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  • Bilan de compétences (1)

    J’avais promis de faire quelques billets sur le bilan de compétences que j’ai réalisé en 2005. Ca en intéressait visiblement plusieurs d’entre vous et j'ai reçu, la semaine dernière encore, un mail d'une - discrète - lectrice qui évoquait le sien. Si vous avez un nombre conséquent d’années d’expérience pro derrière vous, et que vous vous interrogez sur la suite de votre carrière, je ne saurais trop vous conseiller d’entreprendre cette démarche très constructive et valorisante. C'est une formidable occasion de mener une réflexion sur le chemin parcouru et sur les possibilités qui s'offrent encore à vous.

    Comme je l’ai déjà précisé, Myriam, ma consultante, avait une approche assez psycho du bilan de compétences et c’est cette approche qui m’a séduite lors de notre premier entretien. Au même titre que notre personnalité se construit sur les bases de l’enfance, nos rêves d’enfants, réalisés ou pas, sont rarement le fruit du hasard. Je me souviens par exemple d’une amie dont les grands-parents avaient été déportés. Leurs trois petits-enfants exerçaient tous un métier qui valorisaient le beau : elle était passionnée de couleurs et conseillaient les gens pour améliorer leur image, son frère était musicien et sa sœur peintre. Comme s’ils avaient voulu gommer la noirceur et la laideur de ces années-là. Je pense aussi à ma mère qui aurait voulu se consacrer aux enfants. A ceux qui après avoir assisté, impuissants, à la souffrance d’un proche embrassent la vocation de médecin. Peut-être avez-vous dans votre entourage des exemples d’évènements ayant conditionné, consciemment ou non, une vie.

    Myriam a d’abord voulu se faire une idée de ce qui me motivait et me démotivait, de mes valeurs et de ma sensibilité. J’ai donc dans ce but rempli une page intitulée « Motivations » et répondu à quelques interrogations. Vous jouez ?

    1)      Ce que je rêvais, enfant, de faire plus tard et pourquoi :

    2) Ce que je regrette de ne pas avoir fait :

     

  • Ne pas laisser l'autre pénétrer son périmètre de sécurité

    Ce matin, petit déj’ autour de mon nouveau PDG pour fêter les 20 ans de ma nouvelle boîte.

    Dans l’après-midi, c’était la paperasse habituelle du vendredi, seul jour où nous sommes au bureau. C’est un moment sympa où on se retrouve tous et on se raconte notre semaine. J’ai retrouvé la jeune femme avec laquelle j’étais la première semaine (celle des restos à thème "je prépare ma deuxième couche pour l'hiver").

    Jules, le mec qui a été embauché le même jour que moi s’est installé à ma gauche. L’assistante de ma boss s’est assise entre lui et moi. Je vous replace le contexte.

    Cette fille, que j’appellerai Daniela, est une copine à lui mais ça, personne ne le sait. A ce titre, elle répète à mon collègue tout ce que ma boss peut dire de lui et dans la mesure où il s’est loupé plusieurs fois, c’est plutôt négatif. Pas très pro comme attitude, je trouve, du coup Jules s’est braqué et veut déjà quitter la boîte. La semaine dernière, il me glisse que l’assistante lui aurait dit, dès mon deuxième jour, qu’elle ne pouvait pas me saquer. J’aurais bien répondu « Ca m’en touche une sans faire bouger l’autre » mais j’ai juste répliqué : « Si ça lui fait du bien, ça me fait pas de mal ». C’est marrant parce que c'est la même qui me fait un compliment à chaque fois que je viens au bureau. Mercredi, c’était « Ca te va bien aussi le vert ». Inutile de préciser que je ne lui ai pas dit merci.

    Je déteste qu'à peine débarquée dans une boîte, on me fasse un topo sur les uns et les autres. Déjà, au troisième jour, un des formateurs me prédit que je ne vais pas m’entendre avec « Sabine, la grande gueule de la boîte ». Je l’ai rencontrée aujourd’hui, la Sabine en question, non seulement elle est très jolie mais en plus elle a l’air pro et constructive, elle. Mais quand même, malgré que j’essaie de rester neutre, j’ai pris mes distances avec Daniela l’assistante. Trop gentille pour être honnête. Les compliments en cascade, venant d’une inconnue, je m’en méfie comme de la peste.   

    Jules, quand à lui, m’a l’air d’être un sacré fouteur de merde, et un tantinet chouineur, c’est le moins qu’on puisse dire. Il a passé toute la semaine dernière à m’envoyer des sms de commère « J’ai encore appris des choses ». Y’en a qu’on vraiment rien à foutre de leurs soirées, moi je dis.

    Cet après-midi, il désigne un type et me chuchote « Ce mec est allé balancer à Noémie (ma boss) qu’il me trouvait distant ». Il tenait ça bien sûr de sa copine l’assistante. A croire qu’elle a envie qu’il se casse, sa copine. Je lui réponds « Ben, pourquoi tu parles de balance, on lui demande son avis, il le donne, c’est normal ». Il n’avait pas l’air d’accord.  « Je marche trop à l’affect », me dit-il. « Ben mon pote, t’es mal barré, faut oublier l’affect au boulot, tu mélanges tout, là. On est nouveaux, c’est normal qu’un manager demande à ses collab’ ce qu’ils pensent des nouveaux, j’en ferais autant ».

    J’étais en train d’essayer de me démerder avec ma paperasse et je demande à l’assistante à quel endroit, sur le réseau, je peux trouver la procédure à suivre. Elle me dit d’une voix doucereuse « Dans tel et tel dossier, mais pose tes questions, je suis là pour ça ». Je pense « Tu rêves, ma vieille, je ne suis pas prêt de te solliciter » et je réponds « Non, c’est bon, je vais trouver ».

    « Ouh, toi tu es timide ! » dit-elle. Je me marre intérieurement mais je lui lance un regard un peu noir, disons. « Moi timide ?? Ah non, pas du tout ». « Ben si, t’oses pas me demander, c’est ça ? » « Non, pas du tout, c’est juste que s’il y a une procédure écrite quelque part, je la lis d’abord, et c’est seulement si je ne comprends pas que je pose des questions ». Elle a insisté « Je vais le faire avec toi, si tu veux ». Là j’ai été plus sèche « Non, c’est bon, je le fais seule, comme ça j’apprends ».

    Faut pas qu’elle me colle de trop près, celle-là, parce que je vais pas tarder lui mettre un coup de sabot …