30.12.2008

Un dîner dans le quartier d'Obuda

Le soir, nous nous faisons jeter du Poco Loco. Décidément, il semble que nous soyons condamnés à ne jamais manger dans ce restaurant, à quelques encablures de l'hôtel, où nous bénéficions d'une réduction de 10 %. Le premier soir de notre arrivée tardive, il était déjà fermé, ce soir, il abrite une soirée privée.
RLB propose d'aller manger dans le quartier d'Obuda.
Sur le chemin, Oh! m'attrape par le bras et m'entraîne dans une rue perpendiculaire au Danube, devant un immeuble lugubre donnant sur un petit square. Il est ému de revenir devant cet immeuble où il a vécu pendant 4 années. Il le racontait ici.
Nous continuons dans les rues larges et sombres. Ce n'est franchement pas animé, bien que RLB nous assure qu'on va trouver pleins de restaurants un peu plus loin. Yo et moi le charrions "Oh, chouette, encore une pharmacie!"
Nous arrivons bientôt sur une place un peu plus animée et bordée de restaurants. Un joli endroit au charme un peu désuet, atmosphère renforcée par les rues pavées, les maisons colorées, les églises baroques et les lampadaires.
Nous entrons au Leroy Café, une adresse branchouille.

leroy_obuda.jpg

Le cadre est design, la déco contemporaine, les lustres splendides et les fauteuils en velours noir merveilleusement moelleux. Nous commandons des soupes, je choisis une gulyàs (qui se prononce gouillache).
La gulyàs hongroise est une soupe et le ragoût au paprika que nous appelons goulasch en France est un pörkÖlt. Ma gulyàs est à peine mangeable, très salée. C'est la deuxième fois que je mange une soupe hongroise et elles sont toutes trop salées. RLB confirme que l'hypertension frappe beaucoup de Hongrois qui consomment beaucoup trop de sel. Lui-même trouvait la nourriture française trop fade et aujourd'hui, il n'arrive plus à manger aussi salé.
A une table voisine, je remarque un très bel homme, aux cheveux poivre et sel et pourtant jeune, qui fume un cigare et boit un verre de vin. Il est d'une sensualité folle et j'ai du mal à cesser de le fixer. Certains Hongrois ont un visage taillé au couteau qui leur confère quelque chose de mystérieux. Si je pouvais le croiser aux bains, celui-là ...

Leroy Café (suivre lien)

1036 Budapest, Bécsi ut 63.

Un déjeuner avec Tom Hanks

Ce midi-là, nous étions invités à déjeuner dans les collines, au sud de Budapest (Boudapecht en version originale).
Le quartier est résidentiel et l'architecture des maison assez varié. Sur le pas de la porte, on nous fait déchausser et enfiler des "papucs" (papoutche). C'est pas con, tiens, et je crois que je vais en acheter quelques paires pour mes futurs invités parisiens, ça évitera de dégueulasser à coup sûr mon carrelage blanc.
Tom Hanks en personne nous accueille, ben oui, il est là incognito avec sa femme, une jolie blonde aux yeux bleus, petite mais élancée, et ses deux filles, dont une avec laquelle j'ai partagé un thé à la menthe, sur une place parisienne. La maison est cossue, chaude et accueillante. On nous fait asseoir autour d'une grande table et on nous propose une eau-de-vie hongroise ou un Baileys.

J'opte pour le Baileys, en souvenir d'un vol mémorable au-dessus de l'Atlantique. Nous nous sommes perdus et très en retard, et tout le monde est affamé. La maîtresse de maison pose sur la table un plat de tranches de dinde entouré de pommes au four sur lesquelles sont déposés des pruneaux et des cerneaux de noix. Il y aussi un plat de purée et de riz blanc, ainsi qu'un bel assortiment de saucisses. Tom précise que ce sont des hurka (boudins), faits par ses parents. Il y en a des noirs, des boudins au foie, et des saucisses épicées et piquantes.

