Ce dimanche, nous avons fêté, en l’évoquant à peine, l’annulation de l’ordre d’expulsion de Seiji. Je ne vais pas te raconter la journée, Bougrenette l’a fait de charmante façon ici.
Je voulais évoquer rapidement la situation qu’a vécue Seiji pendant 3 mois. Une parfaite illustration des injustices que génère la nouvelle politique d’immigration « choisie » de notre gouvernement.
Seiji vit en France depuis 5 ans, y a toujours travaillé –et donc payé impôts et cotisations ASSEDIC -, était en CDI. Il change de boulot pour un salaire inférieur de 50 € par mois et là on lui retire son autorisation de travail au motif de la « diminution substantielle de ses revenus » ou un truc comme ça …Plus d’autorisation de travail, il se fait licencier (normal), va bêtement aux ASSEDIC et là, on lui apprend qu’étant désormais sans papiers, il n’a pas droit aux ASSEDIC … pas mal, hein ?
Et ce qu’il a cotisé pendant 5 ans, on lui rembourse ?
Et oui, il faut savoir que pour certains de ces sans-papiers dont M. Hortefeux parle comme « étant entrés illégalement sur le territoire français », ils avaient des papiers qu’on leur a retirés pour des motifs tels que celui évoqué ci-dessus !
Aujourd’hui Seiji a de nouveau un titre de séjour (d’un an) mais plus de travail. Les diplômes étrangers n’étant pas reconnus en France, il a abandonné l’idée d’y exercer son métier, la psychiatrie (pourtant, y’aurait du boulot) et cherche un poste dans une maison d’édition musicale. Car la musique, c’est sa passion. Je sais qu’en ce moment, il affronte une nouvelle phase de découragement. Alors, si tu as une idée …
Dimanche, Seji avait cuisiné du sonomono, spécialement pour moi. Je crois que je ne serai désormais plus la seule à lui réclamer cette rafraîchissante salade d’algues et de concombres vinaigrée aux graines de sésame.
Tout ça pour dire que je suis très contente d’avoir un ami japonais. Que je vais, à travers lui, en savoir plus sur cette culture et ce pays que j'ai furtivement découvert l'année dernière. Que j'ai hâte de l'emmener chez mon japonais à moi, Toritcho. Et que je rêve qu'il m'emmène dans son pays. Que Bougrenette est toujours aussi …comment dire ? carnassière …
Ah oui ! Et qu’on a aussi plein de bouffes en vue. Chez moi, à la boucherie ... Comme ça, Marcel le fiacre pourra continuer à me dire "Ben, dis donc, t'as pas maigri, toi!"

