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  • Budapest, 3ème !

    budapest,szechenyi,rudas,kiraly,gellértIl y a quelques mois, mon amie de lycée Esperanza m’avait lancé « On se fait quand un weekend entre filles ? ». Le dernier, c’était … pfouuuu … un bail, là !

    Elle avait précisé « Même en France, hein, on pourrait se faire un spa ? »

    A ce mot magique, mon cerveau avait répondu : Budapest ! La ville où allier culture et détente sans se ruiner.

    Nous avions décidé de profiter du pont du 1er novembre pour nous offrir un weekend prolongé et fêter son anniversaire dans la ville de l’eau. Le prix du billet, réservé tardivement, avait été un peu douloureux : 210€. Sur place, j’avais réservé au Broadway Hotel, un 4 étoiles à 2 pas de l’opéra. L’opéra, justement, un des vieux rêves d’Esperanza et un cadeau d’anniversaire tout trouvé. Mon ami et complice Oh !, budapesti de cœur, s’était chargé de l’achat des billets depuis Paris.

    Je ne vais pas vous raconter tout le séjour car mes visites sont les mêmes que les précédentes fois et je les ai racontées . Et je compte bien, lors de mon prochain séjour, délaisser enfin les visites touristiques pour m'encanailler en compagnie de quelque fêtard dans les bars et cafés de Budapest.

    Le mercredi, jour de notre arrivée, il nous faut bien 1 heure pour quitter l’aéroport. La dernière fois que je suis venue, c’était en voiture, Budapest étant alors une étape de notre road trip de Paris à Ramnicu Valcea, chez Dana la roumaine. J’ai donc oublié comment rejoindre la ville (et je n’ai pas consulté mes 2 guides touristiques non plus, il faut l’avouer). Bref, après quelques piétinements, nous voilà dans un bus, puis dans un métro et une fois sur Oktogon, je me repère. Nous posons les bagages et allons faire un tour de reconnaissance dans le quartier.

    En fin d’après-midi, ravies de nous dégourdir les jambes, nous marchons vers les bains Szechenyi. En chemin, assoiffée, je fête ma parenthèse budapestoise devant une bière. Nous traversons la belle place des Héros puis à l’approche des bains, je vérifie ma route auprès d’une passante. « Les bains sont par là, mais c’est fermé » dit-elle. Fermés ?? J’insiste « Normalement ils ferment à 22h ? » « Non, non, 19h » assure la dame.

    Être une tête de mule a parfois des avantages. Je décide de pousser jusqu’aux bains. Le hall d’entrée côté métro est effectivement désert et les caisses fermées mais à travers la fenêtre, il y a plein des gens qui batifolent dans le décor néo-classique de Szechenyi. Nous faisons le tour du bâtiment, côté fête foraine, et là c’est le soulagement : les bains ferment à 22h. Je jubile « T’as vu, heureusement qu’on est venues quand même ! »

    Esperanza oublie sa frilosité et cavale sur les bords des bassins. J’aime vraiment les bains en plein air de Szechenyi. Nous dînons dans le décor seventies de Menza, adresse chaque fois fréquentée avec le même bonheur. J’y prend un gulyash et Esperanza, un poterkolt (le goulasch tel qu’on l’entend en France), accompagné de pâtes maison qui ressemblent à s’y méprendre aux spatzle de mon enfance germanique.

    Vers 23h30, nous nous couchons dans de minuscules lits 1 place (la literie n'est pas ce que la Hongrie fait de mieux, visiblement) et découvrons le principal inconvénient de notre hôtel, et pas des moindres : une isolation phonique à chier. Le lendemain, courbe du sommeil en dents de scie et verdict sans appel de mon appli Sleep As Android : 48% de sommeil profond. Nous prenons le petit déj puis marchons jusqu’au pont Szechenyi que nous traversons. Nous délaissons le croquignolet funiculaire et grimpons à pied, sous un soleil radieux, jusqu’au quartier du château. Je tombe même le blouson. On ne se lasse pas de la vue depuis le bastion des pêcheurs.

    En redescendant, nous retraversons, toujours à pied, le pont des chaînes et poussons jusqu’à la synagogue, qui marque le début du quartier juif. Il est temps de faire une pause gourmande car nous n’avons pas déjeuné. J’entraîne Esperanza dans le décor chicissime du Café New York. Pas donné pour Budapest mais très correct par rapport à la même chose à Paris : environ 12€ pour un chocolat chaud – dans mon souvenir beaucoup plus épais et puissant en chocolat- et une pâtisserie. Pour moi, un cheesecake accompagné d’une savoureuse compotée d’abricots, histoire de compenser le chocolat, pour elle, un gâteau au chocolat qu’elle a eu bien du mal à digérer.  Ensuite, direction les bains turcs Kiraly, une des traces de l'occupation ottomane, sur l’autre rive, pour notre trempette quotidienne dans l’eau chaude et bienfaisante. 2400 Ft, soit un peu plus de 8€, voilà le - modique - prix à payer pour plusieurs heures de paresse ...

