Voilà t’y pas que mon boss m’appellle à la première heure pour me demander ce qu’il en est des cartes de vœux qu’on envoie chaque année à nos fournisseurs. C’est le DG qui lui a posé la question en lui disant qu’on était à la bourre. Moi, avec mon air con et ma vue basse, je réponds que je n’ai aucune idée de qui s’en occupe en devinant déjà que ça va être ma pomme. « Bon tu vois avec D. », me dit-il (la fameuse chargée de com interne casse-couilles).
Je raccroche et je passe quelques coups de fil qui confirment que chaque année, c’est l’assistante du DG qui gère les p… de cartes de vœux dont personne n’a rien à foutre. La grande distrib’ qui souhaite une bonne année aux pauvres fournisseurs qu’elle plume et met sur la paille, voilà le comble de l’ironie ! Enfin, personne ne s’encombre de considérations humanistes dans ce secteur d’activité, c’est bien connu, malgré ce qu’en dit notre cher patron.
J’appelle donc l’assistante du DG, alias « 2 de tension » pour lui apprendre, au cas où elle l’aurait oublié, que c’est son taf. J’en ai un peu ras le cul de récupérer toutes les merdes dont personne ne veut s’occuper, et surtout au dernier moment, histoire que si ça foire, je sois clouée au pilori ! Elle bafouille 2-3 trucs comme quoi elle sait pas, que si on lui dit pas, elle peut pas savoir (je m’en tamponne comme en l’an 40) et j’entend derrière le DG qui éructe d'un air excédé : « D. se démerde, c’est à lui que j’ai demandé de s’en occuper ». D. c’est mon boss, et comme il est champion de la déléguation de tâches, je crois que mon pressentiment va se confirmer. J'aurais vraiment dû rester sous ma couette ce matin ! A peine revenue, déjà envie de repartir ! Quel bordel, cette boîte !
