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  • Au Paradis Créole, cap Chevalier

    Lorsque j’arrive Chez Léger, il est 14h45 et on ne sert plus. Quelle déception d’avoir fait toute cette route pour rien ! IL faudra que je m’en souvienne : le dimanche, en Martinique, il faut déjeuner tôt.

    J’abandonne l’idée d’aller visiter la rhumerie Clément et file jusqu’à l’anse Chevalier, pour tenter ma chanse au restaurant Le Paradis Créole, recommandé par Gretta. IL faut suivre la direction du Paradisio puis des pancartes indiquent le Paradis Créole qui se trouve tout au bout d’une petite route. Là je constate, soulagée que l’on sert jusqu’à 16h30. La serveuse, une jolie jeune femme en jean et bustier blanc, m’installe en terrasse. « Je te laisse choisir et je viens prendre ta commande ».

    Je commande le menu Langouste qui, pour 26€, comprend une coquille de lambi (en remplacement des crabes farcis), une langouste et un flan coco maison. Avant ça, je sirote mon punch coco habituel (2€50).

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    Lorsque je vais au comptoir pour payer, le patron m’offre une grappe de quenettes, un fruit vert proche du litchi. La patronne me conseille la plage de l’anse Michel, à proximité. Je file car il est déjà 16h30 et je débouche sur cette plage plus sauvage que celle des Salines. Je saute dans la mer mais le fond est tapissé d’algues moussues et je ne suis pas rassurée ; j’aime bien voir sur quoi je pose les pieds.

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    Je me pose sur la plage et peu de temps après, je remarque des parapentes qui tournoient dans le ciel à gauche. Soudain, l’un d’eux se rapproche de nous et après avoir virevolté quelques secondes au-dessus de nos têtes, se pose à quelques mètres de moi et me salue d’un « Bonjour » malicieux.  C’est assez drôle car il est acclamé par les gens sur la plage.

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    Un papy s’approche de lui et lui offre une canette, tapant la discute. Le parapentiste a le teint mat des blancs qui vivent ici. Je discute avec lui et apprend qu’il demande une participation de 40 € aux frais (contre 75€ le vol avec des professionnels) et que certains de ses amis offrent la balade, pour le plaisir. « On décolle du morne, là-haut » dit-il. Il s’accroche une sorte de moteur dans le dos et s’élève au-dessus des vagues. Ca fait rêver.

    De son côté, le papy en slip de bain a renvoyé mamie sous sa paillote et s’approche de moi. « Vous êtes où ? Fort-de-France ? Je suis à Sainte Luce, venez à Sainte Luce, j’aimerais bien vous revoir, faire votre connaissance » (c’est ça, prends moi pour une conne…)

    Il me propose un rendez-vous le mardi suivant, près du monument aux morts. « Alors c’est pas possible ? Bon, tant pis ». Quels filous, ces vieux !

    Le soir tombé, je reprends la route de FDF et me tape les bouchons de sortie de plage. Une heure pour parcourir 23 kms !

    LE PARADIS CRÉOLE - Fond Repos (sur la route du Cap Chevalier) - tél 0596 76 78 13

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  • Musée de la Banane à Sainte Marie

    Note à l'intenttion de Mamz'elle Gigi qui se demande quand je bosse : on est dimanche, jour de repos de Fiso (et du Seigneur)

    Le musée de la banane se trouve sur une exploitation bananière de 54 hectares.

    Le ticket à 6€ inclut la visite du musée et celle du parc comprenant plus de 50 variétés de bananiers, ainsi qu’une dégustation à la boutique.

    A l’accueil, un jeune homme en chemise créole et charmant – comme tout le monde ici – me guide. Le ticket d’entrée au musée donne également droit à une réduction à la rhumerie Clément. Dans la salle principale, j’apprends tout de la banane et la visite est bien plus intéressante que je ne l’imaginais.

