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  • Mon premier massage th(aïe!)

    IMG_20131112_193222.jpgLorsque je débouche à la station Ekkamai, à 4 arrêts de la mienne, je me retrouve nez à nez avec 2 immenses centres commerciaux dont un qui ressemble à une soucoupe volante. Munie de l’itinéraire tracé par mes stagiaires, je descends du bon côté de la Sukhumvit Road. J’ai enfin compris comment fonctionnait la numérotation ici. En fait, c’est presque comme à Manhattan, pour ceux qui connaissent. Les rues (soi) portent des numéros. D’un côté, les rues paires, de l’autre les rues impaires. Quand je remonte Sukhumvit Road en direction du centre ville, j’ai à droite les Soi impaires (Soi 33, Soi 31, Soi 29 et ainsi de suite) et à gauche les Soi paires.

    Bon, j’ai pas trop compris pourquoi la rue que je prends, perpendiculaire à Sukhumvit, s’appelle Sukhumvit 63 Road, mais c’est celle-là que je dois prendre, à l’opposé du centre commercial Gateway.  K. a été très claire dans ces indications : après le centre commercial Big C et juste avant la Soi 10 se trouve le Health Land.

    J’entre, impressionnée par le luxe de l’endroit et consulte les tarifs. Le traditional thai massage de 2 heures y coûte 500 Bahts. Je convertis : moins de 12€. Purée ! Je vais me faire papouiller pendant 2 heures pour ce prix là ????? Un homme vient à ma rencontre, je m’inscris et m’installe sur un sofa. Quelques minutes plus tard, une femme vient me chercher, m’offre des tongs en tissu et m’entraîne dans une salle équipée de trois matelas au sol et une télé. Elle me tend une sorte de chemise blanche et un pantalon large en coton. Tiens, on va donc me masser habillée ? Je me change et m’installe sur le matelas, sur le dos. Elle commence par mes jambes et là, je rigole beaucoup moins. Elle appuie sur l’intérieur de ma jambe, le long du tibia. Et elle insiste, la garce. Je grimace. Purée, si je passe 2 heures comme ça, je vais ressortir couverte de bleus et pas détendue du tout ! On m’avait dit que le massage à la thailandaise était vigoureux mais je ne m’attendais pas à une telle douleur !

    Après les jambes, elle me tourne sur le côté et me donne un oreiller que je serre entre mes bras. En fait, j’ai pas dû comprendre, ça devait être pour le mordre car voilà qu’elle plante ses doigts dans le petit bourrelet entre fesses et hanche et qu’elle le fait rouler. « You’re ok ? » demande-t-elle, sans doute alertée par la grimace que je n’ai pas pu réprimer. « Heu, comment te dire que là tout de suite, j’ai envie de te mettre un pain dans la gueule ? »

    Ensuite, elle me fait faire des torsions dans tous les sens.  Elle a l'air de me prendre pour un élastique, heureusement que je suis souple. Elle me chope une jambe et appuie sur mon genou jusqu'à ce qu'il touche le matelas. Elle me replie les genoux sur la poitrine. Elle s'assied en face de moi et pousse sur ma cuisse. Elle pèse de tout son poids, j'ai l'impression qu'elle cherche à me péter le fémur. J'imagine ma pauvre Mère Mi, toute pleine de douleurs, entre ses mains. Enfin, elle me replie un bras derrière la tête et tire dessus. Alors là, ma vieille, pensé-je en moi-même, tu peux toujours y aller ... Si tu arrives à faire avec tes bras ce que je fais avec les miens, je te paie une Singha !

    Maintenant elle attrape mes bras et noue ses doigts aux miens pour tirer dessus. Si elle leur fait subir le traitement qu’elle vient d’infliger à mes membres inférieurs, j’ai bien peur qu’elle me repète les 2 poignets et qu’elle fasse sauter la broche que j’ai dans l’un d’entre eux. Mais non, heureusement, elle se contente de planter ses doigts (sadique !) dans mes biceps. Je vous la fais courte mais vous rappelle que ce massage dure 2 heures. Par conséquent, mon supplice a duré longtemps.

