Ayant séché plusieurs séances de natation et jogging ces derniers temps, je décidai hier soir de faire quelques longueurs dans la piscine flottante amarrée sur la Seine, au pied de la Bibliothèque François Mitterrand. Cette piscine utilise l’eau de la Seine qui est filtrée, traitée à l’ozone - un procédé qui empêche l’irritation des yeux et que j’avais déjà apprécié à la piscine de Vanves- puis restituée au fleuve après traitement.
Ecologique, chauffée à l’énergie solaire, dotée de baies vitrées et d’un toit ouvrant offrant une vue imprenable sur l’extérieur, ouverte jusqu’à 21h chaque jour (minuit le mardi) , cette piscine a tout pour me plaire, à l’exception de douches et vestiaires mixtes.
Je passai au préalable chez Décathlon pour remplacer mon matériel de natation : sac, maillot de bain et lunettes puis arrivai à la piscine vers 20h45.
Elle était presque déserte. Il n’y avait que 2 nageurs chevronnés dans ma ligne et ce fut un véritable bonheur d’enchaîner les longueurs. Comme à l’accoutumée, après une mise en route un peu ardue, je bouclais ma séance de 50 minutes le corps léger et tonique.
Je n’en reviens toujours pas d’avoir acquis une telle aisance et endurance dans l’eau, moi qui n’ai véritablement appris à nager qu’en 2001. Avant les conseils patiemment dispensés par ma copine Juju, à Dublin, je nageais la tête hors de l’eau. Je me souviens des premières longueurs dont j’émergeais à bout de souffle, rouge et toussant après avoir bu la tasse maintes fois. Juju serait fière de moi aujourd’hui. A la fin de ma séance, je marchai jusqu’à la pataugeoire à 32°C, dans laquelle je restai assise une dizaine de minutes, les bras en arrière, détendue par une fontaine chaude me coulant sur la nuque et le long du dos. Habituellement, je quitte le bassin sitôt la séance finie mais hier, j’avais envie de profiter du spectacle de la Seine à la nuit tombée.
J’observai les bateaux-mouches parés de lanternes rouges et jaunes, offrant au couples d’amoureux ébahis le spectacle romantique de la ville lumière, une péniche glissant sans bruit le long de notre bateau de verre, le toit chargé de chaises en plastique blanc, le néon rouge du Batofar, lieu de fête et de culture sérieusement mis en danger par des fermetures successives, les quais et les parasols blancs désertés de Paris-Plage, les promeneurs massés sur la passerelle Simone de Beauvoir, 37ème pont de Paris inauguré en juillet 2006.

Peu après 22 heures, je récupérai mon vélo et empruntai l’une des trop rares pistes cyclables intelligemment conçues, le long des quais, à l’écart des voitures et piétons. L’air était doux, et le corps agréablement engourdi, je roulai paisiblement, pour une fois, passai devant la BNF avant de tourner à droite pour rejoindre les maréchaux et m’installer, peu après, devant « Soleil rouge », un western mâtiné samouraï et réunissant Delon, Bronson, Ursula Andress et Toshirô Mifune.