    Le lendemain, après 43% de sommeil profond, départ pour le joli village serbe de Szentendre, à une quinzaine de kilomètres de la ville.

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    Le déjeuner se fera, comme d’habitude, au Dragon d’Or mais cette fois, pas question de me goinfrer et de passer des heures à digérer. Est-ce la conséquence de ma nouvelle hygiène alimentaire ? Je ne me régale pas du fameux foie poêlé à la Oroshaza et arrosé de cognac, trop gras dans sa tranche de lard (3900 Ft soit 13€, vous imaginez le prix d'un tel plat en France?). Les pommes de terre au fromage de brebis et les épinards à l'ail qui l'accompagnent sont savoureux. Esperanza, quand à elle, profite d’une des particularités de la Hongrie – plus grand pourvoyeur de foie gras – pour se taper un filet d’oie mariné, badigeonné de miel et grillé, saupoudré de graines de sésame, servi avec du chou rouge et de la purée de pommes de terre (3100 Ft soit 10€). Je réalise d'ailleurs en parcourant mes vieux billets sur Budapest que Boug' avait alors fait le même choix.

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    En revanche, la crêpe aux griottes et noix saupoudrée de sa chapelure à la cannelle et servie avec son coulis de pâte d’amandes chaud (qui en fait sont 2 crêpes, mon foie s'en souvient encore, maintenant je sais) et que j'ai donc la bonne idée de partager avec Esperanza, est toujours à se damner.

    Après la visite du musée du massepain, le retour en HEV est bien moins laborieux, en ce qui me concerne, que la dernière fois avec Boug’. Nous prenons le tramway jusqu’aux bains Gellert et je comprends pourquoi mon ami Igor peste contre l'augmentation des prix à Budapest. L'entrée aux Gellért a bien augmenté en 5 ans : 5100 Ft, soit 17€  contre 3000 Ft (10€) en 2008! Il y a d'autres changements aux Gellert, au grand dam de mes amis homos : quelques débordements expliquent sans doute que tous les bains y soient désormais mixtes. Ça leur pendait au nez, j'ai envie de dire. Je découvre donc une nouvelle salle, inconnue jusqu’alors. Gellert, un autre endroit, avec le café New York, trop cher, où je ne retournerai sûrement plus. D’ailleurs, je note qu’à la différence de mes précédents séjours, les personnes âgées, sans doute découragées par les prix, se font très rares dans les bains bondés de touristes. On y entend bien plus la langue de Molière que celle des locaux.

    Le soir, nous dînons au Hoppa restaurant, un fort sympathique resto où je mange la meilleure goulyash de ma vie (voir billet précédent).

    Le lendemain matin (51% de sommeil profond), copieux petit déjeuner à l’hôtel car aujourd’hui encore, pas de déjeuner. Nous allons à l’opéra, msieu-dames ! J’ai troqué le look naturel (chaussures plates et peau nue) contre des escarpins et une touche de maquillage. Peu avant 11 heures, nous entrons dans l’opéra de Budapest et nous installons devant « Madama Butterfly » (en VO dans le texte). Nous sommes très bien placées (merci Oh !) et mon amie semble émerveillée. Moi aussi, d'ailleurs, et je retiens mes larmes à plusieurs reprises devant le chagrin de Butterfly.

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    Il est 14h quand nous ressortons du majestueux hall. Notre goûter sera précoce aujourd’hui car ce soir, j’ai réservé dans un super resto et il ne s’agit pas de caler devant la nourriture. Nous entrons dans la pâtisserie Szamos, juste à côté de l’hôtel Corinthia, recommandée par mon ami Divyne, qui s’est récemment offert un appartement dans le quartier juif. Et c’est là que je décide de ne plus aller au café New York … La carte des pâtisseries est longue comme le bras et chacune coûte dans les 500 Ft (1€70). Je choisis une Szilvagomboc Torta (traduite par « Plum dumpling cake » : une génoise au chocolat et à la crème vanille, garnie de pruneaux et au milieu d’un pruneau en pâte d’amande. Quant au chocolat (670 Ft soit 2,25€), il surpasse, et de loin, celui du café New York car on vous sert un petit pot de chocolat pur, un pot de lait chaud et une coupe de crème fouettée, et à vous de doser … Un délice !

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    Nous nous en tirons pour moins de 5€ chacune … Et je repars avec 2 gâteaux, 1 Isler et 1 Barackos Aromszog. Je voulais les offrir mais il paraît que ça ne se garde pas plus de 2-3 jours alors j'en ai mangé un dimanche de retour chez moi et je me réserve le suivant pour demain ... (smiley). Dans la salle attenante, je découvre que la mélodie au piano ne provient pas d’un disque mais bien d’un musicien, penché sur son piano.

    budapest,szechenyi,rudas,kiraly,gellértVoici le moment de notre dernier bain, et ce sera aux Rudas, les bains préférés du pacha Buda Arslan qui les fit construire en 1550. Un ingénieux système permet de repérer rapidement les cabines libres (oui car au Rudas comme aux Kiraly, vous bénéficiez d'une cabine personnelle en bois qui vous évite de fourrer vos affaires pêle-mêle dans un casier). A l'entrée, on vous remet donc un bracelet en plastique muni d'un bip, vous le passez sur une borne et celle-ci vous affiche le numéro d'une cabine libre, que vous fermez et ouvrez avec le même bip. Les bains Rudas sont un bel endroit, plus beau que Kiraly. Et ce n’est pas Esperanza, qui s’est en prime offert gommage et massage par un superbe jeune homme tatoué juste ce qu’il faut pour faire frémir les dames, qui me contredira. « C’est mon anniversaire » a-t-elle répondu ! Imparable. Je suis donc allée oublier mon désespoir sur une des chaises longues de la salle de repos (voilà une chose bien agréable aux bains Rudas).

