Ces jours-ci, j’ai l’impression, à écouter les gens (qui écoutent les médias), que la France est un pays tropical. Qu’il ait neigé en Provence, c’est exceptionnel, certes. Mais - 9 degrés à Paris, en janvier, quelques centimètres de neige et on n’hésite pas à parler d’un « froid polaire ». On prend des photos de Notre-Dame de Paris sous la neige, comme si c’était du jamais vu. Fabriquons du sensationnel !
On a tellement perdu la notion des saisons que la normalité en devient anormale. « La France paralysée », « vague de froid exceptionnelle » … je rêve ! Et en été, dès qu’on frise les 30 degrés, on nous ressort la canicule. On marche vraiment sur la tête …
Quand j’ai découvert la neige, j’étais ravie. J’ai imaginé la bouille réjouie des enfants de mes amis, les bonnes joues rosies des fils d’Esperanza. Pour couronner le tout, la plupart des parcs sont fermés, « pour raisons de sécurité », comme ça les pauvres gamins parisiens qui bouffent du béton à longueur d’année ne peuvent même pas aller s’amuser dans la poudreuse.
Cette semaine, je me suis retenue de faire l’andouille sur les trottoirs verglacés. C’est pas marrant de devenir adulte, franchement.
La neige, ce serait vraiment drôle s’il n’y avait pas des êtres humains qui dorment dans la rue et qui en meurent.