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râmnicu vâlcea

  • Où courir à Râmnicu Vâlcea ?

    Avertissement : Ce billet est plutôt un clin d'oeil aux notes que je rédige parfois sur mes expériences de joggings matinaux aux 4 coins de la France et d'ailleurs, et surtout l'occasion d'évoquer le sort des malheureux chiens errants dont les dépouilles peuplent les bas-côtés des routes roumaines.

    Il y a deux jours, j'ai joggé sur un chemin caillouteux, le long de l'Olt, la rivière qui traverse Râmnicu et se jette dans le Danube.  Il suffit de suivre la E81 en direction de Bucarest. A gauche l'Olt et à droite, les vergers des maisons de Rm Vâlcea. Quelques croix de métal sont érigées ça et là à la mémoire de personnes qui se sont noyées. La veille, lorsque Dana m'a montré l'endroit pour que je puisse y revenir seule en voiture le lendemain, nous avions aperçu des promeneurs et même un joggeur mais aujourd'hui, je ne croise personne durant ma course, à part un monsieur au visage tanné par le soleil qui pédale sur son vélo et ne répond pas à mon salut.

    Un peu plus loin, après un ravin boueux, on rejoint des habitations. Je vois se dresser, non sans inquiétude, les oreilles de chiens en faction devant les maisons. Les chiens errants, une plaie en Roumanie, sont les victimes de la politique d'expropriations massives de Ceauşescu. Celui-ci a chassé les paysans de leurs terres et rasé leurs maisons, les parquant dans des barres d'immeubles hideuses et les poussant, par la même occasion, à abandonner leurs chiens. Ceux-ci divaguent sur les routes et dans les villes, finissant généralement sous les roues d'un camion ou d'une voiture. Pour pallier ce problème qui prend une ampleur importante, une campagne de stérilisation des chiennes a été lancée.

    Une meute de 5 ou 6 chiens ne tarde pas à rappliquer vers moi. Je raisonne la petite voix qui susurre « Ils vont te chiquer les mollets, demi-tour, Fiso ! » en me répétant ce que j'ai lu : « Généralement, les chiens n'attaquent pas les humains qu'ils craignent parce qu'ils les battent ». Et en effet, les chiens courent vers moi et aboient mais restent à bonne distance. Plusieurs fois, sur la route, des groupes de chiens se précipitent vers moi. Une seule fois, j'ai dû élever la voix sur un corniaud plus belliqueux que les autres, qui trottinait sur mes talons en jappant furieusement.

    Un peu plus loin, la route goudronnée s'écarte du bord de l'eau. Je cherche en vain une piste de terre dans les bois jonchés de détritus et au sol noirci par les feux que les gens allument lors de pique-niques, le week-end. Ici, on peut encore faire des feux en forêt. Je dois maintenant courir sur une route en direction de ... Méfiante, j'enlève un de mes écouteurs pour ne pas me faire surprendre par les voitures.

     Je continue encore un peu en direction d'un pont mais lorsque je repère une meute de chiens errants paresseusement allongée au soleil, je décide de tourner les talons. Courageuse mais pas téméraire, la Fiso, je n'ai pas envie d'y laisser mes mollets. Je décide de ne plus aller jusqu'aux maisons la prochaine fois. Je ferai des allers-retours au bord de l'eau.  

  • Jour 10 : visite du musée du village

    Aujourd'hui, Dana propose de nous faire visiter le Muzeul Satului (musée du village) qui était fermé lors de mon dernier séjour. C'est un ensemble de maison anciennes ramenées de différents endroits du département de Vâlcea.

    Celui-ci se trouve dans la commune de Bujoreni.

    A l'entrée, devant un portail en bois sculpté similaire à celui qui orne la maison natale de Brâncusi, un jeune homme nous attend; c'est notre guide, Sabin, et il parle parfaitement français.

    Sabin nous apprend que toutes les maisons qui se trouvent sur le terrain que nous visitons ont été démontées, amenées jusque là et entièrement remontées sur place, à l'identique. Seule la tour de guet est à sa place d'origine. Ce type de musée aurait été créé au départ "par orgueil", pour copier des initiatives similiares prises par les Soviétiques et surtout tenter de faire mieux. Aujourd'hui, ces musées qui sont à peu près au nombre de 10, qu'ils soient départementaux ou nationaux, ont vocation à préserver le patrimoine roumain et sont utilisés à des fins pédagogiques.

    Il pleut, le sol est boueux et Sabin nous prévient qu'à son grand regret, nous ne pourrons pénétrer que dans l'école mais pas dans les maisons.