    Enfin, elle s’attaque à mon dos ce qui devrait être beaucoup moins douloureux. Et de fait, je m'endors à plusieurs reprises entre ses bras. Maintenant elle s’installe derrière moi et m’invite à m’assoir contre elle pour un massage de la tête. Le pied ! Je me dis qu’on approche la fin de la séance et qu’elle va finir en douceur. Mon cul, oui ! Elle m’attrape les bras, lance un « Relax, relax ! » en même temps qu’elle se balance en arrière et me couche sur elle. Crac ! fait mon dos. Tu crois que c’est fini ? Ben non, mon pote. Et vas-y que je te chope les 2 bras et que je te fasse vriller la Fiso sur la gauche : crac ! Et sur la droite : recrac ! Elle rit car après un cri de surprise, je soupire d’aise. Je ris aussi. La séance est finie, il est un peu plus de 22 heures. Je me relève et un peu groggy, me rhabille. Dans le miroir, j’ai une mine éblouissante. Quelle expérience !  A la sortie, je lui glisse un billet de 20 bahts et prend quelques instants pour boire le thé sucré qu’elle m’a préparé.

    Toutes ces émotions m’ont sérieusement creusé l’appétit. J'ai repéré un restaurant en plein air, au coinde la rue, en venant. Les restaurants en plein air de Bangkok ont souvent des airs de fête foraine, c’est très plaisant.  

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    Des lampions, des guirlandes rouges et ce soir, un groupe de musiciens qui chante du Oasis. Je m’installe à une table du Thai Banrie Bai Kra Prao Bork et commande une seiche grillée, un bol de riz et un smoothie à la noix de coco qui s'avère être un jus de coco. Il y a beaucoup plus d’Européens dans le coin que dans mon quartier. Ma seiche est ok mais aucune comparaison avec le festin de la veille chez Elvis. Et surtout, les prix sont bien plus élevés ici. Si je ne me trompe, le crabe est presque 3 fois plus cher ici (950 Bht.) qu'en face de mon hotel.

    A 23 heures, je reprends le métro jusqu’à mon hôtel et je m’endors à peine la tête posée sur l’oreiller. Merci Jarunee pour la bonne adresse de massage thai, c’était éprouvant mais bon !

  • Premère journée de travail à Bangkok

    [Préambule : Désolée les amis, je ne vous ai pas écrit hier mais c'est la faute de l'extraordinaire masseuse thailandaise qui m'a pétrie hier soir : je me suis écroulée en rentrant à l'hôtel. Je profite donc de ma pause déjeuner pour rattrraper mon retard car, vous vous en doutez, j'ai déjà beaucoup de choses à vous raconter ! C'est pas bien grave, il n'est que 7h03 en France ...]

    Ce matin, je me lève bien avant mon réveil ; il est 6h30 lorsque j’ouvre la porte-fenêtre de ma terrasse pour ma séance de saut à la corde. Ma première nuit à Bangkok a été courte : je n’ai dormi que de minuit à 3h30. La faut au décalage horaire sans doute car mon lit est ultra confortable et ma chambre silencieuse.

    N’empêche, même la tête dans le cul, faire son Rocky Balboa avec une telle vue me console. En revanche, je suis en nage au bout de quelques minutes et finis en slip et soutien-gorge. De toute façon, je n’ai aucun vis-à-vis, donc pas de problème.

    A 8h15, je descends au petit déjeuner. Ptain, ça rigole pas dans le coin ! A côté des traditionnels pancakes et œufs au plat, il y a des marmites de soupe et plusieurs plats de porc au curry, bœuf à la japonaise, nouilles sautées. Et je constate que les gens mangent vraiment ça au petit déjeuner. A la télé, CNN diffuse en boucle les images des Philippines dévastées. Je me dis que ça doit rappeler de biens mauvais souvenirs aux Thailandais.

