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  • Oh vous savez, j'ai l'habitude ...

    Ce matin, 4h30, les yeux grands ouverts alors que mon réveil est censé sonner 1h plus tard. Tout bien réfléchi, ce n'est pas plus mal car un réveil à 5h30 pour un taxi à 5h40, ça me laissait 10 minutes pour sauter dans la douche et dans ma culotte (mais pas en même temps).
    Je soupçonne mon voisin de m'avoir encore réveillée de son pas éléphantesque.

    A l'aéroport, je bois un café chez Paul mais cette fois je n'y oublie pas mon ordinateur (ah oui, je ne vous ai pas raconté, ce matin-là je l'ai récupéré quelques instants avant que les fllics ne viennent le faire sauter) ... j'ai imaginé la tête de mon boss pétri d'humour :
    "Heu, monsieur le PDG-CEO-Chairman, vous allez rire, mon ordi s'est fait sauter à Orly"

    Donc, je bois mon café de 6h, je passe le rayon X, l'agent me fait la totale "Il faut enlever l'ordi bla bla bla". Je suis de bonne humeur (si, si, toujours, le matin !) et je réponds "Oh vous savez j'ai l'habitude, je fais ça presque toutes les semaines".
    La preuve, j'enlève mes chaussures, ma ceinture, mon soutif (ceci est un illusion optique) et je passe le portique qui ne bipe pas (youpi !). Le type derrière son écran me lance " C'est à vous la valise verte ?". Je ne réponds pas "Ben oui, abruti, c'est Boug' qui me l'a offerte pour ma quarantaine triomphante" mais je pense "Qu'est ce qu'il me veut encore, celui-là ?".

    Ce qu'il me veut, c'est que j'ai oublié de sortir de ma valise verte les liquides pourtant soigneusement isolés dans un sac congélation. Je repasse le portique dans l'autre sens, extirpe les coupables liquides, maintenant bien agacée parce que je ralentis les autres passagers, au passage me fais confisquer le spray d'huile pour protéger mes cheveux de bébé au cas où j'irais à la piscine (l'intention est là, la volonté beaucoup moins), fait chier, ils m'ont encore eue ces cons, et je marmonne "Tout ça parce qu'un jour, un illuminé a essayé de mettre le feu à ses pompes".

    Je repasse le portique pour la seconde fois, remets chaussures et ceinture, récupère mon ordi abandonné tout seul en bout de tapis roulant (franchement, c'est le paradis des pickpockets, les filtres de sécurité des aéroports, ils n'ont qu'à tendre le bras), attrape la poignée de ma valise ... RESTEE OUVERTE PUTAIN !!!!!!!!! ... et tout son contenu se répand sur le sol, les grosses perles d'un de mes colliers préférées rebondissent joyeusement, le fil casse, un homme court après les perles qui roulent et me les tend, je rammasse jupe, pulls, porte-jarretelles et bas et collants.
    Vous rêvez ou quoi ? la seule fois où j'ai donné une formation dans une tenue affriolante, c'était comme par hasard le jour où le chauffage était en rade chez mon client et ma filleule et moi, on s'est pelé le cul (surtout moi, en fait, vu que je l'avais quasi à l'air).

    Bref, je ramasse toutes mes fringues éparpillées sur le sol dégueulasse de l'aéroport (alléluiah ma lingerie était rangée dans une poche à l'abri des regards !), j'ai envie d'étriper les agents de sécurité mais je reste digne et je remercie même la jeune femme qui compatit à mon malheur.

    Sur la passerelle, j'envoie un sms à mes 3 chefs de projet préférés, histoire de partager mon VDM du jour. J'en avais reçu un de lui la semaine dernière :
    "Coucou, pas de courant dans ma chambre d'hôtel ce matin : c la loose. Impossible de me raser et je fais tout à l'aveugle. Si je sors de ma chambre, je ne peux plus y entrer (serrure électrique) et même le tel est coupé. Je m'habille à tâtons, je te dis pas la gueule que je vais avoir. VDM."
    Et puis deux d'elle (elle est championne!) :
    "J'ai traversé toute la largeur du bus entraînée par ma valise à roulettes, bousculant une dame au passage, pour finir étalée sur la porte. VDM."
    Et 2 jours après : "Aujourd'hui, je descends du bus en y oubliant mon sac à main. VDM. Aujourd'hui, je cours après le bus pour y récupérer mon sac à main, la vie est belle !"

    A part ça, je suis dans un B&B près de Grasse, il fait un vent à décorner un cocu, j'ai fait le ménage dans mes "amis" Facebook. Et vous, tout baigne ?

  • Festin de roi au Château d'Apigné

    2012-11-28 20.22.57.jpgA Rennes j’ai retrouvé un client formé il y a 2 ans, dont je n’avais aucun souvenir. Le soir venu, peu enthousiaste à l’idée de rejoindre l’hôtel Mercure du centre-ville (je n’aime pas dormir dans les chaînes, sauf si elles s’appellent Relais & Châteaux), j’ai cherché un endroit au vert et au calme où titiller mes papilles. La Fourchette, fournisseur de bonnes adresses, proposait le Château d’Apigné.  Sans adresse précise et à cause de ma connasse de GPS (ben oui, c’est une fille), j’ai fait le tour du Rheu qui hélas, est fort étendu. Et finalement, je me suis retrouvée sur le parking du Moulin d’Apigné, sauf que moi j’allais au Château. C’était un peu plus loin, au lieu-dit la Theuzardière (fallait le savoir !).

