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Pensée du jour - Page 4

  • Mais c'est déjà pas mal

    Au comptoir d'un café parisien, il lui demande :
    - Tu es heureuse ?
    Désarmée, elle acquiesce, regard fuyant, sourire forcé.
    Dans un autre contexte, elle aurait répondu non. Le bonheur, ça n'est pas l'absence de malheur.

  • Georges

    J’ai de nouveau sollicité les services d’un taxi-moto. Ca faisait longtemps.

    Lundi matin, mes contacts habituels n’étant pas disponibles, c’est un nouveau qui fumait sa clope en m’attendant en bas de chez moi. Et tandis qu’il nouait le lien de mon casque et remontait le zip de la parka, j’ai pensé « Dans ma vie, j’ai raté un truc : sortir avec un motard ».

    Georges, puisque c’est son prénom, est très sympa, comme les 2 pilotes que j’ai rencontrés jusque là. On a profité des bouchons pour faire connaissance et parler un peu boulot, un peu perso. Je l'ai charrié le premier soir : "Y'a pas de chocolat pour la route ?"

    Il a répondu "On peut faire".

    Et hier soir, pour notre dernier trajet ensemble, il a ouvert son top case et m’a tendu un paquet de Bounty. Le kif.   

  • Un changement s'opère

    Selon un vieux conte japonais, un jour un samouraï belliqueux somma un maître zen de lui expliquer ce qu'étaient le paradis et l'enfer. Le moine lui répondit avec mépris :
    - Tu n'es qu'un rustre, je n'ai pas de temps à perdre avec des gens de ton espèce.
    Se sentant insulté, le samouraï devint furieux et tirant son épée, s'écria :
    - Je pourrais te tuer pour ton impertinence.
    - Voilà ce qu'est l'enfer, répliqua le moine calmement.
    Surpris par la vérité de ses paroles, le samouraï se calma, rengaina son épée, salua le maître et le remercia de l'avoir éclairé.
    - Et voilà le paradis, ajouta celui-ci.

    Dans le train vers Montpellier, j'ai occupé mes 5 heures de trajet à lire. Des livres apaisants et empreints de la sagesse dont j'ai besoin actuellement, des esquisses de billets, initiées sur des pensées. J'en ai retrouvé un où je décrivais une femme appartenant à mon groupe de théâtre. Elle me sortait par les yeux, cette femme. Mon ton alors était moqueur et méprisant. J'ai réécrit le billet en adoptant un angle différent.
    Je ne sais si cela ressort de mon blog. Peut-être retient-on plutôt ma bonne humeur, pourtant je suis une personne qui se met souvent en colère. Et rarement pour des rasions valables, à supposer qu'il y en ait. Mon existence alterne entre des moments où j'aime profondément les êtres que je croise et des moments où je les déteste, avec une intensité au moins aussi forte. Ma colère nait souvent de révoltes contre le manque de respect, la moquerie ou la méchanceté gratuite et encore plus souvent de messages implicites que je leur attribue et dont je suis pourtant l'unique créatrice.

    Depuis quelques jours pourtant, mes lectures me font penser que je pourrais m'abandonner de moins en moins souvent à ce sentiment épuisant et stérile.

    " La colère est le mouvement de l'âme le plus difficile à maîtriser. Elle est en effet la plus séduisante des émotions négatives; le monologue intérieur qui la déclenche fournit à l'esprit les arguments les plus convaincants. A l'inverse de la tristesse, la colère procure de l'énergie, voire de l'euphorie.
    Puisque la colère trouve son origine dans la réaction de préparation au combat, son détonateur est le sentiment d'être menacé, le plus souvent de façon symbolique, par une menace pesant sur son amour-propre ou sa dignité : le fait d'être traité injustement ou avec brutalité, d'être insulté ou humilié, d'être contrecarré lorsqu'on poursuit un but important.
    Cette perception a un double effet sur le cerveau. D'une part, il libère de la catécholamine, génératrice d'un afflux d'énergie brusque et passager, préparant le corps à combattre ou à fuir, selon la façon dont le cerveau évaluera les forces de l'adversaire.
    D'autre part, une autre onde issue de l'amygdale dispose également à l'action en procurant une tonicité de fond, qui perdure bien plus longtemps que le coup de fouet de la catécholamine. Cette excitation peut se prolonger pendant des heures, voire des jours, maintenant le cerveau émotionnel en état d'alerte et fournissant la base à partir de laquelle d'autres réactions pourront se développer avec une rapidité particulière. Cet état d'instabilité explique que les gens voient rouge si aisément lorsqu'ils ont déjà été provoqués ou irrités par autre chose. Des tensions de toutes sortes déclenchent cette excitation et abaissent par là-même le seuil à partir duquel une "agression" provoque la colère.

    Apaiser la colère
    L'un des moyens d'intervention possibles consiste à désamorcer la colère en contestant les pensées qui déclenchent sa montée en puissance. En d'autres mots, visualiser la situation en adoptant un point de vue différent amoindrit instantanément la colère.