    A 8h45, comme convenu, je retrouve la « lady in black » dans le hall de l’hôtel. C’est comme ça qu’elle s’est décrite par mail, et en retour je lui ai envoyé une photo de moi. Je mets enfin un visage sur son prénom. Elle nous a commandé un taxi, pourtant leur bureau n’est qu’à une station de skytrain de là. « Il fait trop chaud pour moi » explique W.

    Me voilà accueillie avec un café et un verre d’eau. Je découvre enfin les visages derrière les noms de celles avec lesquelles j’ai fait plusieurs conference calls, ces derniers mois. Nous branchons les ordinateurs et démarrons la journée. Elles sont très sympathiques mais ça n’est pas vraiment une surprise : ne dit-on pas que la Thailande est le pays des sourires ?

    Vers 11 heures, W. me tend un menu pour que je fasse mon choix. J’ai décidé de manger rapidement dans la salle de formation car j’ai deviné qu’elles avaient beaucoup de travail et ne veux pas les monopoliser en les obligeant à m’accompagner à l’extérieur. Je commande, un peu au hasard, des nouilles au poulet. En fait, c’est un peu bizarre, il y a une sorte de soupe qui l’accompagne. Je m'apprête à la boire mais heureusement, W. précise que c’est la sauce. Le lendemain, je découvrirai sur le menu qu’il s’agit d’un « gravy » (beurk).

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    L’après-midi se poursuit dans la bonne humeur. On m'apporte même un café et un panier de bonbons. Mes stagiaires m'apprennent comment dire "Merci" en thai mais il me faudra encore 24 heures pour le mémoriser et commencer à l'utiliser. Elles ne se remettent pas du fait que je bois mon café noir et sans sucre. "Ici, on met beaucoup de lait et très peu de café" expliquent-elles. A la pause, la responsable du service, une femme sophistiquée, vient prendre de mes nouvelles et s’enquérir de mon programme en Thailande. Lorsque je lui dis que j’aimerais me faire masser, elle me donne une de ses bonnes adresses.

    Vers 17 heures, je libère mes stagiaires et reste dans les locaux encore une bonne heure et demie car j’ai remarqué une anomalie dans le paramétrage de mon logiciel. La nuit est déjà tombée quand je quitte enfin le frigidaire dans lequel j’ai passé cette journée (heureusement que j’ai prévu un foulard en soie pour protéger ma gorge fragile des ravages de la climatisation) et retrouve la moiteur de la rue.

    Sur le parking du Tesco tout proche, il y a une foule en train de sauter avec entrain, coachée par un prof de step juché sur un podium. Je m'arrête pour observer cette drôle de foule et une des participantes, visiblement contente de me distraire, met le turbo et remue les bras avec vigueur. Les trottoirs de Bangkok ressemble à ceux de Marrakech et Casa ; des dénivelés inattendus, des trous. Je retrouve sans peine la station de Skytrain.

    Au guichet, sur les conseils de W., je demande une « rapid card » (en fait, barrière de la langue oblige, il s’agit d’une Rabbit Card, avec le petit lapin qui va bien). En contrebas de la station de métro aérien, il y a un alignement de toiles de tentes blanches illuminées, on dirait le marché de Noel de La Défense. C'es tous les jours Noel, ici.

    Dans le métro thailandais, c'est comme en France : one ne met pas ses doigts sur la porte sinon "on risque de se faire pincer très fort" et on est prié de laisser sa place aux enfants, aux personnes âgée ou handicapées, aux femmes enceintes . Un autre voyageur de marque mérite ce traitement de faveur, vous savez qui ? Allez, je vous donner la réponse en image : 

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    J'ai lu dans mon guide qu'il ne fallait pas non plus s'assoir à côté d'eux car tout contact avec les femmes leur est interdit. C'est toujours bon à savoir. Je monte dans le skytrain où des mini-écrans diffusent des publicités en boucle et descends à la station suivante, Bang Chak. Je jette mon ordinateur dans ma chambre et file, munie de l’itinéraire dessiné par W., me confier aux mains d’une masseuse, dans l’espoir de dormir enfin comme un bébé cette nuit.