La maîtresse de maison dépose aussi un saladier qu'elle appelle "kompòt" mais qui ressemble plutôt, pour moi, à une salade de fruits, ainsi qu'une assiette de chou et paprika (poivrons) marinés. Les Hongrois ont l'habitude de manger l'un ou l'autre de ces accompagnements avec les plats de viande. Les boudins sont délicieux, j'en ai rarement mangé d'aussi bons.

Plat tom hanks.JPG

Avec cela, Tom nous sert un vin blanc cultivé sur les bords du lac Balaton par son frère qui y possède des vignes. Le lac Balaton est une station balnéaire très prisée des Hongrois mais aussi des Allemands, Hollandais et Autrichiens.
Le repas est très convivial, ponctué par les éclats de rire cristallins de RLB. Toute la famille l'appelle "Oetchi", ce qui signifie "frère cadet".
Au dessert, nous dégustons des roulés au pavot et noix et des gâteaux à la banane, faits par la maman de Tom.

Dessert Tom Hanks.JPG


Il fait nuit lorsque nous quittons la maison et rejoignons la station de bus, perdue au milieu de barres d'HLM. Le quartier est désert et pas très joyeux. Nous montons dans un ancien tramway dépourvu de chauffage et rejoignons l'hôtel.

* Note à l'attention de véroPapillon, Boug' et les autres : je n'ai pas déjeuné avec Tom Hanks, mais il y ressemblait beaucoup ...

La joie de vivre à la hongroise

La question à ne pas poser à un Hongrois (dixit RLB, Hongrois de son état) : "Comment ça va ?".
Les Hongrois sont hypocondriaques, et RLB ne fait pas exception.

On trouve d'ailleurs une pharmacie à chaque coin de rue ou presque, et les publicités pour les médicaments sont nombreuses (enfin, pas autant qu'aux Etats-Unis, il me semble, tout de même).

La Hongrie a longtemps détenu le record mondial du taux de suicides.Si elle a été détrônée, elle reste encore dans le peloton de tête.

29.12.2008

Budapest, les bains, encore et tous les jours

Hier matin, vers 11h, nous pénétrons dans les bains Gellért, récemment rénovés.

Pour moins de deux heures, l'entrée coûte 3000 forint (12 € environ). Ce n'est pas cher pour nous mais ça l'est pour les Hongrois, le SMIC étant à moins de 500 € ici. C'est la raison pour laquelle de nombreux Hongrois se munissent d'ordonnances médicales leur autorisant un accès gratuit.

Dès l'entrée, l'architecture Art Nouveau est majestueuse. Au plafond, des rosaces, dans le hall, des colonnes torsadées, des statues de femmes nues, des incrustations de céramique. Yo et moi empruntons un long couloir qui longe, en contrebas, les bassins. A travers des hublots, nous apercevons des pieds, et des corps qui flottent. C'est assez surréaliste.

Nous nous séparons le temps des vestiaires où je me perds, bien sûr, et nous retrouvons dans une salle immense.

Gelléert.jpg

Nous plongeons dans un premier bassin, waouh, c'est froid, nous ressortons en hâte et en choisissons un autre, bien plus peuplé (et plus chaud). Nous y restons un long moment à discuter de la chance des Hongrois d'avoir la possibilité de se détendre dans des endroits aussi beaux. L'Allemagne aussi possède une tradition thermale. Je me souviens des bains à Stuttgart et de ma visite des thermes de Baden-Baden.

Quel dommage que de tels endroits n'existent pas en France, ou soient en tout cas reservé à des classes sociales aisées. Nous avons pourtant, nous aussi, eu des thermes romains. Pourquoi avons-nous perdu, en France, le culte du bien-être ? Poids de la religion judéo-chrétienne, qui culpabilise le plaisir ? Pourtant, les Hongrois sont catholiques à 80 %.
Peu après, nous perdons un peu de temps à chercher le sauna. Il n'est pas mixte et nous convenons de nous retrouver dans le même bassin vingt minutes plus tard. Je pénètre dans une autre grande salle, il y a des femmes nues, d'autres habillées. Peu d'étrangères, à première vue. Je reste quelques minutes dans le sauna, puis me plonge dans un bassin à 36 degrés, un autre à 38. Deux degrés seulement mais quelle différence dans le ressenti de la chaleur !
Yo m'attend déjà dans le bassin. Nous offrons nos épaules et notre dos à des cascades chaudes et délassantes.
Lorsque nous ressortons un peu plus tard dans le froid mordant de la ville, nous rejoignons, en tramway, RLB dans les faubourgs de Budapest, pour un déjeuner avec ... Tom Hanks ! Mais ce sera le sujet de mon prochain billet ...

