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Pensée du jour - Page 3

  • Parles à mon cul

    Cambrure.jpgPar le hasard des rebonds d'un commentaire à un autre, j'ai admiré cette photo postée sur la page Facebook d'une jeune femme que je ne connais pas.

    Curieuse de savoir si ce sublime verso était le sien, j'ai lu les commentaires. La demoiselle a quelques soucis de placement des virgules et du répondant. Elle s'appelle Sophie et elle n'a pas froid aux yeux mais ceux qui me connaissent le savent : je ne suis pas brune ;)

    Lui : Ca me dit quelque chose...
    Sophie : Pffff
    Lui : Visiblement, me suis gouré de porte. Je ne fais que passer et veux pas déranger.
    Sophie : t'as essayé celle d'à coté?
    Lui : Je dois avouer que j'ouvre pas mal de portes.
    Sophie : et tu ramones les cheminées aussi ? une spécialité non ?
    Lui : Certaines n'ont pas besoin, elles tirent parfaitement bien.
    Lui : Sophie, faut-il aller sur ce terrain et gâcher l'idée de cette superbe photo?...
    Sophie :mon commentaire rebondissait sur le tien ,à l'image de ce fessier ,la boucle est bouclée.
    Lui : Cette culotte mériterait de tomber à terre...
    Sophie : M'en fous c'est pas la mienne !!!
    Lui : Tu portes la culotte d'une autre?
    Sophie : non c'est pas moi ,comme quoi tu reconnais que dalle!!!
    Lui : En tout cas, c'est très ressemblant.
    Sophie : bah non....
    Lui : Ceci dit, ça commence à dater...
    Sophie : ceci dit, c'est pas plus mal!
    Lui : Charmant!
    Sophie : that's life ,dear.
    Lui : En tout cas, je vous adresse mon meilleur souvenir ému.
    Sophie : Meilleur? rires.
    Lui : Je dirais même, "mes meilleurs".
    Sophie : et modeste avec ça...
    Lui : Je disais que vous me laissez un bon souvenir. Il ne s'agit pas de moi, mais de vous, là.
    Sophie : Comme quoi selon la place ou on se trouve on n'a pas le même ressenti, mais bon .... je vous souhaite bonne continuation et une bonne nuit (c'est votre heure il me semble )
    Lui : En effet, suis un couche tôt, un bonnet de nuit. Bonne nuit, Sophie. Et bravo pour ce galbe fort ressemblant.

  • 2013

    2012 fut vraiment pour moi une année de merde. Des pépins de santé, tenaces mais heureusement éliminés, une dégradation de nos conditions de formation et de l'ambiance dans ma boîte, et des renoncements affectifs, difficiles mais nécessaires.

    Mais aussi, puisqu'il faut contre-balancer avec du positif, la mise à profit de ma solitude pour m'offrir du repos, de la réflexion. Laurent et Quine m'ont apporté quelques réponses, ont soulevé quelques questions aussi. Et mes ami(e)s ne m'ont pas lâchée.

    Et puis une année avec mon frère, revenu à Paris, et des amitiés nouvelles au travail, et des liens renforcés. La décision de quelqu'un que j'aime profondément de prendre enfin soin de lui. Et un baiser inoubliable sous la pluie. 

    Et pour 2013, qui a démarré avec un méga coup de blues, l'application d'une étude réalisée par mon amie Quine, ne plus souhaiter mais agir : balancer des CV, prendre des cours de chant et des cours d'allemand. J'ai repris le sport, abandonné depuis mai dernier : piscine et corde à sauter.

    En 2013, il faut que ça dépote !

  • Bribes d'entretiens avec Laurent

    Si j'avais des doutes sur la prise de conscience qu'ont provoqué deux entretiens avec Laurent, en début d'année, j'ai l'intuition, ce soir, que j'ai progressé un peu.

    Je viens de relire ces entretiens et je retrouve un passage qui m'avait marquée. Laurent nous proposait une autre lecture d'une expression bien connue :

    cellule familiale = prison

    (ça calme)

     

    Puis il continuait ainsi :

    En Occident, les relations avec les parents sont des relations d'exclusivité. Si tu fugues, les flics te cherchent et te ramènent dans ta famille. Pour un enfant, il n'existe aucune solution comportementale. Il est soumis et n'a pas d'autre choix que de se réfugier dans l'abstrait (en se créant un égo) ou de se détruire.

  • La communication non-violente : je m'accroche !

    Il y a quelques jours, j'ai été invitée à une soirée d'anniversaire dans un pub irlandais à Châtelet. La personne qui fêtait son anniversaire, que j'appellera ici "mon pote", a volontairement omis de me prévenir de la présence d'une femme (que j'appellerai la lionne) qui me déteste historiquement, bien que je ne l'aie jamais rencontrée.

    Heureusement, dans le groupe, il y a le petit frère que j'aime beaucoup et un de ses amis, un type assez bluffant qui a déclenché chez la lionne au moins autant d'hostilité que moi. Comme elle n'a pas osé s'attaquer frontalement à moi, il a morflé pour nous deux.     

