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  • S'ils te mordent ...

    Dans la région où je séjourne, les panneaux indicateurs sont écrits en deux langues. Comme sur cette île cousine où j’ai vécu quelques années. Des pancartes indiquent aussi parfois la direction d’une école bilingue.

    Dans les restaurants où je dîne, la corbeille de pain qu’on vous apporte en début de repas est toujours accompagnée de beurre demi-sel. J'ai résisté le premier jour et puis ...

    Sur les routes désertes que je parcours pour me détendre, lorsque la nuit est tombée, des nappes de brume s’élèvent devant mes phares. A droite, une immensité noire comme la nuit, un gouffre effrayant qui a emporté tant d’hommes. J’entre dans un village habité de maisons de pierre. Je me promène sur le port, il fait étonnement doux, la lueur d’un phare balaie les rochers, les mouettes crient.

    A quelques kilomètres de la ville où je travaille se trouve le village d'origine d'un des épiciers les plus célèbres de France. Un homme parti de rien qui a monté un empire. J'ai travaillé pour ce vieux monsieur pendant 6 ans. Lui et sa femme forçaient mon respect par leur simplicité et leur gentillesse. Il n'aimait pas que je lui prenne le bras pour l'aider à descendre les marches et s'inquiétait que je brave chaque jour la circulation parisienne sur mon vélo. Un jour, il a demandé "Il est gentil, mon fils "? J'ai pensé à ce vieux monsieur, ce soir, en voyant sur l'autoroute le nom de son village. J'aurai un pincement au coeur le jour où il partira.

    La ville où je dors est dominée par un immense viaduc. Les rues s’appellent des venelles et on peut y admirer des maisons à encorbellement, vêtues de pans de bois et coiffées de lanternes. Le temps a œuvré, certaines sont devenues bancales, on dirait qu’elles vont embrasser leur voisine.

    Dans la ville où je dors, il y a aussi un port de plaisance. Je me promène le long des quais déserts, je cherche une péniche fantôme qui s’appelle le Stern. Les bateaux désolés attendent l’été pour rutiler sous le soleil. Moi je soupire, je suis heureuse d'être là et je bois un verre de chouchen en attendant le printemps.

       

  • Carnaval de Bailleul

    C’était mon 2ème carnaval à Bailleul, une ville flamande à quelques kilomètres de la frontière belge.

    Bailleul.jpg

    N’allez pas leur dire qu’ils sont chtis ! J’ai appris ce week-end que les habitants de Bergues, à la sortie du fameux film, ont piqué une colère et défilé dans les rues avec des pancartes « A Bergues on est pas chez les chtis ». C’est qu’en Flandre, côté belge et côté français, on ne rigole pas avec ça.

    J’étais donc en Flandre ce week-end. J’y avais emmené ma copine Boug’ pour qui c’était la première dans le Norrrrrrr. Je vous rassure, elle est revenue avec tous ses orteils. Et quelques confettis dont elle aura bien du mal à se débarrasser.

    Samedi, nous avons profité d’une luminosité exceptionnelle pour arpenter les belles plages du Nord : Bray-Dunes, Zuidcoote et La Panne, côté belge. Dunes.JPG

    J’avais prévenu Boug’ : « Ici, ils aiment pas les français, je vais leur parler en flamand ». Sauf que je ne sais pas dire « Où est la plage » en flamand. J’ai baragouiné quelques mots et la vieille femme en face m’a dit avec un fort accent : « Mais vous ne parlez pas français ? » Gloups.

    Le soir, nous avons retrouvé une foule bigarrée et passablement imbibée dans les rues de Bailleul. Faut croire que nos perruques rouges en jetaient puisqu’un jeune homme en slip a donné un « zôt'che de Carnaval » à Boug’, en guise de bienvenue. Dans la foule, on nous repérait facilement. « Hé, les quadruplettes ! P’tain, j’adore les rousses ! » s’est écrié un jeune homme avant de nous claquer la bise.

    Dimanche, Boug’ a assisté à la messe des carnavaleux avec une pieuse femme, bien connue de Nicolas et Tonnegrande. Elle a eu sa dose d’émotions fortes puisque après avoir embarqué sur son passage  une statue de Jésus, rattrapée de justesse par Boug’, la brave femme a failli s’emplafonner un char de pingouins sur le chemin du retour.

    Un petit tour au Mont-Noir, le temps d’acheter quelques couques au sucre (oui, je dis couque et pas cramique, coquille ou pain-gâteau) et du filet américain (beurk !).

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    A 15h, un peu alourdis par le repas, nous nous sommes garés loin du centre et avons rejoint les 50 chars qui défilaient dans la ville. Une ambiance vraiment sympa et bon enfant. On a croisé des Bécassines, le char de la Soupe aux Scouts  - et la Denrée  - mais point de pingouins. 

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    « J’ai même pas mangé de frites » a dit Boug’. « T’inquiète, c’est prévu », j'ai répondu.

    Et au goûter, on a traversé la foule pour acheter trois cornets de frites à la Friterie Bailleuloise. De l’autre côté de la rue Pap’s était hilare derrière son chapeau de cow-boy. « Ben, y’a pas de picalili ? » a-t-il demandé quand je suis revenue. M’enfin, Fiso !

     

    * crédit photos : Boug'