28.12.2008

Budapest, le quartier du château et les bains Széchenyi

Budapest, hier, 22h30. Le taxi enjambe le Danube et nous dépose à l'hôtel, côté Buda. L'arrivée de nuit, les rues pavées traversées par le liséré argenté des lignes de tramway me rappellent les rues du vieil Istanbul.

On pose les valises, il faut trouver un endroit où manger avant que tout soit fermé. Ce sera un fast-food turc traversé de courants d'air, où nous finissons les plats. Sur le chemin du retour, nous stoppons dans un café pour une boisson chaude et revigorante. Le froid est sec et mordant. Je suis avec 2 fumeurs et pourtant, nous marquons tous un moment de surprise en prenant place dans la salle enfumée. Le paquet coûte deux fois moins cher ici, et les Hongrois sont de gros fumeurs.

A une table voisine, un couple passionné se roule des pelles voraces. Mon ami RLB confirme : les Hongrois sont peu pudiques et les scènes de baisers en public sont courantes.

Ce matin, il est 9h20 lorsque j'ouvre la porte de la chambre pour découvrir, en contrebas, la piscine extérieure de 50 mètres déjà fort peuplée. J'avale un café, quelques rondelles de salami et, armée de courage, suis mon pote sur les dalles de pierre. Se balader en maillot de bain par zéro degré (enfin, j'ai un peu couru quand même pour me jeter à l'eau, j'avoue) est un petit exploit. L'eau paraît bien chaude, en comparaison.

piscine hotel.jpg

Quand je remonte dans la salle à manger après quelques longueurs, un méchant coup de barre me frappe. Je n'ai qu'une envie : me remettre sous la couette mais ce n'est pas le programme.

Après le petit-déjeuner, nous longeons le Danube pour monter dans le quartier du château. Les façades des maisons sont colorées de teintes pastels, les rues pavées, je retrouve l'architecture praguoise. RLB nous montre la plus vieille maison de Budapest. La lumière est magnifique, le soleil radieux et le ciel bleu. Il paraît que ça va durer toute la semaine.

Plus loin, nous bifurquons à gauche et découvrons une superbe église aux tuiles colorées et vernies : l'église Saint Matthias, quelque peu défigurée par une rénovation. De là, un panorama grandiose sur la ville.

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En face de nous, le Parlement et en contrebas, le pont des Chaînes, le plus vieux pont de Budapest construit par le comte Széchenyi (qui a également donné son nom aux célèbres bains).

Le pont Széchenyi et le Parlement.jpg

Nous empruntons ce pont pour rejoindre Pest, passons devant la fameuse pâtisserie Gerbeaud et débouchons sur la place Vorosmarty où des gens sont attablés sur des bancs en bois. Nous louchons sur des jarrets et saucisses dodus en train de griller en plein air mais RLB ne veut pas manger dehors par ce froid et nous descendons dans le métro.

Place Vorosmarty.JPG

Le métro de Budapest est le plus vieux métro continental et le deuxième métro européen après celui de Londres. Il est beau et spacieux avec ses poutrelles métalliques vertes et ses portes en bois.

 

 

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Nous descendons à Opera et marchons sur l'avenue Andrassy où se succèdent les boutiques branchées. Nous déjeunons de soupes hongroises dans un restaurant.

