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  • CNV, je ne suis vraiment pas aidée ...

    Pratiquer la communcation non violente dans ma jungle urbaine, c'est comme participer à l'île de la tentation quand on est un couple heureux et sans histoires. Ou plonger la main dans un panier de crabes.

    J'engrange pourtant quelques petites victoires. Petites parce qu'on ne change pas si facilement un mode de pensée qui s'est construit sur des années. Mon métier de formatrice me permet de constater chaque jour les bénéfices d'échanges basés sur la bienveillance, l'encouragement et la valorisation. Ma « filleule » a même souligné « ma patience, mon sang-froid et ma faculté à apaiser les tensions. »

    Sauf dans les transports. Au volant, elle a découvert, la semaine dernière, mon côté mec et m'a entendu apostropher vertement les autres automobilistes. Accessoirement, elle trouve que je roule vite. Pourtant, j'avais bien du mal à pousser à 130 l'Opel Corsa de merde qu'on m'avait filée la semaine dernière. J'espère que je ne vais pas me taper le même veau demain matin, j'ai quand même 1h30 de route entre Pau et le site de mon client. Sinon, elle va encore m'entendre pester.

    Dans le métro, aussi, je suis en mode cocotte-minute. Comme jeudi soir, lorsque après un échange stressant avec mon client, nous sommes arrivées dans le métro.
    Il faisait un froid glacial, nos ordinateurs pesaient une tonne, j'avais mal aux yeux après une journée entière à fixer l''écran lumineux et il nous restait 14 stations avant de retrouver nos collègues pour une soirée au resto. Au milieu du wagon, j'aperçois deux places vacantes qui nous tendent les bras. Je me rue, souffle la place à un type grisonnant qui tentait de l'atteindre avant moi et invite ma "filleule » à s'assoir en face de moi. Amer, le bonhomme me glisse un peu sèchement : « On va dire que c'est de la galanterie ». Percevant toute l'ironie de son propos, je me retiens de lui faire une réponse superbe à la Gicerilla (version Fiso quand même) : « Non, là mon pote, en l'occurence, c'est de la parfaite goujaterie. »
    [Gicerilla a une façon de moucher les gens en restant parfaitement élégante, je ne sais pas comment elle fait. Elle est tout simplement meilleure que moi en communication non violente.]

    J'assène donc à mon interlocuteur un minable : « On va dire ça, oui. Merci. »
    Il ne lâche pas le morceau : « Vous avez quand même fait du forcing mais c'est pas grave. »
    J'ai envie de répondre «  Vous allez me casser les couilles encore longtemps ? Ca vous fait si mal au cul que ça de laisser deux jeunes femmes s'assoir ? » mais je me contiens et dis  « Non, j'ai juste été plus rapide que vous » [et vlan dans ta gueule, espèce de mollusque. Et si tu continues à ergoter, tu vas te les prendre, mes roubignoles]

    A la station suivante, il est assis. C'était pas la peine de faire tout un flan. Nous, en revanche, on aurait sûrement dû attendre bien plus longtemps que lui pour obtenir 2 places assises. Mon triomphe est pourtant de courte durée. Mon voisin, un Africain sans âge mais sans doute plus âgé qu'il n'y paraît, dégage une odeur d'urine épouvantable. Je passe les 20 minutes suivantes en apnée. Je prends des couleurs, quoi. Assoupi, il manque même me tomber dessus.