    [NDLR : On a tous un exemple d'un de ces instants où on s'est énervé avant de se rendre compte, un peu honteux, que l'objet de notre courroux était absolument innocent, voire en difficulté. Un ralentissement soudain sur le quai du métro qui nous fait trépigner d'impatience jusqu'à ce que nous apercevions une mémé qui avance péniblement sur sa canne. Ou encore un automobiliste qui roule lentement et contre lequel nous actionnons klaxon et appels de phares, avant de réaliser qu'il arbore une plaque d'immatriculation étrangère et est complètement paniqué, au volant de sa voiture.]
     
    La seconde méhode permettant de provoquer la décrue de la colère est de se calmer physiologiquement en laissant passer la poussée d'adranaline dans un cadre propice. La distraction est un procédé extrêmement efficace pour modifier son humeur, et ce pour une raison simple : il est difficile de rester en colère lorsqu'on prend du bon temps.

    [Extrait de "L'intelligence émotionnelle" de Daniel Goleman]

    [NDLR : La musique a cet effet sur mes humeurs. J'ai, par exemple, cessé d'écouter du rap en voiture lorsque je me suis aperçue que cela me rendait agressive. Et si l'écoute de mélodies mélancoliques n'altère en rien ma gaieté, elle renforce mon désarroi si je suis en proie à la tristesse. En revanche, aucune colère ne résiste à "Let's get it on" de Marvin Gaye.]

    Depuis quelques jours, je mets en pratique mes lectures et m'amuse, lorsque je sens poindre une irritation, à envisager mon ressenti d'une agression sous un autre angle. Ça fonctionne plutôt bien et je suis beaucoup plus sereine.

    Ainsi, un sms au ton allumeur reçu de quelqu'un qui a déclenché de la souffrance en moi a transformé l'ébauche de la pensée "Il va falloir qu'il arrête de se foutre de ma gueule" en "Cet homme a peur de la solitude et recherche l'amour en suscitant le désir".

    Un autre sms transforme un "Putain qu'est-ce qu'elle me veut encore ?" en un "Elle est malheureuse et espère que je vais atténuer sa souffrance".

    Ces changements de perspectives ne m'obligent pas à répondre à ces sollicitations. En tout cas pas d'une façon qui rendraient ces personnes - et moi - plus malheureuses encore. Elles me permettent d'être plus sereine, de couper à la racine tout ressentiment et c'est tout ce dont j'ai besoin actuellement : m'apaiser.

  • Thérapie (1)

    J'ai ouvert le placard et sorti les boîtes en carton que j'y ai oubliées il y a des années. J'ai lu des lettres qu'on m'a envoyées, il y a longtemps, quand communiquer ne pouvait se faire que dans la réflexion, seul face à soi-même et une page blanche. Des lettres de ma mère, de ma soeur, de ma confidente d'alors partie vivre en Afrique, de l'homme au profil d'aigle qui a disparu et qui me manque toujours, 15 ans après. Je l'ai cherché sur ces réseaux qui flattent notre narcissisme et nos angoisses, en vain. Il me parle de solitude et de son amour pour moi, lui le garçon qui désirait des hommes, et emploie des mots qui feraient sourire ceux qui n'ont rien compris. J'aimerais savoir à quels maux de moi son émouvante missive répondait alors.

    J'ai sorti de leur pochette Kodak bleue chacune des centaines de photos qui représentent mon passé. Les regarder me rendait triste, avant. En fait, c'est mon regard, là, sur le papier glacé, qui provoque de la tristesse en moi. Et ça, ça ne part pas. Pas encore. Je suis restée pensive devant ces images de moi, cheveux longs ou en brosse. Je ne me reconnais pas, c'est étrange. J'ai aussi contemplé les visages de gens et bambins sur lesquels je n'ai pas su mettre un prénom.

    J'ai mis de côté les photos qui représentent d'autres personnes, ma soeur, mon frère, ma copine Claire, nos souvenirs de vacances à la Barbade et à Los Angeles, où nous posions dos à dos dans le même bikini Tommy Hilfiger, rouge pour moi, bleu pour elle, mon ami Salim et sa drôle de coupe de cheveux de l'époque, Blaithin avant qu'elle ne devienne mère de famille, les enfants de Jean-Marc, sa photo de mariage, les miennes où posent déjà ceux qui m'entourent encore aujourd'hui, Bibiche, Amel, Jean-Marc, Salim encore, Armando exilé au Danemark et les amis de mon frère, mes petits-frères, Fred, Chrif. Pour les scanner et les leur envoyer.

    Et j'ai jeté les centaines de photos.

  • La basse dans ta face

    Le week-end dernier, un jeune homme fait irruption dans la maison du bonheur, au milieu de notre brunch entre filles. Le frère de M., que je n'avais jusqu'ici vu qu'en photo.

    Très à l'aise, il s'installe sur un pouf et se lance dans des considérations pseudo-philosophiques sur les relations hommes-femmes. Ses propos m'interrogent, me font rire, parfois jaune, grincer des dents.
    Et il lance cette phrase :
    Les femmes se demandent où sont passés les hommes biens, elles oublient juste qu'elles les ont rangés dans la catégorie "Amis".