Nous reprenons le métro pour rejoindre les fameux bains Széchenyi. Je suis toute excitée d'entrer dans ce lieu mythique. Les garçons m'abandonnent et je mets un peu de temps à les rejoindre à l'extérieur. A travers les épaisses volutes de vapeur, j'ai du mal à distinguer leur silhouette. Ils me font signe. Quel pied d'entrer dans l'eau chaude à souhait après une journée à crapahuter dans les rues de Budapest !

bains 3.jpg

Après quelques instants de délassement, O. m'entraîne pour un parcours de santé. Nous faisons quelques pas sur le sol glacé (on s'habitue vite en fait) et pénétrons dans une salle exiguë, toute en longueur et en bois blond où des dizaines de corps se pressent : le sauna. Nous y restons quelques minutes puis nous frottons le corps de galettes de glace que distribue une étrange machine, avant de nous immerger dans un bassin d'eau glacée. Ensuite nous nous plongeons dans divers bassins, un à 28 degrés, un autre à 35, puis un petit tour très rigolo dans un bassin à courant qui nous fait tourner à toute vitesse. Après 2 heures de bonheur, nous ressortons, tous épuisés, vannés même.

Une heure plus tard, la maman de RLB dépose devant nous du riz et des tranches de carpe panée, un plat de fête et plus particulièrement de Noël. Elle nous honore. Il est tard lorsqu'après plusieurs connexions en bus, nous rentrons nous écrouler à l'hôtel.

Je vais me coucher, demain une autre journée, toute aussi remplie, nous attend !

 

24.12.2008

En Crète avec l'UCPA - jour 7

(dernier volet de mes aventures sportives en Crète, racontées ici et , par exemple)

Départ d'Almirida, notre base, pour 6 kms de côte jusqu'à Drapanos, descente fort agréable - et furieusement casse-gueule - sur une route en lacets puis re-côte jusqu'à Kefalas. De là, je me laisse glisser relativement prudemment jusqu'à Likotinara (j'ai jamais été prudente dans les descentes) et fais une pause photo pour saisir une jolie chapelle avec montagnes enneigées en arrière-plan.

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Re-côte jusqu'à Sellia, où nous visitons une fabrique d'huile d'olive qui fait office de coopérative. En Crète, chaque habitant dispose d'une parcelle de champs d'oliviers et peut apporter sa récolte dans cette fabrique pour la presser. Nous repartons et je m'éclate (au sens figuré) dans une méga-descente jusqu'au joli village verdoyant de Georgiopouli. Nous traversons des champs d'oliviers, de citronniers et d'orangers. J'en profite pour retirer de l'argent, pendant que Paola et Denis font une bataille d'eau. Nous poussons jusqu'au lac de Kournas, dont les eaux vont du vert turquoise au vert émeraude. Je meurs de soif et rêve d'une bonne Mythos bien fraîche.

 

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Nous repassons par Georgiopouli et refaisons une petite grimpette jusqu'à Vrisses. Dans ce village ombragé, capitale mondiale du yaourt au miel, aux dires de Dzé, nous partageons un yaourt grec aux miel et noisettes à la taverne Kapri. Avant de repartir, le patron nous offre un raki (3 pour moi car Denis et Laurent me file leur part). On repart, et là, je regrette vite mes 3 rakis ...

3 kms de côte jusqu'à Vamos, je ne regarde pas devant moi mais le paysage, histoire de tenter d'oublier que j'avance à 2 à l'heure sous le cagnard. Des lacets, encore des lacets, ça grimpe, pas un plat et loin, loin devant, le maillot jaune de Laurent, mais l'honneur est sauf, je ne suis pas la dernière. Paysage à couper le souffle, montagnes, villages blottis, ça sent bon le thym et plein d'autres choses. Ensuite, que du bonheur, descente jusqu'à Gavalahori. C'est là que Dzé nous réunit devant une carte de la région et nous montre notre périple. 

"A votre avis, vous avez fait combien de kilomètres, aujourd'hui?" demande-t-il. J'hésite entre 30 et 40. Dzé annonce 51 kms dont 6 + 3 de côtes en continu. On est tous super fiers et la fin de la descente jusqu'à Almirida se fait le coeur léger.  

