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  • En mai, va à Paris Carnet !

    Mercredi soir, j’ai profité de mon rendez-vous mensuel avec JM pour l’emmener à Paris Carnet. Il n’est pas blogueur mais vu que je le bassine chaque mois avec mes histoires de blogs et qu’il connaît tous mes potes de blogs sans les avoir rencontrés, je savais que ça l’amuserait. Et il aime les gens.

    Nous sommes arrivés tôt. Parmi les visages familiers, attablés avec d’autres, seuls Chondre et Manou. Je me suis installée à l’écart avec JM, on a commandé des amuse-gueule en guettant les arrivées. Je vais saluer Chondre qui ne me reconnaît pas et bafouille qu'il est myope. C'est l'avantage des blogs, on sait déjà plein de choses sur les gens, des détails disséminés ici et là. La myopie de Chondre, je savais. Et puis, on ne s'est vus qu'une fois, en janvier dernier, et à peine parlés. D'ailleurs, au cours de la soirée, beaucoup me diront que j'ai beaucoup changé. Les cheveux plus longs, le bronzage, sans doute. Je chope Manou qui se dirige vers le bar et nous discutons un peu. Je fais la bise à Nichevo que je lis régulièrement. Un peu plus tard, une jeune femme franchit le seuil de l'Assassin. Elle scrute chaque visage d’un air gêné, comme quelqu’un qui vient dans une fête où il ne connaît personne ou presque, et cherche désespérément un visage ami. Je me penche vers Jean-Marc et lui dis : « Tiens, ça pourrait bien être la fille que je cherche, elle a écrit sur la liste des inscrits que c’était son premier Paris Carnet ». La jeune fille ressort bien vite du restaurant. Je la rattrape sur le trottoir et lui demande « Tu es blogueuse ? » « Oui » « C’est quoi ton pseudo ? » « Incompréhensions ». Bingo, c’est bien elle.

    « Salut, moi c’est Fiso ! T’es toute seule ? Tu veux venir avec nous ? »

    Elle s’assied à notre table et nous faisons connaissance. Je lui fais remarquer que le nom de son blog, "Douce, soyeuse mais passionnée"pourrait faire penser à un blog de cul et elle confirme que parfois, ça l'est. Va falloir que je remonte dans les archives. Et ces quelques lignes devrait lui amener des visites d'un blogueur influent mais inconstant, Tonnegrande. Je suis ravie de mettre enfin un – beau - visage sur cet étrange pseudo, débarqué sur mon blog il y a environ un mois. Les rencontres de blogueurs ressemblent un peu à celles des sites de rencontres. "T'as quel âge, tu habites où, tu bosses où ?" et puis après on parle plus perso. Très perso, d'ailleurs, et après quelques minutes, la miss me pose une question qui me fait rire et sur laquelle je cogite depuis. Mes écrits semblent trahir des choses dont je n'ai pas moi-même conscience. Ça me trouble d'autant plus que JM acquiesce. Je parle de ma jolie luciole à Incompréhensions, je trouve qu'elles ont un peu la même sensibilité et l'encourage à aller faire un tour sur le blog de M.  

    Nous sommes rejoints par Goon, Manou, Bénédictequi est toujours aussi pêchue et mordante. Derrière nous, Fauvettes'est assise à la table de Nichevo et m'embrasse chaleureusement. La veinarde, elle part au Sénégal dans quelques jours avec son Corbillo qu'elle me présente. On se promet de se faire un hamam à son retour. T'as raison, Fauvette, le gommage ça enlève un peu de bronzage mais il dure plus longtemps. Enfin Oh!91 arrive, il me manquait pourtant on a passé la soirée ensemble la veille. Je peux enfin présenter l'un à l'autre mes deux amis très proches, depuis le temps que je parle de JM à Oh! et inversement. Oh!91 a toujours le sourire, malgré le rythme infernal au boulot. "J'ai une migraine épouvantable, qu'est que je peux boire ? " me demande-t-il. "De la bière", je réponds. Un jeune garçon entre et fait la bise à Oh!91 qui en reste comme deux ronds de flan. "Tu le connais, c'est qui ?" je lui demande. "Non, je ne le connais pas mais c'est bien ici, les garçons te font la bise, comme ça, d'entrée".

