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  • Where is my mind ?

    free music

    J’ai la tête en vrac. Je flotte. Je plane. Ca fait un bon mois que ça dure et loin de m’inquiéter de cet état cotonneux, je m'en délecte. C'est magique.

    Comme cette sensation étrange au décollage d’un avion, quand les pilotes mettent les gaz, que tu te retrouves le dos plaqué au siège et qu’une myriade de papillons s’envole dans ton ventre.  Où comme ce jour de mars où, en pleine cordillère des Andes, je descendais le lit d’une rivière en sautant sur les rochers. Il faisait frais sous les arbres immenses, je m’accrochais à leurs racines noueuses et la terre brune et grasse noircissait mes ongles. Les condors planaient dans le ciel.

    Le cadre était d’une sérénité incroyable. Je n’arrêtais pas de me dire « Tu es là, au Venezuela, tu te rends compte ? » et mon ventre se tendait délicieusement à l’idée qu’au bout de cette rivière, je devrais descendre en rappel une cascade de 50 mètres. J’aime être en suspension, ne pas toucher terre. Le danger m’amuse.

    En ce moment, les sentiments négatifs sont amoindris, relativisés. Même la colère n’a pas de prise sur moi. Elle glisse comme la pluie sur les plumes d'un oiseau. J’ai l’impression de ne pas vraiment être là, de regarder les choses d’en haut. Et pourtant, c’est moi aussi que je regarde vivre. Les émotions sont si intenses. Mon baiser sur la joue d’Esperanza, vendredi soir, était plus appuyé que d’habitude. J’ai soif d’embrasser, de toucher, de dire. Dire ma joie d’avoir croisé leur route et la force de nos liens. Je ne le fais pas forcément d’ailleurs, car rien que d’en avoir envie me fait du bien. Ma voix est plus douce, mes mots plus tendres et mon sourire radieux. Je suis confiante. Je n’ai peur de rien, en ce moment.
  • Douce créature ... rhô !

    Un matin, comme à l’accoutumée, après avoir posé sac et manteau, allumé mon PC, désactivé mon répondeur et vérifié qu’il n’y a pas de message ou mail urgent, je pénètre dans le bureau de mes collègues où se trouve la précieuse machine à café Nespresso. Généralement, je bois un café avec eux et j’en emmène un autre dans mon bureau, que je sirote en lisant mes mails. Il y a là O., grand gaillard blond aux yeux bleus, chtimi ; L., mon gentil collègue dont j’ai déjà parlé, et D., son adjoint, un jeune brun originaire d’un pays de l’Est, très sensible au charme féminin. Parfois aussi, P. un quinqua moustachu, petit, sec et nerveux fait une visite de courtoisie.

    J’étais en train de faire des cafés pour tout le monde quand un inconnu entre et me découvre derrière la porte. Brun, la trentaine, souriant, il salue l’assemblée. Je lui propose un café, qu’il accepte avec plaisir tout en posant un sachet de congélation sur le bureau. « Oh ! des cannelés ! » m’écriai-je avec un intérêt non dissimulé. « Vous aimez ça ? » demande-t-il, d’un air amusé. « Prenez-en, c’est ma femme qui les fait. ». Faut pas me le dire deux fois.

    Ignorant les coups d’œil goguenards de mes collègues et L. qui secoue la tête avec un petit sourire attendri en me regardant « J’y crois pas … ! P’tain mais quelle gourmande, celle-là ! », je mords dans la pâte moelleuse et caramélisée. Mmmm ! Les cannelés, c’est depuis peu mon péché mignon. Je ne mange jamais de bonbons, mais je raffole des madeleines, financiers, palets de dames et autres délicates bouchées parfumées.

    Ils étaient bons les cannelés de sa femme, à l’assistant de prod’. Ben oui, ce jour-là, il venait pour signer le contrat de tournage dans nos locaux.. Et ce matin, alors que mon café coulait, faisant de la mousse, la porte s’ouvre, il me voit et s’écrie « Oh ! Bonjour douce créature ! » J’ai failli avaler mon café de travers et il a répété, sans se démonter. Mes collègues se marraient. Du coup, il a eu droit à son café du matin. Tonnegrande qui dit souvent des choses horribles sur moi devrait en prendre de la graine.