A l'entrée de l'hôtel, sur le tableau blanc, "apéro au beach office". Moi je rêve d'une douche glacée, on convient de se retrouver à la piscine pour quelques plongeons. J'enfile mon maillot et rejoins les garçons. Première baignade dans la piscine, elle est effectivement glacée mais ça fait du bien après les 51 kms sous le soleil. Trois mamies anglaises bouquinent au bord de la piscine, je papote avec l'une d'elle. On fait plusieurs plongeons, Laurent éclabousse les mamies anglaises, je pique une crise de fou-rire avec Karim, ça dure un quart d'heure, dos secoués sur les transats. Je file prendre une bonne douche chaude et là, méga coup de barre.

A 19 heures, on retrouve le groupe au beach office. Raki, tzatziki, tarama, discours d'adieu à Fred qui quitte le centre et part comme directeur à Calvi. Ca y est, Laurent a les yeux qui brillent, il me dit "P'tain, ils me foutent le cafard, ces cons !". Denis aussi a le visage fermé. On commence à réaliser que demain c'est le départ. Je donne rdv à Raphaelle pour un dernier petit-déj' chez Françoise le lendemain matin. Avant de se coucher, on dit tous au revoir à "Zuzu" qui quitte l'hôtel le lendemain matin à 7h pour une semaine d'itinérance dans l'Est de l'île.  

 

Mon coloc' a failli être papa !

C'était il y a quelques mois, quand j'avais encore un coloc'.

Je rentre dans l’appart, aligne mon vélo contre le placard de l’entrée et lance : « Hello ! ». Il me semble entendre en écho un « Salut ma belle ! ». Incrédule, je demande « comment tu m’as appelée ? ». « Ma belle », répond mon coloc’. « Ouh ! Quel accueil agréable ! » Faut dire que mon coloc’ appelle rarement une femme « ma belle » et encore moins sa coloc’.

Le matin même, il était parti bosser en ronchonnant, de fort méchante humeur parce qu’il s’était coupé en se rasant pour la 2ème fois de la semaine (et on était mardi). Ce soir-là, quand je pénètre dans le salon, il pianote sur l’ordi, la mine réjouie. On papote de la journée, il m’explique que ça va mieux au taf, qu’il est content parce qu’il remplit ses objectifs et devrait avoir sa promotion. On pique une crise de fou-rire en parlant de nos finances à sec alors qu’on est qu’à la moitié du mois. On se réfugie dans la cuisine, je propose une rascasse rôtie à l’huile d’olive et au cumin et tandis qu’elle glougloute dans le four, on se sert un verre d’un petit vin blanc un peu licoreux. On est de très bonne humeur tous les deux.

Tout à coup, son visage devient grave, il fixe la table et me dit : « A la fin du mois, je claque 30 euros, un truc super important. » « Ah ouais ? ». « Ouais. Tu vas sûrement te foutre de ma gueule, me prendre pour un fou, mais j’adopte un requin. » Là, j’explose de rire. Heureusement que j’étais pas en train de boire, j’aurais avalé de travers.

Il se marre aussi. « Vas-y explique », je lui dis.

« Ben ouais, j’aime trop ces bestioles, ils sont hyper utiles et personne les aime. En Chine, il pêche les requins, leur coupe les trois ailerons et les rejette dans l’eau, comme ça. C’est dégueulasse, Fiso, alors moi je vais adopter un requin. Une femelle. Et si y’en a un qui la tue, je porte plainte ! »

Vous auriez vu sa tête. Un vrai gosse ! Il était tout content, les yeux qui brillent, me dit que ça fait 2 semaines qu’il y pense. Je réalise que c'est super sérieux pour lui, c'est pas le moment de rire. Il me montre sur l’ordi le site en question. Les requins sont bagués et on peut suivre leurs déplacements.

