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  • Premier contact avec Marrakech

    Aujourd’hui, pas de chauffeur pour m’emmener chez mon client mais le chef de projet qui sirote un thé sur la terrasse de mon hôtel. Les bureaux se trouvent à 3 minutes à pied de l’hôtel. J’y retrouve C., qui dormait dans le même hôtel que moi à Casa et avait avancé son départ d’une journée, me faisant ainsi soupçonner de l’avoir embarrassé en l’invitant à partager mon dîner du soir.

    Pourtant, à la pause, il m’invite à boire un thé à la terrasse d’un café voisin. C. porte son alliance, je lui raconte ma conversation avec M. « Moi je la porte toujours. J’ai des amis qui sortent de la maison avec et la mettent dans leur poche une fois dehors. Je ne trouve pas ça correct. » C. est un jeune marié de 3 mois. Il est originaire de Fès. La journée se passe très bien, parfaitement même car sans problèmes techniques, et nous bossons très efficacement.  Peu avant 13 heures, il m’installe en salle de pause « Je vais faire la prière, je reviens ».  Nous déjeunons de sandwiches au poulet grillé. 

    Après ma journée de travail, je retrouve le sourire enjoué des jeunes garçons à l’accueil de l’hôtel El Hadna. Vers 19h, je reçois un sms de J., le baroudeur germanique, qui m’informe qu’il ne trouve pas trace de mon hôtel sur son GPS et propose que l’on se retrouve sur la place Jemaa El Fnaa. Merde, moi qui voulais l’éviter … J. qui m’a écrit la veille : « Mon séjour dans la médina de Fès est chaotique ». Je demande aux garçons de l’hôtel si la place est loin : « Non, 10 minutes ». Cela m’étonne, vu la distance que je devine sur mon plan. « Je peux y aller à pied ? » Oui, oui !

    Il cercle l’endroit où nous nous trouvons sur le plan et je pars. A peine sortie de l’hôtel, une femme me demande de l’argent. Ça commence bien. Après une bonne marche de dix minutes, je réalise que je suis dans la mauvaise direction. Je scrute le plan et réalise que le jeune homme s’est trompé de quelques centaines de mètres en situant l’hôtel. Et me voilà arpentant l’avenue Mohamed V qui n’en finit pas. Je me fais siffler par les hommes à mobylette, et un jeune lance «25.000 chameaux » à mon passage. Je t’en foutrais des chameaux, moi … A hauteur du Techno Park, j’en ai ras-le-bol de marcher et demande à .J. de venir à ma rencontre.

    « Alors, ça voulait dire quoi, un séjour chaotique dans la médina de Fès ? » « Ben ça veut dire que le premier taxi m’a déposé au mauvais endroit et le deuxième taxi ne connaissait pas l’adresse. Tu peux oublier ton GPS quand tu es dans la médina, donc j’ai tourné pendant 2 heures dans toutes les ruelles avant de trouver mon hôtel ».  

    Ce mec me fait vraiment marrer ; il a choisi l’immersion totale pour son premier séjour en pays maghrébin et pionce dans toutes les médinas du pays. Comme moi, il apprécie peu ses premières heures à Marrakech. Déjà, il a mis 2 heures à trouver son hôtel dans la médina. « Je crois qu’après le Maroc, ce sera fini pour moi les médinas ». Je préviens J. que je n'ai aucune envie d'aller sur la place Jemaa machinchose et nous cherchons un restaurant local. Nous nous perdons vers la gare routière où l'on vend des grillades en plein air, mais J. n'a pas l'air emballé alors nous nous perdons du côté du jardin Majorelle où nous ne trouvons que des cafés et pâtisseries.  

    Finalement, nous revenons sur la place du 16 novembre et nous installons à la terrasse du café restaurant Elite où je mange un tajine berbère. En regardant le plan de la ville qu'on m'a donné à l'hôtel, j'estime que nous avons marché quelque chose comme 7 kilomètres. Je rentre à l'hôtel, les hommes dans la rue me lancent des "bonsoir" et "ça va". Non, décidément, je crois que je ne vais pas aimer Marrakech.

