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  • Ecce homo

    La scène se passe à deux pas de la gare d'Alès, dans un restaurant italien "militant du goût" où trône une superbe Ferrari rouge. On nous installe dans le patio. C’est cher et savoureux, et le service est parfait. A la table voisine, une bande de potes. « Ce qu’il y a de bien avec le mercredi, c’est que les femmes mariées sont à la maison et les enfants à la sieste. Ca te laisse un créneau d’une heure et demie. » « Une heure et demie ? Moi 10 minutes me suffisent ».

    terrasse757.jpgLa scène se passe sous une treille de kiwis, en terrasse de la Ferme de Cornadel, à Anduze. La nuit tombe doucement et les lanternes roses s'allument sur les tables de bois.

    Je m’installe face aux Cévennes, près de la table d’une bande de drilles joyeusement bruyants. Le vin coule à flot et ils rient fort. Je vous évite le détail de ce que j'y ai dégusté, vous n'aure qu'à cliquer sur le lien ci-dessus. Sachez seulement qu'après de furtifs échanges verbaux, le plus vieux des 6 se met à me charrier lorsqu’on m’apporte mes « brochettes suspendues de saucisses, une nature et l’autre aux herbes ». S’ensuivit une joyeuse déconnade entre nos 2 tables. Extraits choisis :

     « C’est votre mari ou votre ami ? ». « C’est mon collègue ». « Ah, c’est bien ça ! Alllez, salut, le collègue …»

    « Et votre mari, il ne dit rien que vous mangiez de la saucisse, comme ça ? » « Ca c’est un moyen détourné pour savoir si je suis mariée … on me la fait pas ».

    « Dîtes donc, vous parlez vite ». « Ben oui, je suis née comme ça ». « Hyper active ? » « Non, juste active, je crois » « Ca tombe bien, moi je suis passif ».

    C’était une bande de potes venus faire un stage sur circuit moto. Mélange de parisiens, chtimis et grenoblois. Comme nous avons décliné leur offre de les rejoindre à leur table pour un verre - c’est qu’il fallait que je bosse encore en rentrant à l’hôtel, moi, pour préparer la journée du lendemain – on a fini la soirée à discuter d’une table à l’autre.

    Il est plus de 23h30 lorsque nous quittons la terrasse, après qu’ils nous aient donné rendez-vous voiture 4 (hé oui, nous prenions le même train le lendemain soir, et voiture 4, pour ceux qui ne savent pas, c’est le bar). Sur la route du retour, nous piquons une crise de fou-rire et j’essuie mes larmes. Je fais semblant de râler :

    « P’tain, je vais encore avoir une gueule de batracien éclaté, demain ». « Je ne sais pas avec qui je vais continuer ma formation mais tu as placé la barre haute pour les autres, ça va être difficile de faire aussi drôle que toi » dit mon collègue en desserrant sa cravate.

    Il est prévu qu’il reparte encore 2 fois avec moi. « C’est bon, je te l’ai dépucelé », j’ai lancé aujourd’hui au formateur qui l’emmène la semaine prochaine. Il a eu un temps de surprise et puis il s’est marré.

    Je vais achever de te le décoincer, moi, l’intello aux lunettes, raie sur le côté et costard-cravate.  

     

  • Béziers - Lens - Alès

    Y’a eu Béziers, qui vit naître Paul Riquet, constructeur du Canal du Midi, mais aussi Jean Moulin. On se demande pourquoi son hôtel Imperator a encore 3 étoiles, il est vieillot et ses murs sont fins comme du papier. Pourvu, me suis-je dit en me couchant le premier soir, que mes voisins aient la libido au point mort. Ils l'avaient (au point mort). Le petit déjeuner y est aussi appétissant que le dentier de ma grand-mère (et ce constat vaut pour 99% des hôtels dans lesquels je séjourne chaque semaine).

    A Béziers, il y a eu aussi Fiso en perdition le premier jour, autour des allées, j’en ai fait 3 fois le tour avant de repérer l’entrée du parking de l’hôtel. Les allées de Béziers, désormais, je te les prends les yeux fermés. Le seul avantage de l’Imperator, c’est qu’il est situé en plein centre, et qu’un soir, je me suis perdue dans ses rues étroites jusqu’à la place de la Révolution, d’où je contemplai le panorama et l’Orb, en contrebas.

    Et à Béziers, il y a eu aussi ce déjeuner au Café de Plaisance, une guinguette au bord du canal du Midi, avec un blogueur rencontré quelques jours plus tôt. Le monde est petit, décidément … Après quelques tartines au camembert, je salivais déjà à l’idée de la seiche grillée mais dus me rabattre sur un curry de poulet. N’empêche, la beauté de l’endroit, l’atmosphère bucolique et la sympathie de mon compagnon m’ont donné envie de faire l’école buissonnière. J’y retourne en septembre, et là, je l’aurai ma seiche, je l’aurai !

    Après Béziers, on m'a catapultée à Lens. Rien à en dire, si ce n'est que le Pain à la Bouche, un estaminet à deux pas de la gare, s'est spécialisé dans la faluche gratinée qui déchire. Par pitié pour mes stagiaires, j'ai zappé la faluche aux 4 fromages qui puent mais je n'ai pas résisté à une salade aux tartines de Maroilles et andouille d'Arras. Et je vous le dis, ça tient au corps. L'après-midi fut long. Comment ça vous savez pas ce que c'est, une faluche ?

    Et cette semaine, je suis à Alès, dans la seule région de France, paraît-il, où il n’a pas plu aujourd’hui. Je confirme, ce soir après un jogging autour du stade nautique, j’ai dîné en terrasse. Demain, après un plongeon dans ledit stade nautique, direction Anduze !