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  • Jour 7 : Râmnicu Vâlcea

    Premier petit-déjeuner sur la terre roumaine. Dana qui a maintenant révisé ce qu'on lui a enseigné des habitudes françaises - à savoir que tous les Français mangent des viennoiseries le matin - pose devant nous un plat de concombres, radis et tomates, du jambon fumé, fromage de brebis et des olives noires. Au programme ce matin : la visite de la mine de sel dont les photos entr'aperçues sur son blog m'avaient intriguée. A la sortie de la ville, Boug' prend la direction « Salina de Ocnele Mari ».

    Après nous être acquittées d'un droit d'entrée de 10 leu (2,5€), nous embarquons dans un bus qui s'engouffre en cahotant dans un tunnel sombre. Nous sommes samedi et le bus est rempli de familles qui emmènent leurs enfants passer la journée à la mine. A l'arrivée, l'endroit est assez étonnant. Outre une exposition de photos, on y trouve quantité de jeux et installations : une chapelle orthodoxe, un terrain de foot, des billards, des tables de ping-pong, un circuit de voitures dans lequel les enfants s'éclatent et même une salle de banquet où l'on peut organiser des réceptions. L'air de la mine est très bénéfique aux asthmatiques.

    Après cette visite, nous retournons vers le centre-ville où Dana nous emmène à la Casa Vâlceana, une maison réquisitionnée transformée en restaurant. Il fait un soleil magnifique et nous nous installons en terrasse, délaissant le salon intimiste où nous avions déjeuné ensemble en décembre dernier. La charmante serveuse, Tatiana, me reconnaît visiblement puisqu'elle nous salue d'un tonitruant bonjour.  La carte en papier journal est exhaustive : on y trouve les spécialtés de la maison, des plateaux de 3 kgs de grillades diverses judicieusement  baptisés « Pantagruel » et « Gargantua », des salades, soupes et plats de porc, volailles, poissons et mouton. Cette fois, je choisis une ciorba de burta tandis que Boug' qui en a rêvé devant mes clichés, déguste une ciorba de fasole in paîne.

    Nous nous promenons ensuite dans la très plaisante ville de Râmnicu Vâlcea qui signifie « Vallée aux loups ». Elle est bien plus belle que dans mon souvenir, il faut dire que je l'ai découverte en hiver et sous la neige. A cette période de l'année, les magnolias sont en fleurs. Nous visitons le lycée de Dana et grimpons à travers la forêt pour admirer le panorama sur la ville et l'Olt qui la traverse.

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    Après une petite pause, nous entrons à l'auberge des Haidouks, fort animée en ce samedi soir, pour l'incontournable papanasi. La salle est comble, remplie de jeunes et couples. Des musiciens jouent de la musique traditionnelle, le chanteur entonne des chansons mélancoliques et romantiques, aux accents orientaux et des femmes dansent en ronde dans un coin de la salle. Cristi, le serveur préféré de Dana (et on comprend pourquoi) nous installe en terrasse (qui est non-fumeurs, ça m'arrange). Et oui, car ici comme en Hongrie, on peut encore fumer dans les lieux publics. Boug' et moi calons devant nos papanasi mais pas assez pour ne pas goûter au dessert de Dana, des crêpes gratinées fourrées au fromage blanc et raisins secs.

    Après ce festin, nous ne pouvons qu'aller nous coucher.

  • Jour 6 : en route pour Râmnicu Vâlcea !

    100_3957.JPGA 11h, nous voici enfin sur la M5 qui nous emmène jusqu'à Szeged. Le temps est radieux et la route agréable. A l'approche de la frontière, les villages semblent plus typiques et les maisons plus belles, bordées de parterres de fleurs colorées et de dizaines de tulipes. Soudain, un énorme volatile passe au-dessus de notre voiture et se pose au bord d'un nid immense, posé sur la cheminée d'une maison. Une cigogne ! A partir de cet instant, ces nids immenses se succèdent tout le long de la route et jusqu'en Roumanie. Le guide que j'ai emporté m'apprend que la Roumanie est un paradis ornithologique et abrite la plus grande concentration au monde d'oiseaux migrateurs qui hibernent dans le delta du Danube.