    Nous approchons - enfin - de Montparnasse, ça sent moins la pisse et un peu plus la libération. Nous nous levons, je commente l'attitude du vieux grisonnant et ce constat désolé que j'ai fait, tout au long de cette semaine où la joie de vivre de ma «  filleule » m'a accompagnée, que lorsqu elle éclate de son rire extraordinaire, les gens se retournent et lui jettent un regard surpris, moqueur, parfois même désapprobateur. Comme si être joyeux était totalement inconvenant, voire anormal. Appuyé au strapontin, un jeune homme, qui écoute visiblement moins la musique qui s'échappe de ses écouteurs que notre conversation, sourit. Un complice, ouf, tout n'est pas foutu.
    Et alors que quelques ondes de bien-être m'envahissent, de bonnes vibes comme on dit quand on parle franglais, je jette un dernier regard au vieux monsieur africain qui au même moment, croyant peut-être encore sentir mon épaule toute proche pour le retenir, glisse de son siège et tombe par terre, sous le regard des voyageurs.
    Hagard, il se redresse sur un genou, regarde autour de lui, semble se demander où il est. Les paumes au sol, il ne parvient pas à se relever. Le bonhomme grisonnant le regarde, ne bouge pas. Et là, n'en croyant pas mes yeux, je crie : «  Non mais, je rêve ? Y'a personne qui va le relever, ce monsieur ? Il ne va pas le relever, l'autre connard, au lieu de le regarder comme un abruti ? »

    Et voilà. J'ai donné raison à ma «  filleule » fraîchement débarquée de son Nord natal avec tous les clichés habituels concernant les Parisiens. Bravo Fiso. 

    PS : J'avais commencé ce billet dans un tout autre but, celui de vous dire que j'étais fière de moi parce que je progressais et venais justement de déjouer un des écueils du "Demander" en envoyant un mail à un homme qui m'est cher.

    Mes succès méritent au moins autant de place, et même plus, que mes échecs. Car il n'est pas vrai que seuls les échecs nous font grandir. Du coup, je m'en vais écrire un autre billet.

  • S'éffeuiller en janvier, faut vraiment être givrée !

    [EDIT du 3 février pour Les Nuages Bavards qui « violente » mon goût pour le flou]

    « J'ai sorti la guêpière, les filles ! Je suis harnachée comme une pouliche qui va courir le Grand Prix ! » : voilà mot pour mot le sms que j'ai envoyé à ma bande de copines déjantées.

    J'avais confirmé, quelques semaines plus tôt, mon inscription ce vendredi-là à un cours d'effeuillage dans le quartier du Sentier.  Les cours d'effeuillage sont devenus très à la mode après la sortie du film « Tournée » qui a suscité un nouvel engouement pour les tenues rétros et les strip-tease à la Dita (Von Teese, pas la blogueuse). La culotte couvrante est d'ailleurs en passe de supplanter le string, aussi appelé « hilo dental (fil dentaire) » chez nos amis sud-américains. Mais revenons à nos tétons moutons.

    Le vendredi, dans 99% des cas, nous autres formateurs sommes au bureau. Pas de pot pour moi, ce jour-là, ma boss m'avait envoyée donner une formation à un de nos clients, de surcroît 3 hommes qui n'ont pas les yeux dans leurs poches, comme on dit.

    « Prévoyez deux tenues de lingerie, un tailleur jupe, une chemise, des talons » disait le mail de confirmation. La formation se terminerait au plus tôt à 17 heures, le cours commençait à 18h, impossible donc de rentrer me changer.

    Faute de bas couleur chair, j'avais clipsé dans les attaches de ma guêpière rose buvard - non sans peine - la version élastiquée, qui est censée tenir toute seule. J'ai même failli me faire un lumbago en tentant de fixer les attaches arrière. Dans le métro, lorsque je me suis assise, j'ai entendu "chtong".

    « Fait vraiment froid ce matin », me suis-je dit lorsqu'un courant d'air glacial m'a piqué les cuisses. Une heure plus tard, le sourire lumineux de ma « filleule » m'accueille en haut des marches d'une station de la ligne 5. En chemin, je lui donne un coup de coude, soulève ma jupe, dévoile un peu de peau.

    « Waouh, marraine ! Tu portes ça, toi ? » s'écrie-t-elle.
    [Je ne vous ai pas encore parlé de la jeune femme qui a récemment rejoint notre équipe de formateurs et m'accompagne depuis quelques semaines. Craquante de fraîcheur. Moi, si j'étais un homme .....]

