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20.05.2008
Festival de l'eau (3)
Sur le pont d’une ginguette, du côté de Nogent,
Sous la lumière dorée d’un tableau de Cézanne,
Jailliront des éclats de rire insolents
Des lèvres trop fardées de beautés diaphanes.

Dans une robe moirée, je boirai du vin blanc,
Un accordéon beige chantera le vieux Paris
Et dans le parfum suave de grappes de lilas blanc,
Nous poufferons gaiement, par l'alcool étourdis.
Sous le soir vrombissant de doux coléoptères,
Lorsque résonneront les accords de musette
J’aurai une pensée pour celle que fut Colette,
Née de père inconnu, grandie dans la misère.
Souvent, elle racontait, sous le tilleul fleuri,L’uniforme allemand, les dernières maisons closes,
Les lèvres tendres et roses de son premier amant,
La couture dessinée sur la jambe, au crayon,
Au Balajo rue de Lappe, la valse, la java bleue,
Qu’elle dansait dans les bras de garçons ténébreux,
Les petits matins blêmes en gare de Vierzon,
Et les chagrins d’amour qui durent toute une vie.
(J'espère que ma célébration poétique de l'eau ne vous saoûle pas, ce serait un comble ...)
18:01 Publié dans Jeux de langue | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
Coup de gueule n° 3 (parce que jamais 2 sans 3)
Coup de gueule agacé, donc, contre les sociétés de cosmétique qui sortent chaque mois ou presque un nouvel allongeur de cils, repulpeur de lèvres ou embellisseur de teint, toujours plus miraculeux, ensorcelant, envoûtant, cher que le précédent, ainsi relégué au rayon « vieux de plus de 2 mois donc introuvables ».
Du coup, lorsqu’on a enfin déniché LE mascara ou LE rouge à lèvres qui nous convient, on se retrouve quelques mois plus tardà fouiller frénétiquement le rayon des fards, poudres et paillettes, sans pouvoir remettre la main sur le produit de nos rêves. Le packaging, le nom et les teintes ont changé.
Pas plus tard qu’hier soir, j’ai perdu 10 bonnes minutes dans le rayon maquillage d’une grande enseigne, à la recherche du discret, sensuel et délicatement parfumé « Charming toffee » de la gamme Glam Shine (parce que je le vaux bien).Le bâton crémeux a été remplacé par un flacon et pinceau baveux, genre Tipp-Ex de luxe. Plus de « charming toffee » mais des nuances qui promettent de me transformer en « siren », « drama queen » ou seductress (mes fesses !).
Heureusement, une charmante vendeuse, prêtant une oreille pleine de compassion à mon désarroi, me réconforta d’un « Vous allez m’adorer, Madame » et plongeant une main délicate dans les sachets estampillés « retour au représentant » de ses tiroirs secrets, en extirpa 2 tubes de mon rouge préféré. Merci à elle !
13:44 Publié dans Fiso en mode vénèr' | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
Ras le casque !
Coup de gueule n°1 (par ordre chronologique) :
Contre le sombre connard frustré du slip (et encore, j’épargne à vos chastes oreilles les termes dont je l’ai abreuvé, dignes de Bonnemine, la femme du poissonnier dans Astérix…) qui, sans doute excédé d’être bloqué dans les embouteillages et me voyant apparaître dans son rétroviseur gauche, a eu la lumineuse idée d’ouvrir sa portière alors que j’arrivais à sa hauteur.
Il pleuvait, les pavés étaient glissants, j’étais en descente et me laissais glisser, insouciante, toute au bonheur d’arriver au terme de mes 6 kms de pédalage quotidien.
Toutes les conditions étaient réunies pour faire faire un beau vol plané à la petite Fiso. Monsieur n’a dû trouver que ce genre d’amusement pour éveiller le semblant d’asticot recroquevillé dans son caleçon défraîchi. Seulement, la petite Fiso croise tous les jours des connards dans son genre et elle a appris à toujours laisser une distance de sécurité entre son vélo et les portières. Sa méchanceté gratuite m’a juste rempli de tristesse pour la fin de la soirée. Je n’y peux rien, je n’arrive pas à m’y faire …
Coup de gueule n° 2
Décidément, je ne sais pas ce qu’ils avaient tous en début de semaine…
Le coup de gueule n° 2 est contre un autre connard qui roulait dans sa fourgonnette dans la file de gauche, à côté de moi et entreprit d’engueuler copieusement un autre cycliste me précédant. Celui-ci tapant la fuite, notre homme s’en prit à moi et me désigna avec irritation la bande sur le trottoir, à tort appelée piste cyclable, que je boycotte pour les raisons déjà évoquées ici. Comme j’ai quelques qualités pédagogiques, tout en roulant à sa hauteur, je lui expliquai pourquoi je m’étais résolue à pédaler sur la chaussée, dans la pollution et les bagnoles. Très vindicatif, ce gentleman m’abreuva d’un « Tu veux que je m’arrête ? ». Ce à quoi, ma grande gueule légendaire ne put s’empêcher de répondre par un défi assorti de menaces avant que nous nous abreuvions d’insultes du plus bel effet et que je le plante, éructant et vitupérant, dans les bouchons.
PS : Je préviens d’ores et déjà ceux de mes lecteurs/lectrices qui voudraient, mûs par une compréhensible inquiétude quand à mon délai de survie dans la jungle urbaine, me dissuader de circuler à vélo dans Paris et proche banlieue : c’est une démarche inutile. Cycliste de la première heure, bien avant que les Vélib' soient à la mode, je m'accroche à mon guidon, quoi qu'il arrive. J’espère juste que si un jour je devais me faire renverser, j’aurai le temps d’envoyer par sms le n° de la plaque fautive à un de mes proches.
12:14 Publié dans Fiso en mode vénèr' | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note

