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  • Elles et moi

    Je vous regarde fixement. Vous ne me voyez pas, vos yeux sont baissés. Je vous souris, de temps en temps. Je sais ce que vous pensez.

    Vous pensez que nous sommes différentes, et même opposées.

     

    Vos cheveux sont argentés et la vie a griffé votre visage de sillons épais. Sur les photos de votre jeunesse, à côté de votre grand amour, dans un décolleté trop provocateur, j’ai découvert une femme qui n’est pas vous, une poupée qui fait oui avec la tête et non avec le cœur, comme dans la chanson. Effacée, dévouée, vous vous êtes laissée désarticuler sous les coups de celui qui disait vous adorer.

     

    Toi, petit elfe facétieux, tu danses sur les pavés mouillés comme tes joues, les soirs de solitude. Je te connais si peu mais je t’aime tellement, si tu savais. Si tu savais comme chacun de tes mots m’arrache le cœur, comme je me retiens d’écrire pour ne pas me dévoiler. Je te parlerai, un soir, lorsque nous serons seules, et nous pleurerons de rire, et le vin coulera.

    Nous mettrons des talons hauts et de jolies robes qui s’envolent et nous nous enivrerons d’amour et de musique. Tu es mon exutoire caché.

     

    Tu portes son prénom, c’est drôle, et pourtant tu ne lui ressembles en rien. Je t’aime mais ne te comprends pas, c’est pas grave et c’est réciproque. Tu as dit un jour une phrase qui nous a fait mal à toutes les deux, j’aurais pu nier, te rassurer, mais je ne veux plus mentir.

    Tu me rapelles cette phrase dans un très beau livre qu’un garçon m’a offert : " Le seul instant de sa vie où elle fut reine fut le jour de sa mort."

     

    Toi, la dernière pierre que j’ai découverte. Tu étais là, posée sur un lit de mousse, et je ne t’avais pas remarquée. C’est parce que tu as une telle générosité que tu mets les autres en vedette. On a partagé un plateau et des confidences, et soudain ma voix a tremblé. Je sais ce que ça veut dire.

  • Ma manga girl

    Mon vélo a passé sa 3ème nuit devant la mosquée de Paris. J’ai pas eu le courage d’aller le chercher hier, en sortant de Paris Carnet à 23h, surtout avec le risque qu’il n’y soit plus. On verra ce soir.

    Richard était enrhumé, Fauvette absente mais Bénédicte toujours aussi délire, Oh!91 au fond de son lit avec une amygdale surinfectée (vas savoir ce qu'il a encore été avaler, çui là!), Boug’ a encore pris des photos dégueus au chocolat coulant, ça devient une habitude, on a ri comme des gamins de 15 ans, et puis … on avait un invité surprise, le chéri de ses dames, qui arborait comme promis son joli badge jaune …

     

    Ce matin, 10 degrés annoncés au dessus du périph’, je marche d’un pas traînant jusqu’au tramway et là, venant vers moi, je reconnais ma petite sœur à la tête de manga, avec ses jolis macarons au-dessus des oreilles. Je l’embrasse dans le cou, d’ailleurs maintenant j’ai les lèvres parfumées à l’Ultraviolet, la serre dans mes bras, « Mais qu’est ce que tu fais là ? », elle part en formation pour une journée dans le nord de Paris, pas envie d’y aller, moi non plus, j’ai envie de lui dire « Viens on va se prendre un petit déj’ toutes les deux », mais ce ne serait pas raisonnable …

    Je monte dans le tram’, j’évite de penser que mon frère part vivre à Nantes ce week-end, et que ma petite Marion va s’exiler bientôt aussi en province. D’habitude c’est toujours moi qui part, et là, ma fratrie me lâche, ça me fait drôle, et j'appréhende.

    Je suis déjà épuisée à l’idée de cette journée à assurer pour 2, ma collab’ étant malade, en plus j’ai encore raté cette p… de navette, et Nova qui passe que des chansons tristes, belles comme celle que j'ai mise là, en dessous, mais tristes, fait chier …

    (ah si ! la bonne nouvelle, c’est que je vais passer le Nouvel An à Budapest avec ma bande de barjos ! j’ai acheté mon billet hier !)