    Quelques minutes plus tard, nous pénétrons dans les locaux de mon client en région parisienne. La salle de formation est un véritable congélateur.

    « Ça prend un peu de temps à chauffer » assure un de nos stagiaires, se voulant rassurant. Je m'assied face à eux en plaquant bien mon corps à la chaise, histoire qu'ils ne grillent pas mon accoutrement de coquine.

    Vingt minutes plus tard, ma filleule s'excuse et remet son manteau. Je résiste vaillamment mais finis par me réfugier dans mon petit blouson cintré, que je ne quitterai plus de la journée. Nos stagiaires font de même.
    Malgré leurs multiples tentatives pour couper la ventilation et enclencher le chauffage, nous passons la journée frigorifiés. Ma filleule, qui ne supporte pas le froid, est blême. Moi j'ai les fesses glacées.

    Vers 14 heures, je lis les réponses de mes copines, que je vais retrouver dans la soirée. Ça charrie grave :

    «  Tu cours le quarté ou le quinté ? demande la brune piquante.

    - On va se marrer ! renchérit celle au teint de porcelaine.

    - Ptain les filles, y'a pas de chauffage chez mon client, vous le croyez ? Je ne sais pas si on va se marrer mais j'ai froid au cul ! »

    A 19h, face à un immense miroir dans lequel se reflètent une dizaine de femmes quasi nues, je réalise, alors que la prof nous invite à lancer nos soutien-gorge, que la guêpière n'était pas le meilleur choix pour ce cours d'effeuillage.

    Cette chorégraphie caricaturale ne mérite d'ailleurs pas ce nom mystérieux et empreint de sensualité car plutôt qu'un cours d'effeuillage qui sublimerait la femme, toutes les femmes, la «  prof », qui dans la vie est strip teaseuse, a voulu nous enseigner l'art du déshabillage de cochonne, avec tous les clichés du porno, secouage de crinière (et tant pis pour celles qui n'en ont pas), écartage de jambes (et tant pis pour les rouillées), auto-caressage de croupe. Pour un peu, elle nous aurait demandé de nous sucer l'index. Alors voilà, je reste conne avec ma guêpière, car dégrafer et agrafer ce bel objet prend juste un peu plus de temps qu'avec un soutien-gorge .... Pourtant, quelle plus belle parure qu'une guêpière ?


    Différence entre le strip-tease et... par 20Minutes


    Lundi matin, 9h30, après avoir peaufiné ma choré perso sur Kiss de Prince (et en pyjama, s'il vous plaît !), je roule à travers les paysages enneigés des Hautes-Pyrénées. Ma « filleule », assise à côté de moi, profite de la lumière exceptionnelle et admire les cimes. Notre stagiaire nous accueille avec un sourire chaleureux et nous emmène dans son bureau. Un congélateur.

    « Le chauffage est mis ? » demande ma filleule. « En fait, on a un problème, il y a une panne du système de chauffage »  répond le stagiaire.
    A la pause, je découvre un sms d'encouragement de ma chef de projet « Bon courage, les filles ! »
    - Merci poulette ! Ptain on a pas de chauffage chez XX et y'a de la neige dehors ! La tête de la filleule ! »
    A 14 heures, ma « filleule » craque et demande un chauffage d'appoint, qu'on pique dans le bureau d'à côté. Nous tenons bon en rêvant à la piscine chauffée et au jacuzzi de notre hôtel. Mais nous n'étions pas au bout de nos surprises.

    Ça faisait longtemps que je ne vous avais pas écrit une note « Vis ma vie de formatrice » , non ? Vous allez en avoir deux à la suite, figurez-vous, histoire de vous montrer que mes semaines ne sont pas toujours aussi sympas qu'à Pamplona ....