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  • Retour en Bretagne

    Il y a quelques semaines, j'ai envoyé un SMS à Nicolas : « Je pars à Ploërmel ». Il répond quasi-instantanément : « N'oublie pas de te foutre de la gueule des gens pour la statue du pape ».

    Je n'aime pas décevoir Nicolas alors j'ai transmis le message et j'ai même pris une photo de l'objet du scandale, au petit matin.

    Jean-Paul.jpg

    Ma cliente a souri et confirmé que beaucoup faisaient le détour par Ploërmel pour juger de cette fameuse statue (plus de 8 mètres de haut quand même) qui fait polémique car financée par les deniers publics. Aux dires de ma cliente, après ordre que la statue soit remboursée, il est maintenant question que l'ex-pape se fasse démonter.

    En faisant quelques recherches sur internet, j'ai également appris que Ploërmel détenait le record de France du nombre de caméras de surveillance avec une soixantaine d'installations pour 9000 habitants (et une délinquance proche de zéro).  

    Cette semaine, je partais à Brest. J'en profitai pour proposer une rencontre à un ex-blogueur brestois. « Rendez-vous au Tara Inn », avait écrit Simon. Le Tara Inn, le seul bar de Brest que je connaisse puisque c'est là, près du port,  que j'ai retrouvé Boug' l'été dernier, le hasard de mes missions m'ayant envoyée près du lieu où elle passait ses vacances.

    J'entre dans le Tara Inn, un jeune homme est attablé près de la porte, je le salue, hésitante et balaie la salle du regard. Je reviens vers lui « Fiso ? » demande-t-il. Le temps de me commander une pinte de Guinness au bar (5,80 € au lieu de 7,60 € à Paname, quand même ...) et d'apprendre que le charmant accent du serveur vient de Galway, je découvre Simon, avec lequel je n'ai échangé que quelques mails. Je ne vais pas trop en dire sur lui puisqu'il lira peut-être ce billet mais si je vous confie que j'avais prévu de dîner seule à l'hôtel et que 2 heures plus tard, j'étais attablée avec lui au Crabe Marteau, précisément en train d'éclater les pinces d'une araignée à coups de marteau, vous en déduirez que la rencontre fut plaisante.

    Avec Simon, qui fait plein de choses intéressantes, nous avons parlé de contrebasse, de musique, de Pupajim, de Brest, des blogs. Avant de quitter le Tara Inn, j'ai apostrophé 2 français vêtus de kilts et leur ai demandé « s'ils étaient des vrais » (à savoir portaient-ils quelque chose sous leur kilt). La dernière fois que j'ai fait ça, c'était précisément dans le quartier de Temple Bar à Dublin, et les 3 gaillards auxquels j'avais posé la même question me dévoilèrent avec entrain leur postérieurs char-nus. Mes français de ce soir étaient de petits joueurs. N'est pas écossais qui veut.

    Nous avons poussé la porte d'un restaurant sur le port, un peu par hasard. Le Crabe Marteauest un endroit habillé de tables de bois et de filets de pêche où l'on distille des mélodies fort agréables, comme Miles Davis ou du jazz manouche. Les serveuses sont fort sympathiques ; l'une d'elles m'a même donné une leçon d'éclatage d'araignée à coups de maillet, m'encourageant à y mettre toutes mes forces, ce que je n'osais faire, craignant de gêner nos voisins. Avec sa bénédiction et celle de Simon, je m'en suis donc donné à cœur joie.

    L'arme du crime :

    Marteau.jpg
    La - trop belle - victime :
    Araignée.jpg

    « Guinness for strength », c'est plus efficace que les épinards de Popeye, j'y ai mis tant de cœur que j'ai éclaboussé mes voisins de droite - et la manche de Simon. Ca ne vaut pas le jour où dans un restaurant du Connemara, j'ai envoyé une pince de crabe sur la pompe d'un mec. Nos voisins sont taquins : « Je vous préviens, c'est retour à l'envoyeur », répond-il. Je me suis régalée de la chair de ma victime, du délicieux pain tendre et de pommes de terre vapeur dans leur joli seau de bois.

    La compagnie était si agréable qu'il était plus de 23 heures quand j'ai fait la bise à Simon sur le port de Brest. Vivement que je revienne à Brest (message perso à Pupajim, si tu pouvais faire un petit concert à ce moment-là, ce serait cool, mec !)

  • J'veux aller au Havre !

    J'appréhende toujours de former les managers de ce grand groupe de restauration rapide, sans doute parce que c'est le seul secteur d'activité dans lequel je n'ai aucune expérience. Les spécificités liées à leurs « restaurants », puisque c'est ainsi qu'ils les appellent, commencent seulement à m'être familières. Pourtant, à chaque formation, mes appréhensions tombent dès la première demi-heure. Les managers sont jeunes, plutôt sympathiques et ils manient l'informatique avec bien plus d'enthousiasme et d'aisance que mes « ménagères de moins de 50 ans » habituelles. Un de mes commerciaux me charrie souvent sur ce besoin que j'ai de me mettre un coup de pression avant chaque début de formation. J'ai même passé la nuit de lundi à mardi à rêver, ou plutôt cauchemarder de la journée qui m'attendait.

    Mes stagiaires sont 3 femmes. Deux du même « restaurant » qui tantôt se crêpent le chignon, tantôt papotent, ce qui m'oblige à les recadrer régulièrement.  La troisième est une jeune havraise au teint pâle et aux yeux bleus. Comme les deux autres passent leur temps à parler boulot et à se chamailler, je discute avec elle.

    Elle est née et a toujours vécu au Havre. Une ville où je suis allée rejoindre un amour de jeunesse, il y a bien des années. Tiens, ça me rappelle que j'avais raconté un super bobard à mes parents pour couvrir mon escapade. Je ne le leur ai jamais dit mais ils me pardonneraient, j'en suis sûre, puisqu'ils appréciaient déjà alors ce jeune homme qui est aujourd'hui un de mes plus chers amis.

    Cette jeune femme férue d'histoire m'a donc appris aujourd'hui :

    • Qu'en approchant la ville, on est assailli par une puanteur épouvantable (?)
    • Que la ville, détruite à 80 % au sortir de la seconde guerre mondiale et reconstruite dans l'urgence par Auguste Perret, est classée au patrimoine mondial de l'UNESCO
    • Qu'avant la guerre, c'était une ville magnifique, dotée d'un superbe casino et d'un bord de mer couru des vacanciers.
    • Qu'elle a un long passé communiste
    • Que de l'intérieur du musée des Beaux-Arts (musée Malraux), lorsqu'un bateau entre dans le port du Havre et qu'à travers les immenses baies vitrées, on voit ses mâts avancer, on a l'impression qu'il pénètre dans le musée.
    • Qu'on peut visiter un appartement témoin de l'architecture de Perret.
    • Que les havrais seraient des cons...je n'ai pas réussi à savoir ce qui leur valait ce compliment mais c'est elle qui le dit!... je précise que le seul havrais que j'ai rencontré était le fort sympathique - et regretté blogueur - Arno du Saint Kant et puis j'ai aussi passé une soirée au Chao Ba avec une de mes fidèles commentatrices, Sélène, havraise de son état, il me semble.

    Le site internet de la ville fourmille d'informations et propose même de « jouer avec Perret ».  

    Et au hasard de mes recherches, je suis tombée sur ce blog - très documenté - qui retrace l'histoire du Havre en photos et propose quantité de liens sur le même thème.

    Et ben vous savez quoi ? Après ce déjeuner avec Julie, j'ai hâte qu'on m'envoie au Havre !