    Moi je passe la soirée entre mes deux hommes chéris, JM et Oh!91 se battent gentiment pour passer leurs bras autour de mes épaules. Manou me parle d'Afrique et aussi du festival de Romans. Moi, les statistiques, les classements et les prix littéraires, ça me fait marrer. Je ne vote jamais à ce genre de choses.

    Je guette Richard, que je retrouve sur le trottoir et qui me canarde avec son appareil photo. On va se refaire une chasse aux trésors, cette année mais faudra que je le prévienne que je ne veux pas le faire au pas de course. M'en fous d'arriver première, moi, j'ai envie de flâner dans Paris et de découvrir un arrondissement méconnu. Il me présente Gonzague et Macsym, je retrouve Dagrouik qui a bobo la tête, et Luc Mandret (voir les liens chez lui, j'ai la flemme). Je retrouve aussi Traouqui me demande "La Crète, c'était avec l'UCPA, non ?" Elle me confie qu'elle a séjourné à Alimirida il y a quelques années et que ce furent ses meilleurs vacances. Je le dirai à Dzé, ça lui fera plaisir, tiens. C'est drôle, parce que plein de blogueurs dont j'ignorais qu'ils me lisaient, me demandent comment était la Crète.

    L'Elephant nous rejoint, je ne l'avais pas revu depuis la soirée chez lui où j'avais rencontré Anydris et raté Lancelot(bouhouhou!). Toujours le sourire lui aussi, et la classe avec ses jolies lunettes, je raconte des bêtises et le fait rire. Vers 23h30, nous levons le camp. JM est absolument ravi de sa soirée, ça lui donne même envie d'ouvrir un blog, mais avec 3 enfants et demi (et oui, le 4ème a - 3 mois) et du boulot par-dessus la tête, c'est pas gagné. Je rentre chez moi, mon coloc' n'est pas là, parti faire un tour de manège dans des contrées chaudes et épicées, le coquin ...

  • Liberté ou esclavage ?

    329322713.jpgLe téléphone portable, c’est un moyen de communication. Un bel outil de liberté. Sauf aux moments inopportuns où il devient un effroyable intrus. Je me souviens de mon grand-père qui pestait contre le téléphone, qu'il supportait difficilement. Heureusement qu'il est mort avant l'arrivée des portables, il se serait étranglé de fureur. Il avait pas la langue de bois, mon grand-père, et un jour il avait fulminé : "T'es en train de faire l'amour, en plein orgasme, et là, crac, le téléphone sonne ! Si en plus, l'autre te laisse un message sur le répondeur, c'est fini, tu remballes !"

    J'ai hérité de ce souci qu'il avait de préserver son espace. Je suis déjà accro à internet, ça suffit bien. J'ai 5 téléphones : 2 persos (1 fixe et 1 portable) et 3 pros (1 fixe, 1 portable et 1 DECT). Au boulot, je suis donc joignable à tout moment et très fréquemment sollicitée. Alors en dehors, oui, le téléphone m'agresse parfois. Mon téléphone n'est éteint que quand je dors ou prend l'avion, en dehors de ça, il est en mode normal quand je suis seule et disponible, et en mode silencieux quand je ne suis pas seule, ce qui est fréquent : au boulot, au resto, dans un train, au cinéma, au théâtre, avec des amis. Pour moi, ça s'appelle tout simplement du savoir-vivre. Je passe mes coups de fil aux temps morts de la journée, quand j'attend le bus par exemple, ou quand je marche dans la rue et je suis tellement consciente du caractère intrusif d’une sonnerie de téléphone que je commence systématiquement la conversation par « Je ne te dérange pas ? »

    Je connais des gens qui en sont tellement esclaves que je me demande s’ils n’y répondent pas même lorsqu’ils sont en train de faire l’amour. Je me souviens notamment d'un verre en terrasse avec une amie, pas vue depuis plusieurs mois, qui était partie dans une grande discussion existentielle avec son interlocuteur alors que nous venions à peine de nous asseoir. Après 10 minutes d'attente, je lui avais fait signe que je me cassais. Elle avait vite abrégé la conversation. Je ne supporte pas le téléphone au sacro-saint moment des repas et n'y répond jamais, sauf à mon coloc', au cas où. Je me suis engueulé plusieurs fois aussi avec mon frère ou ma soeur qui râlaient parce que je les réveillais à midi. "T'as qu'à éteindre ton téléphone si tu veux pas qu'on te dérange."