    A l'approche de la frontière, nous sommes ralenties par un convoi ininterrompu de poids-lourds. C'est impressionnant, des dizaines de camions sont stoppés sur la bande d'arrêt d'urgence. Peu avant 14h, nous nous plions de bonne grâce au seul contrôle de papiers de notre périple et passons la frontière roumaine à Nadlag, ajoutant une vignette sur le pare-brise de Boug' (5€ pour 7 jours). Nous suivons toujours la route E68 mais progressons très lentement en raison de la présence de nombreux poids-lourds et d'une seule file de circulation. Nous comprenons très vite pourquoi mon guide déconseille de conduire en Roumanie ; en effet, les Roumains n'en ont absolument rien à cirer des panneaux d'interdiction (de doubler, par exemple) et des limitations de vitesse. Ils doublent dès que possible et ils vaut mieux laisser une bonne distance entre vous et votre prédécesseur pour permettre à celui qui vous doublerait de se rabattre juste sous votre nez, évitant de justesse un tête à tête avec celui qui arrive en face. Les routes sont dans un état déplorable et nous devons régulièrement zigzaguer pour éviter de laisser un pneu dans les nombreux nids de poule. Nous aurons un peu plus tard l'explication de l'état assez incroyable des routes roumaines ; c'est Luminita (se référer au billet suivant) qui nous expliquera que les routes sont endommagées par les importants écarts de température que subit le pays, descendant parfois à -20 en hiver pour remonter jusqu'à 44 degrés en été.  La réfection du réseau routier est une des priorités du gouvernement mais cela coûte des sommes colossales et les chantiers, en Roumanie, ne manquent pas.

    Parcourir les 400 kms de la frontière à Râmnicu Vâlcea nous prendra près de 8 heures, parmi lesquelles 45 minutes totalement à l'arrêt pour le passage d'un train. Cependant, ce long trajet ne fut pas particulièrement éprouvant, malgré l'état des routes et la conduite très latine des Roumains, en raison de la beauté des paysages que nous traversons. Des montagnes, des prairies très vertes, pas de champs de culture comme on peut en voir en France, une végétation luxuriante, des arbres fruitiers, des pommiers en fleurs. Les maisons sont particulièrement pimpantes et fleuries et des sacs de pommes de terre et d'oignons, à vendre, sont suspendus au bord de la route.

    A Sibiu, induite en erreur par un panneau, je tourne à droite et après quelques kilomètres, à la sortie d'un village, nous débouchons sur un chemin de terre. Je demande la direction de Râmnicu Vâlcea à de vieilles femmes hilares qui lèvent les bras avec de grands cris « No Râmnicu Vâlcea ! ». Je ne comprends pas grand-chose mais j'ai compris le principal : je ne suis pas dans la bonne direction. Nous rebroussons donc chemin vers Sibiu où nous avons du mal à retrouver la direction de Râmnicu Vâlcea et c'est un Allemand (décidément, ça me poursuit !) qui nous met sur la bonne direction. La nuit est tombée et je reprends le volant. Après Sibiu, nous attaquons les routes de montagne et le danger augmente car là encore, les Roumains doublent dès qu'ils ont 10 mètres devant eux. Nous appelons Dana qui nous recommande de faire attention. Tout se passe bien jusqu'à 10 kilomètres de l'arrivée où un Roumain, visiblement mécontent que je double, me bombarde d'appels de phare pour me faire dégager et entreprend de forcer le passage au moment où la voie redevient unique, manquant me foutre dans le fossé. Furieuse, je l'insulte copieusement et lui fout mes pleins phares dans la gueule, à mon tour.

    A 21h45, nous entrons dans la ville de Râmnicu Vâlcea. A la hauteur de l'hôpital, je reconnais la station-essence qui se trouve au pied de l'immeuble de Dana et m'engage sur le parking. Quelques minutes plus tard, Dana qui s'est faite très élégante pour nous accueillir nous embrasse et nous entraîne jusqu'à son appartement où après avoir trinqué à nos retrouvailles avec un verre de vin blanc roumain (Graca de Cotnari), nous dégustons ce qu'elle a préparé : soupe  aux quenelles de semoule, macédoine de légumes au poulet puis maquereau grillé sur lit de légumes croquants. Et en dessert, gâteau à la crème de griottes et des amandines (petits gâteaux au chocolat). Nous avons ensuite discuté jusqu'à 3 heures du matin et ri quand Dana a lu mes derniers billets en prime-time et quasi-instantané, avant de virer la grenouille borgne posée sur le lit confortable de Dana.

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