    Côté bains, mon tiercé gagnant est don : Szechenyi et Rudas. Il m’en reste quelques autres à tester, absents des guides touristiques car sans doute moins somptueux, où je pense débusquer les hongrois.

    Le soir, nous entrons au restaurant Rosé, une autre bonne adresse de mon pote Divyne qui habite tout à côté. Chaque soir, des musiciens y jouent de la musique « tzigane ». En fait, macaron « Guide du routard » oblige, l’endroit est très fréquenté par nos compatriotes et les musiciens jouent ce que vous voulez. Divyne réclame à distance « El concierto de Aranjuez » et j’en profite pour lui dédier mon verre de vin. Quant à moi, sous le charme des yeux noirs du violoniste, je choisis la mélodie du même titre. Et comme je vends la mèche, il joue aussi pour l’anniversaire d’Esperanza. Celle-ci, restant dans le thème de son weekend, opte pour un magret de canard aux noix et miel, accompagné d’une sauce aux fraises des bois et basilic, sur un lit de courgettes et carottes juste braisées.

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    De mon côté, je choisis un plat typiquement hongrois : un suprême de veau à la crème aigre et paprika, accompagné d'un dôme de pâtes maison (toujours mes spatzle bien aimées).

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    En dessert, nous faisons les gourmandes et prenons chacune une crêpe fourrée au cottage cheese et pêches, qui hélas baigne dans la crème pâtissière (z'aiment bien noyer les plats dans la sauce / crème, en Hongrie). Montant de l’addition : moins de 15€.

    Le lendemain, c'est la pire nuit, matérialisée en rouge sur mon appli. L'heure est grave : 39% de sommeil profond. Après un atterrissage mouvementé, je reste prostrée sur mon canapé, transie de froid. Et le soir, je plonge avec bonheur dans mon océan d'1m60 sur 2 mètres. Bilan : 82% de sommeil profond. Alors, elle est pas fantastique mon appli ? Mmmm ?

    En résumé, les amis, à Budapest, 2 impératifs pour vous remettre des kilomètres que vous parcourrez à travers la ville : les bains et le chocolat chaud ! Vous trouverez ici une liste de pâtisseries (en revanche, évitez Gerbeaud, soi-disant the place to be, surfait et cher).

    Au passage, ne ratez pas la vidéo d’accueil du site du restaurant Rosé, qui devrait définitivement vous convaincre d’aller faire un plongeon à Budapest : http://www.roserestaurant.hu/

  • Hoppa Restaurant à Budapest

    C'est un restaurant au décor très improbable : nappes plastifiées à carreaux rouges et blanc, reproductions bon marché de tableaux collées les unes à la suite des autres, conserves de fruits et légumes empilées. Mais Grace Jones chantait sur un sample de LL Cool J et la serveuse aux cheveux blonds en brosse nous a décoché son plus beau sourire. Au Hoppa Restaurant, nous a-t-elle assuré, tout est fait maison, même le pain. La carte propose plusieurs soupes : l'incontournable gulyash mais aussi des veloutés au poulet et estragon, à l'oseille. On peut y déguster des viandes et des plats typiquement hongrois comme le fameux poulet au paprika, du canard, un ragoût de tripes de boeuf à la cervelle (on vous prévient entre parenthèses que c'est brutal) et des pâtes maison. Je n'avais pas faim (en fait je n'ai aucun appétit ici) et ils étaient en rupture de stock de poulet au paprika, j'ai donc choisi le gulyash hongrois (comme hier soir, en fait). La jeune femme a apporté une large assiette creuse et j'ai tout de suite su que ce gulyash là serait différent des autres. De fait, c'est le meilleur que j'ai mangé jusqu'ici ; la viande de boeuf n'était pas bouillie mais fondante, les carottes encore fermes et un gnocchi moelleux trônait dans la soupe goûteuse (et pour une fois raisonnablement salée). A l'étage, j'ai croisé un artiste peintre aux faux airs de Hughes Auffray, penché sur ses pinceaux. Les toilettes étaient entièrement décorés de ses motifs pailletés. Comme je ne sais pas quel symbole désigne hommes et femmes, j'ai choisi le toilette où il y avait du papier : il faut savoir parer au plus urgent, dans la vie, non ? En partant, j'ai complimenté nos hôtes. La nourriture est vraiment bonne, le service sincèrement convivial. On se sent bien au Hoppa Restaurant.