  • Dernier jour à Casablanca

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    Ce matin, nous traversons la ville pour rejoindre le Techn Ppark de Casablanca, une zone d’activité où se trouve beaucoup de sociétés. Là, je retrouve M., que j’ai rencontré le jour de mon arrivée. Le midi, il m’emmène déjeuner de brochettes à la Grillardière. 

    Nous discutons un peu. M. a passé 3 mois en stage à Paris, entre Voltaire et le 13ème arrondissement. « Quand j’habitais à  Paris, je ne connaissais pas mes voisins ». Il demande, comme à chaque rencontre, si je suis mariée, je retourne la question, il répond par l’affirmative. « Et où est ton alliance ?» demandais-je. « Je ne la porte pas toujours ».

    Je balaie la salle du restaurant du regard, la plupart des hommes attablés ne portent pas d’anneau à la main gauche. Ils sont pourtant sans doute mariés. Je partage ma réflexion avec M. En France, si un homme marié ne porte pas son alliance, il a des problèmes avec sa femme ». « Et les femmes aussi peuvent ne pas porter l’alliance ? » « Ah non, les femmes c’est obligatoire » dit M. « Ah oui ? Hé ben ! C’est du beau ! » Il se marre et reconnaît que ce n’est pas très équitable. « Moi je peux te dire que si je me mariais et que mon mari ne portait pas son alliance, je ne la porterais pas non plus ! ».

    M. fume et nous prenons de nombreuses pauses thé à la menthe-cigarette dans la journée. Le soir, je retrouve Aziz, le fringuant chauffeur que je n’ai pas revu depuis plusieurs jours, toujours aussi élégant dans son costume vert amande. Je lui raconte mon séjour, ma soirée au hammam et lui montre la photo de ma métamorphose. Il me dépose à la gare ONCF de l’Oasis, qui ressemble à s’y méprendre à une gare française. Juste à côté, un bureau de poste, en tout point identique aux nôtres. Pour le dépaysement, on repassera. Il me reste une heure à attendre avant le départ de mon train pour Marrakech. J’avise un café peuplé d’hommes. Rien d’autre. Je déboule avec ma valise et m’installe en terrasse. Au moment où je m’assois, 2 hommes se lèvent d’un même élan. J’ai un moment de crainte. Si tout le café quitte les lieux, j’aurai  pas l’air con, moi ! Mais non, tout le monde reste à sa place et je sirote mon dernier thé casablancais. Peu avant 18h50, je rejoins le quai où un chat rôde, chassé à grands gestes par une jeune fille, ce qui me surprend ! Je croyais qu’on aimait les chats, en pays musulman. Mais après tout, peut-être souffle-t-elle d’allergie.

    Dans le train, j'écris mes billets en retard. Peu avant l'arrivée à Marrakech, je relève la tête et un homme face à moi entame la conversation. Il vante la beauté de Marrakech et s'étonne que je n'aie pas très envie d'y aller. Originaire de Fès, il a travaillé dans le transport en Europe et connaît bien Paris. Il me questionne sur mon séjour à Casa et ce que j'y ai vu. "Quand certains parlent de travail d'arabe, dit-il, j'aimerais bien qu'ils soient capables de réaliser ce que les artisans marocains ont fait dans la mosquée Hassan II"

    En arrivant à la gare de Marrakech, il veut s'assurer que mon chauffeur est bien là. Un monisuer àç la bouille bien ronde, très jovial, m'attend avec sa pancarte à la main. Sur le parvis de la gare, il s'arrête près de 2 enfants. "Ce sont mes enfants", dit-il. Le plus jeune me claque deux bises, puis il grimpe sur la mobylette derrière son grand-frère et ils nous suivent jusqu'à mon hôtel. J'y suis accueillie par de jeunes garçons. Donnant sur une cour centrale , ma chambre, décorée de stuc, est très belle avec ses portes en bois sculpté. Il est 22h30, j'avale une salade vite fait sur la terrasse et vais me coucher.