    Originaire d’Afrique, la banane fut  d’abord introduite en Espagne par les agronomes arabes. A l’époque, le sud de la Sierra Nevada était décrit comme peuplé de nombreux bananiers et cannes à sucre. De là, on la retrouva dans les Canaries puis elle traversa l’Atlantique pour se retrouver sur l’île d’Hispaniola (actuellement divisée en Haïti et République Dominicaine). C’était l’aliment préféré des esclaves (et aussi des colons auxquels elle permettait d’en nourrir un grand nombre). Quand on lit, plus loin, que la banane contient de la sérotonine, substance inhibant les sensations douloureuses et entraînant la sédation nerveuse, on comprend mieux.

    L’arrivée des premiers européens modifia le paysage agricole des îles. La sélection se fit en faveur du tabac et de la canne à sucre pour les cultures d’exportation et du manioc, patate douce et banane pour les cultures vivrières. Les cultures communautaires des amérindiens, mêlant différentes cultures,  devinrent des parcelles délimitées, propriétés individuelles.  

    Vous le saviez ? Moi non : le bananier est une herbe géante, pouvant atteindre 15 mètres de haut, de la famille des musacées. Il est composé de 90% d’eau. A l’état sauvage, le fruit est rempli de grosses graines et non comestible. On compte environ 1000 variétés de bananiers et il existe 2 espèces de bananes : la banane dessert et la banane plantain (makemba, aloko, banane jaune, c’est la même et c’est trop bon, frit dans l’huile de palme !) La plus grande collection de bananiers du monde se trouve à l’université catholique de Louvain, en Belgique. Le bananier étant gourmand en eau (15 à 20 litres par jour), les plantations ont lieu habituellement à la saison des pluies (et des moustiques, donc maintenant, demandez à mes jambes)

    Tu confirmes, Chriss ?

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    Contrairement aux apparences, la banane est un fruit fragile, attaqué par de nombreux ennemis, dont le charançon noir et les thrips qui expliquent la présence de sachets bleus autour des régimes.

    Aujourd’hui, ces sacs en polyéthylène sont recyclés et seront prochainement remplacés par un matériau biodégradable. Par ailleurs, les planteurs antillais ont divisé par 2 la quantité de produits phytosanitaires utilisés dans les bananeraies et ne pratiquent qu’une dizaine d’épandages annuels contre une cinquantaine dans les bananeraies-dollar. Les producteurs utilisent des pièges à charançons portant des phéromones femelles de synthèse (quelle bande de couillons ces mâles !)

    La banane a de nombreuses vertus médicinales. Elle soigne la chiasse, par exemple :)

     

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    Spéciale dédicace à Nicolas et Tonnegrande, merci de ne pas vomir sur vos claviers :

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    Vous le saviez ? Moi non : Au sud Kivu, en RDC, on fabrique du whisky de banane. Boire pour oublier …

    Lorsqu’elles quittent la Martinique, les bananes  - encore vertes et dures comme du bois - sont chargées sur un des 4 navires porte-conteneurs de la compagnie CMA-CGM – dont on croise le logo souvent ici - à destination du port de Dunkerque, où elles arrivent après 10 jours de traversée,  puis acheminées jusqu’à Rungis et entreposées dans des mûrisseries. Voilà pourquoi les bananes sont bien meilleures ici que là-bas.

    Vous le saviez ? Moi non : le premier chargement de banane antillaise arriva en France en 1907.

    Vous voyez, là en-dessous, la pauvre petite banane antillaise avec son logo bleu qui essaie de résister tant bien que mal à l’invasion de la banane dollar sur le marché européen ? (pour agrandir, cliquez sur la photo)

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    Vous le saviez ? Moi non : l’Inde est le premier pays producteur de banane au monde mais n’en exporte pas.

     

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    Après cette visite pédagogique et fort intéressante, je me retrouve dans la moiteur tropicale du parc, traversé de cours d’eau et peuplé de bananiers et fleurs.

