus, des trous. Je retrouve sans peine la station de Skytrain.

    Au guichet, sur les conseils de W., je demande une « rapid card » (en fait, barrière de la langue oblige, il s’agit d’une Rabbit Card, avec le petit lapin qui va bien). En contrebas de la station de métro aérien, il y a un alignement de toiles de tentes blanches illuminées, on dirait le marché de Noel de La Défense. C'es tous les jours Noel, ici.

    Dans le métro thailandais, c'est comme en France : one ne met pas ses doigts sur la porte sinon "on risque de se faire pincer très fort" et on est prié de laisser sa place aux enfants, aux personnes âgée ou handicapées, aux femmes enceintes . Un autre voyageur de marque mérite ce traitement de faveur, vous savez qui ? Allez, je vous donner la réponse en image : 

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    J'ai lu dans mon guide qu'il ne fallait pas non plus s'assoir à côté d'eux car tout contact avec les femmes leur est interdit. C'est toujours bon à savoir. Je monte dans le skytrain où des mini-écrans diffusent des publicités en boucle et descends à la station suivante, Bang Chak. Je jette mon ordinateur dans ma chambre et file, munie de l’itinéraire dessiné par W., me confier aux mains d’une masseuse, dans l’espoir de dormir enfin comme un bébé cette nuit.