Mon coloc' part en plein délire : « Ouais, fifille, t’es en Gironde ? Ok, viens voir Papa ». Je lui propose un prénom pour fifille : "Quenotte". Quand je lui ai dit « P’tain, t'es vraiment barré, je vais raconter ça sur mon blog, tiens », il s'est marré : « Ok, Fiso, mais attends d’abord que je l’aie adoptée, sinon j’vais me faire niquer et y’en aura plus ».

J’ai tenu parole sauf qu'à l'heure qu'il est, il a décidé d'adopter une meuf à la place d'une requine. Elle est pas encore baguée mais je sens que ça va pas tarder.

20.12.2008

La rage (aux dents)

Y’a des moments dans la vie où on doit se rendre à l’évidence : on est une pauvre petite chose fragile face à la douleur.

J’ai de la chance, la douleur physique me frappe rarement. Alors du coup, je suis réfractaire aux médicaments (et aux docteurs de façon générale), persuadée que je suis de pouvoir surmonter la douleur toute seule comme une grande. Faut vraiment que je sois sur le flanc pour pousser la porte d’un cabinet médical.

Il y a quelques semaines, je me suis décidé à prendre rendez-vous chez le dentiste. J’y suis abonnée depuis l’âge de 6 ans, je m’en souviens vaguement de cette première fois dans le fin fond de la Beauce où nous vivions alors. Mes parents m’avaient emmenée en urgence dans un immeuble chez un dentiste asiatique. Les années suivantes, j'étais le cobaye attiré des bidasses apprentis dentistes de la garnison de Munsingen.

Quand je prends rendez-vous chez un dentiste pour une visite de routine, comme tout le monde, j’en prends pour au moins 3 mois de rendez-vous hebdomadaires. Alors je traîne la patte.

Ma dentiste est très sympa. Son premier avantage c’est que son cabinet est quasiment en-dessous de chez moi, ça me permet de bloguer peinarde en pyjama jusqu’à l’heure du rdv.

Elle est sexy, ma dentiste, une belle brune longiligne en mini-jupe, et elle est très bavarde. Je connais beaucoup de sa vie et comme elle est curieuse, elle en connaît un peu de la mienne aussi. On a des discussions vachement intéressantes. 

C’est d’ailleurs frustrant parce qu'ayant la bouche pleine de ses doigts, je ne peux qu’ émettre des sons indistincts.

La dernière fois, elle m'a dévitalisé une dent qui m'emmerde depuis des années et elle m'a prescrit du Di antalvic à prendre en cas de douleur. "Surtout, n'attendez pas si vous avez mal, la douleur ne va jamais en s'atténuant".

Je suis sortie de chez elle, j'ai attendu, pas mal le jour même, ni le lendemain, tout va bien me suis-je dit, et je n'ai pas acheté le médoc. La Sécu ne pourra pas m'accuser de lui creuser le trou.

J'ai bien senti que la gêne passagère durait un peu plus longtemps que les deux jours prévus mais je n'ai pas réagi. Ma dent, elle, oui.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, la douleur est arrivée, d'un coup, lancinante, torturante, et m'a fait passer une nuit blanche, à me taper la tête contre les murs. Les pauvres cachets de paracétamol que j'avais dans mes placards me laissaient une ou deux heures de répit au cours desquelles je m'endormais, avec la sensation d'avoir le coeur qui battait dans la dent, et je me réveillais en sursaut.

Le vendredi matin, je suis arrivée ventre à terre à la pharmacie. Devant ma mine défaite et mes traits tirés, la pharmacienne m'a donné un verre d'eau pour que j'avale illico presto le cachet qui atténuerait ma douleur.

Au boulot, j'ai prévenu que je risquais de n'être pas très joviale ce jour-là.

Le midi, c'était notre repas de Noël, j'ai mangé mes sushis comme une pauvre petite vieille, le moindre contact avec ma dent m'arrachait des bonds.

Heureusement que les brownies étaient assez fondants, eux. Dans la matinée, j'ai appelé ma dentiste, elle pouvait essayer de me prendre à 19h.

