Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Les Roumains sont des latins

    Petite histoire n° 1 : Hier, une bagarre a éclaté dans Bucarest entre un chauffeur de taxi et un piéton, supposément tzigane. Est-ce que le piéton a traversé où il ne fallait pas, est-ce que le taxi lui a foncé dessus ? En tout cas, l'attroupement fut rapide et l'échange musclé. Peu de temps après, le chauffeur fait un malaise et est transporté à l'hôpital. Le temps de remplir les papiers d'admission, il était mort d'un infarctus.

    Petite histoire n° 2 : La scène se passe dans l'hypermarché Cora de Pantelimon. C'est le jour de l'ouverture et le magasin est noir de monde. Les bananes remportent particulièrement un franc succès et les employés sont tous réquisitionnés pour en emballer des kilos que s'arrachent les clients. Près des caisses, c'est la cohue. Deux personnes âgées se bousculent. Le vieux monsieur « Hé ! Qu'est ce que tu as à me bousculer comme ça ? » La vieille dame, levant la main « Quoi ? Tu veux une taloche ? »

    Petite histoire n° 3 : Mon traducteur roumain à l'accent normand est dans le tramway aux heures de pointe. Des voitures se sont immobilisées sur les rails, bloquant la circulation du tramway. Le chauffeur, excédé, ouvre sa fenêtre et se penchant au dehors, hurle à un automobiliste « Qui c'est qui t'a appris à conduire comme ça ? » « Ta mère ! » lui répond son interlocuteur.

    Petite histoire n° 4 : Mon traducteur roumain à l'accent normand forme de jeunes roumaines aux bases de l'accueil client. Il insiste sur le sourire, les formules de politesse. L'une d'elles : »Moi je ne souris plus, c'est fini ». Il demande la raison de son refus. La dernière fois que j'ai souri à une cliente, elle m'a crié « Hé toi pétasse ! Qu'est ce que tu as à sourire comme ça ? Tu fais du gringue à mon Jules ?»

    Petite histoire n° 5 : C'est une petite femme frêle, d'à peine 1m50. Toute maigre et toute petite. Un fétu de paille. Soudain, elle jaillit de derrière sa caisse, comme une furie, et balance des coups de pied au cul d'une vieille dame. Mon traducteur roumain à l'accent normand observe la scène, stupéfait, sans pouvoir réagir. Il apprendra plus tard que la vieille dame avait insulté la petite femme frêle, la maudissant, elle et ses enfants. Ce que la vieille dame ne savait pas, c'est que la petite femme frêle venait de perdre son enfant, quelques jours auparavant. Pour la faute qu'elle a commise, la petite femme frêle subira pendant plusieurs mois une retenue sur son salaire.

  • Bonhommes en papier

    Photo323[1].jpg
    De haut en bas :
    Aurel Vlaicu, le premier aviateur roumain
    Nicolae Bălcescu, révolutionnaire et écrivain
    George Enescu, compositeur
    Nicolae Grigorescu, peintre roumain
     

  • Dans l'metrou

    Photo322[1].jpg

  • Camille, le roumain de Normandie

    Un homme s'avance, me tend la main « Bonjour, je suis Camille ». J'hésite, me lance « Vous êtes un de mes stagiaires ? » « Stagiaire ? Non, je suis votre interprète ».

    Après quelques minutes de discussion sur l'organisation de la formation, je demande « Vous êtes donc français, vous vivez depuis longtemps ici ? » Camille sourit. « Je ne suis pas français, mais ce n'est pas la première fois qu'on le croit ». Il porte le nom d'un célèbre auteur, le Proust roumain

    Camille raconte que lorsqu'étudiant en France, il avait  travaillé quelques mois dans un centre d'appels à Poitiers, il eut à gérer un jour une cliente très difficile. Après que son problème ait été résolu, celle-ci avait dit « Excusez-moi, je vais vous poser une question un peu personnelle. Vous êtes normand, n'est-ce-pas ? » Camille me confia n'avoir pas voulu lui raconter sa vie, qu'il n'était en France que pour ses études, et roumain de surcroît. Il avait acquiescé « Oui, je suis normand, comment avez-vous deviné ? »

    « Et bien, mes parents vivent près de Rouen et vous avez exactement le même accent qu'eux. J'étais sûre que vous étiez normand ! »

  • Costel, le taxi roumain

    « Bonsoir Mademoiselle. Je suis Costel, votre taxi ».

    Cool, mon taxi roumain parle français, lui aussi. Nous allons pouvoir communiquer. Costel est petit, ses tempes sont argentées sous la casquette bordeaux. Je monte dans sa voiture et nous quittons l'aéroport. Il est surpris car il devait m'attendre aux arrivées à 17h et me récupère aux départs à 16h30. J'explique que je suis déjà en Roumanie depuis 3 jours et demande où il a appris le français.

    Costel travaille pour des sociétés françaises depuis plus de 10 ans. En 2001, ses patrons français lui ont proposé de les suivre en France pour travailler pour eux mais il a refusé de partir sans sa famille « Je devais venir seul ». Il connaît la ville de Dana car il a souvent fait la route jusqu'à Sibiu, où Louis Vuitton, comme beaucoup d'autres, avait installé ses usines. « Avant l'entrée de la Roumanie dans l'UE, la plus grande partie des produits Vuitton étaient fabriqués en Roumanie et terminés en Italie juste pour pouvoir apposer l'étiquette Made in Italy. Maintenant que la Roumanie fait partie de la CEE, ce n'est plus nécessaire puisqu'il est écrit Made in CEE ».   

    Nous devons traverser la ville et les gigantesques embouteillages de Bucarest nous donnent l'occasion de discuter. Costel vient du sud de la Roumanie, à la frontière avec la Bulgarie. Il n'est jamais allé en France mais offre chaque année des vacances à sa famille. Il voyage à bord de sa voiture et à déjà visité Budapest, Prague, Vienne et Bratislava. Il avait été ébloui par Vienne et y est retourné cette année mais en est revenu déçu. « Prague est merveilleux, les maisons ne sont pas noires mais colorées et joyeuses ». Et Budapest ? « Budapest, j'ai beaucoup aimé, le système de mini-bus pour les touristes est parfait ». Il n'a pas eu le plaisir de se délasser dans les bains. « C'est à Budapest ? » « O que oui, mon bon monsieur ! »

    Costel raconte ses déboires pour obtenir une licence de taxi, ça fait 10 ans qu'il attend, la corruption, les assurances auto qui ont presque doublé, officiellement à cause du taux d'accidents importants en Roumanie mais aussi « parce qu'elles sont beaucoup moins chères qu'en France ou en Italie. Mais les salaires ne sont pas les mêmes non plus... » Costel désigne un scooter à terre, de l'autre côté de l'avenue « Vous voyez les accidents en Roumanie... »

    Je demande s'il est intéressant que je me promène ce soir dans le quartier de mon hôtel. Il propose de m'emmener au centre-ville le lendemain soir, quand ma collègue roumaine m'aura rejointe. J'espère qu'elle voudra sortir, sinon j'irai sans elle.