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    Et je découvre l'anatomie intime d'un bananier : 

     

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    Et des variétés connues ou pas de bananes ; la très sucrée Freyssinette, des bananes naines, les étranges bananes puce ou serpent, tachetées de noir :

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    La banane Benedetta dont les doigts de chaque patte sont soudés sur toute la longueur :

     

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    Le soleil tape dur et je suis en nage.  Je débusque une chenille noire et poilue planquée dans une jolie fleur blanche.

     

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    En montant l’escalier qui mène au Banana Bar et à la boutique, je remarque une flaque blanche et crémeuse : c’est un fruit tombé de l’arbre à pain au-dessus de moi.

    Après une dégustation de vin et liqueur de banane, dont j’achète 3 bouteilles, je reprends la route en direction du François pour aller déjeuner Chez Léger. IL est presque 14h.

    Musée de la banane à Sainte Marie, ouvert tous les jours jusqu'à 17h30. Le site internet, beau et coloré, c'est là.

  • En route pour Sainte Marie

    Edit du 25 août : Nous sommes dimanche, je ne travaille donc pas (ça c'est pour Mamz'elle Gigi)

    Je pars en retard sur mon timing de la journée, j’ai passé du temps à papoter sur msn avec un Toulonnais devenu Parisien. Aujourd’hui, je me fais une journée en solo car Bibiche fait du quad aux Trois Ilets avec ses enfants. Au programme : la visite de la Maison de la Banane – et l’achat d’une bouteille de liqueur du fruit -, recommandée par Bibiche puis déjeuner Chez Léger et visite de la rhumerie Clément, au François (sur les conseils de mon client) pour finir la journée à la plage, quelque part aux alentours du Vauclin.

    Depuis mon arrivée, je roule avec Radio Martinique et ce matin, l’émission - en créole – me fait penser aux Grosses Têtes. Après un débat sur la dureté de la sanction infligé à Anelka suite à ses insultes, en comparaison au coup de boule de Zidane, les participants évoquent l’actualité musicale et en particulier la mort, la veille, de Paco Charlery, un jazzman martiniquais.

    Je prends la direction de Trinité et enquille l’échangeur situé à côté de mon hôtel comme une pilote. Il m’aura quand même fallu trois jours pour l’aborder sans la moindre appréhension. Sur un rond-point en bordure du Lamentin, j'avise le panneau « jus de canne 100% frais » et m’arrête. Sous une cahute, une femme coiffée d'un casque antibruit introduit des cannes dans une machine vrombissante et le jus ambré s'écoule dans un bidon en fer, faisant le bonheur des abeilles.

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    « Tu veux une bouteille ou une timbale ? » demande une femme plus âgée, à côté d’elle. Je demande d’abord une bouteille puis me ravise « Deux bouteilles et une timbale ». La bouteille d’un litre et demi de jus de canne est à 5€50 et le gobelet format Mc Donald à 2€50. Je reprends le volant en sirotant le jus glacé au goût de caramel, c’est délicieux. Je n’en avais jamais bu auparavant mais Christian et Sorène m’avait fait goûter une canne à La Réunion.

    Au Robert, je retrouve l’océan  et au large, les multiples îlets que je découvrirai lors d’une prochaine visite (car je compte revenir pour de vraies vacances, ça oui !).  Je longe la côté Atlantique jusqu’à Sainte Marie et découvre enfin les paysages que je n’ai pas pu voir, jeudi soir.

    A La Trinité, je vois la direction de Tartane. Bibiche m’a dit que si j’arrivais à finir à 16h le soir, je pourrais venir pour une heure et demie à la plage, là, sur la presqu’île de la Caravelle.

    Me voici à Sainte Marie que je traverse puis enfin, à gauche, la direction de la Maison de la Banane. Je passe devant le restaurant Saint-James, conseillé par M. et mitoyen de la distillerie du rhum du même nom. Guidée par les pancartes jaunes, je m’engage sur une route étroite et m’enfonce  à travers les champs de bananiers.

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    Ils ont une mauvaise manie par ici, ils conduisent un peu au milieu de la route et font un écart quand ils vous voient arriver en face …

    Après quelques kilomètres, me voilà sur le site de la Maison de la Banane. Et la visite commence.