    Je ne suis pas très à l'aise devant ma pinte de Guinesse, c'est un fait, car la lionne, assise en face de moi, en fait des tonnes. A six autour d'une table, difficile de faire abstraction de sa présence d'autant plus qu'elle parle trop et trop fort, et rit trop et trop fort. J'observe mon pote en me disant que décidément, on a les amours qu'on mérite.
    Comme elle a visiblement de la hargne à évacuer, elle s'attaque à mon voisin de droite (le type bluffant), un Congolais qui se fait traiter en moins de cinq minutes de faux africain vendu aux "babtous" (suivez mon regard).  Il se marre et la laisse libre de lui coller les étiquettes qu'elle veut. J'admire son stoïcisme. Le pote qui fête son anniversaire proteste et s'offusque qu'on utilise le terme "babtou" devant moi. Je le tranquillise : ça me passe au-dessus.

    Je me fais royalement chier, le mot est faible, et puisque la courtoisie n'est plus de mise, je décide d'ignorer la lionne, bien que je n'ai qu'une envie : lui demander de fermer sa grande gueule. Elle continue de me provoquer par des allusions à peine masquées. En apparence impassible, je garde l'oeil rivé sur l'écran, face à moi, qui retransmet un match de foot.

    Mon apparent détachement agace, il faut croire. La meilleure amie de la lionne, sous prétexte de vouloir entrer en contact avec moi, me pose une question tout à fait inopportune et voulue déstabilisante. Elle rebondit contre le mur que je suis devenue et se fait mal. Après l'angélisme, elle revient à la charge et tente la culpabilisation pour obtenir une autre réponse que celle que je lui ai donnée. Elle m'accuse de lui avoir prêté de mauvaises intentions et d'avoir fermé la porte au dialogue.
    "Si j'avais été fermée, je t'aurais dit d'aller te faire foutre.
    - Non, tu ne m'aurais pas dit ça parce que tu ne me connais pas.
    - Ah si je t'assure. Ne pas te connaître n'est pas le genre de choses qui m'arrête, bien au contraire. Si tu veux dialoguer, poses-moi n'importe quelle autre question, j'y répondrai. Ou pas."

    En fin de soirée et malgré ma faim, je décide de ne pas les suivre au restaurant. Les meilleures plaisanteries sont aussi les plus courtes, surtout lorsqu'elles ne font rire personne. La meilleure amie de la lionne, déjà mise à mal par mes réponses, se prend, en privé, une leçon de morale par mon pote et finit en larmes.

    Ils me déposent chez moi et je remercie le pote du frère d'avoir été mon allié mental, ce qui le fait rire. J'ai tenu le coup mais une fois la porte fermée, éprouvée par la méchanceté gratuite et les tensions que j'ai vécues, les larmes ne sont pas loin.

    Le lendemain matin, je me réveille tôt, toujours contrariée, me rejouant la soirée en boucle. Seul mon frère, passé prendre un café, me permettra de mettre des mots sur mes sentiments. La colère envers le pote qui m'a mise dans cette situation inconfortable se mélange à une colère contre moi-même. La bouille de mon petit plumeau atomique, que je garde pour la journée, et un déjeuner avec un ami cher achèveront de me changer les idées.

    Depuis, j'ai réfléchi à cette désagréable expérience. Cette soirée catastrophique ne m'a rien apporté, sinon l'occasion d'éprouver ma capacité à ne pas réagir, ce qui représente un gros effort pour moi. Seule l'amie a essuyé quelques plâtres mais elle l'avait bien cherché.

    Pourtant, si j'ai opté pour le silence afin d'éviter la confrontation qui aurait été violente, je n'ai pas pratiqué la communication non-violente : tout dans mon attitude était message de fermeture. Dans ce bras de fer avec la lionne, qui m'a fait rester un temps qui me semblait suffisant pour que l'honneur soit sauf, j'ai oublié de me poser la question qui devrait rythmer mes choix désormais et m'éviter bien des souffrances : est-ce que j'ai envie de vivre ça ?    

    Il faudra que je réfléchisse sérieusement, un de ces jours, à la raison qui me pousse à m'infliger de telles épreuves alors que ma liberté me permet de me lever, de saluer l'assemblée et de rentrer chez moi.

  • Je t'aimais, je t'aime et je t'aimerai (part I)

    Elle s'était garée sur la place du château et l'avait appelé pour qu'il la guide jusqu'à lui. Rejouant la chasse au trésor de son enfance, elle hélait les rares passants. Aucun ne situait le bar "que tout le monde connait"et dans son oreille, il riait de son euphorie surjouée. Dévalant d'un pas vif les escaliers qui plongeaient dans le ventre de la ville, elle balayait d'un regard distrait les toits de tuile couvrant la marmite humaine.

    Elle était joyeuse et nerveuse à la fois, partagée entre la joie de retrouver un être cher et la crainte de ne pouvoir réprimer un élan vers lui, si proche et pourtant si lointain. Le souvenir de leurs dernières retrouvailles obscurcirait-il par instants cette soirée qui se voulait enjouée ?

    Assis à une terrasse, il la regarde s'avancer vers lui, un sourire aux lèvres. Elle frissonne sous son regard magnétique, dans lequel, aujourd'hui encore, elle croit déceler une lueur d'admiration.

    Cet homme sombre et lumineux, qui l'attend à quelques pas, c'est l'un des points d'interrogation de sa vie, son dernier chagrin, sa fracture ouverte.

    Maintenant à ses côtés, elle se détend peu à peu, heureuse que leur inoffensive conversation, entre confidences et taquineries, réaffirme leur complicité passée. Elle n'est venue que pour ça, pour qu'il comprenne qu'elle ne lui en veut pas. Elle a accepté ce qu'il est et ce qui ne sera pas.