Pour couronner le tout, quand les collègues ont branché le vidéoprojecteur sur mon ordinateur pour la réunion, il s'est éteint et n'a plus voulu redémarrer, même en mode sans échec. On l'a emmené aux urgences lui aussi, verdict : Windows grillé. J'aurais vraiment dû rester chez moi.

Le soir, ma boss me libère à 16h vu que je tenais à peine debout, je reprends les transports avec un vieil ordi de dépannage qu'on m'a prêté pour pouvoir bloguer bosser ce week-end.

Arrivée dans ma rue, j'appelle ma dentiste qui m'annonce qu'elle peut me prendre tout de suite entre 2 rdv. Elle ouvre la porte, je lui dis que je n'ai jamais été aussi heureuse de la voir (je changerai d'avis une fois allongé sous le néon). Elle m'a fait un mal de chien, je vous passe les détails, j'en aurais chialé.

Arrivée chez moi, Boug' m'appelle toute guillerette "Ca va ma poule ?" , je peux à peine lui parler tellement j'a mal, j'appelle ma mère (ben oui, je fais toujours ça quand j'ai envie de me faire plaindre), lui ai laissé un message tellement lugubre qu'elle a cru que quelqu'un était mort. Quand elle a rappelé chez moi, j'étais partie, elle s'est dit "bon, si elle est déjà repartie en vadrouille, c'est que ça va mieux".

En fait, ça n'allait pas tellement mieux mais j'avais un rendez-vous que je ne pouvais rater sous aucun prétexte, avec un frisé rondouillard pour lequel j'ai beaucoup d'affection (t'as vu, je n'ai pas écrit "gros") à la Comète, célèbre bistrot du KB. Arrivée là, une agréable surprise m'attendait : Tonnegrande (qui répond désormais au surnom d'Obama). Toujours aussi élégant et agréablement parfumé, il était en bien meilleure forme que la dernière fois que je l'ai vu. 

Le truc chiant avec mon nouveau boulot, c'est que le bureau est à l'exact opposé de la Comète. Ça fait que j'avais pas vu mes deux chouchous depuis près de 2 mois.

Divyne, mon pote rencontré sur Meetic et KBzeur lui aussi , nous a rejoint. Il a la même coupe de cheveux que Nicolas -si on peut appeler ça une coupe- et ça lui va super bien.  On dirait vraiment 2 frangins, ils sont tous les deux bretons en plus, sauf que Nicolas a les cheveux gris et que Divyne a une tonsure. 

J'ai carburé au jus d'abricot, antibiotiques obligent, pris des nouvelles des uns et des autres. Notre conversation passionnante m'a donné de belles idées de billets que j'espère exploiter ici même prochainement.

Ils ont même réussi à me faire rire et oublier que j'avais mal aux dents.

Merci les copains !

 

14.12.2008

Laurent Vignais expose ses sculptures à Versailles

J’avais découvert les sculptures longilignes en acier de Laurent Vignais à la biennale d’art contemporain où mon ami Igor exposait, en février dernier, ses magnifiques mosaïques colorées et empreintes d’africanité.

Laurent expose ses œuvres à Versailles jusqu'au 18 décembre. Il vous reste quelques jours !

(…) J'entaille, j'enlève, je déplace

l'émotion naît lentement du recommencement

l'œuvre est ce qui reste

de ce grand chambardement

des corps et des regards façonnés du tremblement d'émotion

scellés d'un trait de fusion.

Chargés d'humanité

ils portent en eux les bribes de nos propres existences."

Laurent Vignais

 

WEBClint.jpg

 

Là, au-dessus, c'est "Clint", prêt à dégainer.

Ca se passe à la galerie de l’école des Beaux-Arts, 11 rue Saint-Simon à Versailles (en semaine de 16h30 à 19h et le samedi de 15h à 19h).

 

11.12.2008

La phrase du jour

De Philippe Petit, funambule :

"Les vrais artistes ne se conforment pas aux règles. Moi je ne respecte pas les lois de la pesanteur, je n'allais pas respecter celles des hommes."

Et une interview de lui. Il me fascine, "l'inverseur d'émotions" ! Pas vous ?

 

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