    Nous commençons donc la visite par l'école où dans une grande salle se trouvent des pupitres de bois. Contre un mur, Sabin fait jouer un tableau noir coulissant. A l'autre bout de la pièce, des tuniques traditionnelles sont pendues à un porte-manteaux.

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    Nous ressortons et marchons dans une allée. Sabin explique que le parc a été organisé comme une carte du département. Chaque maison a été placée selon le point cardinal de son origine. On a même reconstruit les maisons des régions montagneuses du Nord à flanc de colline. Le parc contient deux moulins à eau. Nous découvrons un système de poulie permettant de puiser l'eau dans un puits.

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    Plus loin, nous pouvons découvrir, du pas de la porte, un foyer ouvert à l'intérieur d'une maison roumaine traditionnelle. Devant une maison, des totems surmontés de visages humains. Sabin explique que cela est une fantaisie d'un artiste et n'a rien d'une tradition roumaine.

    La pluie crépite sur nos parapluies et je n'ai plus de doute quand à la non-étanchéité de mes chaussures. La balade est très agréable dans la végétation printanière et les pépiements joyeux des oiseaux.

     

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  • Jour 7 : Râmnicu Vâlcea

    Premier petit-déjeuner sur la terre roumaine. Dana qui a maintenant révisé ce qu'on lui a enseigné des habitudes françaises - à savoir que tous les Français mangent des viennoiseries le matin - pose devant nous un plat de concombres, radis et tomates, du jambon fumé, fromage de brebis et des olives noires. Au programme ce matin : la visite de la mine de sel dont les photos entr'aperçues sur son blog m'avaient intriguée. A la sortie de la ville, Boug' prend la direction « Salina de Ocnele Mari ».

    Après nous être acquittées d'un droit d'entrée de 10 leu (2,5€), nous embarquons dans un bus qui s'engouffre en cahotant dans un tunnel sombre. Nous sommes samedi et le bus est rempli de familles qui emmènent leurs enfants passer la journée à la mine. A l'arrivée, l'endroit est assez étonnant. Outre une exposition de photos, on y trouve quantité de jeux et installations : une chapelle orthodoxe, un terrain de foot, des billards, des tables de ping-pong, un circuit de voitures dans lequel les enfants s'éclatent et même une salle de banquet où l'on peut organiser des réceptions. L'air de la mine est très bénéfique aux asthmatiques.

    Après cette visite, nous retournons vers le centre-ville où Dana nous emmène à la Casa Vâlceana, une maison réquisitionnée transformée en restaurant. Il fait un soleil magnifique et nous nous installons en terrasse, délaissant le salon intimiste où nous avions déjeuné ensemble en décembre dernier. La charmante serveuse, Tatiana, me reconnaît visiblement puisqu'elle nous salue d'un tonitruant bonjour.  La carte en papier journal est exhaustive : on y trouve les spécialtés de la maison, des plateaux de 3 kgs de grillades diverses judicieusement  baptisés « Pantagruel » et « Gargantua », des salades, soupes et plats de porc, volailles, poissons et mouton. Cette fois, je choisis une ciorba de burta tandis que Boug' qui en a rêvé devant mes clichés, déguste une ciorba de fasole in paîne.

    Nous nous promenons ensuite dans la très plaisante ville de Râmnicu Vâlcea qui signifie « Vallée aux loups ». Elle est bien plus belle que dans mon souvenir, il faut dire que je l'ai découverte en hiver et sous la neige. A cette période de l'année, les magnolias sont en fleurs. Nous visitons le lycée de Dana et grimpons à travers la forêt pour admirer le panorama sur la ville et l'Olt qui la traverse.

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    Après une petite pause, nous entrons à l'auberge des Haidouks, fort animée en ce samedi soir, pour l'incontournable papanasi. La salle est comble, remplie de jeunes et couples. Des musiciens jouent de la musique traditionnelle, le chanteur entonne des chansons mélancoliques et romantiques, aux accents orientaux et des femmes dansent en ronde dans un coin de la salle. Cristi, le serveur préféré de Dana (et on comprend pourquoi) nous installe en terrasse (qui est non-fumeurs, ça m'arrange). Et oui, car ici comme en Hongrie, on peut encore fumer dans les lieux publics. Boug' et moi calons devant nos papanasi mais pas assez pour ne pas goûter au dessert de Dana, des crêpes gratinées fourrées au fromage blanc et raisins secs.

    Après ce festin, nous ne pouvons qu'aller nous coucher.