Faut que je précise, ma copine Sophie, c’est une couillue. Des yeux immenses, tristes, mais une bonne humeur quasi permanente. A à peine 30 ans, elle dirige une équipe de 20 personnes. On bosse ensemble et le rapport professionnel s’est vite doublé d’un rapport amical. Ca ne m’empêche pas de faire mon boulot. Et même de faire des heures supp’ non déclarées, pour le plaisir de faire les cons ensemble, comme je le racontais là.
Donc, on parle longtemps et j’essaie de la consoler, même si je ne connais absolument rien aux effets secondaires de la maternité. Elle se sent moche, grosse, ça je peux bien le comprendre. Elle me demande si on peut se voir un samedi, elle a besoin de sortir. Elle propose de passer me chercher avec son nourrisson. On prend une date pour la semaine suivante, au programme balade dans Paris puis dîner chez elle pour que je rencontre son homme.
Le samedi prévu, son mec a la bonne idée de se proposer pour garder les 2 z’affreux. Nous voilà donc parties bras dessus bras dessous dans le Marais, un de mes quartiers de prédilection. Y’a plein de bonnes choses à manger et à boire là-bas et des boutiques sympas. Sophie, c’est une gourmande. De tout. On se ressemble pas mal d’ailleurs, je trouve, dans le parcours, le physique et le caractère.
Elle a la pêche, ce jour-là, ma Sophie. Plus de larmes et en plus, le soleil brille aussi à l’extérieur. Quand je prends des nouvelles, elle me dit qu’elle pète la forme parce qu’avec son mec, ils ont repris les câlins et que ça lui manquait grave. J’éclate de rire. Elle continue « Chouchou (ouais elle m’appelle comme ça), t’as déjà essayé les capotes vibrantes ?
Elle m’explique que des potes leur en ont offert une pour rigoler, que c’est trooooooop bien, même que quand son mec lui a dit que ça lui faisait rien de plus, elle a répondu « c’est pas grave, chéri, continue, moi j’adore ». Elle ajoute « Tu sais quoi, j’ai tellement aimé que j’ai même failli la stériliser dans le truc à biberon du bébé pour la réutiliser ».
Inutile de vous décrire comment j’étais explosée de rire dans les rues du Marais. La mission du jour, donc, c’était d’en acheter d’autres. Elle entre dans une pharmacie pour en acheter, juste au moment où mon pote Oh !91 m’appelle. Je lui raconte la mission du jour, et je suis là à m’éclater de rire avec lui sur le trottoir. Sophie ressort et me dit « Laisse tomber, la dame derrière son comptoir avait pas loin de la soixantaine, j’ai pas voulu la choquer ».
On entre dans une autre pharmacie où il y a 2 hommes et un seul client. Pendant que je l’attends devant un rayon, Sophie demande à voix basse au jeune noir derrière le comptoir s’il vend des « capotes vibrantes ». Il dit « Pardon ? ». Alors, elle répète plus fort et part dans un fou-rire, me contaminant en même temps que le vendeur qui lui désigne le rayon devant lequel je me trouve.
« Ah ben, d’accord, c’est en rayon, j’aurais pu éviter de m’afficher », dit-elle, pas perturbée pour un sou. Le temps de choisir, de payer, on est dehors.
A presque 10 € la capote à anneau vibrant, ça a intérêt à être bien ! Le soir, avant la raclette, elle nous fait une leçon de choses et déballe son nouveau joujou sous les yeux amusés de son mec et du couple d’amis présents.
La soirée fut chaleureuse et animée, j’ai eu quelques sueurs froides aussi (si, si !) quand son fils de 4 ans m’a sauté dessus et a entrepris de m’arracher/soulever mon pull pour voir mes « gougouttes ». J’ai eu beau lui dire qu’ y’avait pas de gougouttes et que c’était là que pour la déco, il était limite hystérique.
Le plus drôle, c’était lundi, jour de reprise du travail de Sophie. Au moment de la pause café dehors, elle s’écrie « Oh, chouchou, j’ai pensé à toi ! Tu sais pas la dernière ? »
« Non, mais je sens que je vais encore me marrer »
« Avec mon mec, on essaie la capote vibrante. Et là, il me dit « Oh, chérie ! y’a un bouton on/off … »
Moi, faisant semblant de ne pas comprendre ce que j’ai déjà compris « Tu vas pas me dire que vous l’aviez pas mis en marche la première fois ? »
« Ben si, on s’est piqué une de ces crise de rire ! C’est quand même vachement mieux quand on le met en route, l’anneau. Ah la la, on est vraiment bien des blonds, tous les 2 ! »
Une grande sensible aussi, ma Sophie …