    A contrario, ma mère me reproche régulièrement de ne pas répondre quand elle appelle sur mon portable. J’ai beau lui expliquer que mon boss était dans mon bureau, ou que j'étais dans le tintamarre de la circulation parisienne / à la bibliothèque / sous la douche / à vélo / en train de déjeuner etc., elle se vexe. Je finis par lui dire que de toute façon, je ne suis pas esclave de mon téléphone, point.

    Il y a quelques mois, c'est mon boss qui me dit sur un ton de reproche : "Je t'ai appelée sur ton DECT, tu n'as pas répondu".

    "J'étais aux toilettes", lui ai-je répondu avec un sourire angélique. Désormais, quand je ne suis pas joignable, il attend sagement quelques minutes que je le rappelle.   

    Et vous, quel est votre rapport au téléphone portable ? Maître ou esclave ?

     

  • Yamas !

    Y’avait de la salade grecque à la cantine ce midi. Et du soleil sur le parvis. Mais pas de raki.

    Et dire qu’hier à la même heure, j’étais attablée à la taverne Erotokritos, bercée par le ressac des vagues turquoises à ma droite, à discuter cinéma avec 3 charmants hommes … Vous connaissez le rituel de l’apéro crétois ? Vous nappez votre assiette d’huile d’olive délicieusement fruitée, vous la salez et poivrez légèrement et vous en imbibez des bouts de pain au sésame. Ça, je vous le dis, c'est le bonheur à l'état pur !

    Ensuite, on a commandé des côtelettes d’agneau qu’on a dégustées avec les doigts, bien sûr, des tentacules de poulpe grillés au citron, et des salades grecques. Laurent et Karim, épuisés de s’être battus avec leur planche à voile toute la matinée, nous ont rejoints, ainsi qu’Anne-So et Arnaud.

    Le truc génial en Crète, c’est que le dessert et le raki sont systématiquement offerts en fin de repas, et avec le sourire s’il vous plaît. Les restaurateurs français feraient bien de suivre des cours de service client en Crète.

    Après avoir partagé nos avis sur les derniers films vus, le serveur a déposé devant nous 4 petits verres et un carafon de raki au miel. Quand les garçons ont quitté la table pour aller à la plage, j’ai rejoint l’autre tablée et du coup, j’ai eu droit à un autre dessert et un raki. Les serveurs s’en sont jeté un gorgeon avec nous et on a trinqué tous ensemble à coups de tonitruants Yamas. J'ai même réussi, comme eux, à poser mon verre de raki sur le dos de l'index et du majeur joints et à boire sans en renverser une goutte.

    Et là, j'ai un petit coup de blues, tout à coup.

    Taverna Erotokritos (en face du bar Sirocco)

    Almyrida Apokoronou, Crète. (Tél : 28250 31211 & 32586)

  • Fiso en mode "ciga, ciga"

    Atterrissage à 2h à Roissy. Une amie de Stéphane est venue le chercher (sympa la copine) et me dépose chez moi à 3h00. Dans la voiture, elle demande où je travaille et dit « Ah, mais tu dois connaître ma cousine, C.D. ? ». « Oui, oui, bien sûr que je la connais ». Je n’ai pas jugé utile de préciser que sa cousine, c’est la quiche qui un matin, dans le parking de la boîte, avait attaché son antivol sur mon vélo, au lieu du sien. Elle est connue pour être un peu tête en l’air.

    7h30, ce matin, mon portable me croasse dans les oreilles. Je croise mon coloc’ qui a l’air aussi frais que moi, ça tombe bien, j’ai pas l’énergie de parler. « Alors en quelques mots ? » demande-t-il. Ouais mais pas plus, alors….

    Je ne trouve plus mon badge d’accès, tant pis, je sors et dans la rue, y’a un truc qui cloche. Moi, jambes et orteils nus en mini-jupe et sandales, top en crépon … les autres en couleurs sombres, chaussures d’hiver, vestes et même encore quelques écharpes. Je détonne un peu dans ma tenue estivale. Fiso est déjà passée à l’été. Je marche nonchalamment - en fait, je sens un peu dans les mollets les 51 kms de VTT en montagne d’avant-hier - attrape au vol des chouquettes pour mes hôtesses, un croissant pour ma quinqua et un pain au lait pour moi.

    Aujourd’hui, ça va être « ciga,ciga », comme on dit en Crète. Mon boss est prévenu. "C'est calme", qu'il a dit.

    *ciga : doucement