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  • Je suis retournée au KB

    C’est la première fois depuis que j’ai commencé mon nouveau boulot, il y a 5 mois, que je suis en formation en région parisienne et au volant d’une bagnole. Je ne pouvais donc pas rater cette rare opportunité d’aller boire une mousse à la Comète, comme au bon vieux temps, avec Nicolas et Tonnegrande.

    Lorsque je garai ma bagnole sur le parking du Leclerc, j’eus un léger frisson, comme un premier rendez-vous. J’entrai, ils étaient là, Tonnegrande beau comme un poussin à peine jailli de l’œuf et Nicolas toujours aussi frisé et garni d’une cravate bleue comme ses yeux. C’est comme si je les avais quittés la veille.

    Il est des instantanés, immuables, qu’on aime à retrouver, qu’on caresse du regard, comme ces photos oubliées qu’on retrouve par hasard et qui nous amène instantanément un sourire béat. Des amis d’enfance, comme dirait l’autre. Le bonheur, ce soir, c’était : des blagues de potache, quelques propos à caractère masturbatoire, histoire de se dire qu’on peut pas être d’accord sur tout, un bol de frites, un comptoir doré, un air de reggae, un endroit magique de simplicité.

    Je les aime, ces deux-là.  

  • J'fais ma belle des champs (et je garde la clé)

    L’endroit où je me trouve aujourd’hui est peu exotique. Pourtant ce matin, lorsque je traversai les champs de colza, ce paysage plat me parut soudain familier. Et plus encore ce soir, lorsque le soleil couchant éclaboussait les murs, sous la majestueuse cathédrale.

    C’est dans cette région, surnommée le grenier à blé de la France, que j’ai débarqué de mon île natale du Pacifique. C’est là que mon petit frère est né.

    Mes souvenirs ont le parfum délicat des lourdes grappes de lilas qui dégoulinaient le long de nos murs, sur la route de Blois. Mon enfance a le goût acidulé des tartes à la rhubarbe de ma mère. Après l’école où j’apprenais à lire les aventures de Daniel et Valérie, elle m’emmenait à la bibliothèque, un minuscule local où, dans de profonds bacs en bois, je dénichais des trésors. Et lorsqu’après avoir longtemps trituré une dent de lait brinquebalante, celle-ci tombait, je trouvais sous mon oreiller, au réveil, un cadeau de « la petite souris ».

    Aujourd’hui, je donnais une formation dans le village où il passa une partie de son enfance et qui servit de décor au célèbre roman de Marcel Proust, « A la recherche du temps perdu ». Et ce soir, délaissant la brasserie Madrigal après m’être promenée autour de la cathédrale de Chartres, je me suis attablée au Petit Chaudron, dont la carte était fort originale.

    La déco l’était moins mais le service, assuré par un très jeune homme aux yeux de faon, était discret et attentionné. En entrée, j’ai choisi l’assiette gourmande, un assortiment de 6 entrées, rien que ça ! Un soufflé de courgettes, un sushi de saumon au chèvre saupoudré de sésame, un tartare de crevettes aux agrumes, un tiramisu de tomates au crumble de noisettes et une verrine de caviar d’aubergines au piquant un peu inopportun à mon goût.

    Le temps d’envoyer une spéciale dédicace par SMS à mon frangin, j’attaquai des profiteroles – maison – fourrées de filets de soles et écrevisses et accompagnées d’un trio de poireaux, courgettes sautées al dente et écrasée de pommes de terre. Au Petit Chaudron, on vous donne un sac de courtoisie pour emporter la bouteille de vin que vous avez entamée.

    Vous vous demandiez ce que je devenais ? Quand l’appétit va, tout va, non ?

    Le Petit Chaudron, c’est 11 place des Epars, à Chartres (02.37.21.23.72)

  • Le Niger, invité d'honneur des Mardis de l'Eau !

    Les Mardis de l'eau, ces conférences hebodmadaires dans des villes du Val de Marne, en prélude / préliminaire du Festival de l'Oh!, c'est reparti !

    Par un heureux hasard, la semaine dernière, j'étais en région parisienne pour la première. Enfin, j'étais à 100 bornes de là, mais je n'aurais raté ça pour rien au monde.

    "Le fleuve Niger est l’invité d’honneur de l’édition 2009 du Festival de l’Oh !
    Fleuve Niger ? Pas si vite car dans la langue bamanan, ce fleuve est d’abord «Djoliba», le grand sang.
    Djoliba, comme son nom l’indique, est comme le sang dans un corps. Il fait vivre les femmes et les hommes habitant le long de son lit, il donne même le sens à leur vie. Car au commencement, il y avait le Dieu de l’eau autour de qui s’organisa la vie pour ensuite aller vers la terre, les organisations sociales et les pratiques.
    C’est à travers lui que les voyages s’organisaient pour passer d’un peuple vers un autre, pour se marier, mais aussi pour chasser et pêcher."

    Les Mardis de l'eau, c'est chaque mardi de 19h à 21h et c'est gratuit (et y'a une dame qui tape super vite sur son ordi pour que les malentendants puissent suivre la conférence sur un écran). Et le programme, c'est ici :

  • Chez Dana

    Moi, je n'ai pas grand-chose à écrire, ces temps-ci. Mais elle !

    Dans ses "Essays In Love", Alain de Botton fait une analyse intéressante de ce temps dont l'emploi français m'a toujours un peu échappé.

    Le futur antérieur peut exprimer :

    • un fait considéré comme accompli dans le futur de manière certaine.
      EX : Dans cinq minutes j'aurai fini de manger.
    • un fait futur, antérieur à un autre présenté au futur simple.
      EX : Lorsque j'aurai mangé, je débarrasserai la table si vous le permettez.
    • une hypothèse à propos d'un événement déjà passé.
      EX : Ils se seront encore égarés en ville.
    • une récapitulation, un bilan.
      EX : Toute sa carrière n'aura été qu'une longue suite de succès.

     (Wikipédia)

     

     Je trouve ce temps infiniment plus beau pour parler d'une histoire d'amour qui, à défaut d'habiter le passé ,s'est déplacée vers un futur hypothétique ou un futur bilan. Vivre dans le présent, ce serait parfois  s'engager dans une réalité imparfaite, dangereusement éphémère.Alors que le" future perfect" ça peut signifier le support d'une vie idéale, en contraste avec le présent et sans engagement réducteur. Le futur antérieur me ramène à une certaine idée d'éternité comme si on était sur terre suffisamment longtemps pour ne pas se rabaisser à considérer les occasions d'aimer et d'offrir de la tendresse limitées.Et aussi pour savoir les apprécier.C'est reposant de vivre dans un futur antérieur. Il y a toujours cet arrière goût de durée. Enfin, pour moi. Je suis une rêveuse incorrigible. Cela empêche d'accorder trop de poids à un présent qui risque d'être lourd à porter.

    Si je devais offrir ce temps à quelqu'un , il sera sûrement à celui qui aura reçu le meilleur de moi-même et qui m'aura consacré en femme unique, irremplaçable. De sorte que ,le jour où je fermerai mes yeux, je puisse me dire sereinement:

    "J'aurai aimé. "