    En navigant dans la nuit noire, je me suis fait la réflexion que j’avais vraiment le chic pour me retrouver dans des atmosphères Blair Witch Project (film que j’ai détesté, par ailleurs, mais on s’en fout). La brume nappait la forêt, il n’y avait pas âme qui vive ni même lueur. Enfin, au bout d’une allée, au milieu d’un parc, le château se dresse et il est superbe. De style néo-renaissance (n’allez pas croire que je suis super fortiche en architecture, c’est écrit sur le joli livret que m’a offert Lilia), il est encadré de quatre jolies tourelles.

    [Parenthèse : Il est 23h05 et je reçois à l’instant un sms d’un numéro inconnu qui demande « E-tu toujours vivante, mon cœur ? » J’ai répondu « Et je serais le cœur de qui ? »

    … A suivre …]

    J’entre au château et suis accueillie par la jeune femme qui a tenté de me guider jusque là. Elle m’installe dans un salon fleuri où une jeune femme, aussi esseulée que moi, dîne déjà. Sur la table, une magnifique assiette japonisante.

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    Je choisis le menu « Inspiration » à 25€, pile poil le budget alloué pour mon dîner. D’abord, des amuse-bouche, on m’annonce un trio de crème de poireau avec émulsion de coquillages, un crokanski de jambon salé sur lit de tartare et un piquillo au chèvre. Savoureux.  Vous n’aurez hélas pas de photo car elles étaient de mauvaise qualité. J’ai changé de téléphone en octobre et mon nouveau Samsung n’offre pas la netteté de son prédécesseur.

    [Re-parenthèse : Tiens, il porte le prénom de mon père ! (mais mon père ne m'appelle pas "son coeur")]

    En entrée, la jeune femme brune au léger accent pose devant moi une crème de potimarron avec émulsion de bacon. Le chef est visiblement friand de cet effet visuel « bain moussant »qui surmonte le velouté. Le plat est un délice pour l’œil autant que pour la palais. Des gambas rôties sauce Saint Jacques sur lit de tagliatelles. Jugez plutôt :

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    Note à  la jolie liane normande qui a découvert, hier, une de mes « fantaisies » : Oui j’ai tout mangé, la tête, la queue, tout !

    La jeune femme solitaire m’a saluée et a quitté la pièce, me permettant d’entamer la conversation qui s’occupe de moi avec beaucoup de professionnalisme depuis mon arrivée. Ma curiosité est satisfaite : la jeune femme est mexicaine – de Mexico - et sommelière du château. Mazette. Elle n’aime pas Paris et j’acquiesce à ses impressions. « J’ai trouvé que Paris était une ville violente ». Oui madame. « Et les gens assez agressifs ». Aussi. « D’ailleurs, regardez le livre que je lis », dis-je en tendant le manuel rouge. Elle rit. Nous discutons de la situation au Mexique qui s’aggrave, de ses projets, de cuisine.

    Un peu plus tard, alors que j’ai déjà appris à classifier les cons, Lilia dépose devant moi LE dessert, un cacao croustillant et moelleux et ses billes de pomme verte.

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    La photo en coupe transversale est merdique mais faites moi confiance : le mélange de textures et de saveurs restera longtemps dans ma mémoire sensorielle. Le rouleau de génoise, surmonté de la fameuse émulsion mousseuse à la pomme verte, renferme une crème glacée à la cacahuète posée sur un lit de noisettes concassée,  lui-même saupoudré sur une ganache au chocolat d’un crémeux à se damner. La belle porcelaine blanche est vernie d’une laque de chocolat à la fève tonka que je me retiens de lécher. 

    Le lendemain, y croyez-vous, me revoilà, toujours aussi solitaire dans la magnifique salle à manger, mais bichonnée par Lilia que j’ai pour moi toute seule. Si l’entrée, une tartine de speck, me laisse un souvenir volage, j'aurais bien repris une dose d'encornets grillés. Fondants, grillés à souhait, leur saveur est adoucie par la délicate purée de petits pois et les navets nouveaux qui l'accompagnent.

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    En dessert, une tatin compotée et sa glace à la vanille me réconfortent avant de reprendre la route.

    La carte des boissons chaudes est tout aussi surprenante que la cuisine du chef. On y trouve d'étonnants thés et tisanes bio aux algues (mais pas que ! lavande, verveine, menthe, orange, bergamote et romarin), dont j'achète deux boîtes.

    Je quitte à regret Lilia dont la compagnie a été si agréable. Devant mes phares, des dizaines de lapins détalent dans le parc. De quoi faire un bon civet ...

    Château d'Apigné au Rheu (à 10 minutes de Rennes)

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